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Les monastères du Gouverneto et du Katholiko, et les plages de Marathi, de Seitan Limani, de Kalathas et de Stavros sur la presqu’île de l’Akrotiri en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale

La presqu’île de l’Akrotiri est la plus grande presqu’île de l’île de Crète ; elle se situe dans l’ouest de la côte nord de l’île et s’avance d’environ 15 km dans la mer de Crète, au nord-est de la ville de La Canée. La côte sud de la presqu’île forme la rive nord de la rade de Souda, le plus grand port naturel de l’île, et protège la rade des vents du nord.

SituationSituation

La presqu’île doit son nom d’Akrotiri (Ακρωτήρι), c’est-à-dire « presqu’île du Cap », au cap Méléchas (ακρωτήρι Μελέχας) qui marque la pointe nord-est de la presqu’île, cap que les navires doivent franchir avant de se diriger vers l’Attique ou vers la mer Ionienne. Le cap Méléchas est parfois nommé « promontoire Méléchas » (άκρα Μελέχας), car il s’agit d’un contrefort montagneux qui atteint 375 m d’altitude ; sur les cartes modernes, on rencontre souvent la graphie « cap Malécha » (ακρωτήρι Μαλέχα) ou « cap Maléka » (ακρωτήρι Μαλέκα).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le cap Melechas vu depuis la calanque d'Avlaki (auteur Cacus Krupka). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).À l’époque vénitienne le cap était nommé « capo Melecca, capo Meleca ou capo Melecha ». Dans l’Antiquité la presqu’île était nommée « Kyamon » (Κύαμον), nom qui dériverait du nom « κύαμος » : « fève, haricot », sans doute lié à la vocation maraîchère de la presqu’île. À l’époque byzantine la presqu’île était nommée « Charaka » (Χάρακα). Le nom précis de cette presqu’île serait « Presqu’île du cap Méléchas » (Χερσόνησος Ακρωτηρίου Μελέχα).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Carte de la presqu'île d'Akrotiri. Cliquer pour agrandir l'image.La presqu’île du cap Méléchas est reliée au corps de l’île de Crète par un isthme d’environ 3,5 km de largeur et dont l’altitude maximale est d’une centaine de mètres ; l’ouest de cet isthme est occupé par le faubourg élégant de La Canée nommé Chalépa, tandis que la partie orientale de l’isthme fait partie de la ville portuaire de Souda.

Il est préférable d’avoir un véhicule, avec navigateur satellitaire, pour visiter la presqu’île du cap Méléchas, car les lignes d’autocars de la KTEL La Canée – Réthymnon desservant la presqu’île sont plutôt rares, hormis celles desservant l’aéroport et la plage de Stavros, et la signalisation routière est plutôt minimaliste.

VisitesVisites

Presqu'îleLa presqu’île de l’Akrotiri (Χερσόνησος Ακρωτηρίου / Hersónisos Akrotiríou)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Vue aérienne (auteur NASA). Cliquer pour agrandir l'image.La presqu’île de l’Akrotiri présente une forme à peu près ronde, avec un rayon d’environ 6 km et une superficie de près de 120 km², soit 12 000 ha ; les deux tiers sud-ouest de ce disque sont constitués d’une plaine sédimentaire plutôt fertile, tandis que le tiers nord-est de la presqu’île est constitué d’un massif montagneux.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le mont Skloka vu depuis l'aéroport (auteur Tomisti). Cliquer pour agrandir l'image.La plaine sédimentaire du sud-ouest s’élève à une altitude située entre 100 m et 200 m ; cette plaine est traditionnellement utilisée pour les cultures maraichères et la culture de l’olivier ; c’est au centre de ce plateau que, de nos jours, se trouve l’aéroport de La Canée, nommé « Ioannis Daskalogiannis » en hommage au héros populaire du soulèvement de 1770. Le massif montagneux du nord-est comprend le plus haut sommet de la presqu’île, le mont Skloka (Σκλόκα) ou Sklopa, qui culmine à environ 528 m, et le mont Vardiès (Βάρδιες) (230 m), dans l’ouest du massif, ainsi que la pointe nord-est de la presqu’île, le cap Méléchas ; ce massif montagneux aride, dénommé Arkoudovounia (Αρκουδοβούνια), c’est-à-dire « la montagne de l’Ourse », est sillonné de gorges et creusé de grottes où vivaient autrefois des moines ermites ; plus tard, plusieurs monastères furent construits dans cette contrée.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Carte de la presqu'île d'Akrotiri (auteur Paul Faure, 1960). Cliquer pour agrandir l'image.Dans la région du Gouvernéto se trouvent certaines des grottes les plus importantes de Crète, d’une beauté inégalée ; elles présentent de riches formations de stalagmites et de stalactites — parfois aux formes étonnantes — ainsi qu’un intérêt archéologique majeur, la présence humaine sur la presqu'île de l'Akrotiri remontant à la préhistoire. On dénombre quinze grottes principales, toutes accessibles aux visiteurs ; parmi les plus célèbres figurent la grotte de Léra, en contrehaut de Stavros, occupée dès le Néolithique et ayant servi de sanctuaire de la fin de l’âge du bronze jusqu’aux époques grecques ultérieures, ainsi que l’Arkalospilios, l’Achérospilios, le Nérospilios, le Koumarospilios, et cetera.

La presqu’île de l’Akrotiri abrite certains des monastères les plus anciens de Crète, tels que le monastère de la Sainte-Trinité, le monastère Notre-Dame-des-Anges du Gouvernéto, et le monastère Saint-Jean l’Ermite, ou monastère du Katholiko — avec, à proximité, le sanctuaire troglodyte d’Arkoudiotissa et l’impressionnant pont de pierre menant aux cellules des ermites. On y trouve également le monastère Saint-Jean le Miséricordieux et le monastère Saint-Jean-le-Précurseur à Korakiès (Κορακιές), ce dernier étant un monastère de religieuses.

Dans le sud-est et le nord-est de la presqu’île se trouvent des zones militaires réglementées : une base aérienne et une base navale grecques, également utilisées par l’OTAN.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Labour sur la presqu'île de l'Akrotiri (auteur Frédéric Boissonnas, 1919). Cliquer pour agrandir l'image.Autrefois contrée agricole consacrée au maraîchage et à la culture de l’olivier, la presqu’île de l’Akrotiri devient de plus en plus urbanisée, notamment dans la partie sud-ouest qui est devenue une zone résidentielle attrayante à proximité de La Canée. Par ailleurs, un nombre croissant d’entreprises s’installent aux abords de l’aéroport et le long de la route le reliant à Souda et à La Canée. Le secteur touristique se développe également dans cette même zone, à proximité des plages ; on trouve des baies sablonneuses à Marathi, à Kalathas et à Stavros ; parallèlement aux logements permanents, de véritables « villages » de maisons de vacances y voient le jour.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Situation du canton d'Akrotiri (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Sur le plan administratif le canton de la presqu’île de l’Akrotiri (Δημοτική ενότητα Ακρωτηρίου) est la plus au nord des sept unités démotiques du dème de La Canée (Δήμος Χανίων) ; ce canton couvre la presque totalité de la presqu’île, environ 112 km² sur 120 km².

Le canton de l’Akrotiri comprend six communautés locales : Aroni (Αρώνι), qui comprend la chef-lieu du canton, Pithari (Πιθάρι) et la localité de Pazinos (Παζινός) où se trouve le monastère Saint-Jean le Miséricordieux ; Chordaki (Χωρδάκι) où se trouvent le monastère du Gouvernéto et l’ancien monastère du Katholiko, ainsi que la plage de Seitan Limani (Σεϊτάν Λιμάνια) ; Kounoupidiana (Κουνουπιδιανά) qui est de nos jours la ville la plus peuplée du canton et qui comprend les stations balnéaires de Kalathas (Καλαθάς) et de Stavros (Σταυρός) ; Mouzouras (Μουζουράς) où se trouve le monastère d’Agia Triada ; Sternes (Στέρνες) qui comprend l’aéroport et la station balnéaire de Marathi (Μαράθι).

Navigateur par satelliteSur la route nationale 94 de l’aérodrome à Souda (Εθνική οδός Αεροδρομίου-Σούδας / Ethnikí odós Aerodromíou-Soúdas)

La découverte de la presqu’île de l’Akrotiri est facilitée par la route nationale 94 (Εθνική οδός Αεροδρομίου-Σούδας, ΕΟ94) qui relie le centre-ville de La Canée à l’aéroport, au centre de la presqu’île, en 13 km, soit une vingtaine de minutes de conduite.

Village grecLe village de Pithari (Πιθάρι / Pithári)

Pithari est un village situé dans le sud de la presqu’île de l’Akrotiri, à seulement 1 km de la rive nord de la rade de Souda, à 4 km au sud-ouest de l’aéroport de La Canée, et à environ 8,5 km à l’est du centre-ville de La Canée, sur la route nationale 94 ΕΟ94.

Pithari compte près de 2 000 habitants après le rattachement de la localité d’Aroni (Αρώνι) ; la localité de Pithari est le chef-lieu de la communauté locale d’Aroni (Τοπική Κοινότητα Αρωνίου) qui comprend aussi les localités d’Anémomyli (Ανεμόμυλοι) (« les moulins à vent »), de Kathiana (Καθιανά) et de Pazinos (Παζινός) ; les localités abandonnées d’Agios Nikolaos (Άγιος Νικόλαος) et de Zornadis (Ζορνάδης) font aussi partie de la communauté locale qui près de 3 200 habitants.

Pithari est aussi le chef-lieu du canton de l’Akrotiri (Δημοτική ενότητα Ακρωτηρίου) qui s’étend sur la presque totalité de la presqu’île de l’Akrotiri.

Le toponyme « pithari » (πιθάρι) est un mot grec médiéval, dérivé du grec ancien pithos (πίθος), qui désigne une grande jarre en terre cuite utilisée pour conserver l’huile d’olive. Le nom officiel du village est « Pitharion » (Πιθάριον).

Monastère orthodoxeLe monastère Saint-Jean le Miséricordieux (Μονή Αγίου Ιωάννη του Ελεήμονα / Moní Agíou Ioánni tou Eleímona)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère Saint-Jean le Miséricordieux à Pazinos (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère Saint-Jean le Miséricordieux est un monastère grec orthodoxe situé dans le sud de la presqu’île de l’Akrotiri, à seulement 2 km au sud de l’aéroport international de La Canée, sur le territoire de la localité de Pazinos (Παζινός).

Aller au monastère Saint-Jean le Miséricordieux avec Google Maps (35.520631, 24.126828).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère Saint-Jean le Miséricordieux à Pazinos (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère est dédié à saint Jean l’Aumônier ou le Miséricordieux (Ιωάννης ο Ελεήμων), né à Amathonte (Αμαθούντα), à Chypre, vers l’an 550, qui fut patriarche d’Alexandrie de l’an 610 jusqu’à sa mort vers l’an 619. En tant que patriarche d’Alexandrie, Jean accomplit une œuvre considérable ; il fit construire des hôpitaux, des hospices et des maisons d’accueil, organisa des distributions de repas aux pauvres et fit preuve d’une telle miséricorde envers les nécessiteux qu’on lui donna le surnom de « Miséricordieux ». L’adjectif « ελεήμων ou ελεήμονας » provient du nom grec ancien « ἔλεος » qui signifie « pitié, miséricorde ». Jean le Miséricordieux est fêté le 12 novembre par l’église grecque orthodoxe et le 11 janvier par l’église catholique romaine.

Le monastère Saint-Jean a été fondé au XVIe siècle, mais, selon un recensement de 1637, il était devenu un métoque du monastère de la Sainte-Trinité, monastère plus récent fondé vers 1611, situé à environ 4,5 km au nord du monastère Saint-Jean.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère Saint-Jean le Miséricordieux à Pazinos (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère Saint-Jean se présente extérieurement comme un monastère fortifié. Son architecture intérieure diffère de celle des autres monastères orthodoxes et se présente comme une architecture monastique occidentale organisée autour d’un cloître, c’est-à-dire une galerie entourant la cour centrale et desservant l’église, les cellules des moines et les bâtiments annexes. Ce type d’architecture monastique occidentale est un exemple rare dans le monde grec.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère Saint-Jean le Miséricordieux à Pazinos (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le catholicon du monastère se trouve à l’angle nord-est du cloître ; c’est une église à nef unique, couverte d’une voûte en arc brisé et renforcée extérieurement par des contreforts. L’accès à l’église se fait par le cloître pour les moines, tandis que les autres fidèles y pénètrent par une porte dotée d’un passage voûté située sur le côté ouest.

Au nord du cloître se trouve le pressoir à huile du monastère ; un étage a été ajouté au-dessus, servant autrefois de presbytère de l’higoumène.

Le monastère Saint-Jean le Miséricordieux a été restauré en 1992.

Navigateur par satelliteSur la route de Sternès à Périvolitsa

La route provinciale 39 relie Sternès à Périvolitsa (Επαρχιακή Οδός Στερνών-Περιβολίτσας) permet de découvrir le coin sud-est de la presqu’île de l’Akrotiri, notamment la station balnéaire de Marathi.

Village grecLe village de Sternès (Στέρνες / Stérnes)

Sternès est un village situé sur la presqu’île de l’Akrotiri, à seulement 2 km au sud de l’aéroport international de La Canée. Le toponyme du village « Στέρνες », qui s’écrit aussi « Στέρναι », signifie « citernes » (στέρνα, au pluriel στέρνες).

Sternès est le chef-lieu d’une communauté locale (Τοπική Κοινότητα Στερνών), de près de 1 000 habitants, qui comprend aussi les localités de Marathi (Μαράθι), de Kato Marathi (Κάτω Μαράθι) et de l’aérodrome (Αεροδρόμιο), y compris la base aérienne militaire.

Village grecLe village de Marathi (Μαράθι / Maráthi)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La baie de Marathi, le cap Kalogeros et l'île de Souda vus depuis Marathi. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Marathi se trouve dans le coin sud-est de la presqu’ile de l’Akrotiri, au fond d’une baie, la baie de Marathi (όρμος Μαράθι), bornée, à l’est, par le cap du Pélégri (άκρα Πελεγρί), c’est-à-dire le « cap du Pèlerin » et, à l’ouest, par le cap du Kalogéros (ακρωτήριο Καλόγερος), c’est-à-dire le « cap du Vieux Moine » ; nommé « Punta di Calogero » à l’époque vénitienne ; un îlot se trouve à la périphérie de la baie, entre les deux caps, l’îlot de Palaiosouda, autrefois nommé « îlot de Marathi ».

Le toponyme de Marathi provient vraisemblablement de l’abondance de fenouil (μάραθο) dans ce secteur.

Dans la baie de Marathi se trouvent trois criques, avec chacune une plage, d’est en ouest : la crique de Marathi, la crique de Kato Marathi (Κάτω Μαράθι) et la crique de Loutraki (Λουτράκι). Ces plages de sable fin et doré, aux eaux turquoise peu profondes, et très protégées des vents, sont très appréciées par les familles avec enfants, principalement par les habitants de La Canée ; à l’arrière de ces plages se trouvent des tavernes et quelques hébergements qui équipent les plages de parasols et de chaises longues. La plage de Loutraki (παραλία Λουτράκι), bordée de roches, est particulièrement appréciée par les plongeurs avec tuba.

Entre les criques de Marathi et de Kato Marathi, une jetée artificielle a été construite pour abriter un petit port de plaisance.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La jetée du port de Marathi. Cliquer pour agrandir l'image. La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le port de Marathi. Cliquer pour agrandir l'image. La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le port de Marathi. Cliquer pour agrandir l'image.

ÎlotL’îlot de Palaiósouda (Νησίδα Παλαιόσουδα / Nisída Palaiooúda)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'îlot de Palaiosouda près de Marathi. Cliquer pour agrandir l'image.L’îlot de Paléosouda, ou Palaiosouda (Παλαιόσουδα) se trouve à environ 700 m au sud-est de la côte de la station balnéaire de Marathi ; pour les bons nageurs, l’îlot est accessible à la nage ; il est très apprécié par les plongeurs sous-marins pour les fonds rocheux de sa côte ouest. Palaiosouda a une superficie d’environ 8 ha. Dans l’est de l’îlot on peut voir les vestiges d’un fort vénitien inachevé.

Aller à l’îlot de Palaiosouda avec Google Maps (35.499430, 24.181225).

À l’époque vénitienne l’îlot de Palaiosouda était nommé « scoglio di Marati », l’écueil de Marati ; sur des cartes du XIXe siècle, le nom de l’îlot avait été altéré en « Manati » ou « Manatti ».

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Gravure du Porto di Marathi par Marco Boschini en 1651. Cliquer pour agrandir l'image.Devant la menace ottomane croissante, les Vénitiens avaient construit des fortifications pour défendre la rade de La Suda. Si la forteresse située sur l’îlot de Suda et les fortifications prévues à Podomuri et à Paleocastro visaient à bloquer l’entrée d’un envahisseur dans le port de Suda, et si les ouvrages conçus pour l’intérieur même de la rade — à Culatta et à Salto della Vecchia — étaient destinés à empêcher tout débarquement au cas où des navires ennemis parviendraient à pénétrer dans ces eaux, l’ensemble de ces fortifications restait toutefois insuffisant pour garantir pleinement la sécurité de Suda face aux menaces ennemies. En effet, à l’extérieur de la rade protégée par l’îlot de Suda — mais toujours au sein du golfe de Suda — se trouvait un autre point de débarquement le long de la côte de la presqu’île de l’Akrotiri, connu sous le nom de Marati (Μαράθι).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le cap Kalogeros et l'île de Souda vus depuis Marathi. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La partie la plus reculée du golfe, formant un port naturel, était nommée Lutrachi (Λουτράκι), c’est-à-dire « le petit bain » ; l’îlot situé en face portait également le nom de Marati ; c’est à cet endroit que l’ennemi aurait pu débarquer des troupes, progresser vers l’intérieur des terres à travers l’Akrotiri, bombarder la forteresse de l’îlot de Suda depuis les hauteurs et ainsi s’emparer de Suda en l’attaquant par l’arrière.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'îlot de Palaiosouda et le cap Drapano vus depuis Marathi . Cliquer pour agrandir l'image.Dès 1577, après le quasi achèvement de la forteresse de Suda, le nouveau provéditeur général de Crète Jacopo Foscarini avait proposé de fortifier l’îlot de Marati en y érigeant un petit fort. D’autres dirigeants vénitiens, comme le capitaine Giovanni Mocenigo, proposèrent de bloquer plutôt l’entrée du port de Lutrachi avec des pierres extraites du petit promontoire connu sous le nom de Punta di Calogero (Ακρωτήριο Καλόγερος), lequel empêchait la forteresse de Suda de contrôler plus totalement le secteur de Marati ; suite à ces tergiversations aucune décision ne fut prise.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Projet de forteresse sur l'îlot de Marati (source Giuseppe Gerola, 1902). Cliquer pour agrandir l'image.Il fallut attendre un incident survenu le 19 juin 1637 pour que la question fut de nouveau examinée par le Sénat de Venise : ce jour-là, une escadre de sept galères barbares débarqua à Marati et ravagea la presqu’île de l’Akrotiri jusqu’au monastère de Saint-Jean-l’Ermite, tuant ou réduisant en esclavage les habitants et pillant pas moins de treize églises. Le provéditeur Iseppo Civran proposa de construire un petit fort sur la Punta di Calogero, mais le Sénat s’y opposa et décida de fortifier l’îlot de Marati. Après l’examen de plusieurs projets, le provéditeur Civran choisit le projet de l’ingénieur Francesco Van Wert ; ce projet consistait en un fort quadrangulaire, avec des bastions pointus à chaque angle du rectangle, deux demi-lunes et un ravelin gardant la porte principale. La construction du fort de Marati débuta vers 1640 ; en août 1640, 39 pas vénitiens de longueur de muraille, atteignant une hauteur de 15 pieds, avaient été construits, mais les fonds vinrent à manquer et les effectifs durent être réduits ; le chantier ralentit considérablement pour finalement s’arrêter à nouveau à l’approche de l’hiver 1642 ; le fort de Marati resta inachevé. Seulement deux années plus tard, les Ottomans s’emparèrent de La Canée ; ils n’entreprirent aucuns travaux sur l’îlot de Marati, mais construisirent un fort sur le promontoire de Calogero.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'îlot de Palaiosouda vu depuis Kalami. Cliquer pour agrandir l'image.L’îlot de Marati demeure désert à ce jour ; les vestiges du fort se trouvent dans l’est, sur la partie la plus élevée des falaises ; là, dominant la mer, se dresse un mur inachevé s’élevant à environ 17 m au-dessus du niveau de la mer ; il mesure 53 m de longueur, atteint une hauteur maximale de 2 m, et présente une épaisseur de 1,60 m. Le reste de l’enceinte est délimité par un fossé — d’une profondeur généralement de 2 m, taillé directement dans la roche mère ; le fossé fut creusé de telle sorte qu’une sorte d’étroite corniche subsistait parfois à la base des parois rocheuses. Au-delà du fossé, côté extérieur, des déblais issus des travaux d’excavation sont accumulés en plusieurs endroits.

Port antiqueLe port antique de Minoa (Μινώα / Minóa)

Immédiatement à l’ouest de l’aire publique de stationnement de la station balnéaire de Marathi, se trouvent des vestiges de ce qui était vraisemblablement le port antique de Minoa.

Aller aux ruines de Minoa avec Google Maps (35.505457, 24.174976).

Ce site a été fouillé en 1939, à la suite d’une mention faite par Robert Pashley vers 1833 ; ce voyageur britannique pensait que ce site pouvait être identifié à l’antique Minoa (point 1 sur la carte), une ville citée par des auteurs anciens, tels que Pline et Strabon, comme étant un des deux ports de la cité antique d’Aptéra. « Minoa » est un nom souvent donné aux anciens comptoirs commerciaux situés en bord de mer.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Les ruines de Minoa près de Marathi. Cliquer pour agrandir l'image.Les fouilles ont mis au jour une partie d’un complexe de bâtiments doté de thermes, directement relié à une installation en bord de mer, par exemple un hébergement ou un entrepôt portuaire. Les vestiges découverts avaient été interprétés comme appartenant à une installation militaire et datés de la période d’occupation romaine, aux Ier-IIe siècles après JC. Les éléments dont les archéologues disposent de nos jours permettent seulement d’y voir un bâtiment équipé de thermes. Il s’agissait peut-être d’une villa appartenant à un notable, remplissant une fonction administrative, voire défensive.

La route moderne longeant la plage recouvre la rangée de pièces A, B, Γ, Δ, E, Z ainsi que le « quai » (voir le plan des fouilles). Le mur semi-circulaire situé à l’extrémité sud-est du complexe est encore visible au-dessus de la mer (Espace A, figure 1). À l’occasion de travaux de réparation sur cette route, il a été établi que deux conduites d’eau en pierre reliaient le bâtiment au bord de mer, peut-être pour l’approvisionnement des navires.

Le complexe de bâtiments semble s’étendre bien au-delà des limites de la zone fouillée. La céramique dispersée aux alentours, ainsi que des vestiges de murs découverts par le fouilleur dans les anciennes tranchées d’essai, ou plus tard lors de labours profonds ou de travaux de terrassement, suggère l’existence d’un habitat sur le site.

Des fragments de conduites en terre cuite ont également été recueillis, provenant aussi bien du bassin semi-circulaire (au nord) que des pièces situées en bord de mer et des pièces H et I. Le complexe était probablement alimenté en eau par l’aqueduc, et la source, du village abandonné voisin de Pervolitsa (Περβολίτσα) (n° 2 et 3 sur la carte, figure 2 et 3). Le mur soutenant le canal d’eau est conservé sur une hauteur d’environ 4 m, et sa longueur totale relevée atteint 735 m. Il se prolonge sur une distance d’environ 2 km supplémentaires. Une partie du pont enjambant le ravin est également conservée. L’aqueduc est provisoirement daté des IIe-IIIe siècles après JC.

Aucun indice ne permet de déterminer la nature, publique ou privée, du bâtiment ou de l’aqueduc. Il est toutefois certain que la reprise ultérieure des anciennes fouilles apportera un éclairage nouveau sur ce site intéressant.

À environ 800 m au nord-ouest se trouve Marathospélios (Μαραθόσπηλιος), un abri sous roche jouxté par ce qui pourrait être un sanctuaire antique de plein air, délimité par un mur constitué de gros blocs de pierre (n° 4 sur le plan, fig. 4).

Légende du plan des fouilles archéologiques (interprétation de l’archéologue entre guillemets) :

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Plan des ruines de Minoa près de Marathi. Cliquer pour agrandir l'image.A : « Rempart ou quai ». Peut-être l’extrémité sud, en abside, de l’espace plus vaste A+B.

B : « Dépôt d’armes ».

Γ, Δ : « Dortoirs pour gardes ou soldats ». Des supports en argile destinés à un plancher surélevé ont été mis au jour dans ces deux pièces. L’une d’elles a pu servir de salle de bains.

E : Pièce dallée de plaques d’argile.

Z : Pièce dotée d’un puits. Possible citerne d’eau de pluie.

H : « Citerne » voûtée. Possible « Frigidarium », c’est-à-dire la salle de bains froids.

Θ : « Cour ». Possible « Caldarium », c’est-à-dire la salle de bains chauds, ou un atrium. Sol situé à un niveau supérieur à celui des autres pièces, avec un conduit pour l’acheminement d’air chaud. Communiquant avec les pièces K et A.

I : « Cuisine ».

K : « Petit couloir ».

Λ : « Passage avec pont voûté » menant à la pièce Θ. Possible « Praefurnium », c’est-à-dire la chambre de combustion produisant l’air chaud pour le système hypocauste de chauffage par le sol.

M : « Citerne ». Salle de bains.

N : « Grande pièce ».

Ξ : « Grand puits ». Citerne probablement alimentée par l’aqueduc.

Base aérienneLa base aérienne de Souda (Αεροπορική Βάση Σούδας / Aeroporikí Vási Soúdas)

Depuis 1958 la base aérienne de Souda se partage l’utilisation des pistes de l’aérodrome avec l’aéroport international de La Canée. La base aérienne de Souda héberge la 115e escadre de combat (115 Πτέρυγα Μάχης) de l’Armée l’air hellénique.

La base aérienne est également utilisée par l’aéronavale étatsunienne (US Naval Support Activity Souda Bay) et par les forces armées de l’OTAN ; depuis 1967, la base abrite notamment, le NAMFI (NATO Missile Firing Installation) dont le pas de tir de missiles (Πεδίο Βολής Κρήτης) se trouve dans le nord-est de la presqu’île de l’Akrotiri, près du cap Méléchas.

Base navaleLa base navale de Souda (Ναυτική Βάση Σούδας / Naftikí Vási Soúdas)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Navires de guerre dans la base navale. Cliquer pour agrandir l'image.En raison de sa situation en Méditerranée orientale, la rade de Souda revêt une importance stratégique majeure et certaines parties de la rade sont utilisées à des fins militaires ; une base navale grecque se trouve sur la rive nord de la rade, juste après le goulet d’entrée formé par l’îlot de Souda et le cap de Souda ; cette base navale est utilisée par la Marine de guerre hellénique (Πολεμικό Ναυτικό), mais aussi par l’OTAN et par la Marine de guerre étatsunienne (US Navy).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Carte nautque de la rade de Souda (Amirauté britannique, 1964). Cliquer pour agrandir l'image.Les profondeurs de mouillage, allant de 20 à 30 brasses, permettent d’accueillir des porte-avions et des sous-marins ; cette caractéristique est unique en Méditerranée ; elle fait de la rade et de son port naval une escale fréquente pour les navires de guerre de l’OTAN patrouillant en Méditerranée orientale.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le porte-avions Gerald Ford dans la rade de Souda le 23 mars 2026 (auteur U. S. Navy). Cliquer pour agrandir l'image.La base couvre une superficie d’environ 500 ha dans le sud-est de la presqu’île de l’Akrotiri, incluant l’îlot de Souda ; c’est une zone militaire où il est interdit de pénétrer et de prendre des photographies. Les installations de la base comprennent une cale sèche, divers ateliers ainsi que des dépôts de carburant et de munitions.

À l’intérieur de la base se trouve aussi le Centre d’entraînement opérationnel de l’OTAN pour l’interdiction maritime (NATO Maritime Interdiction Operational Training Centre).

Navigateur par satelliteSur la route de Périvolitsa à Moni Agias Triados

Au hameau de Périvolitsa (Περβολίτσα) on peut bifurquer à gauche sur la route provinciale 40 (Επαρχιακή Οδός Μονή Αγίας Τριάδος - Περιβολίτσας) qui se dirige vers le monastère d’Agia Triada, via le village de Mouzouras, en contournant l’aéroport par le nord.

Village grecLe village de Mouzouras (Μουζουράς / Mouzourás)

Mouzouras est un petit village agricole du centre de la presqu’île de l’Akrotiri, situé à environ 140 m d’altitude, à seulement 500 m à l’est de l’aérogare de l’aéroport de La Canée ; Mouzouras se trouve à environ 17 km au nord-est de la ville de La Canée. La localité de Mouzouras compte moins de 200 habitants, dont l’activité économique primaire est la culture des oliviers, des caroubiers et des amandiers, ainsi que l’élevage.

Le toponyme « Μουζουράς » proviendrait du mot « mouzouri » (μουζούρι), un instrument de mesure utilisé en Crète pour peser les céréales, correspondant à environ 17 kg.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La façade sud-ouest de l'église d'Agia Triada. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Mouzouras est le chef-lieu d’une communauté locale (Τοπική Κύνούται Μουζουρά) qui comprend cinq autres localités : Agia Zoni (Agía Zóni), Galini (Γαλήνη), Kalorrouma (Καλόρρουμα), le hameau abandonné de Koumarès (Κουμαρές) et le monastère de la Sainte-Trinité de Tzagaroli (Μονή Αγίας Τριάδος των Τζαγκαρόλων), ou monastère d’Agia Triada, l’attraction la plus célèbre de la presqu’île ; la communauté locale compte environ 300 habitants.

Dans le village même, la principale attraction est la tour des Giannakakis (Πύργος Γιαννακάκηδων), une tour de défense de trois planchers datant de l’époque vénitienne ou, plus vraisemblablement, du début de l’occupation ottomane ; selon une légende, la tour appartenait à un janissaire, nommé Boxalis (Μπόξαλης), qui se montrait d’une grande cruauté envers les chrétiens ; ces derniers finirent par le tuer et par incendier la tour, comme en témoignent encore des traces de bois brûlé.

Navigateur par satelliteSur la route de Profitis Ilias à Moni Agias Triados

Depuis La Canée on peut rejoindre le nord de la presqu’île de l’Akrotiri en empruntant, à la sortie de Chalépa, la route provinciale 38 qui relie Profitis Ilias à Moni Gouvernéto, via Moni Agia Triada (Επαρχιακή Οδός Προφήτη Ηλία – Μονή Αγίας Τριάδος).

Village grecLe village de Chordaki (Χωρδάκι / Chordáki)

Le village de Chordaki se trouve dans l’ouest de la presqu’île de l’Akrotiri, à environ 230 m d’altitude, à environ 1 km à l’ouest du point culminant de la presqu’île, le mont Skloka (Σκλόκα) (528 m). Chordaki est à environ 19 km au nord-est de la ville de La Canée. La pointe la plus orientale de la presqu’île de l’Akrotiri est marquée par le cap Tourkaki (άκρα Τουρκάκι ou ακρωτήριο Τουρκάκι), dont le nom signifie « petit turc », diminutif de « Τούρκος », Turc.

Le toponyme « Chordaki » serait un diminutif du nom « Chordi » (χορδή, au pluriel χορδές) qui signifie « boyau, corde faite de boyau » ; « Χωρδάκι », parfois écrit « Χορδάκι », signifierait « petite corde ». Au XIXe siècle le village était nommé Choridáki (Χωριδάκι). La forme savante du toponyme est « Χωρδάκιον ». Il existe d’autres villages crétois portant le nom de Chordaki, notamment un village situé dans la vallée d’Amari ; pour préciser qu’il s’agit du village de Chordaki dans la province de La Canée, on peut indiquer « Χωρδάκι Χανίων ».

La localité de Chordaki compte moins de 250 habitants, mais est le chef-lieu d’une communauté locale (Τοπική Κοινότητα Χωρδακίου) qui comprend aussi les localités d’Akropoli (Ακρόπολι) et du monastère Notre-Dame des Anges du Gouvernéto (Μονή Κυρίας των Αγγέλων Γουβερνέτου).

Depuis le village de Chordaki une route carrossable permet de monter jusqu’au sommet du mont Skloka où se dressent d’anciennes antennes de télécommunications et d’où l’on a une vue panoramique sur les calanques de Seitan Limani, à l’est, sur l’aéroport, au sud-ouest, et sur le pas de tir du NAMFI, au nord.

PlageLes ports de Satan (Σεϊτάν Λιμάνια / Seïtán Limánia)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Une calanques des ports sataniques (Seitan Limani). Cliquer pour agrandir l'image.Ce qui est dénommé les « ports de Satan » sont trois calanques situées sur la côte orientale de la presqu’île de l’Akrotiri.

Pour se rendre à Seitan Limania, depuis la ville de La Canée ou depuis le port de Souda, tous les deux à environ 22 km, il suffit de prendre la direction de l’aéroport, puis de bifurquer à gauche en direction du village de Chordaki et de suivre les panneaux de direction indiquant le hameau de Rizoskloko (Ριζόσκλοκο) ; la petite route qui conduit aux calanques devient vite escarpée et sinueuse, avec une demi-douzaine de virages en épingle à cheveux. À l’écart de la route, sur la droite, se trouve une petite chapelle rupestre, la chapelle d’Agios Spyridon (Άγιος Σπυρίδων). On atteint enfin une aire de stationnement, située à environ 2 km à l’est de Chordaki. On peut aussi atteindre les calanques en bateau depuis, par exemple, le port de Marathi.

Aller aux ports de Satan avec Google Maps (35.551374, 24.192091).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Mémorial près des ports de Satan (Seitan Limani). Cliquer pour agrandir l'image.Ce nom de « ports de Satan » ou « ports du Diable » a été donné à ces calanques à cause des courants qui s’y produisent, courants dangereux pour les nageurs et pour les marins, vraisemblablement dus à des courants créés par les vents le long de la côte orientale de la presqu’île. Le toponyme « Σεϊτάν Λιμάνι », ou, au pluriel, « Σεϊτάν Λιμάνια » est un toponyme qui date de l’occupation ottomane et qui provient du turc « Şeytanın Limanı » ou « Şeytanın Limanları » avec le même sens de port ou ports de Satan (Şeytan) ; le mot turc « limani » venant lui-même du mot grec ancien « λιμένας » désignant un port, « λιμάνι, au pluriel, λιμάνια » en grec moderne. L’endroit est parfois nommé « Agios Spyridon », du nom de la chapelle qui se trouve à l’arrière des calanques.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Une calanques des ports sataniques (Seitan Limani). Cliquer pour agrandir l'image.Les trois calanques, des criques étroites et allongées, ont été formées par des torrents saisonniers dévalant les pentes orientales du plus haut sommet de la presqu’île, le mont Skloka (Σκλόκα) ; ces torrents ont creusé de petites gorges dont les plus connues sont les gorges de Dimplochachalo (φαράγγι Διμπλοχάχαλο) qui débouchent dans la calanque située le plus au nord, la calanque d’Agios Stéfanos ; en hiver ces gorges présentent une chute d’eau de grande hauteur, environ 38 m.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Une calanques des ports sataniques (Seitan Limani). Cliquer pour agrandir l'image.C’est dans la calanque d’Agios Stéfanos que se trouve la seule plage utilisable par les baigneurs, la plage d’Agios Stéfanos (παραλία του Αγίου Στεφάνου). Depuis l’aire de stationnement, il faut emprunter un petit sentier escarpé et caillouteux qui descend dans les gorges ; il faut compter une quinzaine de minutes de marche pour atteindre la plage au bout de 300 m ; de bonnes chaussures, avec de solides semelles, sont nécessaires car le sentier de terre ocre-rouge comporte des cailloux plutôt pointus produits par la dissolution karstique.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Une calanques des ports sataniques (Seitan Limani). Cliquer pour agrandir l'image.La plage d’Agios Stéfanos est une petite étendue de sable et de gravier, charriés par le torrent pendant la saison des pluies, d’environ 20 m de largeur par 30 m de longueur ; la plage est encadrée par des versants rocheux abrupts qui se prolongent dans l’eau ; la plage est bien protégée des vents du nord et de la houle, mais pas des courants marins dangereux. Le carbonate de calcium donne à l’eau une couleur bleu turquoise intense ; à certains moments de la journée, les rayons du soleil donnent à l’eau une couleur bleu clair très particulière, presque phosphorescente. La plage de Seitan Limania est une magnifique plage sauvage, mais Satan l’habite …

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Une calanques des ports sataniques (Seitan Limani). Cliquer pour agrandir l'image.Depuis que la route d’accès a été revêtue, la fréquentation de la plage de Stéfanos a augmenté considérablement et les 500 m² de plage sont rapidement bondés de baigneurs. Il faut venir très tôt et éviter les fins de semaine et la haute saison.

Une attraction particulière sont les chèvres très familières qui somnolent sous les voitures et qui n’hésitent pas à fouiller dans les sacs de plage à la recherche de nourriture ; leur plat préféré : les chips bien salées.

Monastère orthodoxeLe monastère du Gouvernéto (Μονή Γουβερνέτου / Moní Gouvernétou)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La garrigue près du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère du Gouvernéto est un monastère grec orthodoxe situé dans le nord de la presqu’île de l’Akrotiri, à seulement 1,3 km de la côte nord de la presqu’île, à 3 km à l’est du cap Méléchas (ακρωτήρι Μελέχας). Le monastère se trouve sur un petit plateau verdoyant, à environ 270 m d’altitude, au cœur du massif montagneux aride de l’Arkoudovounia (Αρκουδοβούνια).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La route du monastère du Gouverneto (auteur Jean-Philippe Hébrard). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Depuis le monastère d’Agia Triada, le monastère du Gouvernéto n’est qu’à une dizaine de minutes en automobile par une petite route à revêtement ; il est possible de faire le trajet de 4 km à pied pour une belle promenade, de 2 h aller-retour, à travers des gorges étroites ; le monastère du Gouverneto dévoile sa silhouette carrée et défensive au dernier moment.

Depuis la ville de La Canée, situé à environ 20 km au sud-ouest, il faut près de 40 min pour atteindre le monastère. On peut se garer devant l’entrée du parc du monastère puis continuer à pied sur 200 m, à travers une pinède, jusqu’au monastère ; le stationnement est gratuit mais l’entrée dans le parc est payante.

Aller au monastère du Gouverneto avec Google Maps (35.584355, 24.140160).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le nom complet du monastère du Gouvernéto est « Saint monastère patriarcal et stavropégique Notre-Dame des Anges du Gouvernéto (Ιερά Πατριαρχική και Σταυροπηγιακή Μονή Κυρίας των Αγγέλων Γουβερνέτου) » ; le mot Gouvernéto (Γουβερνέτο) provient vraisemblablement du mot vénitien « governeto », diminutif du mot « governo », c’est-à-dire « petit gouvernement », ou d’un terme lié à une fonction de gouvernance ecclésiastique locale de ce monastère à l’époque vénitienne.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'enceinte du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le monastère du Gouvernéto aurait été construit dans la première moitié du XVIe siècle, entre 1537 et 1548 ; la date de 1537 est gravée sur le linteau du portail d’entrée du monastère. Le monastère du Gouvernéto aurait été fondé par des moines du monastère du Katholiko, situé à seulement 500 m de la côte, qui était souvent attaqué et pillé par des pirates débarquant dans la crique du monastère ; les moines construisirent le nouveau monastère à plus grande distance de la côte.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'enceinte du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le monastère du Gouvernéto s’imposa très vite sur toute la vie monacale de la presqu’île de l’Akrotiri ; un recensement daté de 1637 indique que le monastère du Gouvernéto comptait une soixantaine de moines, ce qui en faisait l’un des plus importants de l’île à cette époque ; cependant, le monastère du Gouvernéto fut supplanté au XVIIe siècle par le monastère d’Agia Triada, fondé au début de ce siècle.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La façade du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Sous l’occupation ottomane le monastère du Gouvernéto (Guverneto Manastırı) fut détruit par un incendie en 1765, puis fut attaqué et incendié pendant le soulèvement crétois de 1821, mais les moines réussirent à sauver le trésor du monastère en l’envoyant dans un monastère du mont Athos en Macédoine, dans le nord de la Grèce ; cependant les moines furent massacrés par les Turcs. Le monastère fut ensuite reconstruit et continua d’être habité.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le portail du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image.Situé dans une contrée isolée dans le nord de la presqu’île de l’Akrotiri, contrée en proie aux attaques de pirates, le monastère du Gouvernéto a été conçu comme un monastère fortifié ; il se présente comme une forteresse rectangulaire, d’environ 40 m de largeur par 45 m de longueur, protégée à chacun des angles par une tour de défense carrée ; sur les faces externes de ces tours on note la présence d’une bretèche permettant de jeter de l’eau ou de l’huile bouillante sur d’éventuels assaillants ; une autre bretèche se trouve au-dessus du portail d’entrée.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'église du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image.Une fois le porche d’entrée franchi, on se retrouve dans une cour intérieure arborée, beaucoup moins austère que l’aspect extérieur du monastère ; cette cour rectangulaire est bordée par les quatre ailes du monastère où se trouve une cinquantaine de cellules de moine, réparties sur deux planchers.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Mascarons de l'église du monastère du Gouverneto (auteur Wolfgang Sauber). Cliquer pour agrandir l'image.Le catholicon du monastère (καθολικό) se trouve face à l’entrée, adossé à l’aile orientale du monastère. L’église du Gouvernéto est dédiée à Notre-Dame des Anges (Κυρία των Αγγέλων) ; c’est une église à trois nefs, dont la nef principale est surmontée d’un dôme. Les nefs latérales sont dédiées à saint Jean l’Ermite (Άγιος Ιωάννης ο Ερημίτης) et aux Dix Saints Martyrs (Άγιοι Δέκα Μάρτυρες). La façade principale de l’église, d’influence maniériste, est décorée de frises et de mascarons, des figures grimaçantes de style baroque censées repousser les esprits maléfiques, sculptés à la base des colonnes qui ornent la façade de l’église. Au-dessus de la façade ouest se dresse un clocher-mur à trois cloches. Derrière cette façade se trouve un narthex donnant accès aux trois nefs.

Derrière l’iconostase, datant du XIXe siècle, se trouve une icône du XVe siècle représentant une « Vierge à l’Enfant », la pièce maîtresse du monastère. Le monastère comprend aussi un petit musée d’art sacré, abrité dans la bibliothèque du monastère, présentant des objets liturgiques et des icônes.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Horaires de visite du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image.Visite du monastère du Gouvernéto :

Le monastère est en cours de restauration par les moines eux-mêmes depuis 2005, mais le monastère continue de pouvoir être visité.

Horaires d’été (de Pâques à fin octobre) : les lundis, mardis, jeudis et samedis, de 9 h à 12 h et de 17 h à 19 h (20 h les samedis). Les dimanches de 5 h à 12 h et de 17 h à 20 h.

Horaires d’hiver : les lundis, mardis, jeudis et samedis, de 9 h à 12 h et de 16 h à 18 h. Les dimanches de 5 h à 12 h et de 16 h à 18 h.

Fermé les mercredis et les vendredis.

Téléphone : 00 30 28210 633 19.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Instructions de visite du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image.Prix d’entrée dans le domaine du monastère du Gouvernéto, y compris le monastère du Katholiko : 3 € ; gratuit pour les enfants.

Le monastère du Gouvernéto est un lieu isolé, propice au recueillement et toujours habité par des moines ; il est régi par des règles strictes : les visiteurs doivent avoir une tenue et une conduite correctes, pas de pantalons courts, pas de mini-jupes, interdiction de fumer, interdiction de prendre des photographies dans l’enceinte du monastère, et même interdiction de se baigner dans la calanque d’Avlaki, et cetera. Les dons sont autorisés.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Mémorial près du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image.Durant la Seconde Guerre mondiale, les troupes d’occupation allemandes établirent un poste de garde dans le monastère du Gouvernéto pour contrôler la contrée.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Mémorial près du monastère du Gouverneto. Cliquer pour agrandir l'image.À une cinquantaine de mètres au nord du monastère, sur le sentier menant vers le monastère du Katholiko, on peut voir un mémorial dédié aux habitants de la presqu’île de l’Akrotiri tués pendant la « Campagne de Crète », au printemps 1941, ou pendant la résistance à l’occupant allemand (1941 – 1945).

Le mémorial porte une citation de la Bible : « … De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des serpes ; aucune nation ne lèvera plus l’épée contre une autre nation et ne s’exercera plus au combat. Chacun siègera en paix sous sa vigne et sous son figuier, sans que personne ne vienne l’inquiéter. » (Livre de Michée 4, 3 – 4).

« Puisse la parole du prophète se réaliser un jour au sein de cette humanité en proie à la guerre. »

GrotteLa grotte de l’Arkoudiotissa (σπήλαιο Αρκουδιώτισσα / spílaio Arkoudiótissa)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'ermitage de la grotte de l'Arkoudia. Cliquer pour agrandir l'image.Sur le sentier pavé qui conduit du monastère du Gouvernéto à l’ancien monastère du Katholiko, on rencontre une grotte qui fut un lieu de culte depuis l’Antiquité. La grotte se trouve à environ 650 m au nord du monastère du Gouvernéto, sur la droite du sentier, et à 400 m avant d’arriver au monastère du Katholiko, en surplomb des gorges d’Avlaki (φαράγγι Αυλάκι).

Aller à la grotte d’Arkoudiotissa avec Google Maps (35.588943, 24.143860).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'ermitage de la grotte de l'Arkoudia. Cliquer pour agrandir l'image.Cette grotte est nommée « Arkoudiotissa » (Αρκουδιώτισσα), « Arkoudia » (Αρκούδια) ou encore « Arkoudaina » (Αρκούδαινα), tous ces noms provenant du nom de l’ours en grec « arkouda » (αρκούδα, au pluriel αρκούδες), provenant du grec ancien « arktos » (άρκτος) ; « arkoudi » (αρκούδι, au pluriel αρκούδια) étant une variante populaire pour désigner un ours. « Arkoudiotissa » (αρκουδιώτισσα) est formé du mot « arkoudia » (αρκούδια) et du suffixe « -tissa » (-τισσα) utilisé pour former des noms féminins.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La grotte d'Arkoudiotissa. Cliquer pour agrandir l'image.La grotte est nommée « la grotte de l’Ourse » (σπήλαιο της Αρκούδιας) parce qu’on peut y voir une stalagmite qui évoque la forme d’une ourse levant la tête pour boire l’eau suintant des stalactites qui ornent le plafond de la grotte. Selon la légende, les moines ne pouvaient pénétrer dans la grotte pour y recueillir de l’eau à cause de cette ourse ; la Vierge Marie aurait exaucé leurs prières en transformant l’animal en pierre.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La montagne d'Arkoudovounia près du monastère du Katholiko. Cliquer pour agrandir l'image.Le nom de cette grotte a donné son nom à tout le petit massif montagneux du nord de la presqu’île de l’Akrotiri, l’Arkoudovounia (Αρκουδοβούνια), c’est-à-dire « la montagne de l’Ourse ».

La « grotte de l’Ourse » serait le lit d’une ancienne rivière souterraine ; la grotte comprend une grande salle qui comportait autrefois une riche décoration de stalactites et de stalagmites, mais qui ont été pour la plupart brisées par des tremblement de terre et par l’action des hommes ; le plafond est aussi noirci par la fumée des feux. Il y a une seconde salle plus petite, prolongée par un boyau étroit où il n’est pas possible de pénétrer.

 La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La grotte d'Arkoudiotissa. Cliquer pour agrandir l'image. La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La grotte d'Arkoudiotissa. Cliquer pour agrandir l'image. La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La grotte d'Arkoudiotissa. Cliquer pour agrandir l'image. La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La grotte d'Arkoudiotissa. Cliquer pour agrandir l'image.
Des tessons de poteries et des figurines, découverts dans la salle du fond, suggèrent que la grotte de l’Arkoudia était un lieu de culte dans l’Antiquité, notamment pour le culte d’Artémis, déesse de la chasse, et, peut-être, de son frère jumeau Apollon. Des fouilles clandestines ont mis au jour des têtes d’Artémis, classiques et hellénistiques, en terre cuite, et des tablettes d’argile représentant Artémis avec un cerf ou une biche et Apollon citharède.

À l’ère chrétienne la grotte fut consacrée à la Vierge Arkoudiotissa (Παναγία της Αρκουδιώτισσας) (« Notre-Dame de l’Ourse ») et occupée par des ermites ascètes ; une petite chapelle a été aménagée dans la grotte au XVIe siècle ; cette chapelle est, le 2 février chaque année, le lieu d’une panégyrie (πανήγυρις) qui attire de nombreux habitants de la région qui affluent à la grotte pour y passer la nuit à allumer des feux.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Chapelle de la grotte d'Arkoudiotissa. Cliquer pour agrandir l'image. La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Chapelle de la grotte d'Arkoudiotissa. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Chapelle de la grotte d'Arkoudiotissa. Cliquer pour agrandir l'image.

GrotteLa grotte de saint Jean l’Ermite (Σπήλαιο Αγίου Ιωάννη του Ερημίτη / Spílaio Agíou Ioánni tou Erimíti)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Grottes près du monastère du Katholiko (auteur Wolfgang Sauber). Cliquer pour agrandir l'image.La grotte de saint Jean l’Ermite est une grotte située tout au nord de la presqu’île de l’Akrotiri, dans un ravin voisin des gorges d’Avlaki, à seulement 500 m de la côte nord. Depuis le monastère du Gouvernéto, on atteint la grotte Saint-Jean par un sentier dallé d’environ 1,2 km de longueur, puis par un escalier abrupt et enfin par un pont qui franchit le ravin ; il faut contourner le ravin par le nord pour pouvoir descendre jusqu’au pont. La grotte se trouve derrière le catholicon du monastère du Katholiko, catholicon qui a été construit sur une corniche de la falaise, à environ 80 m d’altitude, soit un dénivelé d’environ 150 m depuis le monastère du Gouvernéto.

Aller à la grotte de saint Jean l’Ermite avec Google Maps (35.590164, 24.146084).

La grotte de saint Jean se trouve au centre d’un ensemble de huit grottes dont près de la moitié étaient sacrées dans l’Antiquité. La grotte de saint Jean est la plus importante de ces grottes, avec une profondeur d’environ 150 m ; à 40 m de l’entrée, une stalagmite remarquable, auprès d’un cône de calcaire, passe pour ressembler à la Vierge tenant l’Enfant Jésus. Près de l’entrée de la grotte se trouve un réservoir naturel d’eau qui aurait des vertus miraculeuses.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La grotte de saint Jean l'Ermite (auteur Davric). Cliquer pour agrandir l'image.La grotte porte le nom de saint Jean l’Ermite (Άγιος Ιωάννης ο Ερημίτης) ; parce qu’il existe plusieurs saints portant le nom de saint Jean l’Ermite, on nomme également ce saint « saint Jean l’Étranger » (Άγιος Ιωάννης ο Ξένος) ; il ne doit pas être confondu avec saint Jean l’Ermite, l’un des 99 Pères, qui vécut au XIIIe siècle. Saint Jean l’Étranger était un ascète, né vers l’an 970 et mort après 1027. Né une dizaine d’années après la reconquête de la Crète sur les Sarrasins par Nicéphore Focas en 961, il fut l’un des moines qui entreprirent de ré-évangéliser la Crète ; saint Jean l’Étranger fonda une dizaine d’églises ou de monastères, principalement dans l’ouest de la Crète, notamment le monastère de Myriokéfala près d’Argyroupoli. Saint Jean l’Ermite se serait retiré dans cette grotte de l’Akrotiri, se nourrissant d’herbes sauvages, et serait mort au fond de la grotte, tué d’une flèche par un chasseur qui le prit pour un cerf. Selon d’autres versions saint Jean l’Ermite serait mort près de Kissamos.

Après la mort de saint Jean l’Ermite, une église rupestre fut construite dans la grotte, église qui devint le catholicon d’un monastère fondé au XIe siècle et dédié à saint Jean l’Ermite ; la grotte est parfois nommée grotte du Katholiko (Σπήλαιο του Καθολικου). La fête de saint Jean l’Ermite tombe le 7 octobre et donne lieu à une procession de centaines de pèlerins.

Monastère orthodoxeLe monastère du Katholiko (Μονή Καθολικού / Moní Katholikoú)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère du Katholiko (auteur Gerd-HH). Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère du Katholiko est un monastère abandonné qui était dédié à saint Jean l’Ermite et qui fut construit devant la grotte où il aurait vécu en ascète jusqu’à la fin de sa vie. Le monastère est également nommé « monastère de saint Jean l’Ermite » (Μονή Αγίου Ιωάννη του Ερημίτη). Le nom catholico (καθολικό) est le terme général pour désigner l’église principale d’un monastère grec orthodoxe ; il se réfère ici à l’église rupestre construite dans la grotte où vécut saint Jean l’Ermite.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Sentier vers la grotte de l'Arkoudia. Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère du Katholiko n’est accessible qu’à pied ; depuis le monastère du Gouvernéto, il faut compter environ 30 min de marche pour atteindre la grotte et le monastère de saint Jean l’Ermite par un sentier dallé ; aux deux-tiers du trajet on peut visiter la grotte de l’Arkoudiotissa. Au-delà du monastère du Katholiko, on peut continuer jusqu’à la côte en suivant le fond des gorges d’Avlaki. La remontée, depuis l’embouchure des gorges jusqu’au monastère du Gouvernéto, présente un dénivelé positif d’environ 230 m. Le parcours n’est pas très difficile, mais il faut s’équiper de bonnes chaussures et se munir d’eau.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère du Katholiko (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère fut fondé au milieu du XIe siècle, au début de la seconde époque byzantine de l’île, par les moines ermites qui menaient une vie ascétique dans les grottes environnantes et qui se rassemblaient pour célébrer en commun la liturgie catholique ; le monastère de saint Jean l’Ermite est considéré comme le plus ancien monastère de Crète.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère du Katholiko (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère continua de se développer et prit sa forme définitive sous la domination vénitienne ; des cellules furent aménagées pour les moines dans le monastère. Le catholicon du monastère fut doté d’une façade de style Renaissance ; derrière cette façade, l’église s’enfonce profondément dans une grotte naturelle au sein de la paroi rocheuse.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère du Katholiko (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Au début du XVIIe siècle, le moine Geremia Zangaroli (Ιερεμίας Τζαγκαρόλί) fit construire un pont, de 20 m de longueur et de 8 m de largeur, pour relier l’église au versant opposé du ravin, créant une vaste esplanade qui relie les deux rives ; de grands espaces de stockage couverts par une voûte furent construits au pied des piliers du pont. C’est ce même moine qui fut chargé de reconstruire le monastère d’Agia Triada quelques années plus tard.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère du Katholiko (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.De part et d’autre du pont furent bâtis un bâtiment à deux étages et une série de petites pièces voûtées destinées à héberger les pèlerins.

Cependant la menace ottomane se fit grandissante au XVIIe siècle, suscitant des attaques de pirates qui contraignirent les moines à abandonner le monastère du Katholiko pour trouver refuge au monastère du Gouvernéto.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Le monastère du Katholiko (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Bien qu’abandonné depuis plusieurs siècles, l’édifice religieux dégage un charme unique ainsi qu’un profond sentiment de paix et de spiritualité. On peut encore y voir le portail d’entrée surmonté d’un clocher, la façade en pierres taillées du catholicon dédié à saint Jean l’Ermite, les cellules en ruines des moines ascètes, ainsi de l’impressionnant pont qui enjambe les gorges ; construit en grès taillé et en pierre naturelle, le pont est — tout comme les autres bâtiments du monastère — exceptionnellement bien conservé.

Chaque année, le jour consacré à la mémoire de saint Jean l’Ermite, des milliers de personnes viennent se recueillir sur le lieu où il a vécu en tant que moine et participer à la veillée à l’intérieur du « Katholiko », la veille de la fête.

GorgesLes gorges d’Avlaki (Φαράγγι Αυλάκι / Farángi Avláki)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Les gorges d'Avlaki près du monastère du Katholiko. Cliquer pour agrandir l'image.Les gorges d’Avlaki sont de petites gorges situées dans le massif montagneux d’Arkoudovounia (Αρκουδοβούνια) dans le nord de la presqu’île de l’Akrotiri ; ces gorges se trouvent au piémont occidental du cap Méléchas (ακρωτήρι Μελέχας) ; elles débutent à l’est du monastère du Gouvernéto et débouchent sur la côte nord près du monastère du Katholiko, avec une longueur d’environ 1,5 km.

Aller à l’embouchure des gorges d’Avlaki avec Google Maps (35.592045, 24.150051).

Le toponyme Avlaki (αυλάκι, au pluriel αυλάκια) signifie « fossé, sillon ».

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Les gorges d'Avlaki (auteur Davric). Cliquer pour agrandir l'image.À partir du monastère du Katholiko, où s’arrête le sentier pavé, il est possible de parcourir les 300 derniers mètres des gorges, en suivant le lit à sec du torrent qui a creusé ces gorges, le ruisseau du Katholiko (ρέμα του Καθολικού) ; on aboutit à une calanque, une crique étroite et allongée, nommée crique du Katholiko (όρμος του Καθολικού). On y aperçoit un rocher massif en forme de navire ; la légende raconte qu’il s’agit d’un navire de pirates qui aurait été pétrifié par les imprécations proférées par l’higoumène du monastère.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La calanque d'Avlaki (auteur Andy Leroyer). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Cette calanque servait de port pour le monastère du Katholiko ; on peut encore y voir les vestiges du petit quai d’où les moines pouvaient embarquer. On y trouve également les vestiges de carrières où l’on extrayait autrefois le grès léger et poreux, dit « grès éolien », utilisé pour construire les monastères situés au-dessus de la gorge.

Selon le règlement du monastère du Gouvernéto, il est interdit de se baigner dans cette magnifique crique rocheuse aux eaux turquoise et cristallines …

Navigateur par satelliteSur la route de Profitis Ilias à Stravros

Il n’existe pas de route provinciale desservant la côte occidentale de la presqu’île de l’Akrotiri, car cette contrée est traversée par des gorges qui creusent de profonds sillons d’est en ouest et, jusqu’à présent, aucun pont n’a été construit pour franchir ces gorges ; pour remonter la côte ouest, il faut contourner les gorges par l’ouest, à l’embouchure, ou par l’est, au début des gorges ; l’itinéraire le plus courant est d’emprunter la route dénommée « Route des Philhellènes (Οδός Φιλελλήνων) qui longe la côte ouest et emprunte la route de front de mer à Kalathas, à l’embouchure des gorges.

Village grecLe village de Kounoupidiana (Κουνουπιδιανά / Kounoupidianá)

Kounoupidiana est un ancien village agricole de la presqu’île de l’Akrotiri qui est devenu de nos jours la ville la plus importante de la presqu’île, par le nombre d’habitants. Le village comptait quelque 200 habitants dans les années 1970 ; il en compte de nos jours près de 8 000 ; ce développement est principalement dû à l’implantation de l’Université polytechnique de Crète (Πολυτεχνείο Κρήτης) sur le territoire de la localité, à partir de 1977.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Des choux-fleurs à Kounoupidiana (auteur Giouli Orf). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Le village se situe à environ 140 m d’altitude mais à seulement 2,5 km de la côte occidentale de la presqu’île ; Kounoupidiana n’est qu’à 6 km au nord-est du centre-ville de La Canée et à 3,5 km du quartier de Chalépa ; l’aéroport international de La Canée se trouve à seulement 6 km à l’est. Ces facteurs de proximité expliquent aussi le développement fulgurant de la localité.

Le toponyme Kounoupidiana (Πολυτεχνείο Κρήτης) dérive du mot « kounoupidi » (κουνουπίδι, nom neutre, au pluriel κουνουπίδια) qui désigne le chou-fleur, la zone de Kounoupidiana étant une zone maraîchère alimentant la ville de La Canée.

Kounoupidiana est le chef-lieu d’une communauté locale (Τοπική Κοινότητα Κουνουπιδιανών) qui comprend aussi les localités de Kalathas (Καλαθάς), de Kampani (Καμπάνι), de Stavros (Σταυρός) et de Chorafakia (Χωραφάκια) (« les petits champs ») ; le hameau de Saint-Onuphre (Άγιος Ονούφριος) a été rattaché à la localité de Kounoupidiana en 1991.

Outre ses champs de choux-fleurs, une autre attraction de Kounoupidiana est la petite plage d’Agios Onoufrios (Παραλία Αγίου Ονουφρίου), située au nord-ouest du village ; c’est une petite plage de sable et de galets, très protégée des vents du nord par un promontoire, au fond d’une petite calanque ; au sud de la plage se trouve un petit port de plaisance.

Village grecLe village de Kalathas (Καλαθάς / Kalathás)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La plage de Kalathas (auteur Dimitrios Makris). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Kalathas est un village portuaire de la côte ouest de la presqu’île de l’Akrotiri, devenu une jolie station balnéaire très appréciée par les habitants de La Canée pour sa longue plage de sable ; le village compte plus de 600 habitants, avec un grand nombre de résidences secondaires. Kalathas n’est qu’à 9 km du centre-ville de La Canée, ce qui en fait une résidence agréable pour des gens travaillant à La Canée. Fait exceptionnel en Crète, l’urbanisme de la localité est très maîtrisé, avec des rues à angle droit et de la verdure.

Le toponyme « καλαθάς » signifie « vannier, fabricant de paniers ».

La plage de Kalathas est un long croissant de sable fin et doré, de 300 m de longueur, situé au débouché de deux gorges et bordé de tamaris ; dans la baie de Kalathas (όρμος Καλάθα), à 150 m de la plage, se trouve un îlot dénommé Bourdonissi (Μπουρδονήσι), accessible à la nage. Ce petit paradis n’est troublé que par le décollage des avions, la plage étant en plein sous le couloir aérien de l’aéroport.

À environ 3 km au nord de Kalathas se trouve une autre plage, la plage de Tersanas (Τερσανας) également très appréciée par les familles de La Canée, mais souvent bondée ; c’est une petite plage de sable fin située au fond d’une calanque, aux eaux peu profondes.

La baie de Kalathas est délimitée au nord par le cap Skinou Plevra (άκρα Σκίνου Πλευρά) qui marque la pointe occidentale de la presqu’île.

Village grecLe village de Stavros (Σταυρός / Stavrós)

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La montagne de Stavros. Cliquer pour agrandir l'image.Stavros est un village côtier situé dans le coin nord-ouest de la presqu’île de l’Akrotiri, au piémont occidental du massif montagneux du nord de la presqu’île, la montagne d’Arkoudovounia (Αρκουδοβούνια), c’est-à-dire « la montagne de l’Ourse ». La partie occidentale de ce massif montagneux est parfois nommée « mont de Stavros » (βουνό του Σταυρού), littéralement « mont de la Croix ». Le pied de cette montagne est drainé par une rivière qui se jette dans la baie de Stavros. La pointe occidentale de la montagne de Stavros est le cap Trachili (άκρα Τραχήλι) qui marque la limite nord de la baie de Stavros ; dans le nord de la montagne de Stavros se trouve le cap Trypiti (άκρα Τρυπητή) qui marque la pointe nord de la presqu’île.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La montagne de Stavros. Cliquer pour agrandir l'image.Le village de pêcheurs est devenu la plus importante station balnéaire de la presqu’île de l’Akrotiri ; la localité compte environ 500 habitants et fait partie de la communauté locale de Kounoupidiana.

Le toponyme « stavros » (σταυρός, nom masculin, au pluriel σταυροί) signifie « pieu, pal, croix » et fait référence à la croix sur laquelle le Christ fut crucifié ; ce toponyme est plus souvent attribué à des églises, notamment des églises situées sur des sommets, qui sont nommées Timios Stavros (Τίμιος Σταυρός), c’est-à-dire « la Vraie Croix ».

Depuis l’est de La Canée, située à 15 km au sud-sud-ouest, il faut emprunter la route de Profitis Ilias à Stavros pour atteindre la station balnéaire en une trentaine de minutes, soit une vitesse moyenne de seulement 30 km / h.

Aller à la station balnéaire de Stavros avec Google Maps (35.589861, 24.097627).

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La grotte de Lera au-dessus du village de Stavros. Cliquer pour agrandir l'image.À l’est, en contrehaut du village, se dresse la montagne de Stavros qui culmine à près de 350 m d’altitude ; sur le versant occidentale de la montagne, à environ 170 m d’altitude, se trouve une grotte, nommée « grotte de Léra » (Σπήλαιο Λερά), du nom d’un célèbre rebelle qui s’y serait caché avant d’être capturé et pendu par les Turcs en 1833. L’accès à la grotte se fait par plusieurs sentiers ; la montée est plutôt escarpée et prend environ une demi-heure, mais la vue sur Stavros récompense l’effort de la montée.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La grotte de Lera au-dessus du village de Stavros. Cliquer pour agrandir l'image.Cette vaste grotte se compose essentiellement de trois salles à hautes colonnes. La grotte de Léra servit de lieu de culte depuis l’époque minoenne tardive jusqu’aux époques classique et hellénistique ; la salle de culte se trouve au-delà d’un petit lac et d’un étroit passage que l’on ne peut franchir qu’en rampant.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. Stavros vu depuis la grotte de Lera (auteur Anna Sameryt). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).La station balnéaire de Stavros comprend principalement des hébergements chez l’habitant et, surtout dans l’ouest, des appartements de vacances, pas de grands hôtels, et les tavernes, les cafés, les supérettes et les magasins de souvenirs habituels.

La localité dispose de deux belles plages principales :

  • La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La plage orientale de Stavros. Cliquer pour agrandir l'image.à l’est, au bord de la crique, une plage bien protégée par le promontoire abrupt de la montagne de Stavros ; c’est une plage longue d’environ 200 m, assez souvent bondée ; c’est la plage emblématique du film « Zorba le Grec ».
  • La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La montagne de Stavros. Cliquer pour agrandir l'image.un peu plus à l’ouest, une plage longue de 700 m, moins équipée et plus exposée aux vents, la plage de Pachia Ammos (Παχεία Άμμος), ce qui signifie « sable grossier ». Le cap Mavromouri (άκρα Μαυρομούρι) se trouve à l’extrémité occidentale de cette plage.

D’autres petites plages se trouvent à l’ouest, en contrebas des immeubles d’appartements.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. L'affiche du film Zorba le Grec. Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Stavros est célèbre pour avoir été le lieu de tournage de scènes du film « Zorba le Grec » (Ζορμπάς ο Έλληνας ou Αλέξης Ζορμπάς, selon le titre du roman de Nikos Kazantzakis (Νίκος Καζαντζάκης) qui inspira le film), film réalisé en 1964 par le cinéaste Michel Cacoyannis (Μιχάλης Κακογιάννης) ; en réalité l’équipe de tournage du film n’a séjourné à Stavros que pendant cinq des seize semaines de tournage. Le directeur de la photographie du film, Walter Lassally, s’était installé à Stavros dans les années 1990 ; il avait confié l’Oscar qu’il avait remporté en 1965 pour « Zorba le Grec » à un restaurant de la plage de Stavros, avant que la statuette ne disparaisse dans un incendie.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La taverne Chez Mama à Stavros. Cliquer pour agrandir l'image.Pendant le tournage, l’équipe mangeait et buvait à la taverne de « Chez Mama » (Mama’s Place) qui existe toujours. D’autres scènes du film furent tournées au monastère d’Agia Triada, à La Canée et à Kokkino Chorio.

La mine de lignite du film aurait été figurée par la grotte de Léra, avec la montagne de Stavros en arrière-plan, pour les scènes du téléphérique ; dans le roman, la mine se trouvait à Prastova dans la province du Magne (Μάνη), dans le Péloponnèse.

La presqu’île de l’Akrotiri en Crète. La danse du sirtaki sur la plage de Stavros dans le film Zorba le Grec. Cliquer pour agrandir l'image.La plage de la scène finale du film où Zorba, interprété par Anthony Quinn (Άντονι Κουίν), entraîne Basil, interprété par Alan Bates (Άλαν Μπέιτς), à danser le sirtaki, est la plage orientale de Stavros. Dans le roman il s’agissait de la plage de Kalogria (Καλόγρια) à Stoupa (Στούπα), dans le Magne. Le syrtaki (συρτάκι) n’est pas une danse traditionnelle crétoise mais une création originale de Mikis Théodorakis (Μίκης Θεοδωράκης) pour les besoins du film. Ce n’est pas Anthony Quinn qui danse car il s’était foulé une cheville. Tout l’art du « Make believe ! ».

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