 | Le port, la rade, l’îlot et la forteresse de Souda, les villages d’Aptera et de Kalami, et la forteresse d’Itzeddin en Crète |  |
| |
| |
| | |
| | Le canton de Souda (Δημοτική ενότητα Σούδας) est le canton le plus oriental des sept cantons du dème de La Canée ; le canton de Souda s’étire sur tout le long de la rive sud de la rade de Souda, un des plus grands ports naturels de toute la Méditerranée, depuis le cul-de-sac de la rade, à l’ouest, jusqu’au cap de Souda qui ferme la rade à l’est. L’ouest du canton est une plaine fluviale et marécageuse, drainée par la rivière Moronis (ποταμός Μορώνης), où se trouvaient autrefois des marais salants qui ont donné son nom à la rade de Souda. La partie orientale du canton comprend des collines de faible hauteur ne dépassant pas 250 m d’altitude : le prolongement du massif montagneux de Malaxa, qui se termine par le cap Skatza (Άκρα Σκάτζα), et la colline aplatie de Paliokastro (λόφος του Παλιόκαστρου) qui surplombe le cap de Souda (ακρωτήριο της Σούδας), colline où se trouvait la cité antique d’Aptéra.
Le canton de Souda comprend trois communautés locales : la communauté de Souda (Κοινότητα Σούδας) qui compte trois localités : le port de Souda (Σούδα), le village de Platani (Πλατάνι), situé à l’est de Souda, et l’îlot de Souda (νησίδα Σούδα) où les Vénitiens construisirent une forteresse ; la communauté d’Aptéra (Κοινότητα Απτέρων) qui comprend aussi le village de Kalami ; la communauté de Tsikalaria (Κοινότητα Τσικαλαριών).
|
|
| |
| | | Pour rejoindre le port de Souda depuis l’aéroport de La Canée, il faut emprunter la route nationale 94 (Εθνική Οδός 94 Αεροδρομίου Χανίων-Σούδας) jusqu’à la localité de Korakiès (Κορακιές) puis bifurquer à gauche sur la route provinciale 41 jusqu’à Souda, dite route de l’Akrotiri (Ακρωτηρίου) ; après Souda, la route provinciale 41 rejoint la route nationale 90 de La Canée à Réthymnon. |
| | La baie de Souda (όρμος της Σούδας) se présente comme une échancrure spectaculaire dans la côte nord-ouest de l’île de Crète ; cette baie constitue, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, un des abris portuaires en eau profonde les plus sûrs de toute la mer Méditerranée orientale, pour les marines de guerre et les marines marchandes des différentes puissances occupant la Crète. La baie de Souda (όρμος της Σούδας), parfois écrit Suda, doit son nom à la présence de salines dans le cul-de-sac de la rade (La Culatta), entre la rive droite de l’embouchure de la rivière Moronis et le port de Souda ; ces marais salants produisaient de la soude, nommée « soda » en italien, qui est le carbonate de sodium. En français la baie est traditionnellement nommée « rade de La Sude ».
Sur le plan géologique, la baie de Souda est située dans une plaine sédimentaire entre une faille d’effondrement située au nord de la nappe de calcaire en plaques du massif des Montagnes Blanches, et une faille d’effondrement située au sud de la nappe de phyllite-quartzite de la presqu’île de l’Akrotiri ; à l’échelle du temps géologique la rade de Souda est destinée à être comblée. Sur le plan géographique, la baie de Souda se présente comme un vaste golfe de la mer de Crète, prolongé par une rade allongée d’est en ouest ; les deux étendues marines communiquent par un étroit goulet.
Le golfe de Souda (κόλπος της Σούδας) s’étend entre la presqu’île de l’Akrotiri (χερσόνησος Ακρωτηρίου) et la région de l’Apokoronas ; le golfe est borné : au nord-est par le cap Tourkaki (ακρωτήριο Τουρκάκι), situé sur la côte orientale de la presqu’île ; au sud-est par le cap Drapano (ακρωτήριο Δράπανο), situé à la pointe nord-est de l’Apokoronas ; au sud-ouest par le cap de Souda (ακρωτήριο της Σούδας) ; au nord-ouest par le cap Kalogéros (ακρωτήριο Καλόγερος) ; entre le cap Kalogéros et le cap de Souda, qui marquent le goulet d’entrée de la rade de Souda, se trouvent les îlots de Souda et de Léon. Le golfe de Souda a une ouverture d’environ 8 km et une longueur d’environ 8 km.
La rade de Souda (λιμήν της Σούδας) a une longueur d’environ 8,5 km, entre le goulet d’entrée et le cul-de-sac de la rade situé sur l’isthme de La Canée, à environ 6 km à l’est du port de La Canée ; la largeur de la rade de Souda mesure 2,8 km au droit du goulet d’entrée, entre le cap Kalogéros et le cap de Souda, et seulement 1,6 km entre l’îlot de Souda et le cap de Souda ; la plus grande largeur de la rade est d’environ 4 km ; la superficie de la rade couvre environ 23 km². Le chenal de navigation de la rade a une profondeur partout supérieure à 15 brasses, soit près de 30 m, ce qui permet d’accueillir les plus gros navires.
Au nord, la rade de La Sude est protégée des vents dominants de la mer Égée par les collines de la presqu’île de l’Akrotiri, qui culminent au mont Skloka (528 m) ; au sud, la rade est dominée par le promontoire d’Aptéra, situé à environ 215 m d’altitude, et par la montagne de Malaxa (595 m).
À l’ouest de la rade se trouve l’isthme de La Canée qui relie la presqu’île de l’Akrotiri au corps de l’île de Crète ; l’altitude maximale de l’isthme est d’une centaine de mètres. Une petite rivière draine l’isthme de La Canée, la rivière Moronis (ποταμός Μορώνης) ; cette rivière, d’environ 5 km de longueur, se jette dans le cul-de-sac de la rade, formant une petite zone humide protégée.
Des installations portuaires ont existé dans la rade de Souda depuis l’Antiquité. Aux époques hellénistique et romaine, la cité antique d’Aptéra aurait possédé deux ports sur la rade de Souda : le port de Kissamos, situé en contrebas de la cité antique, près du cap de Souda, à l’entrée de la rade, à l’emplacement de la localité présente de Kalami ; le port de Minoa, situé sur la côte nord de la rade, près de la localité présente de Marathi. Sous la domination vénitienne, la quatrième guerre turco-vénitienne éclata en juin 1570 ; le 31 août 1570, les flottes chrétiennes, principalement vénitienne et espagnole, se rassemblèrent en baie de Souda (baia della Suda) en vue d’aller défendre Chypre, possession de la République de Venise revendiquée par les Ottomans. En août 1571 les Ottomans s’emparèrent brutalement par la force de l’île de Chypre, massacrant les populations ; cette même année, des corsaires turcs débarquèrent dans la baie de Souda et causèrent d’importantes destructions dans la région de La Canée. Cet événement poussa les Vénitiens à défendre la rade en construisant une forteresse bastionnée sur l’îlot de Souda. Cependant, le 7 octobre 1571, les flottes chrétiennes prirent leur revanche sur la flotte ottomane à la bataille de Lépante, ce qui laissa un peu de répit aux Vénitiens pour renforcer les fortifications de Candie.
Au siècle suivant, cette forteresse n’empêcha pas les Ottomans de débuter la conquête de la Crète, en débarquant dans la baie de Gonia, le 24 juin 1645, et en assiégeant, le 27 juin, la ville de La Canée qui capitula le 22 août 1645 ; les Ottomans échouèrent à s’emparer de la forteresse de Souda le 21 juillet 1646. Même après l’achèvement de la conquête de l’île par les Ottomans, en 1669, la forteresse de Souda resta aux mains de la République de Venise ; la forteresse ne fit sa reddition aux Ottomans qu’en 1715. Sous l’occupation ottomane, le port de Souda fut utilisé en 1822, pendant le soulèvement crétois de 1821, pour y débarquer une troupe de 10 000 Égyptiens venant réprimer le soulèvement. Après le début du soulèvement crétois de 1866, les Ottomans construisirent un fort sur le plateau d’Aptéra, en surplomb du cap de Souda ; avec la forteresse de Souda, désormais utilisée par les Turcs, ce fort d’Aptéra permettait de contrôler le goulet d’entrée dans la rade de Souda (Suda Körfezi). En 1872 les Ottomans construisirent une nouvelle fortification juste au-dessus du cap de Souda, la forteresse d’Itzeddin.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la rade de Souda joua un rôle considérable lors de l’invasion de la Crète par les puissances centrales européennes :
- le 26 mars 1941, des nageurs de combat italiens de la Xe flottille MAS (Xª Flottiglia MAS) réussirent une opération commando contre des navires britanniques au mouillage dans la rade de Souda ; les Italiens utilisèrent des canots explosifs (barchini esplosivi) pour attaquer leurs cibles ; ils touchèrent notamment le croiseur lourd britannique « HMS York » qui sera détruit quelques jours plus tard par des bombardiers en piqué allemands Stuka.
- le 27 mai 1941, des chasseurs parachutistes et des chasseurs alpins allemands, aéroportés dans le secteur de Malémé, affrontèrent des troupes des dominions britanniques près du cul-de-sac de la rade de Souda, dans la bataille dite de « 42nd Street ».
Le cimetière militaire du Commonwealth à Souda témoigne de la violence des combats. Encore de nos jours, la région de la rade de La Sude constitue une importante zone stratégique sur le plan militaire pour la Grèce et ses alliés :
- sur la rive nord de la rade, juste après le goulet d’entrée, sur la presqu’île de l’Akrotiri, se trouve une importante base navale de la Marine de guerre hellénique (Πολεμικό Ναυτικό) ;
- à 1 km à l’ouest de la base navale se trouve le Centre OTAN d’entraînement aux opérations d’interdiction maritime (NATO Maritime Interdiction Operational Training Centre, NMIOTC) ;
- jouxtant l’aéroport international de La Canée, se trouve la base aérienne de Souda (Αεροπορική Βάση Σούδας) ;
- la base aérienne est aussi utilisée par l’aéronavale étatsunienne sous le nom de « US Naval Support Activity Souda Bay » ;
- au sud-ouest de la base aérienne se trouve aussi une installation de tir de missiles de l’OTAN (NATO Missile Firing Installation, NAMFI).
Sur le plan touristique la rade de Souda n’est pas très attrayante, hormis ses paysages spectaculaires ; il existe quelques petites plages comme la plage de Vlité (παραλία Βλητέ), située dans le cul-de-sac de la rade, près du cimetière militaire, et la plage de Kalami, juste à l’ouest du cap de Souda ; les meilleures plages se trouvent au fond des criques de la côte sud de la presqu’île de l’Akrotiri, notamment la plage de Marathi.
La rade de Souda est une étendue marine très fermée, autrefois un marécage, où les eaux ne sont pas renouvelées ; ces eaux sont polluées par la rivière Moronis, qui draine la zone d’activités artisanales de La Canée, et par le trafic maritime du port de Souda. Pour trouver de meilleures plages il faut aller sur la rive sud du golfe de Souda, à Kalyves ou à Almyrida, par exemple.
|
| | L’îlot de Souda est une petite île rocheuse située à un emplacement stratégique, à l’entrée de la rade de Souda, sur la côte nord-ouest de la Crète, près de La Canée. L’îlot de Souda se trouve à environ 600 m au sud de la côte de la presqu’île de l’Akrotiri ; entre l’îlot de Souda et la côte, à moins de 100 m au nord-ouest, se trouve un autre îlot, l’îlot de Léon (νησίδα Λέων). L’îlot de Souda est à 1,6 km au nord du cap de Souda qui marque l’entrée sud de la rade de Souda. À environ 2,5 km au nord-est de l’îlot de Souda se trouve l’îlot de Palaiosouda (Παλαιόσουδα), situé dans la baie de Marathi. L’îlot de Souda présente une forme triangulaire ; il a une longueur sud – nord d’environ 500 m et une superficie d’environ 8 ha. L’îlot de Léon a une forme presque ronde, avec un diamètre de 150 m et une superficie de 1,7 ha ; il est entièrement boisé.
Comme la rade de Souda, le cap de Souda et le port de Souda, l’îlot de Souda (νησίδα Σούδα) doit son nom aux salines situées dans le cul-de-sac de la rade. À l’époque vénitienne l’îlot de Souda était nommé « Fraronisi » (Isolotto dei Frati), car il abritait un monastère Saint-Nicolas (monastero di San Nicolò) dont les moines cultivaient des oliviers sur tout l’îlot ; l’îlot du Lion était nommé « Scoglio dei Conigli », c’est-à-dire l’écueil des Lapins, l’îlot des Lapins ; l’Histoire ne dit pas comment les lapins se métamorphosèrent en lion. Dans l’Antiquité, les deux îlots étaient nommés « Lefkai » (Λεύκαι), c’est-à-dire « les Blanches » ; « λευκαί » est le féminin pluriel de « λευκός » qui signifie « blanc » ; les deux îlots sont en effet bordés de falaises très blanches. Selon la mythologie rapportée par Étienne de Byzance au VIe siècle, les Muses et les Sirènes se seraient affrontées dans un concours de chant à Aptéra ; les Sirènes, ayant perdu le concours, arrachèrent les plumes blanches de leurs ailes qui tombèrent dans la mer et formèrent les « Îles Blanches ».
|
| | En 1571 des pirates turcs attaquèrent et dévastèrent la région de La Canée, détruisant notamment la fortification vénitienne situé sur le plateau d’Aptéra. Après cette attaque, la République de Venise décida de construire une fortification bastionnée sur l’îlot de Souda afin de défendre l’entrée de la rade. La construction de la forteresse de Souda (Fortezza della Suda) fut confiée à l’architecte et ingénieur militaire Latino Orsini, avec pour consigne d’agir dans l’urgence la plus absolue ; Orsini avait été chargé du vaste programme de construction défensive après la perte de Chypre, tombée aux mains des Ottomans en août 1571 ; Orsini mit en œuvre les conceptions les plus récentes de la fortification bastionnée, tout en tirant parti de la morphologie de l’îlot ; l’inclusion de l’îlot des Lapins dans la forteresse avait été prévue à l’origine mais ne fut jamais réalisée. La construction de la forteresse de Souda débuta sans délai, dès novembre 1572, en commençant par les bastions de la pointe nord de l’îlot afin d’assurer la défense contre une attaque terrestre depuis l’Akrotiri ; la construction progressa rapidement ; en avril 1573, les premiers canons d’artillerie arrivèrent pour être mis en place ; la construction de la forteresse fut achevée en quelques années. La forteresse de Souda représente un bel exemple d’architecture militaire. À la pointe nord de l’îlot se dressent deux bastions (baluardo) : à l’est, le bastion Martinengo, du nom de Gian Maria Martinengo, gouverneur de La Canée ; à l’ouest, le bastion Michiel, du nom du provéditeur Luca Michiel ; les deux bastions étaient dotés d’orillons se faisant face ; ces bastions sont de hauts ouvrages en maçonnerie de pierre, recouverts de terre battue, avec un cordon séparant le parapet de l’escarpement ; leurs parties inférieures reposent sur un affleurement rocheux, tandis que leurs sommets sont couronnés d’embrasures de canons. À l’arrière des bastions fut construit le cavalier Mocenigo, une structure carrée assurant la protection des deux bastions. Le bastion Michiel possède également une arche sur son côté ouest, qui mène au demi-bastion de l’ouest, nommé Orsino, au flanc en retrait, et au bastion Venier, nommé en l’honneur du provéditeur général Daniele Venier, en angle, aux flancs rectilignes. Le cavalier Mocenigo est impressionnant ; il domine la place d’armes et est percé de plusieurs embrasures de canons.
À l’extrémité sud de l’enceinte se trouve une demi-lune (mezzaluna), reliée à l’enceinte principale par une caponnière, la Linguetta. La porte principale de la forteresse se trouvait au nord, entre les bastions Martinengo et Michiel. À l’intérieur de la forteresse se trouvaient, une place d’armes, les quartiers de la garnison, une prison, des magasins de munitions, des poudrières, des moulins et des fours, des puits et des citernes d’eau souterraines.
La chapelle de la forteresse, dédiée à saint Nicolas, fut bâtie en 1585 ; cette chapelle accueillait des prêtres de l’ordre de Saint-Augustin, un monastère augustinien ayant existé auparavant sur l’îlot ; la chapelle est encore bien conservée aujourd’hui. Des travaux de conservation et d’amélioration de la forteresse furent réalisés par la suite jusqu’à la prise de La Canée en 1645. Après l’occupation de la ville de La Canée par l’armée turque en 1645, la forteresse de Souda fut brutalement attaquée, en 1646, depuis la terre et depuis la mer ; cependant, les quelques défenseurs armés de la forteresse purent la sauver. Après la chute de la ville de Candie en 1669, le traité de paix conclu, stipulait que la forteresse de Souda — tout comme celles de Gramvousa et de Spinalonga — demeurerait sous le contrôle de la République de Venise. La forteresse de Souda devint un refuge pour les rebelles crétois et un centre de renseignement pour les Vénitiens. Ce n’est que le 24 septembre 1715, au cours de la septième guerre turco-vénitienne de 1714 à 1718, que la forteresse dut faire sa reddition après un siège, par la terre et par la mer, d’un millier de Turcs.
Les Ottomans occupèrent l’îlot de Souda (Suda adacık) mais ne firent pas de modifications ni d’ajouts majeurs à la forteresse de Souda (Suda Kalesi), si ce n’est la transformation de la chapelle en mosquée dédiée au sultan Gazi Ahmet Han ; ils abandonnèrent la forteresse en 1898, quand les forces turques quittèrent la Crète. Le drapeau grec fut hissé sur la forteresse de Souda, pour la première fois en Crète, le 1er février 1913, avant même l’union officielle de la Crète à la Grèce.
La forteresse vénitienne de Souda (Ενετικό Φρούριο Σούδας) se trouve dans la zone d’interdiction de la base navale de Souda et ne peut pas être visitée, bien que sa structure soit intacte, quoiqu’envahie par la végétation ; cependant, des excursions en bateau sont proposées, depuis la petite station balnéaire de Marathi, qui permettent de s’approcher de l’îlot et de voir les ruines de la forteresse vénitienne ; ces excursions sont plutôt onéreuses, au minimum 60 €. |
| |
| | Le cimetière militaire britannique de la rade de Souda a été créé pour recevoir les corps de militaires du Royaume-Uni et de l’Empire britannique morts en Crète, principalement au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le cimetière militaire se trouve dans le cul-de-sac de la rade de Souda, à l’arrière de la petite plage de Vlitès (παραλία Βλητέ), sur la rive gauche de la rivière Moronis ; le cimetière est situé à environ 2 km au nord de l’endroit où se déroula l’une des batailles les plus meurtrières de l’invasion allemande de la Crète, la bataille de la « 42nd Street ». Le cimetière se trouve à environ 5 km au sud-est du port de La Canée. À pied, l’embarcadère du port des transbordeurs de Souda est à moins de 2,5 km, si l’on a 2 h à occuper en attendant son embarquement. L’entrée du cimetière se trouve du côté ouest ; un grand parc de stationnement permet de se garer sans difficultés. Le cimetière est ouvert en permanence.
Aller au cimetière militaire britannique avec Google Maps (35.500232, 24.060509). Le cimetière militaire britannique de la rade de Souda a été construit quelques années après la Seconde Guerre mondiale afin de rassembler les sépultures de soldats disséminées dans quatre cimetières militaires créés par l’armée allemande après la « Bataille de Crète », à La Canée, à Héraklion, à Réthymnon et à Galatas, ainsi que dans des sites isolés et des cimetières civils ; les corps furent transférés par des unités australiennes chargées des sépultures de guerre.
C’est l’architecte britannique, originaire du Canada et, de façon plus éloignée, de Savoie, Louis Emanuel de Soissons (1890 – 1962) qui a conçu le cimetière militaire de Souda. Le cimetière est géré par la Commission des Tombes de Guerre du Commonwealth (Commonwealth War Graves Commission, CWGC).
Le cimetière militaire britannique couvre une superficie rectangulaire d’environ 3 ha ; il est entouré d’oliveraies, ce qui assure une ambiance paisible propice à ces lieux, même si l’agitation du port de Souda, situé à moins d’1,5 km, est nettement perceptible. Le cimetière est magnifiquement aménagé et impeccablement entretenu, entièrement gazonné et parsemé de plantes à fleurs. Chaque sépulture est marquée par une pierre tombale en grès anglais, sur laquelle sont gravés le nom, le grade, l’âge, la religion et la date du décès du défunt s’il a été identifié ; l’emblème de l’unité à laquelle appartenait le soldat est également gravé sur la pierre. Au centre du cimetière se dresse une croix, la « Croix du Sacrifice », près de laquelle ont lieu les cérémonies officielles, notamment au mois de mai.
Le cimetière est divisé en 16 parcelles funéraires numérotées de 1 à 16, divisées en rangées numérotées de A à E, chaque rangée comprenant 20 tombes numérotées de 1 à 20.
Le cimetière comprend 1 527 tombes sur les 2 000 soldats britanniques tués pendant la Bataille de Crète au printemps 1941 ; 776 tombes sont des sépultures de soldats inconnus ; 197 tombes de soldats australiens dont 140 identifiés ; 446 tombes de soldats néo-zélandais dont 343 identifiés ; 862 tombes de soldats du Royaume-Uni, dont 248 sont identifiés ; une quinzaine de tombes de soldats originaires d’autres dominions de l’Empire britannique. Le cimetière abrite aussi une vingtaine de soldats tués lors de la Première Guerre mondiale et une quarantaine de tombes de civils.
Une particularité sont les tombes de deux civils allemands, Karl Wagner (tombe 11.E.17) et Johann Trojer (tombe 11.E.18), dont les dépouilles ont été transférées par erreur au cimetière militaire de Souda ; il a été convenu, entre le CWGC et le Service d’entretien des sépultures militaires allemandes (Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge), que leurs dépouilles resteraient dans le cimetière de Souda plutôt que d’être transférées vers le cimetière militaire allemand de Malémé. Le cimetière abrite une stèle commémorative dédiée aux soldats écossais des Seaforth Highlanders tués durant l’occupation internationale de la Crète, entre mars et novembre 1887. Pour les amateurs d’archéologie, une des tombes peut être particulièrement intéressante, celle de l’archéologue anglais John Pendlebury (1904 – 1941). Après avoir mené une carrière d’archéologue, notamment à Cnossos et sur le plateau du Lassithi, Pendlebury fut nommé, en 1940, officier de liaison auprès de l’Armée hellénique, avec le grade de capitaine. Présent à Héraklion au début de l’ « Opération Merkur », Pendlebury entra aussi en liaison avec des francs-tireurs crétois grâce à sa bonne connaissance de l’île ; lors de l’assaut d’Héraklion par les troupes allemandes, Pendlebury s’échappa, le 21 mai 1941, avec quelques amis grecs, en direction du village de Kroussonas, dans l’intention d’y organiser un groupe de francs-tireurs pour contre-attaquer ; à Kaminia (Καμίνια), peu après la sortie ouest de la vieille ville d’Héraklion, Pendlebury sauta du véhicule pour ouvrir le feu sur un détachement allemand, mais il fut blessé à la poitrine par un tir de bombardier en piqué Stuka. Secouru par une habitante, il fut soigné dignement par un médecin militaire allemand. Cependant, le lendemain, le 22 mai 1941, un groupe de chasseurs parachutistes allemands le découvrit dans la maison ; vêtu de vêtements civils, car son uniforme trempé de sang lui avait été retiré, et ne pouvant présenter sa plaque d’identité militaire qu’il avait égarée, Pendlebury fut considéré comme franc-tireur et fusillé contre un mur de la maison. Pendlebury fut inhumé à proximité de la maison, puis son corps fut transféré dans un cimetière militaire près de la Porte ouest d’Héraklion. Après la guerre son corps fut finalement transféré au cimetière militaire de Souda ; sa tombe est située à l’emplacement 10.E.13 (en rouge sur le plan). Son épitaphe cite un vers d’une élégie de Percy Shelley pour la mort du poète John Keats en 1821 : « He has outsoared the shadow of our night », ce qui peut se traduire par quelque chose comme : « Il a pris son essor hors de l’ombre de notre nuit ».
| |
| |
| | Souda est une petite ville portuaire, de près de 8 500 habitants, située dans le cul-de-sac de la rade de Souda, sur la rive sud-ouest de la rade. Souda est le chef-lieu du canton de Souda (Δημοτική ενότητα Σούδας), le canton le plus oriental du dème de La Canée. Le port de Souda est à environ 7 km au sud-est du vieux port vénitien de La Canée. La ligne n° 13 de bus urbains fait la navette toutes les demi-heures entre la gare routière de La Canée et Souda.Le port de Souda (Λιμάνι Σούδας) a été construit par les Ottomans au XVIIIe siècle, à l’emplacement de marais salants. La localité était nommée en turc « Tuzla » ; « tuzla, au pluriel tuzlalar » veut dire « marais salant », dérivé du mot « tuz », le sel. En français la localité est nommée « La Sude ou Sude ». La localité de Souda n’est pas attrayante sur le plan touristique, sinon pour y embarquer ou y débarquer d’un transbordeur assurant la liaison « La Canée – Le Pirée » ou d’un paquebot de croisière ; Souda est aussi le port de marchandise de La Canée, le bâtiment le plus visible de la ville étant un énorme silo à grains ; la rade est assez profonde pour accueillir les navires des plus gros tonnages. L’économie de la ville de Souda est principalement basée sur les activités de la marine marchande et de la marine de guerre hellénique et de l’OTAN, même si la base navale se trouve sur l’autre rive de la rade, sur la presqu’île de l’Akrotiri. Site sur la Toile de la compagnie de navigation ANEK : www.anek.gr |
| |
| | | Le canton de Souda est traversé, d’ouest en est, par l’ancienne route nationale 90 de La Canée à Réthymnon (Παλαιά Εθνική Οδός Χανίων - Ρεθύμνου) et par la nouvelle route nationale 90 (Εθνική Οδός Χανίων - Ρεθύμνου, ΕΟ90) ; les deux routes se séparent et se rejoignent à divers endroits, l’ancienne route suivant de plus près la côte, passant notamment par le port de Souda ; l’ΕΟ90 permet d’accéder aisément au Musée de la Typographie, au site archéologique d’Aptéra et à la forteresse ottomane d’Izzeddin. Si l’on veut éviter ces routes nationales et découvrir l’arrière-pays, on peut, depuis La Canée, emprunter la route provinciale 36 de La Canée à Nérokouros (Νεροκούρος), puis la route provinciale 43 de Nérokouros à Aptéra et la route provinciale 42 d’Aptéra à Stylos ; on retrouve alors l’ΕΟ90 qui conduit à Vryssès, le chef-lieu de l’Apokoronas, à Georgioupoli, puis à Réthymnon. Sur l’ΕΠ43 on peut faire une halte dans le village de Tsikalaria (Τσικαλαριά), près duquel eut lieu une des batailles les plus féroces de la « Bataille de Crète ». |
| | | La bataille dite de la « 42nd Street » le 27 mai 1941 est l’une des dernières batailles de l’invasion de la Crète par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale et l’un des rares succès des troupes anglo-saxonnes pendant cette invasion. Le 19 mai 1941 la Luftwaffe allemande avait effectué des attaques aériennes contre les aérodromes de Crète, attaques qui avaient détruit la presque totalité des forces aériennes britanniques sur l’île, à l’exception de sept avions de chasse qui avaient été évacués vers l’Égypte. L’assaut allemand contre la Crète, dit « Entreprise Mercure » (Unternehmen Merkur), avait débuté le lendemain, le 20 mai 1941, par des parachutages de troupes, notamment dans la région de La Canée ; dès le 21 mai les Allemands s’étaient emparés de l’aérodrome de Malémé, situé à environ 15 km à l’ouest de La Canée, et pouvaient y faire atterrir des avions de transport amenant des troupes de renfort, notamment des régiments de chasseurs alpins de la 5e Division d’infanterie de montagne allemande (5. Gebirgs-Division), commandée par le général Julius Ringel ; dès le 23 mai la situation devint critique pour les Britanniques et, le 26 mai, ils se préparèrent à battre en retraite et à évacuer leurs troupes de l’île.
Pour freiner l’avancée allemande, une ligne de défense fut établie le long de la route de Tsikalaria (Τσικαλαριά) ; cette route de terre, bordée d’oliviers, était située au sud-est de La Canée, entre la route nationale au nord et le village de Tsikalaria au sud ; elle constituait une ligne nord-sud qui reliait le cul-de-sac de la rade de Souda et la montagne de Malaxa (Μαλάξα) ; la route de Tsikalaria (Οδός Τσικαλαρίων) barrait le passage vers l’est et le sud de l’île d’où les troupes devaient être évacuées.
De nos jours la route de Tsikalaria est devenue une rue de la banlieue de La Canée ; on peut y voir un mémorial de la bataille de la « 42nd Street » (42η Οδός μνημείο), près du viaduc où la rue passe sous la nouvelle route nationale 90, qui n’existait pas en 1941.
Aller au Mémorial de la bataille de 42nd Street avec Google Maps (35.481083, 24.056694). Le nom de « 42nd Street » fut donné à cette bataille parce que le secteur de la route de Tsikalaria avait été occupé, à la fin de l’année 1940, par la 42e compagnie du Génie Royal (42nd Field Company Royal Engineers) qui avait donné, par plaisanterie, ce surnom à ce secteur et aussi par référence à un film de comédie musicale étatsunien sorti quelques années plus tôt, en 1933, intitulé « 42nd Street », « 42e Rue » ; ce surnom fut consigné sur les cartes britanniques et entra dans l’usage courant. Le commandement britannique disposa, le long de la « 42nd Street », des bataillons australiens et néo-zélandais de l’ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps) pour protéger les troupes en retraite ; ces bataillons tirèrent parti des accotements en terre de la route pour creuser des tranchées dissimulées par les buissons et les arbres.
Sept bataillons de l’ANZAC furent engagés, le 27 mai 1941, sur cette ligne de défense, du nord au sud : au nord, près de la route nationale de La Canée à Réthymnon, le 2/8e bataillon australien, commandé temporairement par le major Arthur Samuel Key ; le 2/7e bataillon australien, commandé par le lieutenant-colonel Theodore Gordon Walker ; le 21e bataillon néo-zélandais, commandé par le lieutenant-colonel John Manchester Allen ; le 28e bataillon néo-zélandais, composé d’indigènes maoris et commandé par le lieutenant-colonel George Dittmer ; les 19e et 22e bataillons néo-zélandais, au sud, près du village de Tsikalaria ; le 23e bataillon néo-zélandais était placé en réserve derrière les 19e et 22e bataillons. La plupart de ces bataillons étaient affaiblis par des combats antérieurs et ne disposaient que de la moitié de leurs effectifs nominaux. Après des combats dans le secteur de Galatas, le 141e Régiment de chasseurs alpins allemand (141. Gebirgs-Jäger-Regiment) de la 5e Division d’infanterie de montagne, régiment commandé par l’Oberst Maximilian Jais, progressait le long de la route nationale à l’est de La Canée en direction de la rade de Souda, dans le but de bloquer l’évacuation des troupes britanniques. Vers 11 h du matin, le premier bataillon (I. Bataillon) du 141e Régiment allemand, fort d’environ 400 hommes, s’approcha du carrefour avec la route de Tsikalaria, quand les hommes des 2/8e et 2/7e bataillons australiens ouvrirent le feu, surprenant les Allemands, puis, renforcés par des Néo-Zélandais du 28e bataillon, lancèrent une impressionnante charge à la baïonnette, infligeant aux chasseurs alpins de lourdes pertes et les forçant à battre temporairement en retraite. La poursuite s’arrêta à environ un demi-kilomètre de la « 42nd Street », car un second bataillon allemand était déployé à proximité. Les Allemands avaient perdu 121 hommes tués et seulement 3 hommes faits prisonniers ; les troupes de l’ANZAC, 20 tués. Après la guerre, les Allemands alléguèrent que les troupes australiennes et néo-zélandaises avaient commis des crimes de guerre, ne faisant pas de prisonniers, car la presque totalité des Allemands tués l’avaient été à coups de baïonnettes ou le crâne fracassé à coups de crosse.
La bataille de la « 42nd Street » permit de stopper l’avancée de la 5e Division de montagne allemande pour le reste de la journée ; dans l’après-midi, des hommes de l’ANZAC repérèrent des chasseurs alpins allemands se déplaçant sur les flancs de la montagne de Malaxa, pour tenter d’encercler les troupes de l’ANZAC. Le général Ringel ordonna ensuite aux 85e et 141e régiments d’infanterie de montagne d’avancer vers la rade de Souda. Cette action avait permis de gagner un temps précieux pour la retraite britannique ; les troupes de l’ANZAC se replièrent ensuite et rejoignirent les colonnes battant en retraite vers le sud, à travers les Montagnes Blanches jusqu’à Sfakia, d’où les troupes pourraient être évacuées par la Royal Navy. Le 2/7e bataillon australien prit ensuite part à d’autres combats d’arrière-garde, mais, bien que son évacuation ait été prévue, le bataillon fut abandonné sur place lorsque l’évacuation des troupes de l’Empire britannique dut cesser le 1er juin 1941 ; les hommes du 2/7e bataillon furent faits prisonniers de guerre. |
| |
| | Le Musée de la Typographie de La Canée serait le seul musée sur ce thème en Grèce, à part l’ancienne imprimerie nationale à Athènes qui présente aussi l’histoire de l’imprimerie.Le Musée de la Typographie est un musée privé créé en 2005 par le fondateur du journal « Les Nouvelles de La Canée » (Χανιώτικα Νέα / Chaniótika Néa), Giannis Garédakis (Γιάννης Γαρεδάκης). Le musée est situé dans la zone d’activités artisanales de Souda, où se trouve aussi l’imprimerie du journal, et n’est pas très facile à trouver. Le musée est ouvert, du lundi au vendredi, de 12 h à 15 h ; le samedi, de 10 h à 15 h. Prix d’entrée : 10 € ; tarif réduit : 5 €. Téléphone : 00 30 28210 800 90 Site sur la Toile : typography-museum.gr Aller au Musée de la typographie avec Google Maps (35.480071, 24.066188). Le musée présente l’histoire de la typographie et de l’imprimerie en Europe depuis l’invention de Johannes Gutenberg au XVe siècle, au début de la Renaissance, jusqu’à nos jours.
Le musée est installé dans l’ancienne imprimerie du journal « Chaniotika Néa », dans un bâtiment comprenant deux grands halls à destination industrielle ; ces deux grands halls ont été aménagés au moyen de mezzanines afin de gagner de la surface d’exposition pour le musée. L’entrée des visiteurs se fait par le hall A où sont présentés les techniques et les outils de la typographie jusqu’au début du XXe siècle (A) et un auditorium de 80 places où se tiennent des conférences. Dans le hall B se trouvent l’exposition de presses d’imprimerie du XXe siècle (B), avec une exposition sur l’histoire de l’écriture sur la mezzanine (B1), ainsi qu’une boutique et un café (B2).
| Dans le hall A sont exposées deux presses en fonte richement ornées datant du début du XIXe siècle. On y trouve également une presse en bois rappelant celle inventée par Johannes Gutenberg, le « père » de la typographie, offrant ainsi un aperçu du XVe siècle, époque de la naissance de la typographie en Europe. On peut aussi découvrir des presses à pédale « Victoria », acquises en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse, ainsi qu’un modèle offert par un typographe grec ; toutes témoignent de l’évolution de la typographie au fil du temps. De nombreuses presses manuelles de type « Boston » sont également présentées. Des établis de composition, où le typographe assemblait le texte lettre par lettre à l’aide de caractères en relief — une méthode utilisée depuis l’époque de Gutenberg jusqu’au début du XXe siècle — côtoient la Linotype, machine destinée à la composition mécanique. Tout autour de la salle, des vitrines présentent des cartes, des lithographies, des photographies, des affiches, des publications, ainsi que des stylos-plumes et des porteplumes d’autrefois, enrichissant ainsi l’expérience de visite. | _small.jpg) | Dans le hall B sont également exposées une machine de composition Monotype et deux grandes presses à plat du XIXe siècle. Une pièce revêt une importance particulière : la presse lithographique Hugo Carmine Wien, fabriquée à Vienne, en Autriche, vers 1900, accompagnée d’une vitrine spéciale présentant outils, pierres lithographiques et exemples d’impressions typiques, elle complète la présentation de cette technique. Un espace est également consacré à la reliure ; on y trouve l’établi ainsi que toutes les machines, les outils, le papier artisanal, les cuirs et la presse à relier nécessaires à cet art.Des techniques telles que la xylographie, la taille-douce, la lithographie, l’offset, la gravure sur zinc et la sérigraphie sont présentées en détail dans des vitrines spécialement conçues, aux côtés de la méthode d’écriture Braille offerte par une association grecque d’aveugles. Une vitrine est également consacrée à la fabrication du papier. Une salle annexe présente des pièces variées et intéressantes, telles que le mobilier de bureau et les outils utilisés autrefois par les graphistes : machines à coudre les livres, massicots, presses à dorer, machines de découpe pour emballages, et cetera. | _small.jpg) |
| |
| | | Le village d’Aptéra est un village, d’environ 400 habitants, situé près de la rive sud de la rade de Souda, à environ 5 km à l’est-sud-est du port de Souda, le chef-lieu du canton, et à 15 km à l’est-sud-est de La Canée, le chef-lieu du dème de La Canée et la ville capitale de la Province de La Canée. La localité d’Aptéra est le chef-lieu d’une communauté locale (Τοπική Κοινότητα Απτέρων) du canton de Souda, communauté qui comprend aussi la localité de Kalami (Καλάμι) et qui compte environ 500 habitants. Jusqu’en l’an 2008, la localité d’Aptéra était nommée « Mégala Chorafia » (Μεγάλα Χωράφια), c’est-à-dire « les Grands Champs », du mot « χωράφι, au pluriel χωράφια », « champ », quand elle a repris le nom de la cité antique d’Aptéra, située à environ 700 m à l’est du village moderne d’Aptéra qui est à une altitude de 170 m, une cinquantaine de mètres plus bas que la cité antique. Depuis Aptéra il est possible de rejoindre la plaine de l’Apokoronas en empruntant la route provinciale 42 qui contourne le plateau d’Aptéra par l’ouest et le sud, et atteint le village de Stylos ; on peut ensuite continuer vers Vryssès, le chef-lieu de l’Apokoronas. |
| | Kalami est un petit village côtier de la rive sud de la rade de Souda, situé à une soixantaine de mètres d’altitude, juste au-dessus du cap de Souda (ακρωτήριο της Σούδας) qui marque, au sud, le goulet qui sépare la rade de Souda (όρμος της Σούδας) du golfe de Souda (κόλπος της Σούδας). Le village de Kalami se trouve en contrebas du plateau d’Aptera sur lequel était bâtie la cité antique d’Aptéra.Le toponyme « Kalami », officiellement Kalamion (Καλάμιον), signifie « roseau », une plante typiquement aquatique, ce qui rappelle que la rade de Souda était une étendue marécageuse. Le mot « kalami » (καλάμι, mot neutre, au pluriel καλάμια ; synonyme κάλαμος) désigne le roseau (Phragmites australis) ou la canne (Arundo donax). Le mot grec a donné le mot « calame », du latin calamus, qui désigne un roseau taillé en pointe pour écrire sur des tablettes d’argile tendre, ou, trempé dans de l’encre, pour écrire sur du papyrus ou du parchemin. Kalami est aussi l’étymologie du mot « chalumeau » qui est, entre autres choses, une petite flûte champêtre taillée dans un roseau ou une canne ; le mot « calumet », la pipe des Amérindiens, a aussi cette origine. À l’époque vénitienne le village était nommé Calami. La localité de Kalami compte une cinquantaine d’habitants et fait partie de la communauté locale d’Aptéra, dans le canton de Souda ; le port de Souda est à une distance de 8 km à l’ouest, par la route nationale 90 qui passe à la bordure sud du village de Kalami, à 20 m en contrehaut ; au nord du village passe l’ancienne route nationale 90. Le cimetière du village est construit sur le promontoire qui domine, à 30 m d’altitude, le cap de Souda.
Les historiens estiment, de nos jours, que le port antique d’Aptéra, nommé Kissamos (Κίσαμος), se trouvait à l’emplacement de Kalami. À l’époque vénitienne le port était nommé Calami Porto ; il était réputé pour sa source naturelle, indiquée sur les cartes vénitiennes comme « Calami Fontana Bonissima », où les navires pouvaient se ravitailler en eau potable. De nos jours on y trouve la petite plage de Kalami (Παραλία Καλάμι), aux eaux très profondes, et une petite jetée ; la fontaine couverte doit toujours s’y trouver. |
| | | Dans le dernier quart du XVIe siècle, les Vénitiens construisirent à Calami une digue immergée, nommée « Porporella », dans le prolongement du cap de Souda ; le but de cette digue n’était pas de briser la houle, mais de réduire la largeur du goulet à l’entrée de la rade afin que les navires soient contraints de passer à portée de canons efficace de la forteresse qu’ils bâtirent, à cette même époque, sur l’îlot de Souda. Au début des années 1570, plusieurs projets étaient en concurrence pour renforcer l’entrée de la rade. Le bâtisseur de la forteresse de Souda, l’ingénieur militaire Latino Orsini, proposait de construire un petit fort sur la colline de Podomuri qui domine Calami, là où les Ottomans construisirent, un siècle plus tard, la forteresse d’Itzeddin ; le coût de construction de ce fort était évalué à environ 700 sequins. En 1574, le nouveau provéditeur général de Crète Jacopo Foscarini refusa ce projet et préféra construire une « Porporella », qui devait mesurer 150 pas vénitiens de longueur, soit environ 250 m, en direction de La Linguetta, la pointe sud de l’îlot de Souda. La Porporella devait être construite en employant des pierres extraites de la montagne et transportées par barges jusqu’au site d’immersion : Foscarini avait calculé qu’il faudrait 4 000 pas cubes de roches, soit environ 20 000 m³, pour achever la digue.
La construction de la digue immergée débuta sans délai et progressa plutôt rapidement : en août 1575, la digue avait déjà 99 pas de longueur, 19 pas de largeur à la base et 4 pas de largeur au sommet, sommet qui était immergé à 3 pieds sous la surface de l’eau, afin de permettre à la mer de pénétrer par gros temps. Cependant les tempêtes de l’hiver 1575 endommagèrent la structure, nécessitant des réparations. En avril 1576 les travaux reprirent pour achever les 50 pas restants, la section la plus difficile à construire en raison de la profondeur d’eau plus importante. En novembre de cette même année, Foscarini écrivait à Venise que 142 pas de la longueur totale avaient déjà été réalisés. Après une nouvelle interruption hivernale, la Porporella fut achevée l’année suivante, en 1577, peu avant la fin du mandat de provéditeur et le départ de Foscarini. Le coût de construction de la Porporella avait été de 4 000 sequins. Dès le mois de juin 1578 le successeur de Foscarini, le provéditeur général Luca Michiel, dut admettre que la digue s’affaissait ; en 1583, un sondage révéla que son extrémité s’était affaissée de 12 pieds et ne pouvait empêcher le passage de galères ennemies. Ce n’est qu’en 1588 que l’on prépara les matériaux, extraits de l’îlot des Lapins (Scoglio dei Conigli), pour ramener la digue à son état initial et la renforcer à nouveau, ramenant la structure à un niveau situé à un pied et demi sous la surface de l’eau. Plus tard, toutefois, le provéditeur général Giovanni Mocenigo admit que, même avec ces réparations, la Porporella ne convenait pas à l’usage prévu. La digue continua de s’affaisser et d’être réparée tant bien que mal ; en 1627, la détérioration était telle que, sur une bonne moitié de sa longueur, des galères auraient pu naviguer au-dessus de la Porporella sans rencontrer le moindre obstacle. Pendant 50 ans les Vénitiens avaient dilapidé en vain des ressources et des efforts considérables. De nos jours on peut discerner les vestiges sous-marins de la Porporella depuis le cimetière de Kalami. |
| | | Le géographe grec du Ier siècle avant JC Strabon (Στράβων), dans son ouvrage « Géographie (Γεωγραφικά), Livre X, page 479 », de même que le naturaliste romain du Ier siècle après JC Pline l’Ancien (Caius Plinius Secundus), dans son « Histoire naturelle » (Naturalis Historia), ont mentionné que la cité-État d’Aptéra possédait deux ports : un port principal, Kisamos (Κίσαμος), et un autre port, Minoa (Μινώα). La localisation de Minoa semble ne pas avoir posé de problème ; le port se trouvait dans le coin sud-est de la presqu’île de l’Akrotiri, à l’emplacement du village portuaire présent de Marathi. En revanche, les historiens ont longtemps débattu de la localisation du port de Kisamos. C’est peut-être Strabon qui est à l’origine de cette incertitude : dans son ouvrage « Géographie », Livre X, Chapitre 4, Alinéa 13, Strabon écrit : « Κυδωνία δ’ ἐπὶ θαλάττῃ μὲν ἵδρυται βλέπουσα πρὸς τὴν Λακωνικήν, διέχει δ’ ἑκατέρας τὸ ἴσον τῆς τε Κνωσσοῦ καὶ τῆς Γόρτυνος οἷον ὀκτακοσίους σταδίους, Ἀπτέρας δὲ ὀγδοήκοντα, τῆς ταύτῃ δὲ θαλάττης τετταράκοντα. Ἀπτέρας δ’ ἐπίνειόν ἐστι Κίσαμος· πρὸς ἑσπέραν δ’ ὅμοροι τοῖς Κυδωνιάταις Πολυρρήνιοι, παρ’ οἷς ἐστι τὸ τῆς Δικτύννης ἱερόν· ἀπέχουσι δὲ τῆς θαλάττης ὡς τριάκοντα σταδίους, Φαλασάρνης δὲ ἑξήκοντα. Κωμηδὸν δ’ ᾤκουν πρότερον· εἶτ’ Ἀχαιοὶ καὶ Λάκωνες συνῴκησαν τειχίσαντες ἐρυμνὸν χωρίον βλέπον πρὸς μεσημβρίαν. » (« Cydonie est bâtie sur le rivage de la mer, juste en face de la Laconie et à une égale distance (800 stades environ) des deux autres grandes villes de la Crète, Cnosse et Gortyne, j’ajoute à 60 stades d’Aptère, mais à 40 stades seulement du point de la côte le plus rapproché d’Aptère, c’est-à-dire de Kisamos, qui lui sert de port. Immédiatement à l’ouest du territoire des Cydoniates s’étend celui des Polyrrhenii, qui renferme en réalité le Dictynnaeum, et qui, se trouve à 30 stades environ de la mer et à 60 de Phalasarnes. Anciennement, les Polyrrhenii vivaient dispersés dans des bourgades, mais plus tard une colonie d’Achéens et de Lacédémoniens les réunit en une seule cité après avoir, à cet effet, entouré de murs une position déjà très forte par elle-même et tournée au midi. » Traduction d’Amédée Tardieu, 1867). Strabon situe Kydonia, la présente ville de La Canée, à 60 stades d’Aptéra, soit environ 11,5 km, mais à 40 stades du port de Kisamos, soit environ 7,6 km, ce qui correspondrait aux environs du port présent de Souda, qui n’est pas le point de la côte le plus proche d’Aptéra. Sur la Table de Peutinger (Tabula Peutingeriana), une sorte d’atlas du XIIe siècle qui est un fac-similé d’un atlas romain datant de l’Antiquité, vers le IVe siècle, le port de Cisamos figure à VIII milles romains, soit 12,8 km, à l’est de la cité de Kydonia, ce qui correspond à la position de Kalami. Pourtant, beaucoup d’historiens ont pensé, pour des raisons obscures, que le port d’Aptéra se trouvait près de la localité de Kalyvès, située à environ 4 km plus à l’est que Kalami et au-delà de la rivière Pyknos, à environ 75 stades à l’est de Kydonia. Il semble que le port antique situé près de Kalyvès et d’Almyrida était plutôt le port de Tanos (Τάνος). D’autres historiens, notamment l’archéologue français Paul Faure, estimèrent qu’il était difficile d’admettre que la grande cité d’Aptéra n’ait pas mis à l’abri ses vaisseaux à l’intérieur de la seule rade sûre de Crète, la rade de la Sude, un des meilleurs ports naturels de la Méditerranée ; cette conviction fut renforcée par la mise au jour de tessons de poteries des époques classique, hellénistique et romaine, de fondations de maisons et de vestiges de quais sur le rivage de Kalami. Pour ajouter à la confusion, il existait un autre port de Kissamos, nommé « Cisamus » à l’époque romaine, situé dans l’extrême ouest de la Crète, port qui figure aussi sur la Table de Peutinger, avec aussi la graphie « Cisamos », et qui était le port de la ville antique de Polyrrinia (Πολυρρηνία), près du port présent de Kastelli-Kissamou. De nos jours, un consensus se dégage pour juger que le port Kissamos d’Aptéra se trouvait bien juste en contrebas d’Aptéra, à l’emplacement de la localité présente de Kalami, à l’ouest du cap de Souda. Kissamos n’avait pas d’existence politique autonome, en dehors d’être le port d’Aptéra, mais ce port devait jouer un rôle essentiel dans le commerce maritime et la politique étrangère de la cité-État, pour l’exportation d’huile d’olive ou l’importation de céréales, et l’embarquement de mercenaires pour combattre aux côtés d’alliés de la cité d’Aptéra. |
| |
| | La forteresse d’Itzeddin est une ancienne fortification construite par les Ottomans, peu après le soulèvement crétois de 1866 – 1869, afin de contrôler la route reliant La Canée (Hanya) à la partie orientale et à la côte sud de la Crète ; la forteresse contrôlait également l’entrée des navires dans la rade de Souda, conjointement avec l’ancienne forteresse vénitienne de l’îlot de Souda.La forteresse d’Izzeddin se dresse au sommet de la colline qui domine le village de Kalami, à environ 8 km à l’est du port de Souda et à environ 15 km à l’est de La Canée. Aller à la forteresse d’Itzeddin avec Google Maps (35.469275, 24.149826). Le château d’Itzeddin (İzzeddin Kalesi) doit son nom au fils aîné du sultan ottoman régnant à cette époque, le sultan Abdulaziz (Abdülaziz), le prince Youssouf Izzeddin (Şehzade Yusuf İzzeddin), né en 1857 qui se suicidera en 1916, et qui avait 15 ans au moment de la construction de la forteresse. Le mot « İzzeddin » signifie en turc « Gloire de la Foi » ; ce mot est translittéré en grec « Ιτζεδδίν » ou « Ιτζεδίν ». La forteresse est parfois nommée « château d’Itzedin » (Κάστρο Ιτζεδίν).
La forteresse d’Izzeddin fut bâtie en 1872 sur la colline du village de Calami que les Vénitiens nommaient « Podomuri », c’est-à-dire « le pied du mur », ce mur étant la muraille de fortification de la cité antique d’Aptéra, muraille qui surplombe la colline de Podomuri de quelque 120 m. Les Vénitiens avaient longuement débattu de l’opportunité de construire un fort sur cette colline ; après la conquête de l’ouest de la Crète, en 1646, les Ottomans avaient construit une tour de défense sur cette colline.
Plus de deux siècles plus tard, en 1872, le pacha Mehmed Rauf (Mehmed Rauf Paşa, Μεχμέτ Ρεούφ Πασάς), nommé gouverneur de Crète en 1870, fit construire une forteresse au sommet de cette colline qui culmine à environ 75 m ; sur le côté nord de la forteresse douze canons d’artillerie permettaient de contrôler l’entrée de la rade de Souda.
La forteresse d’Izzeddin était protégée par le fort d’Aptéra construit par les Ottomans sur le plateau d’Aptéra en 1867. En février 1878, lors du soulèvement crétois dans l’ouest de la Crète, provoqué par la guerre russo-turque, 2 000 rebelles tentèrent en vain de prendre d’assaut la forteresse. En mars 1897, des rebelles crétois tentèrent à nouveau de prendre la forteresse d’Izzeddin, mais furent bombardés par les navires des puissances européennes chargées de maintenir la paix en Crète.
| _small.jpg) | À partir de 1898, quand la Crète devint autonome au sein de l’Empire ottoman et que les troupes turques quittèrent l’île, la forteresse d’Izzeddin perdit de son importance militaire et devint une prison de droit commun ; une haute enceinte jalonnée de miradors fut construite autour de la forteresse. En 1903, Eleuthère Venizélos (Ελευθέριος Βενιζέλος), ancien ministre de la Justice, de 1898 à 1901, dans le gouvernement crétois du haut-commissaire, le prince Georges de Grèce, fut incarcéré dans la prison d’Izzeddin pendant quinze jours pour outrage, à la suite d’une plainte déposée par le métropolite de Crète, Euménios (Μητροπολίτης Κρήτης Ευμένιος), partisan du prince Georges auquel Venizélos s’opposait à propos du rattachement de la Crète à la Grèce. Cela n’empêcha pas Venizélos de devenir pour la première fois Premier ministre de la Grèce de 1910 à 1915.
Après l’Énossis (Ένωση), l’Union de la Crète avec la Grèce, en 1913, la forteresse d’Izzeddin continua d’être utilisée comme prison, devenant un lieu de détention pour les prisonniers politiques. Pendant la période d’instabilité que traversa la Grèce entre les deux guerres mondiales, des opposants politiques furent incarcérés à Izzeddin, par exemple l’ancien ministre venizéliste Théodoros Pangalos (Θεόδωρος Πάγκαλος) qui s’était proclamé dictateur de 1925 à 1926 fut incarcéré deux ans à Izzeddin, après son renversement par le général Georgios Kondylis (Γεώργιος Κονδύλης) en 1926, avant d’être libéré en 1928, grâce à l’intervention de Venizélos. Après l’adoption de la loi anticommuniste par le énième gouvernement de Venizélos, de 1928 à 1932, une quarantaine d’opposants politiques, principalement communistes, furent incarcérés dans la prison d’Izzeddin.
Pendant l’occupation allemande, de juin 1941 à 1945, la forteresse d’Izzeddin cessa d’être utilisée comme prison et devint un entrepôt militaire. La forteresse d’Izzeddin redevint une prison politique vers la fin de la guerre civile, de 1946 à 1949, qui opposait l’armée grecque aux partisans de la sédition communiste. En 1948, 105 prisonniers politiques, condamnés à mort, venant d’un camp de concentration sur l’île aride de Gyaros (Γυάρος), furent transférés à la prison d’Izzeddin. Les conditions dans la prison étaient terribles ; les cellules des prisonniers étaient dominées par l’obscurité, l’air vicié, et l’humidité ; les seules toilettes étaient un grand tonneau en métal ; les citernes d’eau délabrées de l’époque ottomane provoquèrent de nombreux cas de typhus. La dernière condamnation à mort en Grèce fut exécutée dans cette prison en 1972. La prison d’Izzeddin continua de détenir des communistes et d’autres prisonniers politiques jusqu’à la chute de la junte des colonels en 1974.
Pendant cette période, certains prisonniers construisirent, à l’intérieur de la barbacane située au sud de la forteresse, une petite église Saint-Éleuthère (Άγιος Ελευθέριος), peignirent des icônes, sculptèrent une iconostase en bois, fabriquèrent des lustres et des lampes et formèrent la placette entourant l’église. Le choix du nom « Elefthérios » n’est pas anodin pour des prisonniers car il évoque la Liberté (Ελευθερία). Pendant la transition démocratique (Μεταπολίτευση), en 1975, la forteresse d’Izzeddin fut transférée à la marine hellénique ; on peut apercevoir quelques pièces d’artillerie, en suivant la rue de la République (Οδός Δημοκρατίας) jusqu’à la grille d’entrée du domaine.
En 1986, la forteresse reçut le statut de monument historique et fut transférée au ministère de la Culture. Malgré ce statut le bâtiment est mal entretenu et des murs de l’enceinte carcérale se sont effondrés. L’aspect sinistre de la prison-forteresse d’Izzeddin l’a fait utiliser comme décor cinématographique dans le film « Jours de 36 » (Μέρες του ’36), de Thodoros Angélopoulos (Θόδωρος Αγγελόπουλος) et d’autres films. | _small.jpg) | | Bien que la forteresse d’Izzeddin soit un monument historique, elle est presque toujours fermée ; sa visite n’est possible que les 14 et 15 décembre, le jour où la Saint-Éleuthère est célébrée ; il est possible d’apercevoir l’intérieur de l’enceinte carcérale en montant dans le mirador situé à gauche de la porte de la prison. L’emplacement de la forteresse pourrait pourtant offrir de très belles vues sur le golfe de Souda et sur le golfe de l’Almyros, si l’enceinte carcérale était démolie. | _small.jpg) |
|
| |
| | |
| |
|