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Les ruines de la cité antique d’Aptera et la forteresse d’Aptera en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale

ÉtymologieÉtymologie et toponymie

SituationSituation

La cité antique d'Aptera en Crète. Gravure de Porto e Fortezza da Suda par Marco Boschini en 1651. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. Vue vers le théâtre et les Monts-Blancs. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La rade et la forteresse d'Itzeddin vues depuis le château d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. La rade et la forteresse d'Itzeddin vues depuis le château d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La rade et la forteresse d'Itzeddin vues depuis le château d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. Le golfe de l'Almyros vu depuis le château d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le versant oriental du promontoire vu depuis la vallée de la rivière Kyliaris. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

VisitesVisites

Navigateur par satelliteSur la route de La Canée à Réthymnon

Site archéologiqueLes ruines d’Aptéra (Άπτερα / Áptera)

La cité antique d’Aptéra occupait un plateau, d’environ 64 ha de superficie, qui se trouve au sommet de la colline nommée de nos jours Palaiokastro (Παλαιόκαστρο), c’est-à-dire « le Vieux château », en référence au château turc édifié vers la fin du XIXe siècle dans le nord-est du plateau (n° 16 sur le plan) ; à aucune époque toute cette superficie ne fut complètement habitée. Au cours de la seconde moitié du IVe siècle avant JC le territoire de la cité fut entouré par une enceinte fortifiée d’environ 3 480 m de périmètre (n° 13 sur le plan) ; la porte principale ouverte dans l’enceinte fortifiée se trouvait à l’ouest (n° 19 sur le plan), là où le versant de la colline était le moins escarpé ; à cette porte principale aboutissait une route pavée venant de l’ouest (n° 12 sur le plan), vraisemblablement de la cité antique de Kydonia (Κυδωνία), où se trouve de nos jours la ville de La Canée. Au sud de cette porte principale, à l’extérieur de l’enceinte fortifiée, se trouvait la principale nécropole de la cité (n° 14 sur le plan). Il y avait une autre porte, située dans le coin nord-est de l’enceinte, permettant d’accéder au port d’Aptéra, le port de Kissamos, situé en contrebas à l’emplacement de la localité présente de Kalami ; cette porte ouvrait sur un sentier pavé escarpé qui descendait en zigzag vers le port (n° 18 sur le plan). Une troisième porte devait exister, dans le coin sud-est de l’enceinte, permettant d’accéder à la vallée du fleuve Pyktos (n° 22 sur le plan).

Depuis la porte principale de l’ouest la route pavée continuait directement vers le centre urbain et politique de la cité, au milieu du plateau, où furent mises au jour des traces de culte datant du VIIIe siècle avant JC ; dans ce centre se trouvaient aussi un temple vraisemblablement dédié à Artémis et à son frère jumeau Apollon (n° 3 sur le plan), édifié à l’époque classique, au Ve siècle, ainsi que la Boulé, c’est-à-dire l’Hôtel de ville, et l’Ekklésia, c’est-à-dire l’Assemblée du peuple. Dans ce centre politique devait aussi se trouvait le Prytanée de la cité, dont il subsistait encore, au milieu du XIXe siècle, un « Mur aux Inscriptions », mur qui avait disparu vers la fin du XIXe siècle. La rue principale pavée continuait vers l’est, où l’on peut voir les ruines d’un autre bâtiment public datant de l’époque romaine (n° 6 sur le plan).

Ces édifices publiques devaient se trouver en bordure de l’agora qui était vraisemblablement située au nord-est du temple d’Artémis, à l’emplacement du monastère Saint-Jean qui aurait été édifié, vers le XIe siècle, en remployant les matériaux des bâtiments antiques (n° 5 sur le plan) ; d’autres matériaux antiques furent remployés dans la construction du château ; c’est la raison pour laquelle les vestiges des édifices antiques sont si peu nombreux.

Au nord de la rue principale se trouvaient deux thermes romains, les uns au nord du centre urbain (n° 8 sur le plan) alimentés par une grande citerne voûtée en forme d’équerre (n° 1 sur le plan), les autres au nord-est du centre urbain (n° 7 sur le plan) alimentés par une grande citerne à trois voûtes (n° 2 sur le plan).

Au sud de la rue principale, une autre route pavée partait du centre politique en direction du théâtre de la cité, édifié à l’époque hellénistique, puis transformé à l’époque romaine (n° 9 sur le plan). Un peu au sud-est du théâtre se trouvait un temple dédié à Déméter et à Koré (n° 21 sur le plan).

PlanLe plan du site archéologique d’Aptéra

Plan des ruines de la cité antique d’Aptéra :

La cité antique d'Aptera en Crète. Plan de la cité antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.1 : Citerne romaine voûtée en équerre (Θολωτή δεξαμενή ρωμαιοκρατίας). 2 : Citerne romaine voûtée à trois nefs (Τρίκλιτη Θολωτή δεξαμενή ρωμαιοκρατίας). 3 : Temple bipartite du Ve siècle avant JC (Διμερής ναός του 5ου αιώνα π.Χ.). 4 : Enceinte de sanctuaires (Περίβολος ιερών). 5. Monastère Saint-Jean-le-Théologien (Μονή Αγίου Ιωάννου του Θεολόγου). 6 : Bâtiment public romain (Ρωμαϊκό δημόσιο Κτήριο). 7 : Thermes romains de l’est (Ρωμαϊκά λουτρά). 8 : Thermes romains du nord (Ρωμαϊκά λουτρά). 9 : Théâtre romain (Ρωμαϊκό Θέατρο). 10 : Maison romaine avec cour à péristyle (Ρωμαϊκή οικία με περίστυλη αυλή). 11 : Installation de mitrailleuse de l’époque de l’occupation allemande (Πολυβολεία περιόδου γερμανικής κατοχής). 12 : Route antique (Αρχαία οδός).

La cité antique d'Aptera en Crète. Plan de la cité antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.13 : Enceinte fortifiée antique (Αρχαία οχύρωση). 14 : Cimetière ouest (Περιοχή δυτικού νεκροταφείου). 15 : Zone urbanisée moderne de Plakalona (Σύγχρονος οικισμός «Πλακάλωνα»). 16 : Forteresse ottomane (Φρούριο της οθωμανικής περιόδου). 17 : Fortification polygonale antique (Αρχαία οχύρωση με πολυγωνική δόμηση). 18 : Ancienne route pavée (Παλιό λιθόστρωτο μονοπάτι). 19 : Porte principale (Κύρια είσοδος). 20 : Temple de Déméter et de Perséphone (Ναός Δήμητρας και Περσεφόνης) . 21 : Temple de Dionysos (Ναός Διονύσου). 22 : Cimetière et porte du sud-est (Νοτιοανατολική είσοδος και νεκροταφείο). 23 : Porte du nord-est (Βορειοανατολική είσοδος). 24 : Théâtre rectiligne (Ευθύγραμμο θέατρο). 25 : ? .

Voie antiqueLa route antique (Αρχαία οδός / Archaía odós)

La cité antique d'Aptera en Crète. La route antique et la muraille occidentale. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La principale route d’accès à la cité d’Aptéra (n° 12 sur le plan) venait de l’ouest et reliait Aptéra à la cité voisine de Kydonia (Κυδωνία), située à environ à 12 km au nord-ouest en ligne droite. C’était une voie faite de larges dalles épaisses et irrégulières, d’environ 3,5 m de largeur ; cette voie fut construite au cours de la première moitié du IVe siècle avant JC, quelques décennies avant la construction de l’enceinte fortifiée de la cité. La route de l’ouest monte en forte pente jusqu’à la porte principale de l’ouest ouverte dans l’enceinte ; les ornières creusées dans les dalles par les roues des chariots sont encore bien visibles près de la porte.

Une fois la Porte de l’Ouest franchie, la voie s’élargit à l’intérieur de l’enceinte en se dirigeant tout droit vers l’est en direction du centre urbain de la cité ; à mi-chemin, sur la gauche, on peut découvrir une construction moderne qui était un poste de défense anti-aérienne (FLAK) construit par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale (n° 11 sur le plan).

Aller au poste de la FLAK allemande avec Google Maps (35.462933, 24.138901).

Muraille antiqueL’enceinte fortifiée antique (Αρχαία οχύρωση / Archaía ochýrosi)

La cité antique d'Aptera en Crète. La rade de Souda vue depuis la porte de l'ouest. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’enceinte fortifiée d’Aptéra entoure toute la partie plate du sommet de la colline de Palaiokastro, située entre 200 m et 230 m d’altitude, sur un périmètre d’environ 3 480 m de longueur, renforçant le caractère de forteresse naturelle de cette position stratégique située à l’entrée de la rade de Souda (n° 13 sur le plan).

La cité antique d'Aptera en Crète. La muraille nord-est vue depuis le château. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Cette enceinte fut édifiée au cours de la première moitié du IVe siècle avant JC, c’est-à-dire peu avant le début de l’époque hellénistique, époque de la plus grande prospérité de la cité d’Aptéra ; cette datation est basée sur les poteries découvertes dans les tranchées d’essai creusées dans la couche de fondation du côté ouest de la muraille. On estime que, au cours de cette période, la population d’Aptéra atteignit près de 20 000 habitants, mais dont certains habitaient dans des faubourgs situés en dehors de l’enceinte, au pied de la colline.

La cité antique d'Aptera en Crète. La muraille occidentale. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La datation des murailles est aussi confirmée par le style de construction largement adopté en Crète à cette époque, comprenant des défenses destinées à résister aux nouveaux engins de siège. Cependant, les fortifications ne sont pas construites selon une conception architecturale unifiée : la technique de construction, la hauteur et l’épaisseur de la muraille différent, de même que la forme et l’espacement des tours, selon la situation et la vulnérabilité des emplacements, dans le but d’optimiser l’utilisation des ressources :

  • La cité antique d'Aptera en Crète. La muraille nord-est vue depuis le château. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Sur les côtés nord et nord-est, où le versant de la colline est abrupt, la muraille est construite avec de grosses pierres polygonales de taille inégale.
  • Sur le côté est, où le terrain est escarpé et plus accidenté, un système polygonal mixte est utilisé, avec des pierres de taille rectangulaires entrecoupées de blocs plus irréguliers.
  • Sur les côtés sud-est et sud, où les rochers constituaient des défenses naturelles, la construction de la muraille est la moins soignée, avec de simples pierres non taillées.
  • La cité antique d'Aptera en Crète. L'appareil isodome imparfait de la muraille de l'ouest (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Sur les côtés sud-ouest et ouest, où la pente est moins abrupte et où l’enceinte peut être facilement exposée aux engins de siège, la maçonnerie est plus élaborée, avec un appareillage de type isodome imparfait avec des pierres de taille rectangulaires, équarries à la même hauteur mais de longueurs diverses, aux faces rugueuses et incurvées et des joints profonds ; ces côtés présentent également des sections de maçonnerie en appareillage isodome imparfait mais encore plus soigné, composé de pierres de taille à faces lisses.
    L’appareillage de maçonnerie isodome est une technique de maçonnerie utilisant des blocs de pierre naturelle où tous les blocs ont la même hauteur et la même longueur, de telle sorte que, quand on les posait, les couches étaient toutes régulières et égales, assurant l’homogénéité des murs ; dans l’appareillage isodome imparfait, les pierres d’une même couche ont la même hauteur, mais leurs longueurs peuvent différer ; dans l’appareillage pseudo-isodome, les pierres d’une même couche ont la même hauteur, mais leur hauteur peut varier d’une couche à l’autre. Le mot isodome provient du grec « ισόδομος », formé de « ισός », qui signifie « égal », et de « δόμος », qui signifie « couche » ; ce type de construction est traditionnellement nommé « opus isodomum ».
    Des maçonneries en pierre de taille aussi méticuleuses sont également présentes dans d’autres fortifications crétoises de l’époque, à Éleftherna (Ελεύθερνα), à Phaistos (Φαιστός), à Phalassarna (Φαλάσαρνα), à Matala (Μάταλα), à Kastri du Kératokambos (Καστρί Κερατόκαμπου) et à Viannos (Βιάννος). La maçonnerie polygonale est également présente à Hyrtakina (Ὑρτακίνα).

Selon les endroits, la muraille peut atteindre une hauteur de près de 4 m et une épaisseur de 2 m. Le plan au sol présente des saillants qui étaient très utiles pour la défense ; les points les plus vulnérables, surtout sur le côté ouest, le plus facile d’accès, étaient protégés par des tours de défense carrées à plusieurs étages où étaient placées les machines de guerre ; les vestiges de six de ces tours ont été découverts jusqu’à présent.

L’enceinte était percée de portes et de poternes à intervalles réguliers. Sur le côté ouest de l’enceinte fortifiée, plus accessible, se trouvent trois portes, deux au sud-ouest et une au nord-ouest ; l’une d’entre elles est la porte principale, la plus élaborée, protégée par une tour rectangulaire à l’ouest. Une autre porte, située dans le coin nord-est de l’enceinte, avec des montants monolithiques bien conservés, est connue sous le nom de « Porte de fer », ou Sidéroporti (Σιδεροπόρτι) ; elle devait mener vers le port de Kissamos. Une troisième porte, au sud-est, devait mener vers la vallée du fleuve Pyktos.

Les fortifications d’Aptéra eurent à jouer leur rôle dans la défense de la cité : de nombreux vestiges d’un siège à l’époque hellénistique ont été découverts lors des fouilles sur le côté ouest de la muraille, en particulier près de la tour de la porte principale : tir de catapulte, balles et moules de fronde, pointes de lance et de flèche ; on peut voir quelques uns de ces boulets de catapulte à l’entrée du centre d’information hébergé dans le monastère Saint-Jean. Dans son œuvre principale « Les Histoires » (Ἱστορίαι), l’historien grec du IIe siècle avant JC Polybe (Πολύϐιος) rapporte qu’Aptéra fut assiégée par la cité de Polyrrinia (Πολυρρήνια) et ses alliés, Philippe V de Macédoine et les Achéens, pendant la grande guerre de Crète en 220 avant JC (Polybe, Les Histoires, Livre ΙV, 55,4).

Porte antiqueLa porte principale de l’ouest (Κύρια είσοδος / Kýria eísodos)

La cité antique d'Aptera en Crète. La porte principale et la tour carrée. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’entrée principale dans la cité d’Aptéra se trouvait du côté ouest de l’enceinte fortifiée, là où la pente est la moins forte (n° 19 sur le plan) ; deux autres portes, moins importantes, se trouvaient également sur la côté ouest.

Cette Porte principale de l’Ouest était construite soigneusement, parce que c’était l’entrée d’honneur dans la cité, mais aussi parce qu’elle était la plus exposée à des attaques ennemies par engins de siège. La Porte de l’Ouest était protégée sur son côté ouest par une forte tour de défense et sur le côté oriental par une courtine.

La cité antique d'Aptera en Crète. La tour de défense de la porte de l'ouest (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La tour de défense de la Porte de l’Ouest était fondée sur le socle rocheux, de plan au sol carré, soigneusement construite en appareillage pseudo-isodome de pierres taillées rectangulaires et de joints profonds, afin d’obtenir la meilleure résistance possible ; c’était à l’origine une structure élevée, bien que seule la partie inférieure subsiste aujourd’hui. Il s’agissait vraisemblablement d’une tour avec deux étages et un toit en bâtière, pourvue de meurtrières et d’ouvertures pour les machines de guerre.

La cité antique d'Aptera en Crète. Reconstitution de la porte principale d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.La Porte de l’Ouest, sa tour de défense et la voie antique furent mises au jour tardivement, de novembre 2010 à mars 2012. De nos jours, seules les pierres inférieures des montants de la porte subsistent ; la partie de la tour mise au jour correspond à près de la moitié de la hauteur totale et conserve son remplissage en pierre. Au nord de la porte s’étend l’autre segment de la fortification, détruit par la construction de la route au début des années 1960, mais qui suit la pente vers le nord.

La cité antique d'Aptera en Crète. La porte principale. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La rade de Souda vue depuis la porte de l'ouest. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

NécropoleLe cimetière de l’ouest (Δυτικό νεκροταφείο / Dytikó nekrotafeío)

La cité antique d'Aptera en Crète. La muraille et le cimetière de l'ouest. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le principal cimetière de la cité d’Aptéra se trouvait, entre la route pavée et le pied de la muraille de l’ouest, sur la droite de la Porte de l’Ouest, sans doute pour impressionner les visiteurs par les monuments élevés aux héros de la cité et par les imposants tombeaux des riches familles (n° 14 sur le plan).

Ce cimetière avait déjà été mentionné par le voyageur anglais Robert Pashley qui avait visité le site dans les années 1834 – 1835 et qui avait identifié plusieurs tombes. Une fouille archéologique plus systématique du cimetière a été menée lors de fouilles de sauvetage nécessitées par la création du quartier d’habitation de Plakalona (Πλακάλωνα) dans la communauté locale de Mégala Chorafia (Μεγάλα Χωράφια).

Les tombes les plus anciennes datent de l’époque géométrique, au VIIIe siècle avant JC, époque de la fondation de la cité d’Aptéra ; à cette époque les défunts étaient généralement placés dans une grande jarre, un pithos ; le pithos était lui-même placé dans une grande fosse creusée dans la roche ; des offrandes, souvent de simples céramiques, étaient déposées dans la fosse à côté du pithos.

Durant les époques suivantes, de l’époque archaïque à l’époque hellénistique, du VIIe siècle au Ier siècle avant JC, le type de tombe le plus courant était la tombe rectangulaire, creusée dans la roche tendre et recouverte d’une dalle de pierre. On a aussi découvert des tombes construites avec d’épaisses pierres pour les parois et pour le couvercle, dites tombes à ciste. Un troisième type de tombe, plus simple, a été mis au jour : il s’agissait de tuiles assemblées autour du corps du défunt, permettant de le recouvrir ; ce type de tombe était utilisé par les familles de la classe moyenne. Trois tombes de l’époque hellénistique ont donné des amphores, des pyxides, des lécythes, un miroir de bronze, un vase de verre bleu veiné de jaune, une obole de Charon en or, et enfin cinq grandes épingles en or ; cependant de nombreuses tombes avaient déjà été pillées.

La cité antique d'Aptera en Crète. La muraille et le cimetière de l'ouest. Cliquer pour agrandir l'image.À l’époque romaine, le type de tombe le plus fréquent était la chambre funéraire creusée dans la roche et dans laquelle on descendait par un escalier ; l’entrée était fermée par une dalle de pierre scellée ; on y a retrouvé des poteries et des lampes à huile, ainsi que des figurines en argile, des bijoux et des pièces de monnaie ; ces chambres funéraires portaient des inscriptions, notamment les noms des défunts.

La cité antique d'Aptera en Crète. Hérôon de la nécropole de l'ouest (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Entre deux groupes de tombes à ciste de l’époque romaine, a été mis au jour un hérôon (Ηρώο), c’est-à-dire un monument aux héros, avec cinq piédestaux de statues datant aussi de l’époque romaine, des Ier et IIe siècles après JC ; chacun de ces piédestaux de statue, partiellement conservé ou intacte, est formée de trois blocs de grès ; quatre de ces piédestaux portent des inscriptions, tandis que le cinquième, dont seule la partie inférieure subsiste, en portait vraisemblablement aussi. L’un des socles conserve l’inscription complète, tandis que les autres, qui ne sont que partiellement conservés, ne portent que le mot « héros » ou une seule lettre. Les inscriptions rendent hommage à d’éminents citoyens d’Aptéra qui avaient reçu le titre de héros à titre posthume ; il ne s’agit pas de héros tombés au combat pour défendre leur patrie, mais de citoyens à qui un titre honorifique a été conféré, peut-être pour services rendus à la ville. Entre les socles, on trouve des traces de bûchers rituels avec des offrandes ; de nombreuses grandes coupes et récipients ayant contenu des liquides ont été trouvés dans les bûchers, ainsi que des résidus de fruits brûlés. La destruction de cet hérôon fut vraisemblablement causée par l’implantation toute proche de tombes chrétiennes à l’époque byzantine, aux VIe et VIIe siècles.

À droite de l’hérôon on peut aussi voir deux mausolées construits par de riches familles d’Aptéra au Ier siècle après JC.

 

Temple antiqueLe temple bipartite (Διμερής ναός / Dimerís naós)

La cité antique d'Aptera en Crète. Plan du temple bipartite de la cité antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.Dans le centre urbain de la cité antique d’Aptéra a été mis au jour un petit temple à deux cellas, ou temple bipartite (n° 3 sur le plan). Ce temple bipartite devait se trouver à la périphérie de l’agora de la cité, qui sera plus tard le forum romain, peut-être sur le côté sud. Il semble que ce petit temple se trouvait à l’intérieur d’un sanctuaire plus vaste vraisemblablement dédié à Artémis, la divinité tutélaire de la ville ; à l’est du temple se trouve des vestiges de l’enceinte de ce sanctuaire, le péribole (περίβολος), datant du IIIe siècle ou du IIe siècle avant JC ; l’entrée du temple bipartite se trouvait du côté est, faisant sans doute face au temple principal.

La cité antique d'Aptera en Crète. Le stylobate d'une stoa du centre urbain (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Au sud-est du temple bipartite a aussi été mis au jour ce qui paraît être le stylobate d’une stoa orientée est - ouest, c’est-à-dire le soubassement de la colonnade d’un portique, faisant aussi partie du sanctuaire (Στωικό κτίριο). Dans ce secteur se trouvait aussi le « Mur aux Inscriptions » qui faisait vraisemblablement partie d’un important bâtiment public, peut-être le Prytanée de la cité. Entre le temple bipartite et ce portique débutait une voie pavée se dirigeant vers le sud, en direction du théâtre de la cité et peut-être d’autres temples.

La représentation d’ensemble de ce centre urbain antique a été altérée par son utilisation ultérieure jusqu’à l’Antiquité tardive, vers le VIIe siècle après JC, puis par la construction, au nord-est, de l’ensemble monastique de deux étages entre la seconde moitié du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle, et de ses annexes ultérieures, qui ont servi de métoque au monastère Saint-Jean le Théologien de Patmos jusqu’aux années 1960. Une étude plus approfondie de cette partie de la cité antique, sur les côtés nord, sud et sud-ouest du temple à deux cellas, pourrait bien révéler de nouvelles informations sur sa forme et sa relation avec les bâtiments qui l’entouraient.

La cité antique d'Aptera en Crète. Statère d'argent de 300 à 280 avant JC avec Artémis au diadème à l'avers (auteur ArchaiOptix). Cliquer pour agrandir l'image.Les deux cellas du temple bipartite devaient être dédiées à Artémis (Ἄρτεμις) et à son frère jumeau Apollon (Ἀπόλλων). Artémis est considérée comme la divinité tutélaire d’Aptéra ; elle est représentée à l’avers de deux types différents de statères d’argent datant des IVe et IIIe siècles avant JC. Selon une inscription du IIIe-IIe siècle avant JC découverte à Aptéra, certaines courses avaient lieu durant le mois de Diktynnaios, mois dédié à Diktynna (Δίκτυννα ou Δίκταιννα), ancien nom d’Artémis lié à son culte en Crète.

La construction du temple bipartite semble dater de l’époque classique, à la fin du Ve siècle avant JC ou au début du IVe siècle avant JC ; ce temple aurait été édifié à l’emplacement d’un lieu de culte plus ancien datant au moins de l’époque géométrique, au VIIIe siècle avant JC.

La cité antique d'Aptera en Crète. Le temple bipartite. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le temple à deux cellas fut mis au jour en 1942 par l’archéologue allemand Heinrich Drerup (1908 - 1995), avec la collaboration de l’éphore de Crète occidentale Vassilios Théophanidès (Βασίλειος Θεοφανίδης) ; Drerup ne put publier les résultats de ses fouilles qu’en 1951 : « Zweizelliges Heiligtum in Aptara, Forschungen auf Kreta 1942, Berlin 1951 ». Les archéologues allemands fouillèrent aussi l’enceinte du sanctuaire, le théâtre romain, le temple de Dionysos et les citernes romaines. Les fouilles menées par les archéologues allemands ne livrèrent que de rares poteries et des parties de la superstructure, le bâtiment ayant été utilisé comme lieu de sépulture à l’époque byzantine.

Les vestiges des murs du temple bipartite ne sont conservés que sur une faible hauteur. Le temple a une largeur extérieure de 6,32 m et une longueur de 3,96 m ; chacune des deux cellas intérieures mesure 2,26 m de largeur et 3 m de longueur. L’édifice est bâti soigneusement, avec des blocs de calcaire taillés de dimensions uniformes, reliés, dans le sens de la longueur, par des mortaises en fer en forme de double hache, en assemblage à queue d’aronde, et, dans le sens de la hauteur, par des chevilles en fer. Devant le temple, à l’est, se trouve un petit autel simple formé de dalles rectangulaires dont la surface a été blanchie par le feu.

Le sanctuaire à deux cellas d’Aptéra appartient à une catégorie d’une grande importance pour le développement de l’architecture des temples de la Grèce antique, dont les origines remontent à l’époque archaïque ou peut-être même à une époque antérieure ; on trouve des temples bipartites similaires dans toute la Grèce, mais le seul autre exemple crétois est le temple d’Arès (Άρης) et d’Aphrodite (Αφροδίτη) de Lénika (Λενικά), situé à Ellinika (Ελληνικά), près d’Élounda, mais qui est plus grand et plus tardif ; ce temple de Lénika fut l’objet d’une lutte permanente entre la cité antique d’Olous, la présente Élounda, et la cité antique de Lato, située près du village présent de Kritsa.

Inscription lapidaireLe mur aux inscriptions (επιγραφή στον τοίχο / epigrafí ston toícho)

La cité antique d'Aptera en Crète. Plan d'Aptera en 1897 dans le secteur austro-hongrois. Cliquer pour agrandir l'image.Entre 1862 et 1864 l’École française d’Athènes mena des fouilles sur le site d’Aptère ; en 1862, l’archéologue français Carle Wescher (1832 - 1904) mit au jour un « Mur aux Inscriptions », c’est-à-dire un mur portant des inscriptions grecques de la fin du IIIe siècle avant JC au milieu du IIe siècle avant JC ; en 1864, Wescher reprit les fouilles et découvrit d’autres inscriptions dont l’une mentionnait le nom d’Aptère ; cette découverte confirma la conjecture de Robert Pasley que les ruines de la colline de Paliokastro (Παλιόκαστρο) étaient celles de la cité d’Aptère. En septembre 1878, un autre archéologue français, Bernard Haussoulier (1852 - 1926), visita le site, copia, étudia et publia les inscriptions qui fournissent encore aujourd’hui de précieuses informations sur l’histoire de la ville. En 1899, lorsque les voyageurs italiens Luigi Savignoni et Gaetano de Sanctis visitèrent les ruines de la cité pour répertorier systématiquement les antiquités de Crète, ce « Mur aux Inscriptions » avait disparu sans laisser de traces ; il a donc a été détruit, ou ses matériaux dérobés, dans les deux dernières décennies du XIXe siècle.

D’après les descriptions faites par Haussoulier en 1879, le « Mur aux Inscriptions » était constitué de six blocs de tuf calcaire, tous les blocs ayant une longueur d’environ 1 m, une hauteur d’environ 35 cm et une épaisseur d’environ 60 cm ; ces blocs et de nombreux autres blocs non gravés faisaient partie d’un mur d’environ 15 m de longueur et 2,5 m de hauteur ; ce mur devait se situer près de l’ancien petit temple bipartite et était lié au temple central, vraisemblablement dédié à Artémis.

Ce mur faisait sans doute partie d’un important édifice public, peut-être le Prytanée selon Wescher ; les décrets de proxénie (προξενία) de la Boulé (Βουλή), c’est-à-dire le conseil de la cité d’Aptère, et de l’Ecclésia du Démos (Εκκλησία του Δήμου), c’est-à-dire l’assemblée des citoyens d’Aptère, étaient gravés sur ce mur. Cette « inscription sur le mur » (επιγραφή στον τοίχο) comportait une résolution de la Boulé honorant Attale (Άτταλο), roi de Pergame, pour sa bienveillance envers la Confédération crétoise en général et Aptère en particulier ; le texte stipulait que la ville érigerait une statue en bronze représentant Attale, debout ou à cheval selon son souhait, et garantirait au roi sa sécurité personnelle, en temps de paix comme en temps de guerre, aussi bien dans la cité d’Aptère que dans ses ports. L’inscription nommait aussi des consuls, ou proxènes, dans les cités avec lesquelles Aptère entretenait des relations politiques.

Sanctuaire antiqueL’enceinte de sanctuaires (Περίβολος ιερών / Perívolos ierón)

Au nord-est du temple à deux cellas on peut voir quelques fragments de l’enceinte du sanctuaire principal de la cité d’Aptéra (n° 4 sur le plan).

Bâtiment antiqueLe bâtiment public romain (Ρωμαϊκό δημόσιο Κτήριο / Romaïkó dimósio Ktírio)

La cité antique d'Aptera en Crète. Bâtiment public romain. Cliquer pour agrandir l'image.À la limite orientale de la zone clôturée du site archéologique (n° 6 sur le plan), on trouve les ruines du mur ouest d’un bâtiment à trois voûtes, ruines conservées sur une hauteur de plusieurs mètres. Ce bâtiment pourrait avoir été un bâtiment publique de l’époque romaine ; il a été suggéré qu’il s’agissait du Bouleutérion (βουλευτήριον), c’est-à-dire du bâtiment où se réunissait la Boulé de l’Aptéra romaine ; cependant, aucune preuve de cette identification, une inscription par exemple, n’ait été trouvée. Des tranchées d’essai à l’intérieur du bâtiment ont révélé que ce bâtiment était fondé sur une structure plus ancienne.

Au sud de ce bâtiment romain à niches et absides, un sondage a mis au jour des maisons du début de la première époque byzantine, où étaient remployées de nombreuses pièces d’architecture antique, par exemple un linteau de porte.

FontaineLe réseau hydraulique d’Aptéra

La cité antique d'Aptera en Crète. Le réseau hydraulique de la cité antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.Le plateau escarpé sur lequel s’est établie la cité d’Aptéra ne possède aucune source d’eau naturelle ; les sources les plus proches, à Stylos et à Kalami, se trouvent au moins 150 m en contrebas du plateau et aucune trace d’aqueduc n’a été trouvée dans les environs : la seule possibilité pour la cité était de recueillir les eaux de pluie dans les citernes des maisons. La prospérité de l’époque gréco-romaine entraîna une augmentation de la population et des besoins accrus en eau qui nécessitèrent la construction, dès l’époque hellénistique, de deux citernes remarquables par leur taille impressionnante, leur capacité, leur construction et leur conservation ; ces deux citernes différaient dans leur forme architecturale ; elles constituent les monuments les plus grands et les plus imposants d’Aptéra. Les deux citernes avaient une capacité totale d’environ 6 000 m³.

Il est vraisemblable que ces citernes recueillait l’eau de pluie par des orifices aménagés dans leur toit fait de voûtes en briques, car ces toits se trouvent au même niveau que le sol de nombreux bâtiments publics environnants. Cependant l’eau était également collectée par un réseau de citernes plus petites, situées à divers endroits de la cité, reliées aux deux grandes citernes par des conduites de surface ; le voyageur anglais Robert Pashley, vers 1835, et l’archéologue français Georges Perrot, vers 1867, décrivent des conduites en terre cuite enterrées aboutissant aux citernes, ainsi qu’un petit aqueduc de 80 cm de largeur et de hauteur.

Ces citernes avaient pour fonction première d’alimenter les grands complexes de bains situés plus bas sur la pente nord, tout en répondant, avec les citernes domestiques, aux besoins accrus en eau de la ville. L’interdépendance des deux citernes et des deux complexes de bains indique qu’ils ont été conçus conjointement, afin d’assurer l’approvisionnement des bains en grandes quantités d’eau nécessaires à leur fonctionnement quotidien. Les dimensions des citernes et des bains suggèrent une importante population de la ville, une prospérité et un niveau de vie élevé.

On trouve des citernes similaires à celles d’Aptéra près du sanctuaire de Diktynna (Δικτυνναίο Ιερό), située près du cap de Spatha (ακρωτήριο Σπάθα) à la pointe de la presqu’île de Rodopos, à environ 45 km à l’ouest d’Aptéra. Des bains de date similaire à ceux d’Aptéra se trouvent à Gortyne, à Éleftherna, à Myrtos, à Makrygialos et à Koufonisi.

CiterneLa citerne romaine voûtée en équerre (Θολωτή δεξαμενή ρωμαιοκρατίας / Tholotí dexamení romaiokratías)

La citerne en forme d’équerre, ou de lettre gamma (Γ), est le premier monument que l’on remarque en entrant sur le site archéologique d’Aptéra ; elle se trouve immédiatement sur la gauche après le guichet de la billetterie, à l’ouest du centre urbain (n° 1 sur le plan).

La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne voûtée de la cité antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.La citerne en équerre est construite sur la pente nord du plateau d’Aptéra ; la citerne est partiellement creusée dans la roche dans sa partie sud, la partie nord de la citerne étant entièrement hors sol. Les murs de la citerne étaient construits en « opus caementicium », dénommé « béton romain », une méthode de construction très répandue à partir du milieu du IIe siècle, bien que cette citerne ait été construite un siècle plus tôt ; ces murs étaient renforcés à l’intérieur par une maçonnerie de briques et de plâtre et étaient rendus étanches par un enduit de mortier hydraulique imperméable.

La cité antique d'Aptera en Crète. Bâtiments romains entre citerne voûtée et thermes du nord. Cliquer pour agrandir l'image.Les murs sont soutenus à l’extérieur par de robustes contreforts en pierres afin de résister à la pression de l’eau et de soutenir la toiture de la citerne ; le toit de la citerne était une voûte faite de briques de terre cuite ; cette voûte se serait effondrée dès l’Antiquité, sans doute au IVe siècle après JC par le tremblement de terre de l’an 365.

La conduite d’adduction de l’eau potable n’était pas située au niveau du plancher de la citerne mais un peu plus haut, afin que les impuretés présentes dans l’eau se déposent au fond de la citerne et n’atteignent pas la conduite d’eau potable. Une échelle permettait de descendre dans la citerne pour effectuer son inspection et son entretien, notamment l’enlèvement des boues ; lors des travaux de nettoyage et de consolidation, un puits de sédimentation et un tuyau de sortie fermé au diamètre étroit, avec ce qui pourrait être un système de nettoyage, ont été identifiés.

La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne voûtée de la cité antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.La citerne en forme de gamma mesure environ 50 m dans sa grande longueur et 29 m dans sa petite longueur, la barre horizontale du gamma, avec une largeur de 9 m ; on estime que sa capacité était d’environ 3 000 m³ d’eau, soit une hauteur d’eau d’environ 4 m.

La cité antique d'Aptera en Crète. Bâtiments romains entre citerne voûtée et thermes du nord. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Une petite citerne rectangulaire, datant de l’époque hellénistique, se trouvait entre la citerne en forme d’équerre et les thermes du nord.

Thermes romainsLes thermes romains du nord (Ρωμαϊκά λουτρά / Romaïká loutrá)

La cité antique d'Aptera en Crète. Bâtiments romains entre la citerne voûtée en équerre et les thermes du nord. Cliquer pour agrandir l'image.Les bains romains du nord, désignés comme thermes romains II (Ρωμαϊκό βαλανείο II) sur le plan du site d’Aptéra (n° 8 sur le plan), se trouvaient à environ 130 m au nord du centre urbain de la cité. Ces bains étaient alimentés en eau par la grande citerne en forme d’équerre, située environ 5 m en contrehaut des bains.

La cité antique d'Aptera en Crète. Plan des thermes romains du nord de la cité antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.Les thermes du nord n’ont pas encore été fouillés de manière approfondie, cependant les fouilles archéologiques ont révélé que ces thermes comprenaient huit salles voûtées ; elles ont notamment mis au jour l’hypocauste d’une salle, une salle voûtée, un praefurnium, des conduits de cheminée et d’autres éléments. La salle voûtée présentait une maçonnerie impressionnante et un sol en galets ; elle comprenait une abside et deux bains, dont l’un conserve intacts ses panneaux de marbre ; les planchers ne comportaient pas de revêtement en mosaïque.

Les murs des thermes du nord sont mieux conservés que ceux des thermes de l’est.

Les destructions importantes causées aux bains par un fort tremblement de terre, vers 365 après JC, sont clairement visibles ; d’après les informations dont on dispose, certaines des salles ont été grossièrement modifiées et réutilisées, après la destruction du bâtiment.

La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Les thermes romains du nord d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

CiterneLa citerne romaine voûtée à trois nefs (Τρίκλιτη Θολωτή δεξαμενή ρωμαιοκρατίας / Tríkliti Tholotí dexamení romaiokratías)

La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne à trois nefs. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La citerne à trois nefs voûtées se trouve à une centaine de mètres au nord-est du centre urbain de la cité d’Aptéra (n° 2 sur le plan). Cette citerne est divisée en trois compartiments séparés par deux arcades de quatre arcs en plein cintre appuyés sur de robustes piliers ; chaque compartiment est couvert d’une voûte en berceau. Comme pour la citerne en équerre, la partie sud de la citerne à trois nefs est creusée dans la roche de la pente nord du plateau. Les murs de la citerne étaient construits en « opus caementicium » et revêtus à l’intérieur d’un mortier hydraulique imperméable qui subsiste en grande partie de nos jours ; la toiture de la citerne était faite initialement de trois voûtes en briques qui se sont effondrées lors du grand tremblement de terre du IVe siècle après JC.

L’intérieur de la citerne à trois nefs voûtées mesure environ 17 m de largeur et 25 m de longueur ; sa capacité est estimée à environ 2 900 m³ d’eau, ce qui correspondrait à près de 8 m de hauteur d’eau. Cette citerne était alimentée par les eaux de pluie recueillies sur la toiture et par des conduites d’eau provenant de plus petites citernes situées à divers endroits de la cité.

La citerne à trois nefs alimentait principalement les thermes romains de l’est, situés quelque 5 m en contrebas, à environ 40 m au nord de la citerne.

La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne à trois nefs. Cliquer pour agrandir l'image.La citerne fut abandonnée après le IVe siècle ; elle trouva une nouvelle utilisation quand le métoque du monastère Saint-Jean fut édifié au XVIe siècle. Les moines reconstruisirent les voûtes de la toiture avec des pierres grossièrement taillées ; l’escalier, qui permettait de descendre dans la citerne depuis la toiture pour entretenir la citerne, fut démoli et une ouverture fut pratiquée dans le mur nord de la nef orientale en élargissant l’orifice de vidange qui permettait d’évacuer les boues accumulées sur le plancher de la citerne ; c’est cette ouverture qui permet, de nos jours, de visiter cette citerne. La citerne à trois nefs devint une sorte d’entrepôt pour les productions agricoles du monastère médiéval.

Dans ses « Souvenirs de Voyage », publiés en 1867, l’archéologue Georges Perrot décrit ainsi la citerne à trois nefs :

« Aptera, située sur un plateau d’un accès difficile, qui porte maintenant le nom de Paleokastro, dominait la baie de La Sude, sur laquelle elle avait son port, Kissamos. Une partie de son enceinte subsiste encore, construite ici en blocs polygonaux, là en belles assises régulières qui rappellent les murs de Messène ; mais ce qu’Altéra nous a laissé de plus curieux, ce sont ses nombreuses et vastes citernes voûtées : l’une surtout, qui a trois rangs d’arcades, paraît vraiment belle après même que l’on a vu les immenses citernes de Constantinople. Celle-ci a 25 mètres de long sur 12 de large. Plusieurs des tuyaux en terre cuite qui amenaient l’eau dans ce grand réservoir sont encore en place. Le corps de la maçonnerie est en brique, mais les voûtes sont en pierre de taille soigneusement appareillée. Intérieurement, les murs de la citerne sont revêtus d’une sorte de stuc ou d’enduit très dur qui a persisté presque partout. »
La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne à trois nefs. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne à trois nefs. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne à trois nefs. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne à trois nefs. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne à trois nefs. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. La citerne à trois nefs. Cliquer pour agrandir l'image.

Thermes romainsLes thermes romains de l’est (Ρωμαϊκά λουτρά / Romaïká loutrá)

(n° 7 sur le plan)
La cité antique d'Aptera en Crète. Plan des thermes romains de l'est de la cité antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. L'hypocauste des thermes romains de l'est. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. L'hypocauste des thermes romains de l'est. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. L'hypocauste des thermes romains de l'est. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. Représentation hypocauste des thermes. Cliquer pour agrandir l'image.

Monastère orthodoxeLe monastère Saint-Jean-le-Théologien (Μονή Αγίου Ιωάννου του Θεολόγου / Moní Agíou Ioánnou tou Theológou)

(n° 5 sur le plan)
La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien d'Aptéra. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien d'Aptéra. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien d'Aptéra. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien d'Aptéra. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien d'Aptéra. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien d'Aptéra. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien d'Aptéra. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien d'Aptéra. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le monastère Saint-Jean le Théologien vu de l'est. Cliquer pour agrandir l'image.

Théâtre antiqueLe théâtre rectiligne (Ευθύγραμμο θέατρο / Efthýgrammo théatro)

(n° 24 sur le plan)
La cité antique d'Aptera en Crète. Le théâtre romain. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

Théâtre antiqueLe théâtre romain (Ρωμαϊκό Θέατρο / Romaïkó Théatro)

(n° 9 sur le plan)
La cité antique d'Aptera en Crète. Vue aérienne du théâtre antique d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. Le théâtre romain. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le théâtre romain. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le théâtre romain. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le théâtre romain. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le théâtre romain. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. Le théâtre romain. Cliquer pour agrandir l'image.

Temple antiqueLe temple de Dionysos (Ναός Διονύσου / Naós Dionýsou)

(n° 21 sur le plan)

Temple antiqueLe temple de Déméter et de Perséphone (Ναός Δήμητρας και Περσεφόνης / Naós Dímitras kai Persefónis)

(n° 20 sur le plan)

Maison antiqueLa maison romaine avec cour à péristyle (Ρωμαϊκή οικία με περίστυλη αυλή / Romaïkí oikía me perístyli avlí)

(n° 10 sur le plan)
La cité antique d'Aptera en Crète. Reconstitution de la demeure à péristyle d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La maison romaine à péristyle. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. La maison romaine à péristyle. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. La maison romaine à péristyle. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. La maison romaine à péristyle. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. La maison romaine à péristyle. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

Porte antiqueLa porte du sud-est (Νοτιοανατολική είσοδος / Notioanatolikí eísodos)

(n° 22 sur le plan)

Château fortLe château d’Aptéra (Κάστρο Απτέρων / Kástro Aptéron)

(n° 16 sur le plan)

Aller au château d’Aptera avec Google Maps (35.465580, 24.147537).

La cité antique d'Aptera en Crète. Le château d'Aptera vu depuis la forteresse d'Itzeddin. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le château turc d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. Le château turc d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). La cité antique d'Aptera en Crète. Le château turc d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image. La cité antique d'Aptera en Crète. Le château turc d'Aptera. Cliquer pour agrandir l'image.

Porte antiqueLa porte du nord-est ( / )

(n° 23 sur le plan)

Muraille antiqueLa fortification polygonale antique (Αρχαία οχύρωση με πολυγωνική δόμηση / Archaía ochýrosi me polygonikí dómisi)

(n° 17 sur le plan)

Voie antiqueL’ancienne route pavée (Παλιό λιθόστρωτο μονοπάτι / Palió lithóstroto monopáti)

(n° 18 sur le plan)

CultureHistoire, géographie, arts, traditions, flore …

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