 | La ville de Vrysses, les villages de Vafes, d’Emprosneros, de Maza et d’Alikampos, le plateau de Krapi, le ravin de Katres et le dème de l’Apokoronas en Crète |  |
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| | | | Le nom de l’Apokoronas (Αποκόρωνας) est plutôt énigmatique : selon la plupart des historiens ce toponyme proviendrait d’un nom, cité par le géographe du Ier siècle avant JC Strabon (Στράβων), dans son ouvrage « Géographie (Γεωγραφικά), Livre X, 472 », « Ίπποκορώνειον » (Hippocoronion) ou « Ιπποκορώνιον » (Ippokoronion), en latin « Hippocoronium », sans que Strabon précisât s’il s’agissait d’une contrée, d’une cité ou d’une montagne. Lorsque les Vénitiens prirent possession de la Crète, ils nommèrent la région, de façon hésitante : « Apicorno », « Apicorna », « Bicorno », « Bicorna », « Picorna », « La Bicorna », « L’Abicorna », « Labicorna », « Apicorona » … Pendant l’occupation ottomane, les Turcs nommaient la contrée « Apokoron ». |
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| | Le dème de l’Apokoronas (Δήμος Αποκορώνου) est, parmi les six dèmes de la province de La Canée, le dème situé dans le coin nord-est de la province. Le dème est principalement constitué d’une plaine fertile, bordée de montagnes, qui s’étend entre la côte sud de la rade de Souda, au nord, et les contreforts nord des Montagnes Blanches (Λευκά Όρη), au sud ; ces contreforts sont nommés les « Madarès » (Μαδάρες), que l’on peut traduire par « Alpages » ; une « μαδάρα, au pluriel μαδάρες » est une terre d’altitude, non cultivable, servant de pâturage pour le bétail, c’est-à-dire un alpage. Le piémont des Madarès est nommé la « Riza » (Ρίζα), c’est-à-dire la « racine » des Montagnes Blanches, et ses habitants les « Riziotes » ; la Riza comprend une succession de villages qui s’égrènent d’ouest en est, entre les alpages et la plaine de l’Apokoronas, à environ 300 m d’altitude.
Le dème de l’Apokoronas s’étend entre le bassin du fleuve Kyliaris, à l’ouest, qui marque la frontière avec le dème de La Canée, et la vallée du fleuve Moussélas, à l’est, qui marque la frontière avec le dème de Réthymnon. Entre ces deux rivières plusieurs autres cours d’eau irriguent cette contrée verdoyante particulièrement favorisée par les eaux provenant des Lefka Ori : la rivière Xydas, qui se jette dans la rade de Souda à Kalyvès ; la rivière Almyros qui se jette dans le golfe de l’Almyros à Georgioupoli ; la rivière Pérastikos ; la rivière Delfinas qui s’écoule du lac Kournas. La contrée est couverte d’oliveraies, d’orangeraies et de vignobles.
Au milieu du dème, la chaîne de montagnes du Drapanokéfala forme la côte orientale de l’Apokoronas, offrant des vues magnifiques sur le golfe de l’Almyros ; son extrémité nord est le cap Drapano qui marque l’entrée sud de la rade de Souda.
Historiquement, l’éparchie de l’Apokoronas a toujours fait partie du nome de La Canée, à l’exception de quelques décennies, à la fin de l’occupation ottomane, entre 1867 et 1915, où l’Apokoronas a constitué un cinquième nome, avec l’éparchie des Sfakia et l’éparchie d’Agios Vassilios, le nome des Sfakia (Νομός Σφακίων) ; le chef-lieu de ce nome était la localité de Vamos, qui demeura longtemps le chef-lieu historique de l’Apokoronas.
Le territoire du dème de l’Apokoronas est presque identique à celui de l’ancienne éparchie de l’Apokoronas (επαρχία Αποκορώνου), à l’exception des localités de Kalami et d’Aptéra (Mégala Chorafia) qui ont été rattachées au dème de La Canée. À l’ouest, le dème de l’Apokoronas est bordé par le canton de Souda (Δημοτική ενότητα Σούδας) et le canton des Kéramia (Δημοτική ενότητα Κεραμίων) du dème de La Canée ; au sud, le dème est bordé par le canton des Sfakia (Δημοτική ενότητα Σφακίων) du dème des Sfakia ; à l’est, le dème est bordé par le canton de Lappa (Δημοτική ενότητα Λαππαίων) du dème de Réthymnon. Le village de Krapi (Κράπη), qui se trouve sur la route provinciale de Vryssès à Chora Sfakion, marque le coin sud-est du dème de l’Apokoronas aux confins des dèmes de Réthymnon et des Skakia.
Le dème de l’Apokoronas comprend trente-trois communautés locales, réparties en six cantons : au nord-ouest, le canton d’Arméni (Δημοτική ενότητα Αρμένων), dont le chef-lieu est Kalyvès ; au nord-est, le canton de Vamos (Δημοτική ενότητα Βάμου) ; au sud-ouest, le canton de Frès (Δημοτική ενότητα Φρέ) ; au sud, le canton de Kryonérida (Δημοτική ενότητα Κρυονερίδας), dont le chef-lieu est le village de Vryssès, canton qui doit son nom à la grotte de Kryonérida (Κρυονερίδα), située près de Vafès ; à l’est, le canton de Georgioupolis (Δημοτική ενότητα Γεωργιουπόλεως) ; au sud-est, le canton d’Asi Gonia (Δημοτική ενότητα Ασή Γωνιάς). La ville de Vryssès est le chef-lieu du dème ; la population du dème est d’un peu plus de 12 000 personnes, pour une superficie d’environ 320 km².
La municipalité de l’Apokoronas a mis en place dix circuits de randonnée qui permettent de découvrir à pied les attractions naturelles et culturelles du dème. | _small.jpg) |
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| | On peut rejoindre les localités de Néo Chorio (Νέο Χωριό) et de Vryssès (Βρύσες) par l’ancienne route nationale 90, mais il existe une route de contournement qui est la route provinciale 49 de Néo Chorio à Vryssès (Επαρχιακή Οδός Νέου Χωριού-Βρύσων) ; cette route provinciale permet de découvrir quelques villages de l’intérieur de l’Apokoronas. À partir de Néo Chorio, la route provinciale 49 remonte le cours supérieur de la rivière Kyliaris (ποταμός Κυλιάρης) et atteint d’abord Machéri (Μαχαιροί), puis Ramni (Ραμνή), où l’on peut faire une excursion vers le village de Kyriakosellia pour voir les ruines de son château et son église byzantine ; on atteint ensuite Mélidoni (Μελιδόνι), Pémonia (Πεμόνια), Frès (Φρες), Tzitzifès (Τζιτζιφές), Nipos (Νίπος) et Vafès (Βαφές) ; après Vafès la route continue jusqu’à Vryssès, le chef-lieu du dème. |
| | Vafès est un village de basse montagne situé au piémont nord des Montagnes Blanches, à environ 220 m d’altitude au centre du village. Le village se trouve sur la route provinciale 49 de Néo Chorio à Frès, à environ 4,5 km au sud-ouest de Vryssès et à environ 35 km au sud-est de La Canée. La localité compte environ 200 habitants ; elle est le chef-lieu d’une communauté locale du canton de Kryonérida, la communauté locale de Vafès (Κοινότητα Βαφέ) qui comprend aussi les localités d’Arévitis (Αρεβίτης) et d’Achatzikia (Αχατζηκιά)
À une centaine de mètres au sud-ouest de Vafès, on peut visiter la grotte de Kryonérida (σπήλαιο Κρυονερίδας), une grotte qui fut un lieu de culte et un refuge où périrent plus d’une centaine de Crétois pendant le soulèvement de 1821, enfumés par les Turcs ; ce lieu historique a donné son nom au canton de Kryonérida.
Un sentier balisé monte dans le ravin de Langos (χαράδρα Λάγγος) jusqu’à la grotte de Kryonérida ; au-delà de cette grotte, le sentier continue jusqu’à la grotte de Kalamato (σπήλαιο Καλαμάτο), une grotte qui présente de riches décorations de stalactites et de stalagmites ; des traces d’habitation de l’époque néolithique y ont été découvertes. En face de la grotte se trouve une petite église rupestre, l’église Saint-Jean l’Ermite (Άγιος Ιωάννης ο Ερημίτης).
En chemin on peut admirer des vues sur l’Apokoronas qui s’étendent jusqu’au mont Drapanokéfala. Aller à la grotte de Kryonérida avec Google Maps (35.358247, 24.169296). |
| | Embrosnéros, Emprosnéros (Εμπρόσνερος) ou Brosnéros (Μπρόσνερος) est un village de basse montagne, situé au piémont nord des Montagnes Blanches, à 260 m d’altitude. Embrosnéros se trouve à environ 5 km au sud de Vryssès et à 38 km au sud-est de La Canée.La localité compte environ 250 habitants dont l’activité primaire est l’élevage et la culture de l’olivier, de la vigne et du caroubier. Embrosnéros est le chef-lieu d’une communauté locale (Κοινότητα Εμπροσνέρου) qui comprend aussi le village de Vatoudiaris (Βατουδιάρης). Dans le sud-ouest du village, on peut découvrir la tour d’Alidakis (Πύργος του Αληδάκη), le château, en partie ruiné, de l’agha Alidakis qui tyrannisa la contrée à la fin du XVIIIe siècle. Aller à la tour d’Alidakis avec Google Maps (35.344139, 24.187611). L’agha Ibrahim Alidakis (Ιμπραήμ Αληδάκης αγάς) était un janissaire turco-crétois, ou peut-être un Abadiote (Αμπαδιώτης, au pluriel Αμπαδιώτες), c’est-à-dire un Crétois d’origine sarrazine, un musulman descendant des anciens occupants arabes de la Crète, comme le suggère son patronyme, « fils d’Ali ». Alidakis avait pris possession d’un vaste territoire dans l’Apokoronas en spoliant des paysans chrétiens et en les réduisant en servage pour cultiver ses terres ; sa puissance était telle qu’il était même craint par le pacha de La Canée. Affaiblis par l’écrasement de la révolte de Daskalogiannis, seulement trois ans plus tôt, en 1771, les Sfakiotes redoutaient qu’Alidakis n’étendît son emprise sur leur territoire ; en octobre 1774 les Sfakiotes, menés par Anagnostis Manusakas (Αναγνώστης Μανούσακας) du village d’Imbros, prirent les devants, attaquèrent par surprise le château d’Alidakis, le détruisirent et massacrèrent Alidakis et la plupart de ses 200 hommes d’armes ; les Skakiotes perdirent 18 combattants et 2 combattantes. | _small.jpg) |
| | | Vryssès est un bourg agricole situé au milieu de l’Apokoronas, à environ 62 m d’altitude, dans une plaine fertile irriguée par plusieurs rivières, plaine qui se trouve au piémont nord-est des monts Madarès (Μαδάρες), plus connus sous le nom de Montagnes Blanches (Λευκά Όρη) ; l’activité primaire des habitants du village est la culture des agrumes et des oliviers, et l’élevage de moutons et de chèvres ; Vryssès est réputé pour sa production de yaourts que l’on consomme traditionnellement avec du miel. Vryssès exerce aussi une activité administrative, étant, depuis 2010, le chef-lieu du dème de l’Apokoronas, au détriment du chef-lieu historique de la contrée, le village de Vamos. Vryssès est aussi le chef-lieu d’un des six cantons de l’Apokoronas, le canton de Kryonérida (Δημοτική ενότητα Κρυονερίδας), qui comprend les communautés locales de : Alikampos (Αλίκαμπος) ; Vafès (Βαφές) ; Emprosnéros (Εμπρόσνερος) ; Maza (Μάζα) ; Nipos (Νίπος) ou Nippos (Νίππος). Vryssès est le chef-lieu d’une communauté locale (Κοινότητα Βρυσών Αποκορώνου) qui comprend aussi le village de Métochi (Μετόχι) (« le métoque »), nommé autrefois « Μετόχι Γετίμη », situé à 2 km au nord-ouest de Vryssès, et le village de Filippos ou Philippos (Φίλιππος), situé à moins de 2 km à l’est-sud-est de Vryssès ; la population de la communauté locale s’élève à quelque 800 habitants.
La localité de Vryssès se trouve au carrefour de plusieurs routes : l’ancienne route nationale 90 de La Canée à Réthymnon et quatre routes provinciales : la route 49 vers Néo Chorio, la route 51 vers Vamos, la route 52 vers Nipos et Agioi Pantès, et la route 54 vers Askyfou puis Chora Sfakion. Vryssès n’est qu’à 500 m d’une bretelle de sortie de la nouvelle route nationale 90. Vryssès est à 33 km au sud-est de La Canée, soit environ 40 min de conduite, à 33 km à l’ouest de Réthymnon, soit environ 36 min de conduite, et à 37 km au nord de Chora Sfakion, soit environ 50 min de conduite. Il y a un parc de stationnement public au nord du centre-ville de Vryssès. En raison de la situation de la ville, la station d’autocars de la compagnie KTEL est une sorte de plaque tournante pour les voyageurs qui utilisent les transports publics : la station d’autocars se trouve un peu au nord de la place centrale, près du monument commémorant l’indépendance crétoise ; il faut compter environ 40 min pour venir depuis La Canée. Le toponyme « βρύσες / vrýses » signifie « source », avec la nuance de source captée, de fontaine ou même de robinet ; le mot « source », au sens général, est « πηγή / pigí », et une fontaine se dit « κρήνη / kríni ». Le nom du village est parfois écrit avec deux « σ », « Βρύσσες ». Ce toponyme est très courant en Grèce ; en Crète il y a par exemple le village de Vryssès situé dans la vallée d’Amari. Pour spécifier le Vryssès de la province de La Canée on peut écrire « Βρύσες Αποκορώνου Χανίων ». | | Vryssès est traversé par plusieurs rivières dont les principales sont : la rivière Boutakas (ποταμός Μπούτακας) qui prend sa source dans les environs d’Emprosnéros et de Vafès, au sud-ouest de Vryssès, et qui recueille les eaux du versant nord-est des Montagnes Blanches ; la rivière Farmakéra (Φαρμακερά), qui prend sa source entre les villages de Vafès et de Nipos, à l’ouest de Vryssès ; la rivière Vryssianos (ποταμός Βρυσιανός), c’est-à-dire la rivière « vryssienne » ou rivière de Vryssès, qui prend sa source dans les environs de Métochi, au nord-ouest de Vryssès. Le village a été construit au confluent de ces rivières ; la rivière Vryssianos est l’affluent de la rivière Boutakas sur sa rive gauche ; en aval de Vryssès la rivière Boutakas coule en direction de l’est et se mêle à la rivière Almyros pour se jeter dans le golfe de l’Almyros à Georgioupoli. | | Le centre-ville de Vryssès, aménagé en parc, la Place de Vryssès (Πλατεία Βρυσών), se trouve autour du confluent des rivières, près d’un grand pont où passe l’ancienne route nationale 90 ; ce pont a été construit en 1948, car l’ancien pont avait été détruit par la Luftwaffe, à la fin du mois de mai 1941, lors de la dernière phase de la « bataille de Crète », pour empêcher des milliers de soldats de l’Empire britannique de retraiter vers le port de Chora Sfakion où ils s’embarquaient pour être évacués vers l’Égypte._small.jpg)
| Cette zone du centre-ville, rafraîchie par les cours d’eau où barbotent quelques canards, est très agréable pendant la chaleur torride de l’été ; dans plusieurs tavernes, aux terrasses ombragées par d’immenses platanes centenaires, on peut déguster de l’agneau rôti à la broche et du yaourt de lait de brebis sucré au miel de la région._small.jpg)
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| | Selon une légende locale il y avait dans la région, dans l’Antiquité, une cité nommée Philippoupolis (Φιλιππούπολης), bien qu’aucun texte ne mentionne cette cité. Cependant cette cité pourrait avoir été située à l’emplacement du village présent de Filippos ou Philippos (Φίλιππος), situé à environ 2 km au sud de Vryssès ; à environ 1 km au nord-est de Filippos se trouve un pont antique à une seule arche, connu sous le nom d’« Arche hellénique », qui permet de franchir la rivière Boutakas (Μπούτακας).Ce pont est considéré comme l’un des plus anciens de Crète ; il aurait été construit à l’origine en pierres non cimentées, à l’époque hellénistique ou même à la fin de l’époque classique. Le pont a été reconstruit aux époques vénitienne et ottomane, en remployant les pierres d’origine, mais en les cimentant avec un mortier fait avec du sable de la rivière et de la chaux. La hauteur de l’arche est de 8,40 m au-dessus du lit de la rivière et sa portée maximale est de 11,10 m, et les piles du pont ont une épaisseur de 4,8 m. C’est vraisemblablement ce pont qui est à l’origine du nom que les Vénitiens donnaient à la rivière Boutakas, « Camara fiume », « le fleuve Arche ». À l’époque vénitienne la grande route reliant Canea à Rettimo, route nommée « Strada Reale » (« Route royale »), franchissait la rivière Camara par ce pont. | _small.jpg) | L’Arche hellénique se trouve, de nos jours, coincée entre la présente route nationale 90 et l’ancienne route nationale 90, à environ 1,5 km au sud-est de Vryssès, à un endroit où l’ancienne route passe sous un viaduc de la nouvelle route qui franchit aussi la rivière à peu près au même endroit que le vieux pont hellénique ; l’emplacement n’est pas très plaisant mais le vieux pont a été restauré dans les années 2020 et une aire de pique-nique, ombragée par des cyprès, a été créée autour du pont ; un ancien moulin à huile, transformé en buvette, se trouve à proximité, à environ 200 m à l’est.Aller à l’Arche hellénique avec Google Maps (35.368999, 24.215349). |
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| | La route provinciale 54, de Vryssès à Chora Sfakion (Επαρχιακη Οδός Βρυσών – Χώρα Σφακίων), relie le chef-lieu de l’Apokoronas au chef-lieu des Sfakia, situé sur la côte sud de la Crète, en 37 km, soit environ 50 min de conduite. La route provinciale se dirige presque plein sud à travers la plaine de l’Apokoronas, à une cinquantaine de mètres d’altitude ; la route atteint d’abord les villages d’Alikampos et d’Emprosnéros (Εμπρόσνερος), situés de part et d’autre de la route. La route provinciale escalade ensuite les Madarès (Μαδάρες), c’est-à-dire le versant nord du massif des Montagnes Blanches ; la route atteint le plateau de Krapi. Peu après ce plateau, la route provinciale entre dans le dème des Sfakia ; dans un virage en épingle à cheveux, on peut faire une halte près d’une table d’orientation ; la route continue ensuite de monter jusqu’au plateau d’Askyfou (Ασκύφου), situé à environ 700 m d’altitude ; la route franchit ensuite un col, situé à environ 820 m d’altitude, situé près du village d’Impros (Ίμπρος), d’où l’on commence d’apercevoir la mer de Lybie.
Il est possible de faire à pied la partie du trajet située dans l’Apokoronas, entre Vryssès et Alikampos, en empruntant le circuit de randonnée n° 5 de l’Apokoronas ; à l’aller, le chemin passe par l’« Arche hellénique », un pont antique, et le village de Maza, où se trouve la petite église Saint-Nicolas qui abrite des fresques du XIVe siècle ; à Alikampos on découvrira d’autres fresques, peintes par le même peintre, abritées dans l’église de la Dormition. Le retour vers Vryssès se fait par Emprosnéros.
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| | | Maza est un village agricole, d’une centaine d’habitants, situé dans le sud de l’Apokoronas, à un peu plus de 4 km au sud-est de Vryssès et à 2 km au nord d’Alikampos, par la route de Vryssès à Chora Sfakion, en bifurquant à gauche sur la petite route de Filippos (Φίλιππος) ; le village se trouve à 160 m d’altitude, au piémont des monts Madarès (Μαδάρες), au bord de la vallée de la rivière Boutakas (Μπούτακας). On peut aussi accéder à Maza directement depuis la route nationale 90 en empruntant une bretelle de l’échangeur situé près du vieux pont hellénique. Maza est le chef-lieu d’une communauté locale (Κοινότητα Μάζης) qui comprend également les localités de Fonès (Φονές) et Champatha (Χάμπαθα). Le toponyme « μάζα » signifie « masse ». Sur la place du village se trouve la principale attraction de Maza, la petite église Saint-Nicolas (Άγιος Νικόλαος) édifiée au XIIIe siècle ; l’église d’Agios Nikolaos est une église à une seule nef, couverte par une voûte en berceau et un toit en tuiles à deux pans ; les murs sont en pierres grossièrement équarries et sont aveugles ; du côté de l’est se trouve une petite abside semi-cylindrique, couverte par des tuiles et percée de l’unique fenêtre de l’édifice, fenêtre très étroite fermée par un volet ; l’édifice mesure 6,6 m de longueur par 4,3 m de largeur.
L’église d’Agios Nikolaos est réputée pour des peintures murales à fresque réalisées vers 1325 par le peintre crétois Ioannis Pagoménos (Ιωάννης Παγωμένος) (1285 – 1350) ; ce peintre, originaire de la ville de Candie, de nos jours Héraklion, a été actif pendant une trentaine d’années et a décoré de nombreuses églises dans la province de La Canée, par exemple l’église de la Dormition dans le village voisin d’Alikampos.
Dans la demi-coupole de l’abside on remarquera la fresque de la Déisis (Δέησις), où le Christ Pantokrator est entouré de la Vierge Marie et de saint Nicolas, qui prend la place de saint Jean le Baptiste ; au-dessus de la Déisis se trouve une représentation du saint Foulard, le Mandylion (Άγιο Μανδήλιο), un linge où se serait imprimé le visage du Christ ; la fresque du saint Linge est flanquée de la Vierge Marie et de l’archange Gabriel. En-dessous de la Déisis, une fresque représente six évêques, dont saint Nicolas, saint Jean Chrysostome (Άγιος Ιωάννης ο Χρυσόστομος) (« saint Jean Bouche d’Or ») et saint Grégoire de Nazianze (Άγιος Γρηγόριος Ναζιανζηνός).
L’église Saint-Nicolas est généralement fermée à clé ; on peut demander la clé à le taverne située sur la place. |
| | Sur la route de Vryssès à Chora Sfakion, les amateurs de vins pourront faire une halte, voire une halte-dégustation, au chai Dourakis situé juste à gauche de la route, à environ 4,5 km au sud de Vryssès ; le village d’Alikampos se trouve à environ 2 km à l’est par la route.Aller au chais Dourakis avec Google Maps (35.349566, 24.203053). Le chai Dourakis est un domaine viticole familial fondé vers 1988 par Andréas Dourakis (Ανδρέας Ντουράκης) ; la famille Dourakis pratique une viticulture organique de divers cépages crétois en plus des cépages classiques : le vidiano (Βιδιανό), le vilana (Βηλάνα), le muscat de Spinas (Μοσχάτο Σπίνας), originaire de la région de Sélino, le romeiko (Ρωμέικο), le malvoisie (Μαλβαζία) et le kotsifali (Κοτσιφάλι). Dans la salle de dégustation, au 1er étage du chai, on peut découvrir quelques-uns de la vingtaine de vins rouges, rosés ou blancs produits par le domaine. On peut aussi faire une visite guidée des caves et du vignoble, ou prendre un repas accompagné des vins du domaine, sur réservation.
Visite du chai Dourakis :
Horaires : de mai à octobre, de 11 h à 20 h. Visites guidées à heures fixes. Téléphone : 00 30 28250 51761. Site sur la Toile : dourakiswinery.gr. Le chai possède aussi un petit musée agricole, d’une seule salle, présentant d’anciens outils de la viticulture. |
| | Le village d’Alikampos est un village agricole et viticole situé au piedmont nord-est des Montagnes Blanches, à environ 330 m d’altitude ; au sud du village, sur le versant nord des montagnes se trouve l’alpage d’Alikambos (Αλικαμπιώτικη μαδάρα), situé dans la partie orientale des alpages, les Madarès (Μαδάρες) ; une « μαδάρα, au pluriel μαδάρες » est une terre d’altitude, non cultivable, servant de pâturage pour le bétail, c’est-à-dire un alpage. Alikampos se trouve à près de 6 km au sud de Vryssès ; le village est un peu à l’écart, à l’est de la route provinciale de Vryssès à Chora Sfakion. Sur la route secondaire conduisant au village on peut voir une fontaine vénitienne et l’église de la Dormition.
La localité d’Alikampos compte environ 200 habitants et est la seule localité de sa communauté locale (Κοινότητα Αλικάμπου). Le toponyme Alikampos, ou Alikambos, est la conjonction du mot « κάμπος », qui désignait une plaine en grec byzantin, dérivé du mot latin « campus », et du radical arabe « ali » (علي), qui signifie « haut, élevé », ce qui désignerait une « haute plaine ». Sous la domination vénitienne, le village était nommé Alicambo. À la fin du XIe siècle, la région d’Alikambos aurait été attribuée à la famille des Skordylis (Σκορδύλης) ; au XIIe siècle elle était le fief d’une branche de cette famille, nommée Malavaras (Μαλαβάρας) ; ce fief s’étendait entre la rivière de Vryssès, au nord, et les Montagnes Blanches, au sud, et, à l’est, jusqu’au lac Kournas. Au XVIe siècle, en 1527 et 1528, Alikampos participa à la révolte dite de Kantanoléos (Επανάστασης του Καντανολέου), une révolte fiscale contre l’administration vénitienne ; Georges Kantanoléos (Γεώργιος ο Καντανολέος) était un descendant de la famille Skordylis. Alikampos et d’autres villages furent brutalement réprimés par les troupes de Geronimo Corner, au nombre de 1 500 soldats ; les villages furent détruits, avec interdiction de les reconstruire ; près de 700 habitants furent tués et les survivants déportés à Chypre, dans la région de Paphos ; Kantanoléos fut pendu. Cependant, vers 1536, les habitants déportés furent autorisés à revenir et à se réinstaller dans leurs villages. Au XIXe siècle, le village prit part aux soulèvements contre les Ottomans. |
| | À l’entrée ouest du village d’Alikampos, près du domaine Dourakis, se trouve la petite église de la Dormition de la Mère de Dieu qui renferme des peintures murales à fresque de grande valeur. L’église de la Panagia est isolée au fond d’un vallon situé en contrebas de la fontaine vénitienne, parmi les citronniers et à l’abri d’un vieux chêne ; on accède à l’église par une petite route qui prend sur la droite un peu avant la fontaine.Aller à l’église de la Dormition à Alikampos avec Google Maps (35.348703, 24.206604). L’église de la Dormition est une petite église à une seule nef voûtée en berceau, sans arc de soutènement (σφενδόνιο). L’extérieur de l’église est enduit de mortier, de sorte qu’il est impossible d’observer la maçonnerie. La porte est surmontée d’un arc brisé en relief. Les seuls éléments décoratifs extérieurs sont onze plaques de céramique émaillées, de forme ronde, encastrées dans la façade avant de l’église, à l’ouest, au-dessus de la porte d’entrée ; en grec, ces décors sont nommés pinakia (πινάκια) ; ces plaques forment deux croix, de chaque côté de la porte, et un triangle, au-dessus de la porte.
En revanche l’intérieur de l’église de la Dormition est entièrement orné de magnifiques peintures à fresque ; ces fresques sont l’œuvre de Ioannis Pagoménos et ont été réalisées entre septembre 1315 et août 1316 ; ce serait la deuxième œuvre de Pagoménos. Dix années plus tard, Pagoménos réalisa les fresques de l’église Saint-Nicolas à Maza, à environ 1 km plus au nord. Les fresques de l’église de la Dormition sont en bon état de conservation, meilleur que celui de l’église Saint-Nicolas. Le sol est dallé ; le sanctuaire est situé à un niveau plus élevé que la nef.
Ioannis Pagoménos (Ιωάννης Παγωμένος) (1285 – 1350) est un peintre célèbre du début du XVIe siècle ; originaire de la ville de Candie, de nos jours Héraklion, Pagoménos fut actif pendant une trentaine d’années et décora de nombreuses églises dans la province de La Canée. Son style mélange les traditions de l’art populaire avec les formes plus subtiles qui ont émergé sous l’influence de la haute peinture byzantine de la période paléologue.
Toutes les surfaces intérieures de l’église de la Dormition sont peintes : les murs, la voûte, le tympan du mur de l’ouest et la niche de l’abside. Les peintures de l’iconostase ont été réalisées par un autre peintre. Sur la voûte de la nef est représenté le cycle christologique (Χριστολογικός κύκλος) : la Nativité, le Baptême, la Résurrection de Lazare, la Trahison de Judas, la Crucifixion, la Descente aux enfers, la Résurrection, l’Ascension. Au bas des murs de la nef, au nord et au sud, les fresques représentent des saints du cycle hagiologique (αγιολογικός κύκλος). Pour visiter l’intérieur de l’église de la Dormition, on peut s’adresser au kafénio du village pour demander la clé. La Dormition de la Mère de Dieu, ou Assomption de la Vierge pour les catholiques de rite romain, est fêtée le 15 août. | _small.jpg) | sur le mur de l’ouest de la nef :- sur le tympan (τύμπανο), au-dessus de la porte d’entrée :
- n° 40 : fresque de « La Dormition de la Vierge Marie » (Κοίμηση της Θεοτόκου) (Cycle mariologique).
- voussoir de la porte d’entrée, ésorachion (εσωράχιο) :
- n° 41 : motifs géométriques (γεωμετρικά σχέδια).
- sur le pilier sud, à gauche de la porte d’entrée :
- n° 38 : en haut, inscription de l’édifice.
- n° 39 : en bas, représentation des donateurs, un homme et une femme tenant une maquette d’église ; l’édifice représenté n’a aucun lien avec l’église existante, mais suggère une construction monumentale, apparemment pour exalter la donation.
- sur le pilier nord, à droite de la porte d’entrée :
- n° 37 : « Saint Mamas » (Άγιος Μάμας). Le visage est effacé ; l’effacement du visage dans les églises orthodoxes grecques est souvent attribué à l’occupant ottoman, l’islam interdisant la représentation de la forme humaine dans l’art.
| sur le mur du nord de la nef, à gauche en entrant :
| dans le sanctuaire (ιερό), sur le mur de l’est de l’église :- dans la niche de l’abside (κόγχη), en quart de sphère (τεταρτοσφαίριο) :
- n° 1 : la Vierge Marie selon le type de Platytera (Πλατυτέρας). En buste, de face, mains ouvertes en position de prière.
- L’Enfant Jésus béni dans un médaillon. La Vierge Marie est appelée « MISÉRICORDIEUSE DES COROTIENS » (ΕΛΕΟΥCΑ Η CΩΡΟΤΗΑΝΗ) car le lieu est encore nommé de nos jours Sourothiana (Σουρωθιανά).
- dans le demi-cylindre (ημικύλινδρος) de l’abside :
- les quatre hiérarques concélébrants, en position de ¾, face au centre, du nord au sud : n° 2 : « Saint Nicolas » (Άγιος Νικόλαος) ; n° 3 : « Saint Jean Chrysostome » (Άγιος Ιωάννης ο Χρυσόστομος) ; n° 4 : « Saint Basile » (Άγιος Βασίλειος) ; n° 5 : « Saint Grégoire » (Άγιος Γρηγόριος), le Théologien. Tous les quatre hiérarques sont en pied et tiennent un parchemin.
- dans l’arc de l’abside (τόξο αψίδας) :
n° 6 : au sommet, le Saint Mandylion (Άγιο Μανδήλιο), un tissu avec lequel le Christ s’est essuyé le visage avant d’être crucifié, et, en dessous, le Saint Kéramion (Άγιο Κεράμιον), une céramique sur laquelle le Mandylion a imprimé la figure du Christ. Cette image du Saint Kéramion, juste en dessous du Saint Mandylion, est une image rare, introuvable ailleurs en Crète. - n° 7 : à gauche du Mandylion, un médaillon avec la figure de « Saint Joachim » (Όσιος Ιωακείμ).
- n° 8 : à droite du Mandylion, un médaillon avec la figure de « Sainte Anne » (Αγία Άννα).
- sur le pilier nord :
- n° 9 : « L’archange Gabriel de l’Annonciation » (Γαβριήλ από Ευαγγελισμό) avec l’inscription « ΧΑΙΡΕ ΜΑΡΙΑ ΚΕΧΑΡΙΤΟΜΕΝΙ Ο KC ΜΕΤΑ COY ».
- n° 12 : « Saint Étienne » (Άγιος Στέφανος), de face, tenant un encensoir.
- sur le pilier sud :
- n° 10 : « La Vierge Marie de l’Annonciation » (Παναγία από Ευαγγελισμό) avec l’inscription « ΗΔΟΥ Η ΔΟΥΛΗ ΚΟΥ ΓΕΝΙΤΟ ΜΙ ΚΑΤΑ ΤΟ ΡΙΜΑ COY ».
- n° 13 : « Saint Romain le Mélode » (Άγιος Ρωμανός ο Μελωδός), de face, en pied, tenant un encensoir de la main droite et une boîte en pierre de la main gauche.
- autel sacré (Αγία Τράπεζα) :
- n° 14 : l’autel est orné d’une croix et de la phrase « Dans cette victoire » (Εν τούτω νίκα).
- les peintures autour de l’autel sont d’un deuxième peintre d’icônes plus récent.
- prothèse (Πρόθεση) :
- n° 15 : la prothèse, ou table d’oblation, est utilisée pour la préparation du pain et du vin pendant la liturgie ; elle est située entre le pilier nord et le mur sud, et est ornée de motifs géométriques (panneaux).
| sur le mur du sud de la nef, à droite en entrant :- en bas, de l’est à l’ouest, de gauche à droite :
- n° 24 : « Saints Constantin et Hélène » (Άγιοι Κωνσταντίνος και Ελένη) ; ils portent des vêtements impériaux et une couronne. Au centre se trouve une croix patriarcale en pierre.
- n° 23 : « L’Archange Michel » (Αρχάγγελος Μιχαήλ).
- n° 22 : le Christ trônant sur un trône orné de pierres précieuses.
- n° 19 : (cycle liturgique) (λειτουργικός κύκλος) « Saint Jean le Miséricordieux » (Άγιος Ιωάννης ο Ελεήμων), en pied, de face, tenant un parchemin.
- n° 20 : « Saint Tite » (Άγιος Τίτος), premier évêque de Crète et saint patron de la Crète.
- sur la voûte sud, à gauche :
- n° 21 : « L’Ascension » (Ανάληψη).
- sur la voûte sud, en haut :
- n° 29 : « La Nativité » (Γέννησις), où Marie est allongée dans la grotte.
- n° 30 : « La Trahison » (Προδοσία), le baiser de Judas Iscariote au jardin de Gethsémani.
- sur la voûte sud, en bas :
- n° 33 : « La Résurrection de Lazare » (Έγερση Λαζάρου).
- n° 34 : « La Descente aux enfers » (Εις Άδου Κάθοδος).
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| | | Après Alikampos, la route provinciale 54 escalade le versant nord du massif des Montagnes Blanches, jusqu’au plateau de Krapi (Κράπη). Le plateau de Krapi est un petit plateau karstique, d’une superficie modeste d’environ 24 ha, situé à 520 m d’altitude ; on y trouve un grand nombre de cultures diverses. | _small.jpg) | Au centre du petit plateau se trouve un puits à large ouverture, creusé par l’agha Alidakis d’Embrosnéros pour abreuver durant l’été les nombreux troupeaux qu’il avait volés au paysans chrétiens, car aucune source d’eau n’existe dans les environs ; ce puits est encore bien conservé et utilisé de nos jours. Du côté sud du plateau se trouve la petite église Saint-Jean qui abrita une assemblée révolutionnaire le 10 septembre 1895, pendant le soulèvement crétois de 1895 – 1896, exigeant l’autonomie de la Crète. Une plaque commémorative indique que l’église Saint-Jean fut rénovée en février 1989 grâce à une donation du Groupe Vardinogiannis (Όμιλος Βαρδινογιάννη), la richissime famille grecque dont les racines se trouvent à Agios Ioannis près des gorges d’Aradaina dans les Sfakia. De ce côté du plateau se trouve aussi un discret monument célébrant les combattants de tous les soulèvements crétois.
Depuis l’est du plateau de Krapi part un agréable sentier pédestre qui, après avoir traversé une forêt, descend vers le lac Kournas, offrant des panoramas exceptionnels tout au long de son parcours. Pour découvrir le plateau de Krapi il faut s’attendre à devoir ouvrir et refermer un certain nombre de clôtures à moutons. Aller au plateau de Krapi avec Google Maps (35.316721, 24.201664). |
| | | Après le plateau de Krapi, la route provinciale évite, par l’est, le ravin de Katrès (λαγγός του Κατρέ) ; pour cela, la route doit contourner en corniche, à environ 580 m d’altitude, le long promontoire qui forme le versant oriental du ravin de Katrès. Le mot « λάγκος » ou « λάκκος » désigne un ravin sec ; le diminutif « λαγκάδι », un petit ravin. Selon une légende locale le toponyme « Κατρές » proviendrait du nom de la cité antique de Katri (Κάτρη) qui aurait été située près du plateau de Krapi ; cette cité aurait été fondée par Catrée ou Katreus (Κατρεύς), le fils aîné de Minos et de Pasiphaé, et frère d’Ariane ; il succéda à Minos comme roi de Crète et aurait fait de Katri sa capitale. Cependant Pausanias, géographe grec du IIe siècle, situait cette cité à l’extrémité occidentale de l’île et aucune découverte archéologique ne confirme la légende de l’existence d’une cité antique sur la plateau de Krapi. | _small.jpg) | Le ravin de Katrès marque historiquement la bordure entre le dème de l’Apokoronas et le dème des Sfakia, entre le nord et le sud de la province de La Canée ; c’est un étroit passage entre les deux dèmes, propice aux embuscades, embuscades favorisées par un bois plutôt touffu de myrtes (Myrtus communis). Sur le plan géologique, le ravin de Katrès se trouve sur la bordure entre la nappe de calcaires en plaques du massif central des Montagnes Blanches, à l’ouest, et la nappe de phyllites-quartzites de l’extension orientale des Montagnes Blanches, à l’est. À l’ouest du ravin se trouve une usine de béton qui exploite le calcaire en plaques pour la production de béton.
Aller au ravin de Katrès avec Google Maps (35.312689, 24.200458). La situation stratégique de ce ravin a donné lieu à de nombreuses batailles. En août 1821 le plateau d’Askyfou fut le théâtre d’une sanglante bataille entre les Sfakiotes et les Turcs ; les Turcs furent vaincus et firent retraite en désordre vers le ravin de Katrès (λαγκάδι του Κάτρε) où les rebelles leur barrèrent la route et les massacrèrent, laissant leurs corps pourrir. Une rue de La Canée est dédiée à cette bataille, la rue de Katrès (οδός Κατρέ). |
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