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La ville de Gazi, les villages de Rodia et de Fodélé, Paliokastro et le dème du Malévizi en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
Le Malévizi est l’un des huit dèmes du nome d’Héraklion ; il est situé dans le coin nord-ouest du nome.
ÉtymologieÉtymologie et toponymie
L’ancienne éparchie et l’actuel dème du Malézivi (Μαλεβίζι) doivent leur nom à un château, le Castel Malvicino, dont les maigres ruines se trouvent, sur une colline, près du village de Kéramoutsi (Κεραμούτσι), au sud-est de Tylissos. Ce nom de Malvicino, ou Malvesin, vient du latin « malus vicinus » qui signifie « mauvais voisin, malvoisin ». À l’époque des croisades, « mauvais voisin » était un des noms donnés à la machine de guerre habituellement nommée « trébuchet » ; ces machines étaient utilisées par des assaillants pour attaquer des forteresses, mais aussi par des assiégés pour bombarder de pierres les assaillants.

La contrée du Malévizi et le port de Monemvasia (Μονεμβασία), situé à la pointe sud-est du Péloponnèse, se disputent l’origine du cépage avec lequel est produit le vin de Malvoisie, nommé Malvazia (Mαλβάζια), ou Malvasia (Μαλβασία), en Grèce.

SituationSituation

La commune du Malévizi occupe le coin nord-ouest du département d’Héraklion ; le Malévizi est limitrophe : au sud-ouest, avec la commune d’Anogia et à l’ouest, avec la commune de Mylopotamos, dans le département de Réthymnon ; au sud, avec la commune de Gortyne ; à l’est, avec la commune d’Héraklion, dont elle est séparée par le fleuve Giophyros (Ρέμα Γιόφυρος). La commune est bordée au nord par la mer de Crète.

La ville de Gazi en Crète. Situation du dème (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Le territoire de la commune du Malévizi coïncide, à peu près, avec le territoire de la province ou éparchie du Malévizi (επαρχία Μαλεβιζίου) dans l’ancien découpage administratif ; le canton de Gorgolainis (Γοργολαΐνης) et des parties du canton de Paliani (Παλιανή), qui faisaient partie de l’éparchie du Malézivi, ont été rattachés à la commune d’Héraklion. La population de la commune est d’environ 25 000 habitants, qui se nomment Maléviziotes.

La commune du Malévizi (Δήμος Μαλεβιζίου) comprend dix-neuf communautés locales, regroupées en trois cantons : au nord, le canton de Gazi (Δημοτική Ενότητα Γαζίου) ; au milieu, le canton de Tylissos (Δημοτική Ενότητα Τυλίσου) ; au sud, le canton de Kroussonas (Δημοτική Ενότητα Κρουσώνος).

La ville de Gazi en Crète. Situation du canton de Gazi (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Le canton de Gazi comprend cinq communautés locales, du nord-ouest vers le sud-est : Fodélé (Κοινότητα Φόδελε), Achlada (Κοινότητα Αχλάδας), Rodia (Κοινότητα Ροδιάς), Gazi (Κοινότητα Γαζίου) et Kalésia (Κοινότητα Καλεσιών).

Le territoire de la commune du Malévizi a une superficie d’environ 300 km² ; il est divisé par la faille tectonique de Kroussonas-Tylissos :

  • La ville de Gazi en Crète. Carte ancienne de la baie de Paléokastro par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.À l’ouest de la faille, la plus grande partie de la commune est occupée par les contreforts nord-est du massif du Psiloritis, qui plongent dans la mer entre le cap Stavros (ακροτήριο του Σταυρού), au nord-ouest, et le cap de Fraskia, dénommée Ponta da Fraschia à l’époque vénitienne, au nord-est. Le sommet le plus notable est le mont Stroumpoulas (Όρος Στρούμπουλας) (728 m), dont la silhouette conique est familière aux Hérakliotes ; à l’époque vénitienne cette montagne était nommée Monte di San Paulo.
  • À l’est de la faille, la frange orientale de la commune se trouve dans la fosse d’effondrement de la plaine d’Héraklion.

La commune du Malévizi est desservie par la route nationale 90 d’Héraklion à Réthymnon (Εθνική Οδός 90 Ηρακλείου - Ρεθύμνου, ΕΟ90), par l’ancienne route nationale d’Héraklion à Réthymnon (Παλαιά Εθνική Οδός), en direction de l’ouest, via Marathos, et par la route départementale de Gazi à Kamarès (Επαρχιακή Οδός Γαζίου – Καμαρίου), en direction du sud, via Kroussonas. Les autres routes secondaires, notamment dans les contreforts du massif du Psiloritis, sont plutôt difficiles, mais une nouvelle route est en construction, à travers le plateau du Stroumpoulas, pour relier plus aisément Héraklion à Anogia. Des autocars de la compagnie KTEL circulent toutes les heures sur l’ΕΟ90, mais leurs arrêts se trouvent à l’intersection des petites routes qui desservent les localités balnéaires ou rurales et il faut souvent marcher plusieurs kilomètres pour atteindre sa destination finale.

VisitesVisites

Navigateur par satelliteLa route d’Héraklion-ouest à Fodélé
La ville de Gazi en Crète. La route nationale 90 vue depuis la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.La route nationale 90 d’Héraklion à Réthymnon (Εθνική Οδός 90 Ηρακλείου - Ρεθύμνου, ΕΟ90) traverse de part en part le canton de Gazi jusqu’à Fodélé, en suivant, de plus ou moins loin, la côte ouest du golfe d’Héraklion. En quittant Héraklion par l’ouest, l’ΕΟ90 franchit, par un viaduc, le fleuve Giophyros (Ρέμα Γιόφυρος), qui marque la limite entre la commune d’Héraklion et la commune du Malévizi. Après 5 km l’ΕΟ90 atteint l’échangeur de Gazi (Κόμβος Γαζίου) ; en sortant à droite on peut atteindre la ville de Gazi et la station balnéaire d’Ammoudara. On aperçoit, sur la droite, les cheminées rouges et blanches d’une centrale électrique ; à l’échangeur suivant, celui de Linopéramata (Κόμβος Λινοπεραμάτων), on peut sortir de l’ΕΟ90 pour rejoindre la source de la rivière Almyros, en passant sous le pont de l’ΕΟ90 ; en tournant à droite après le pont, on peut aussi emprunter la route qui mène au bourg de Rodia, où l’on peut visiter le palais Modino.

La ville de Gazi en Crète. Gravure de la Ponta della Fraschia par Marco Boschini en 1651 (source Gallica, BNF). Cliquer pour agrandir l'image.Si l’on continue tout droit sur l’ΕΟ90, on atteint bientôt le site de la forteresse de Paliokastro ; il est possible de se garer sur le côté de la route, un peu avant le site, pour accéder aux ruines, situées juste à côté de la route. Immédiatement après la forteresse l’ΕΟ90 franchit, par un viaduc, la vallée de la rivière de Palaiokastro, puis continue le long de la côte de la baie de Fraskia (όρμος Φρασκιών). À l’époque vénitienne, cette baie était nommée Fraschia, du mot grec « fraskí » (φρασκί) qui désigne un type de ruche en terre cuite ; cette baie, aux eaux profondes, était utilisée pour charger ou décharger une partie de la cargaison des navires qui avaient un trop fort tirant d’eau pour pénétrer dans le port d’Héraklion.

La ville de Gazi en Crète. La baie de Fraskia vue depuis la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.Quelques kilomètres avant d’atteindre le cap de Fraskia, la route nationale s’écarte un peu de la côte pour contourner le mont Bobias (όρος Μπομπιάς) (420 m) ; sur cette côte, très échancrée à cet endroit, se trouvent quelques petites stations balnéaires très appréciées des autochtones, notamment Agia Pélagia.

Après le cap Stavros, l’ΕΟ90 rejoint la côte près de la station balnéaire de Plage-de-Fodélé ; dans l’arrière-pays se trouve le charmant village de Fodélé, qui se targue d’être le lieu de naissance du peintre Le Greco ; un peu à l’écart de Fodélé, on peut visiter la remarquable église Notre-Dame.

La route nationale atteint ensuite la commune de Pérama, dans le département de Réthymnon.

VilleLa ville de Gazi (Γάζι / Gázi)
La ville de Gazi en Crète. Vue de l'ouest (auteur Dkoukoul). Cliquer pour agrandir l'image.Gazi est un bourg agricole situé dans la plaine d’Héraklion, à environ 6 km à l’ouest de la capitale crétoise ; la localité compte environ 12 000 habitants, dont l’activité primaire est la culture de l’olivier et de la vigne. Gazi est aussi un centre administratif qui est le chef-lieu de la commune du Malévizi, du canton de Gazi et d’une communauté locale. La communauté locale de Gazi (Κοινότητα Γαζίου) comprend notamment, d’est en ouest, les localités de Xérokampos (Ξεροπόταμος), de Saint-Dimitri (Άγιος Δημήτριος) et d’Ammoudara (Αμμουδάρα) situées au bord du golfe d’Héraklion et qui sont devenues autant de petites stations balnéaires, grâce à leurs longues plages de sable bordées d’hôtels.

Sous la domination vénitienne, le nom de la localité était écrit Gasi et n’a, a priori, rien à voir avec le mot turc « Gazi » qui signifie « victorieux » et qui était un titre honorifique ottoman attribué à un militaire victorieux.

La ville de Gazi en Crète. Terres cuites de la collection archéologique de Gazi (auteur Zde). Cliquer pour agrandir l'image.L’unique attraction culturelle de la localité de Gazi paraît être la « Collection archéologique du Malévizi » (Αρχαιολογική Συλλογή Μαλεβυζίου) ; cette collection est hébergée dans une aile de l’Hôtel de Ville de Gazi, situé au centre de la localité. Ce petit musée archéologique présente plusieurs centaines d’artefacts découverts sur le territoire de la commune et datant depuis l’époque minoenne ancienne jusqu’à l’époque romaine. Parmi la quarantaine de vitrines, la section des terres cuites est particulièrement intéressante : elle comprend de nombreuses figurines de la « Déesse aux bras levés », devenue l’emblème du dème du Malévizi ; on remarque aussi d’étranges vases de forme tubulaire, semblables à ceux qu’Arthur Evans avait découvert à Cnossos et qu’il avait identifiés comme des nids de serpents sacrés. La section des bronzes présente des poignards, des haches, des flèches, des instruments à usage médical et pour les soins corporels. Une autre section présente des bijoux faits en divers matériaux.

RivièreLa rivière Almyros (Αλμυρός ποταμός / Almyrós potamós)
La ville de Gazi en Crète. Panneau d'information de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image.La rivière Almyros est un petit fleuve côtier situé sur la côte nord de la Crète, dans le coin sud-ouest du golfe d’Héraklion. Le nom du fleuve, « almyros (αλμυρός) », signifie « salé », car l’eau de ce cours d’eau est plus ou moins saumâtre, selon la saison. Au moins un autre cours d’eau de Crète est nommé Almyros, un fleuve, également salé, qui se jette dans le golfe de l’Almyros à Georgioupoli.

La ville de Gazi en Crète. La source de la rivière Almyros (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.La source de l’Almyros (Πηγή Άλμυρού) se trouve à environ 1,8 km en amont de l’embouchure, dans le bassin de résurgence de la rivière souterraine, située de l’autre côté de la route nationale 90 (point C1 sur la carte géologique du Psiloritis et n° 70 sur la carte du Géoparc du Psiloritis). On peut s’y rendre en sortant de la route nationale à l’échangeur de Linopéramata, en vue des cinq cheminées rouges et blanches d’une centrale électrique thermique :

Aller à la source de l’Almyros avec Google Maps (35.333398, 25.047112).

En amont de la source de l’Almyros, se trouvent des gorges asséchées, les gorges de l’Almyros (Φαράγγι Αλμυρού), correspondant à un ancien lit de la rivière, qui abritent des lieux de nidification pour des oiseaux de proie.

La ville de Gazi en Crète. La source de la rivière Almyros (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.La source de l’Almyros est la plus abondante source de Crète, avec un débit compris entre 3 m³/s d’eau en période estivale et 40 m³/s en période hivernale, soit plusieurs centaines de millions de mètres cubes par an. L’eau est cependant saumâtre pendant la plus longue période de l’année et presque douce seulement pendant certains mois d’hiver lorsque le débit le plus élevé se produit. L’eau provient principalement de trois sources : l’une provient des montagnes voisines, notamment du mont Stroumpoulas (Όρος Στρούμπουλας), avec des roches carbonatées de « l’unité tectonique de calcaires de Tripolitsa » et l’autre des ponors du massif du Psiloritis, situé au sud-ouest de la source, notamment du plateau du Nida ; de là, l’eau migre à travers d’immenses systèmes de cavités karstiques qui se développent dans « l’unité tectonique de calcaires en plaquettes (Plattenkalk) » constituant le massif montagneux ; les eaux pluviales pénètrent à une grande profondeur dans la roche calcaire ; une petite quantité d’eau de mer entre également dans le système de cavités à partir d’une zone inconnue, rendant tout le mélange saumâtre. Les eaux souterraines butent sur la faille d’effondrement de Kroussonas-Tylissos qui longe les contreforts du massif du Psiloritis, le séparant des plaines fertiles de la région d’Héraklion ; après environ neuf heures de transit souterrain, les eaux pluviales hivernales, tombées sur le massif du Psiloritis, sont contraintes de jaillir par la source de l’Almyros !

La ville de Gazi en Crète. Bassin de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Bassin de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. Bassin de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Bassin de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
La ville de Gazi en Crète. Le barrage de la source de l'Almyros (auteur Géoparc du Psiloritis). Cliquer pour agrandir l'image.Le cours de l’Almyros a une largeur variant de 5 m à 20 m ; le fleuve est barré par un barrage juste après sa source, de façon à réguler le débit du cours d’eau au moyen d’une écluse ; cela crée un petit lac d’eau saumâtre, de forme ronde, surnommé l’« Œil » (Μάτι) ; l’accès au lac est interdit par une clôture ; ce lac de retenue n’est souvent plein qu’à la fin du printemps.

La ville de Gazi en Crète. Le barrage de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

La ville de Gazi en Crète. Canalisation de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Canalisation de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Canalisation de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Canalisation de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Canalisation de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Canalisation de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
La ville de Gazi en Crète. Canalisation de la source de l'Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Le cours supérieur de la rivière Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
La ville de Gazi en Crète. La centrale électrique refroidie par la rivière Almyros. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Vers le milieu du cours du fleuve, un autre barrage dérive environ un tiers de l’eau de l’Almyros vers un canal, situé sur la rive gauche, pour servir au refroidissement d’une centrale électrique thermique à fioul, la centrale électrique de Linopéramata (ΑΗΣ Λινοπεραμάτων) de la Société Publique d’Électricité (Δημόσια Επιχείρηση Ηλεκτρισμού, ΔΕΗ).

La ville de Gazi en Crète. Centrale électrique refroidie par la rivière Almyros (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.C’est la seule utilisation économique de l’eau de l’Almyros, eau qui est trop saumâtre pour être potable ; la salinité de l’eau varie selon le débit, et l’eau ne serait potable que pendant les mois d’hiver ; le surplus d’eau se déverse dans la mer. Dans le passé, il y avait plusieurs moulins à eau autour de la source.

La ville de Gazi en Crète. La zone humide du fleuve Almyros (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Dans le cours inférieur de l’Almyros se trouve une zone marécageuse (Υδροβιότοπος Αλμυρού) qui occupe une superficie de 88 ha ; cette zone humide contient une roselière où poussent quelques palmiers-dattiers de Crète (Phoenix theophrastii), ainsi que d’autres espèces végétales endémiques. Cette zone humide accueille de nombreuses espèces d’oiseaux, environ 200 espèces, dont des espèces d’oiseaux migrateurs, ainsi que des reptiles et des mammifères.

L’embouchure de l’Almyros est située à environ 7 km à l’ouest du vieux port d’Héraklion, à l’ouest de la plage d’Ammoudara (Παραλία Αμμουδάρα) ; à 400 m à l’est de l’embouchure de l’Almyros, se trouve l’embouchure d’un autre cours d’eau, le ruisseau Gazanos (Ρέμα Γαζανός). Entre les deux cours d’eau se trouve la petite localité de Skafidaras (Σκαφιδαράς). À l’ouest de l’Almyros on trouve une autre plage, le plage d’Ellinopéramata ou de Linopéramata (Παραλία Ελληνοπεράματα / Λινοπεράματα).

Village grecLe village de Rodia (Ροδιά / Rodiá)
La ville de Gazi en Crète. Paliokastro et la baie d'Héraklion vu depuis Rodia (auteur Logotop). Cliquer pour agrandir l'image.Rodia est un bourg agricole de moyenne montagne sur la côte nord de la Crète ; le village est construit en amphithéâtre, à 300 m d’altitude moyenne, perché sur les coteaux qui dominent la côte ouest du golfe d’Héraklion, avec l’îlot de Dia en arrière-plan. Rodia se trouve à environ 10 km au nord-nord-ouest de Gazi et à environ 18 km au nord-ouest d’Héraklion. On peut atteindre le village par la route nationale 90 : sortir d’Héraklion par la porte de La Canée ; après 11 km, quitter l’autoroute par l’échangeur de Rodia (Κόμβος Ροδιάς) ; continuer 6 km jusqu’à Rodia.

Rodia est le chef-lieu d’une communauté locale du canton de Gazi, dans la commune de Malévizi ; cette communauté locale comprend aussi les localités d’Agios Dimitrios (Άγιος Δημήτριος), de Kapétanaki Métochi (Καπετανάκι Μετόχι), de Linopéramata (Λινοπεράματα), de Paléokastro (Παλαιόκαστρο), de Pantanassa (Παντάνασσα) et de Plaitis (Πλαΐτης), ainsi que le monastère de Savathiana (Μονή Σαββαθιανών). La localité de Rodia compte près de 800 habitants, qui vivent principalement de la viticulture, de l’oléiculture, de l’horticulture, et de l’arboriculture des agrumes.

Le toponyme « ροδιά » désigne la grenade, le fruit du grenadier (Punica granatum) ; jusqu’en 1940 le nom de la localité était écrit « Rogdia » (Ρογδιά), une variante du nom de la grenade. À l’époque vénitienne le bourg était nommé Rodea ou Chiera Rodea.

La ville de Gazi en Crète. Le palais Modino à Rodia. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).De cette époque vénitienne date le plus beau bâtiment du bourg, le palais des Modinos (Μέγαρο Μοδινών). Ce palais aurait été bâti vers le milieu du XVIe siècle, pour un membre de la famille noble des Callergis. Cette famille était la descendante de l’une des douze familles byzantines envoyées en Crète par l’empereur Alexis II Comnène, après la reconquête de l’île sur les Sarrasins par Nicéphore Phocas ; le premier représentant de la famille fut Jean Phocas (Ιωάννης Φωκάς), un descendant de Nicéphore Phocas.

Les Phocas de Crète prirent le nom de Callergis, ou Kallergis (Καλλέργης), lors de la prise de possession de la Crète par la République de Venise et conservèrent leurs privilèges. Les Kallergis possédaient de nombreuses terres et de nombreux manoirs en Crète, principalement dans la région de Réthymnon et de La Canée. Les frères Antoine et Matthieu Kallergis possédaient le fief qui comprenait les terres de Rodia, de Fodélé et d’Achlada ; lorsque les frères Kallergis partirent s’installer à Venise, ils louèrent leur fief aux frères Georges et François Modino (Μοδινό), qui devinrent les seigneurs féodaux de cette contrée de l’éparchie de Malévizi, vers 1565. Le palais Modino est aussi connu comme le manoir vénitien des Kallergis (Ενετική έπαυλη των Καλλέργηδων) ; localement le palais est plutôt nommé la « Tour » (Πύργος), bien que cet édifice ne présente aucun caractère militaire, si ce n’est un point d’observation sur le golfe de Candie et ses côtes.

Le bâtiment était plutôt un manoir ou une villa, au sens romain du terme, c’est-à-dire le centre d’une exploitation agricole. Il y avait, au nord et à l’est du manoir, des bâtiments d’exploitation qui n’existent plus de nos jours. Le bâtiment central comprend trois planchers, dont le rez-de-chaussée qui servait d’entrepôt pour les récoltes.

Le manoir connut un événement historique lorsque, en juillet 1830, le Conseil crétois s’y réunit, sous la direction de Nikolaos Réniéri (Νικόλαος Ρενιέρης), pour accepter la trêve proposée par les Grandes puissances pour mettre un terme à la révolte crétoise qui avait débuté en 1821.

La ville de Gazi en Crète. Le palais Modino à Rodia. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Sur la droite de la cour du manoir des Modino se trouve l’église Notre-Dame de Rodia (Παναγία της Ροδιάς), vraisemblablement contemporaine du manoir ; sur un linteau de l’église est gravée la date de 1553 (MDLIII), ainsi qu’une couronne dont l’historien italien du début du XXe siècle Giuseppe Gerola pense qu’elle faisait partie des armes de la famille Kallergis.

Le manoir des Modinos appartient de nos jours à l’État grec et il est classé comme monument historique ; il est géré par une association culturelle de Rodia qui y organise diverses expositions culturelles. En dehors de ces expositions, le palais est généralement fermé.

Le palais des Modinos n’est pas indiqué par des panneaux ; il se trouve à une cinquantaine de mètres de l’entrée du village, sur la droite, en contrebas de la rue centrale principale qui prolonge la route venant d’Héraklion.

Aller au palais Modino à Rogdia avec Google Maps (35.363791, 25.020302).

La ville de Gazi en Crète. Le palais Modino à Rodia. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Le palais Modino à Rodia. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Porte du palais Modino à Rodia. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Le palais Modino à Rodia. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville de Gazi en Crète. Porte de l'église du palais Modino à Rodia. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Château en ruinesLes ruines de la forteresse de Paliokastro (φρούριο Παλιόκαστρο / froúrio Paliókastro)
La ville de Gazi en Crète. Le golfe d'Héraklion vu depuis la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.La forteresse de Paliokastro était une forteresse construite sur la côte ouest du golfe d’Héraklion, dont le rôle était de protéger l’entrée du port de la capitale crétoise, notamment à l’époque vénitienne.

La ville de Gazi en Crète. Sentier d'accès à la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.Les ruines de la forteresse se trouvent près du village de Palaiokastro (Παλαιόκαστρο), situé à 4,5 km au nord de Gazi et à 9 km, en ligne droite, au nord-ouest du port d’Héraklion, et à 15 km par la route nationale 90 d’Héraklion à Réthymnon. Les ruines sont situées immédiatement sur la droite de la route.

Aller aux ruines de la forteresse de Paliokastro avec Google Maps (35.365455, 25.039608).

La ville de Gazi en Crète. Carte ancienne de la forteresse de Paléokastro par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.Le nom de la forteresse, Paliokastro (Παλιόκαστρο), ou Palaiokastro (Παλαιόκαστρο), signifie le « Vieux Château » ; c’est un nom très ambigu : dans la seule Crète, il y a au moins quatre lieux fortifiés dénommés Paleokastro, Palaiokastro, Palaikastro ou Paliokastro, dans chacun des quatre départements de l’île : la colline où était construite l’antique cité d’Aptéra, près de La Canée, et où les Vénitiens construisirent une forteresse ; la colline de la presqu’île de Réthymnon où fut construite la forteresse vénitienne ; la colline de Palaikastro sur la côte orientale de la Crète, près du village de Palékastro. Pour distinguer la forteresse située près d’Héraklion, on la nomme Paliokastro du Malévizi (Παλιόκαστρο Μαλεβιζίου). Paleokastro est parfois nommé, de façon erronée, « Château du Malévizi » (Κάστρο Μαλεβιζίου) ; la forteresse du Malévizi (φρούριο Μαλεβιζίου), qui a donné son nom à l’éparchie, se trouve en réalité à côté du village de Kéramoutsi (Κεραμούτσι), près de Tylissos.

À l’époque vénitienne la forteresse était nommée « Fortezza di Paleocastro » ou « Paleocastro di Candia », pour distinguer cette forteresse des autres ; les Vénitiens désignaient par Paleocastro des sites où avaient déjà existé des châteaux aux époques antique ou byzantine.

La ville de Gazi en Crète. Gravure de la forteresse de Paleocastro par Marco Boschini (source Gallica BNF). Cliquer pour agrandir l'image.Une forteresse avait déjà existé à l’emplacement de la forteresse de Paliokastro ; cette forteresse avait été construite au début du XIIIe siècle, à l’époque de l’occupation de l’île par le corsaire génois Enrico Pescatore. En 1204, après la dislocation de l’Empire byzantin, la République de Venise avait fait l’acquisition de la Crète, mais n’en avait pas encore pris possession ; en 1206, profitant de cette situation, Pescatore s’était emparé de l’île, avec le soutien de la République de Gênes, et s’était empressé de la fortifier en bâtissant ou en restaurant quelque quatorze châteaux en divers endroits stratégiques de l’île. Les Vénitiens durent conquérir, un à un, chacun de ces châteaux ; le dernier château à tomber, en 1211, fut le château de Paliokastro du Malévizi où Pescatore s’était retranché ; Pescatore négocia sa reddition et put retourner à Malte.

La ville de Gazi en Crète. Gravure du château de Paleokastro par Olfert Dapper en 1688. Cliquer pour agrandir l'image.Pendant les premiers siècles de leur domination de la Crète, les Vénitiens n’eurent pas besoin d’une fortification sur le promontoire de Paliokastro pour protéger le golfe de Candie, car la flotte vénitienne le contrôlait ; ils laissèrent à l’abandon le château bâti par Pescatore. Ce n’est que vers 1562, quand la menace d’une conquête ottomane de la Crète se fit plus pressante, que la République de Venise prit la décision de renforcer les défenses de la ville de Candie ; en plus de la construction de la nouvelle enceinte de la ville, il fut décidé de construire une forteresse sur le promontoire de Paliokastro. La construction de la Fortezza di Paleocastro débuta en 1573 et dura 22 années, pour s’achever en 1595. La conception et la supervision de la construction furent assurées par le célèbre condottiere et stratège militaire Latino di Camillo Orsini, qui fut gouverneur de la Crète de 1573 jusqu’à sa mort, en 1583 ; Orsini mit en œuvre les conceptions les plus récentes de bastionnement.

Les Vénitiens conservèrent la forteresse de Paliokastro pendant la plus grande partie du siège de Candie, qui dura 21 ans, de 1648 à 1669. Dans les dernières années du siège, les Turcs s’emparèrent de la forteresse, en l’encerclant par mer et par terre, puis la détruisirent en grande partie, afin qu’elle ne puisse plus être utilisée par les Vénitiens.

La ville de Gazi en Crète. La forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.La forteresse de Paliokastro est bâtie sur un énorme rocher de phyllite-quartzite qui s’avance d’une centaine de mètres dans la mer, à peu près à mi-chemin de la côte ouest du golfe d’Héraklion ; ce promontoire, aux pentes abruptes, atteint une hauteur d’une vingtaine de mètres ; au nord, le rocher surplombe la baie de Fraskia, au sud, la baie d’Ammoudara. Conjointement avec l’artillerie du bastion de Sant’Andrea (Προμαχώνα του Αγίου Ανδρέα) et celle de la forteresse de Rocca a Mare, la forteresse de Paleocastro pouvait interdire un débarquement dans la baie d’Ammoudara ; ses canons pouvaient porter jusqu’à l’embouchure du fleuve Almyros, située à 3,5 km de distance.

La ville de Gazi en Crète. Rempart sud de la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.La forteresse présente une forme triangulaire pour s’adapter au relief naturel du promontoire ; trois terrasses furent aménagées à différents niveaux : la Place d’En bas (Piazza da Basso), la Place du Milieu (Piazza de Mezzo) et la Place d’En haut (Piazza Dalto).

La ville de Gazi en Crète. Porte d'entrée de la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.Les remparts furent bâtis avec de la pierre extraite par les terrassements et leur couleur se distingue à peine de celle de la roche sur laquelle ils sont construits. Suivant les nouveaux principes des fortifications bastionnées, ces remparts étaient inclinés, de façon à dévier les boulets ennemis ; ils étaient aussi munis d’un cordon (cordone) destiné à rendre plus difficile l’escalade par des assaillants. À l’angle nord-est du château, on pouvait voir, depuis la mer, le lion ailé de saint Marc, l’emblème de la République de Venise.

La ville de Gazi en Crète. Porte d'entrée de la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.La porte de la forteresse (Porta) est ouverte dans le rempart sud ; elle est à moitié creusée dans la roche. Sur le côté intérieur de la porte se trouve un escalier qui montait vers la Place du Milieu.

L’entrée conduisait à la Place d’En bas, qui comprenait deux parties : au sud, la Prima Piazza et, au nord, la Seconda Piazza ; un passage voûté reliait les deux places ; on peut en voir les ruines, mais le plafond de ce couloir s’est effondré.

Sur la Seconda Piazza, se trouvait, au nord, une poudrière et, au centre, une citerne, qui recueillait les eaux pluviales et dont on distingue le puits sur les gravures datant de l’époque vénitienne. Dans le coin nord-est se trouvait une échauguette d’où on pouvait surveiller la navigation dans le golfe de Candie.

La ville de Gazi en Crète. Place d'armes de la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.Au centre de la forteresse, sur la Piazza de Mezzo, se trouvaient les casernements de la garnison (Allogiamenti). Sur la Place d’En haut ou Terza Piazza, il y avait la chapelle du château (Chieza) ; sur le rempart de l’est, se trouvait une échauguette (Guardiola) d’où un garde pouvait surveiller l’arrière-pays, ainsi que la route de Candia à Retimmo.

La ville de Gazi en Crète. La forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. Rempart sud de la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. Porte d'entrée de la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. Place d'armes de la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.
La ville de Gazi en Crète. La forteresse de Paliokastro et le four à chaux. Cliquer pour agrandir l'image.Sur la plage de Palaiokastro, située au pied de la forteresse, du côté nord-ouest, se trouve un four à chaux datant de l’époque vénitienne (Ενετική ασβεστοκάμινος) ; ce four a vraisemblablement servi à produire la chaux utilisée lors de la construction de la forteresse pour le jointoiement des pierres ; il est représenté sur les gravures de l’époque. Ce rare exemple de four à chaux vénitien a été parfaitement restauré dans sa forme d’origine par le Service archéologique de Crète.

La ville de Gazi en Crète. La plage de Palaiokastro vue depuis la forteresse. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La plage de Palaiokastro est une petite plage de sable et de galets, d’environ 70 m de longueur ; cette plage n’est pas exposée au vent du nord, mais elle est surplombée par le viaduc de la route nationale 90 ; à l’arrière de la plage, on trouve quelques bonnes tavernes. La plage de Palaiokastro a été formée par un torrent qui traverse les gorges de Palaiokastro (φαράγγι Παλαιοκάστρου), situées environ 500 m en arrière de la plage. Ces gorges sont praticables pour les randonneurs et on peut y voir une petite église rupestre, Notre-Dame de la Grotte (Παναγία της Σπηλιώτισσας).

La forteresse de Paliokastro n’est pas signalée sur la route nationale : pour accéder aux ruines, il faut emprunter un sentier qui part d’une zone de stationnement informel en terre, située sur la droite de la route nationale 90, 50 m avant le panneau de bifurcation vers le village de Palaiokastro. Sinon il faut sortir de la route nationale par la bretelle qui descend vers le village pour trouver un stationnement, et remonter à pied vers la forteresse.

Les ruines de Paliokastro peuvent être décevantes car la forteresse a été en grande partie détruite par les Turcs, mais le site offre un beau point de vue sur la côte ouest du golfe d’Héraklion. Seules les fondations des remparts, la porte d’entrée et quelques ruines de murs intérieurs sont encore visibles.

La ville de Gazi en Crète. La plage de Palaiokastro vue depuis la forteresse. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. La plage de Palaiokastro vue depuis la forteresse. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. La plage de Palaiokastro vue depuis la forteresse. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. La baie de Fraskia vue depuis la forteresse de Paliokastro. Cliquer pour agrandir l'image.
Monastère orthodoxeLe monastère de Savathiana (Μονή Σαββαθιανών / Moní Savvathianón)
La ville de Gazi en Crète. Entrée du monastère de Savvathiana (auteur Matt). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Le monastère de Savathiana est un couvent de religieuses situé dans l’arrière-pays du village de Rodia ; Moni Savvathianon se trouve à 1,5 km, en ligne droite, au nord-ouest de Rodia, mais, par la petite route en lacets qui monte au monastère, il faut compter près de 4 km, avec un dénivelé de près de 200 m. Le monastère, très isolé, se trouve à environ 440 m d’altitude, niché au fond d’un vallon boisé, au milieu de collines arides. À l’entrée du village de Rodia, un panneau indique sur la gauche la route qui mène uniquement au monastère ; cette petite route devient, un peu plus loin, une piste de terre carrossable, mais dans un état plutôt médiocre.

Aller au monastère de Savvathiana avec Google Maps (35.373712, 25.004979).

La ville de Gazi en Crète. Le monastère de Savvathiana (auteur Tania Mironova). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Le monastère doit son nom à saint Sabas (Άγιος Σάββας), à qui il est dédié. On ignore la date de fondation du monastère, vraisemblablement sous la domination vénitienne ; la première mention écrite se trouve dans l’ouvrage du sénateur vénitien Cornelius Flaminius, de 1755, « Creta Sacra », où le monastère est nommé « Monasterium S[ancti] Sabbae Abbatis de Savatiani » (Monastère de saint Sabas Abbé de Savatien).

Au bout de la route difficile qui mène au monastère, on découvre une oasis de tranquillité ; passé le portail, une allée bordée d’arbres conduit vers l’église principale du monastère, une église récente dédiée à la Nativité de la Vierge Marie. Sur la gauche de l’église, un sentier pavé conduit à une autre église, qui comprend deux nefs : la nef la plus ancienne, en partie rupestre, est dédiée à saint Antoine (Άγιος Αντώνιος) ; l’autre nef est dédiée à saint Savas (Άγιος Σάββας). En 1991, on y aurait découvert un exemplaire de la célèbre icône « Μέγας ει Κύριε » (« Tu es grand, Seigneur »), peinte par Ioannis Kornaros (Ιωάννης Κορνάρος), dont le monastère du Toplou possède un exemplaire. L’église contient encore quelques belles icônes, notamment une icône mariale du XVIIe siècle et surtout d’une icône de saint Antoine le Grand, datée de 1741 et parfaitement conservée ; le saint est représenté au centre du panneau d’images, encadré par de petites scènes picturales de sa vie d’ermite égyptien, en proie aux tentations qui l’assaillent sous la forme de démons et de diables audacieux, mais aussi d’antiques centaures et de figures de Pan. Cependant les plus précieuses icônes ont été transférées et sont exposées au Musée des icônes Sainte-Catherine à Héraklion, en particulier une icône de saint Grégoire le Grand (Άγιος Γρηγόριος ο Διάλογος), datant de la seconde moitié du XVIIe siècle.

Moni Savvathianon est habité par une vingtaine de religieuses qui entretiennent soigneusement le monastère, agréablement fleuri, cultivent des arbres fruitiers et font des travaux de broderie ; on peut acheter des confitures produites localement.

Le monastère se visite de 8 h à 13 h et de 16 h à 18 h.

Village grecLe village d’Agia Pélagia (Αγία Πελαγία / Agía Pelagía)
La ville de Gazi en Crète. La station balnéaire d'Agia Pelagia. Cliquer pour agrandir l'image.Sainte-Pélagie est une petite station balnéaire de la côte nord de la Crète ; cette partie de la côte est très échancrée par des promontoires rocheux entre lesquels se nichent de petites baies, avec chacune sa petite plage. Plusieurs localités de la même communauté locale du village agricole d’Achlada (Aχλάδα) se partagent ces criques qui sont protégées du vent du nord ; du sud-est vers le nord-ouest : Ammoudi (Αμμούδι), Madès (Μαδές), Lygaria (Λυγαριά), Agia Pélagia (Αγία Πελαγία) et Mononaftis (Μονοναύτης) (« marin solitaire »).

Agia Pélagia est la station la plus importante, avec une population permanente de près de 500 habitants et une plage de sable de 400 m de longueur, mais plutôt étroite et couverte de parasols, et souvent bondée en fin de semaine ; sur le côté du promontoire se trouve une minuscule plage beaucoup plus intime, la plage de Fylakès (Παραλία Φυλακές) ; au nord du promontoire se trouve la plage de Kladissos (Παραλία Κλαδισσός), beaucoup plus tranquille que la plage principale. La station d’Agia Pélagia est surtout appréciée par les Hérakliotes, la capitale de la Crète n’étant distante que de 21 km à l’est, c’est-à-dire une vingtaine de minutes par la route nationale 90 d’Héraklion à Réthymnon ; cependant, depuis la route nationale il faut encore parcourir environ 3 km de petites routes sinueuses pour atteindre la station.

Dans les autres petites stations balnéaires de cette côte, d’immenses complexes hôteliers de luxe ont envahi les promontoires. Cette côte rocheuse très découpée est aussi propice à la plongée sous-marine et de nombreuses écoles de plongée proposent leurs services ; en particulier, les fonds rocheux des plages de Mononaftis, de Lygaria et de Madès, et de ses deux îlots, sont très poissonneux.

Village grecLe village de Fodélé (Φόδελε / Fódele)
La ville de Gazi en Crète. La rue Melissidi à Fodele. Cliquer pour agrandir l'image.Fodélé est un bourg agricole situé à environ 30 km au nord-ouest d’Héraklion ; le village compte environ 500 habitants dont l’activité principale est la culture des agrumes, notamment des orangers, des mandariniers et des citronniers. Depuis quelques décennies, la localité est aussi devenue une attraction touristique en tant qu’hypothétique lieu de naissance du célèbre peintre d’origine crétoise « Le Greco ».

Avec la localité de Plage de Fodélé (Παραλία Φόδελε) et le monastère de Saint-Pantaléon (Μονή Αγίου Παντελεήμονος), Fodélé forme une communauté locale du canton de Gazi, dans la commune du Malévizi.

La ville de Gazi en Crète. La rivière de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Fodélé est niché au fond d’un vallon, verdoyant et très irrigué, aux coteaux tapissés d’oliviers et de caroubiers ; ce vallon est traversé par la rivière de Fodélé, ou rivière fodélienne (ποταμός Φοδελιανός) ; cette rivière est également nommée rivière de Pantomatris (ποταμός Παντομάτρης), dont le nom serait une réminiscence de l’antique cité de Pantomatrion (Παντομάτριον), bien que les historiens situent cette cité beaucoup plus à l’ouest.

La ville de Gazi en Crète. Le cap Stavros à Fodele (auteur Jebulon). Cliquer pour agrandir l'image.La rivière de Fodélé se jette dans la mer de Crète sur la plage de Fodélé, entre le cap de Zeus (άκρον του Διός) et le cap de Stavros (ακροτήριο του Σταυρού), c’est-à-dire le cap de la Croix. Depuis Héraklion, on atteint Fodélé en empruntant la route nationale 90 en direction de Réthymnon, en prenant la première sortie après Agia Pélagia, puis en remontant le vallon jusqu’au village.

Dans les dolomites métamorphosées de la tranchée de la route nationale 90, on peut observer certains des plus anciens fossiles de Crète ; il s’agit principalement de coraux, de bryozoaires et de brachiopodes vieux d’environ 300 millions d’années. La roche hôte, qui a été enfouie à plus de 30 km de profondeur dans la croûte terrestre, il y a environ 23 millions d’années, a subi des conditions de pression et de température élevées, qui les ont métamorphosées en marbres. Les fossiles de Fodélé ont conservé leurs caractéristiques dans une forme et des détails excellents bien qu’ils aient subi ces conditions métamorphiques extrêmes.

La ville de Gazi en Crète. Carte ancienne de la baie de Fodélé par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.La localité de Fodélé connaît une certaine célébrité, depuis quelques décennies, en tant que possible lieu de naissance du célèbre peintre connu sous le nom du « Greco », né en Crète en 1541 sous le nom de Doménikos Théotokopoulos (Δομήνικος Θεοτοκόπουλος). Cette hypothèse sur le lieu de naissance du Greco avait été émise en 1932 par un journaliste athénien, Achilléas Kyrou (Αχιλλέας Κύρου), dans une étude intitulée « Δομήνικος Θεοτοκόπουλος – Γκρέκο ». Ce journaliste, fils du propriétaire du journal quotidien Estia (Εστία), mais sans formation d’historien et encore moins d’historien de l’art, s’était basé sur de minces indices : l’existence à Fodélé d’un patronyme proche de celui de Theotokopoulos, Théotokakis (Θεοτοκάκης), et d’un écrit du Greco, de 1606, dans lequel il décrit sa maison natale comme entourée d’orangers, de sources d’eau potable et d’une église byzantine. Sur ces faibles indices un professeur et des étudiants de la faculté d’histoire de l’Université de Valladolid, en Espagne, ont apporté une caution universitaire à cette hypothèse et ont apposé à Fodélé une plaque commémorative du Greco (Μνημείο Ελ Γκρέκο), lors d’une croisière de fin d’études, en juillet 1934. Cette plaque commémorative, gravée en grec et en espagnol, est en pierre de Tolède, ville de Castille où le peintre a produit la majeure partie de son œuvre et où il est décédé en 1614.

La ville de Gazi en Crète. Café Domenico à Fofele. Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Fodélé a fait de l’origine locale du Greco un véritable fonds de commerce : un buste du peintre a été installé dans le village en 1964 pour le 350e anniversaire de la mort du peintre ; un autre buste se trouve près de la plage de Fodélé ; des noms de cafés, de restaurants ou de boutiques de souvenirs font référence au Greco ; un petit musée dédié au Greco a été installé dans la prétendue maison natale du peintre, au lieu-dit Archontiko, situé à environ 1 km au nord-ouest du village. Le village de Fodélé est inscrit sur les programmes des agences de tourisme comme la « ville de naissance du Greco » et un festival lui est consacré au mois d’août.

La ville de Gazi en Crète. Pont sur la rivière de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.Un pont « El Greco » (Γέφυρα El Greco) a été construit au-dessus de la rivière du village, pont financé par des Crétois d’Amérique ; sur la plaque commémorative du pont on peut lire : « Ce pont a été construit en 1959 aux frais de l’Union pancrétoise d’Amérique (Παγκρητική Ένωση Αμερικής) à la mémoire du petit-fils de Fodélé Doménikos Théotokopoulos, El Greco ».

La ville de Gazi en Crète. La rivière de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.Cependant la plupart des historiens considèrent que le Greco n’est pas né à Fodélé, mais à Candie, où son père était commerçant et collecteur d’impôts. Peu importe que le Greco ne soit pas né à Fodélé : le village est pittoresque et a son charme propre, avec des boutiques d’artisanat, notamment de broderies, et d’agréables tavernes ombragées au bord de la rivière.

Dans le sud du village on peut visiter l’église Saint-Georges (Άγιος Γεώργιος) ; au nord-ouest du village se trouve la remarquable petite église byzantine de Notre-Dame ; à environ 3 km au sud, le monastère Saint-Pantaléon (Μονή Αγίου Παντελεήμονος).

Église orthodoxeL’église Notre-Dame de Fodélé (Ναός Παναγίας στο Φόδελε /Naós Panagías sto Fódele)
La ville de Gazi en Crète. L'église Notre-Dame de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’église Notre-Dame est une petite église byzantine située à environ 800 m au nord-ouest du village de Fodélé, dans un lieu-dit nommé Skotini (Σκοτεινή), Loubiniès (Λουμπινιές) ou Archontika (Αρχοντικά) ; « αρχοντικά » est le pluriel du mot « αρχοντικό », qui signifie « demeure seigneuriale, manoir ». Ce toponyme de « Manoirs » peut corroborer le fait que le village de Fodélé se trouvait autrefois à cet endroit et qu’il a été déplacé dans la vallée afin d’échapper à la vue des pirates. L’église de la Panagia, qui desservait ce village médiéval, se trouve de nos jours dans un cadre idyllique, au milieu des orangeraies et des cultures maraîchères.

Skotini est le nom de la colline boisée qui surplombe l’église ; ce toponyme signifie « sombre » ; sur les pentes de cette colline se trouve la maison censée être la maison natale du Greco ; à environ 150 m au sud se trouve la chute d’eau de Skotini (Καταρράκτης Σκοτεινής).

La ville de Gazi en Crète. Baptistère de l'église Notre-Dame de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.L’église actuelle a été édifiée sur les ruines d’une église basilique paléochrétienne, datant du VIe siècle ou du VIIe siècle ; cette basilique, dont on peut voir les fondations des murs extérieurs, mesurait environ 16 m par 11,3 m. La basilique comportait trois nefs ; dans la nef de gauche se trouvait le baptistère qui a subsisté jusqu’à nos jours ; on peut voir ces fonts baptismaux sur la gauche de l’église actuelle qui a été construite à l’emplacement de la nef centrale de l’ancienne basilique. On peut aussi voir, devant l’église actuelle, des piliers qui séparaient les nefs de l’ancienne basilique. La nef centrale était séparée du bêma (βήμα), c’est-à-dire la branche située devant l’abside, par un chancel de marbre, décoré d’un bas-relief à motif de nœuds. Le sol était constitué d’un dallage de petits carreaux de marbre multicolores formant des motifs géométriques.

La ville de Gazi en Crète. L'église Notre-Dame de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’église actuelle date de la seconde époque byzantine de la Crète, au XIe siècle ; elle est dédiée à la Présentation de Marie au Temple (Εισόδια της Θεοτόκου στον Ναό). La Panagia de Fodélé présente le plan caractéristique des églises byzantines, en forme de croix grecque, inscrite dans un quadrilatère, mais sans narthex ; la croisée des branches de la croix est surmontée par un dôme soutenu par quatre piliers. Les voûtes en berceau des branches de la croix sont très surélevées par rapport aux voûtes des baies des quatre coins. Les branches de la croix et les baies d’angle sont éclairées par de petites ouvertures surmontées d’arcs de briques. Le dôme, couvert d’une toiture en tuiles, est lui aussi éclairé par huit petites ouvertures décorées de briques.

La ville de Gazi en Crète. Pilier de l'ancienne basilique incorporé à l'église Notre-Dame de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.Des piliers de l’ancienne basilique ont été incorporés à la nouvelle église. À l’intérieur on peut aussi voir des vestiges du chancel de marbre de la basilique, ainsi qu’une partie du dallage de marbre.

L’intérieur de la Panagia a été décoré de plusieurs couches de fresques :

  • Les fresques les plus anciennes datent du XIe siècle et font partie des rares fresques datant de cette époque en Crète ; des parties de cette couche de fresques sont conservées dans le bêma, sur le tambour de la coupole et dans la partie orientale de l’église.
  • Une deuxième couche de fresques date du XIIIe siècle ; on peut en voir des parties conservées dans les baies des angles sud-ouest et nord-ouest, ainsi que dans le bêma.
  • La couche la plus récente de fresques date du XIVe siècle ; elle est datée précisément de 1323 par une inscription dans la branche sud de la croix, qui mentionne aussi le nom du donateur, Mélissourgos (Μελισσουργός) (« apiculteur »), sans doute un descendant crétois de l’illustre famille noble byzantine des Mélissène (Μελισσηνός). Dans cette branche sud on peut voir des scènes de la vie de la Vierge Marie : la « Présentation de la Vierge » (Εισόδια Θεοτόκου), la « Prière de Joachim et d’Anne » (προσευχή Ιωακείμ και Άννας) et cetera. D’autres fresques de cette époque se trouvent dans la branche nord, c’est-à-dire dans le bêma et dans l’abside du bêma : les saints militaires (Στρατιωτικοί άγιοι), notamment saint Nicolas (Άγιος Νικόλαος).

L’église Notre-Dame de Fodélé est fermée la plupart du temps ; en été, elle est ouverte le samedi et le dimanche, de 8 h à 15 h 30.

La ville de Gazi en Crète. L'église Notre-Dame de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. L'église Notre-Dame de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. L'église Notre-Dame de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.La ville de Gazi en Crète. L'église Notre-Dame de Fodélé. Cliquer pour agrandir l'image.
Musée biographiqueLe musée du Greco (Μουσείο Ελ Γκρέκο /Mouseío El Gkréko)
La ville de Gazi en Crète. La prétendue maison du Greco à Fodele. Cliquer pour agrandir l'image.À environ 1 km au nord-ouest du village de Fodélé, au lieu-dit Archontika, se trouve un petit musée consacré au peintre Doménikos Théotokopoulos (Δομήνικος Θεοτοκόπουλος), plus connu sous le nom du Greco. Ce musée, inauguré en 1998, est installé dans une maison rurale restaurée qui serait la maison natale du peintre ou, au moins, une maison ayant appartenu à sa famille. Depuis la rue principale de Fodélé, franchir le pont et suivre les panneaux indicateurs.

Aller au Musée du Greco avec Google Maps (35.385628, 24.950903).

Le musée présente de médiocres reproductions des œuvres les plus célèbres du Greco et des objets qui évoquent la vie du peintre et son atelier de Tolède, mais sans beaucoup d’explications.

Visite du musée Doménikos Théotokopoulos (Μουσείο Δομίνικου Θεοτοκόπουλου) :

Horaires d’ouverture : du 1er avril au 31 octobre, du lundi au dimanche, de 9 h à 19 h.

Prix d’entrée : 3 €.

Téléphone : 00 30 2810 521 500.

Site sur la Toile : psfodele.gr.

Le musée est géré par une association culturelle de Fodélé.

Même si ce n’est pas vraiment la maison du Greco, l’endroit est agréable et il y a un petit café ombragé à côté du musée.

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