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Les villages de Kalyves, de Stylos, de Kyriakosellia et de Fres, l’ancien castel de Bicorna et la rivière Kyliaris en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale

SituationSituation

L’ouest du dème de l’Apokoronas comprend deux cantons :

Le village de Kalyves en Crète. Le promontoire d'Aptera vu depuis Notre-Dame Zerviotissa à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.À l’est du canton d’Arméni se trouve le canton de Vamos (Δημοτική ενότητα Βάμου) ; à l’est du canton de Frès se trouve le canton de Kryonérida (Δημοτική ενότητα Κρυονερίδας), dont le chef-lieu est le village de Vryssès qui est aussi le chef-lieu du dème de l’Apokoronas. À l’ouest du canton d’Arméni se trouve le canton de Souda, dans le dème de La Canée, avec le promontoire de la cité antique d’Aptéra qui domine la vallée de la rivière Kyliaris et la plaine de Kalyvès.

 

VisitesVisites

Navigateur par satelliteSur la route de La Canée à Réthymnon

La route nationale 90 de La Canée à Réthymnon (Εθνική Οδός Χανίων - Ρεθύμνου) traverse de part en part le dème de l’Apokoronas, depuis le fleuve Kyliaris, qui marque la bordure avec le dème de La Canée, et le fleuve Moussélas, qui marque la bordure avec le dème de Réthymnon. La route nationale coupe en diagonale la plaine de l’Apokoronas depuis la station balnéaire de Kalyvès jusqu’à la station balnéaire de Georgioupoli, presqu’à égale distance du massif montagneux des Madarès, au sud-ouest, et de la chaîne de montagnes du Drapanokéfala, au nord-est. L’ancienne route nationale 90 (Παλαιά Εθνική Οδός Χανίων- Ρεθύμνου) suit à peu près la même trajectoire mais en desservant davantage de villes moyennes de la contrée ; le visiteur curieux de découvrir l’Apokoronas préférera emprunter l’ancienne route.

RivièreLa rivière Kyliaris (ποταμός Κυλιάρης / potamós Kyliáris)

Le village de Kalyvès en Crète. La basse vallée de la rivière Kyliaris vue depuis Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La rivière Kyliaris est un fleuve côtier, de la côte nord de la Crète, qui se jette dans la rade de Souda, à l’est de La Canée. De nos jours, depuis que la région d’Aptéra et de Kalami a été rattachée au canton de Souda et au dème de La Canée, le cours inférieur du fleuve marque la limite entre le dème de La Canée et le dème de l’Apokoronas ; dans le passé, Aptéra faisait partie de l’Apokoronas.

Aller à l’embouchure du fleuve Kyliaris avec Google Maps (35.463013, 24.158954).

Le fleuve Kyliaris est souvent nommé improprement « fleuve Kiliaris ou Koiliaris » (ποταμός Κοιλιάρης) ; le toponyme « κυλιάρης » provient du verbe grec médiéval « κυλώ », forme ancienne du verbe grec moderne « κύλάω », qui signifie « rouler, s’écouler » ; la rivière Kyliaris a en effet un caractère impétueux qui lui fait rouler les galets. Dans l’Antiquité, cette même rivière, qui coule au pied de l’antique cité-État d’Aptéra, était nommée « Pyknos » (Πυκνός) ; l’adjectif « πυκνός » signifiant « dense, épais », en référence à la dense végétation qui couvre les rives de la rivière. Les Vénitiens avaient transposé le nom de la rivière en « Chigliari Fiume ».

Le village de Kalyvès en Crète. Carte de la randonnée n° 1 de l'Apokoronas. Cliquer pour agrandir l'image.La rivière Kyliaris prend sa source dans les Montagnes Blanches (Λευκά Όρη), au pied du mont Koryfi Varsamou (Κορυφή του Βαρσάμου) (« Pic de Varsamos ») (1 389 m) et du mont Mavri (Μαύροι) (« Sombres ») (2 069 m), au-dessus de la localité de Karès (Καρές) ; le bassin versant du fleuve Kyliaris a une superficie de 130 km² où le fleuve recueille les eaux de quatre affluents principaux : la Mylavlakas (Μυλαύλακας) ; la Mantamas (Μανταμάς) ; la Kéramiotis (Κεραμιώτης) qui traverse les gorges de Diktamos et qui conflue avec le Kyliaris en aval de Stylos ; l’Anavréti (Αναβρετή) venant du sud depuis Néo Chorio. Cependant les eaux superficielles de ces cours d’eau ne sont pas la plus grande contribution au débit du fleuve : ce sont les eaux souterraines qui jaillissent par plusieurs cavités aux sources de Stylos (πηγές του Στύλου) qui donnent au fleuve ce débit important ; le fleuve Kyliaris est le second fleuve de Crète par son débit. Une partie de ces eaux souterraines, provenant du massif des Montagnes Blanches, très froides mais excellentes, est embouteillée et commercialisée.

Le village de Kalyvès en Crète. Un moulin vénitien sur la rivière Kyliaris près de Stylos (auteur Marianna Angelaki). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).La puissance du débit du Kyliaris actionnait autrefois des moulins hydrauliques, notamment un moulin situé à proximité du monastère Notre-Dame Zerviotissa, initialement construit par les moines, puis reconstruit à l’époque vénitienne. Cette puissance de la rivière permet aussi d’y pratiquer le radelage, le canoë et le kayak, de préférence au printemps.

Le village de Kalyves en Crète. L'embouchure du fleuve Kyliaris. Cliquer pour agrandir l'image.À partir de Stylos le cours inférieur de la rivière s’étend encore sur 5 km, passe au pied oriental du promontoire d’Aptéra et se jette dans la rade de Souda, à 1,8 km à l’ouest de Kalyvès, sur la plage de la Côte Bleue (Κυανή Ακτή), une sorte de « Côte d’Azur » crétoise. La plage de la Côte d’Azur (Παραλία Κυανή Ακτή) est en réalité une plage plutôt sauvage, longue de 800 m, qui est divisée en deux par l’embouchure du fleuve Kyliaris. Les eaux très froides du Kyliaris rafraîchissent l’eau de mer de cette plage.

Le village de Kalyves en Crète. L'embouchure du fleuve Kyliaris. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. L'embouchure du fleuve Kyliaris. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyvès en Crète. L'embouchure de la rivière Kyliaris sur la Côte bleue (auteur Willem Bouw). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet). Le village de Kalyves en Crète. L'embouchure du fleuve Kyliaris. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. L'embouchure du fleuve Kyliaris. Cliquer pour agrandir l'image.
Le village de Kalyves en Crète. Plan de la randonnée n° 1 de l'Apokoronas. Cliquer pour agrandir l'image.Le chemin de randonnée n° 1 de l’Apokoronas permet de découvrir à pied la basse vallée du Kyliaris, entre Stylos et l’embouchure. Il s’agit d’un parcours ombragé et frais, d’une cinquantaine de mètres de dénivelé, équipé d’aires de piquenique, qui traverse une vallée plantée d’orangeraies et d’oliveraies. L’embouchure du fleuve Kyliaris est une zone humide importante pour la faune qui comprend de nombreuses anguilles et de nombreux crabes.

Le village de Kalyves en Crète. Poteau de la randonnée n° 1 à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.La randonnée n° 1 relie le château turc d’Aptéra au fort turc d’Itzeddin, pour une longueur de 12,8 km ; on peut le parcourir en partie en le débutant, par exemple, aux sources de Stylos, près de l’usine d’embouteillage, mais le tracé du sentier y est plutôt indistinct, envahi par la végétation.

Village grecLe village de Kalyvès (Καλύβες / Kalýves)

Le village de Kalyvès en Crète. La baie de Kalyves vue depuis Aptera. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Kalyvès est une petite station balnéaire située sur la côte nord de l’Apokoronas, au sud de la rade de Souda ; Kalyvès est à environ 7 km, en ligne droite, à l’ouest du cap Drapano qui marque l’entrée sud-est de la rade. La station balnéaire est traversée par la rivière Xydas (ποταμός Ξυδάς) qui prend sa source près d’Arméni et qui se jette dans la baie de Kalyvès. À l’ouest de la localité, au pied du promontoire d’Aptéra, se jette une autre rivière, le fleuve Kyliaris (ποταμός Κυλιάρης).

Le village de Kalyvès en Crète. Kalyvès vue depuis la colline du Kasteli (auteur Willem Bouw). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).La localité compte une population de plus de 1 400 habitants dont un grand nombre sont des étrangers, notamment d’Europe du Nord, résidant à l’année dans la contrée ; la population s’accroît cependant fortement pendant la saison touristique. Kalyvès est le chef-lieu d’une communauté locale (Κοινότητα Καλυβών) qui comprend aussi le village de Tsivaras (Τσιβαράς), situé à environ 2 km au sud, dans l’arrière-pays, et qui compte moins de 200 habitants.

Kalyvès est aussi le chef-lieu du canton d’Arméni (Δημοτική ενότητα Αρμένων) qui est le canton situé le plus à l’ouest des six cantons du dème de l’Apokoronas. Le canton des Arméni comprend sept communautés locales : Arméni (Αρμένοι), Kalyvès (Καλύβες), Karès (Καρές), Machairi (Μαχαιροί), Néo Chorio (Νέο Χωριό), Ramni (Ραμνή), qui comprend aussi la localité de Kyriakosellia (Κυριακοσέλια), et Stylos (Στύλος).

Le village de Kalyvès en Crète. Situation du canton de Kalyvès (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Kalyvès se trouve à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Vryssès, le chef-lieu du dème de l’Apokoronas et à environ 20 km à l’est de la ville de La Canée, le chef-lieu de la province. Depuis la ville de La Canée on peut atteindre Kalyvès en quittant la route nationale 90 à l’échangeur de Kalami (Καλάμι) pour suivre l’ancienne route nationale 90 jusqu’à la station balnéaire, dont l’ancienne route nationale constitue la rue principale ; l’ancienne route nationale remonte ensuite la rive droite de la rivière Xydas, puis repasse sous la nouvelle route nationale 90 à l’échangeur du pont des Kalyvès (Γέφυρα Καλύβων). Une ligne d’autocars de la compagnie KTEL La Canée – Réthymnon dessert la station balnéaire depuis La Canée. Un arrêt de bus des lignes d’autocars à longue distance La Canée – Réthymnon se trouve sur la route nationale 90, au pont des Kalyvès, à environ 1 km du centre-ville de Kalyvès.

Le village de Kalyvès en Crète. L'embouchure de la rivière Xydas à Kalyves (auteur Benoît Prieur). Cliquer pour agrandir l'image.Le toponyme de Kalyvès, ou Kalivès, « καλύβες, au singulier καλύβα », signifie « huttes, cabanes » ; l’explication traditionnelle est que les cultivateurs avaient construit de nombreuses habitations saisonnières sur cette côte pour ne pas devoir rentrer chez eux tous les jours. Kalyvès occupe en effet la côte d’une plaine côtière fertile et verdoyante irriguée par trois rivières.

Dans l’Antiquité, selon le géographe du Ier siècle avant JC Strabon (Στράβων), dans son ouvrage « Géographie (Γεωγραφικά), Livre X, 479 », l’un des deux ports de la cité d’Aptéra, ou Aptara, était situé entre Kalami et Kalyvès et était nommé Kissamos (Κίσσαμος), l’autre port étant Minoa (Μινώα), de nos jours Marathi (Μαράθι). L’archéologue Paul Faure penche plutôt pour Kalami, à cause des tessons datant des époques classique, hellénistique et romaine, les fondations de maisons et les traces de quais mis au jour à Kalami, à l’abri de la digue que les Vénitiens nommaient la pointe de Porporela.

Le village de Kalyvès en Crète. Gravure de la Spiaggia del Castel Apicorona verso Levante par Marco Boschini en 1651. Cliquer pour agrandir l'image.Sous la domination vénitienne, les Vénitiens nommaient cette côte « Spiaggia del’ Apicorno » et avaient établi le siège de la châtellenie de Calive au château du Castel Apicorno ou Castel Apicorona, édifié sur un promontoire situé à l’est du village de Calive ou Callives ; la rivière Xydas était nommée Xidhà Fiume. Cependant, en 1538, le corsaire ottoman Barberousse (Barbaros Hayreddin Paşa) pilla et détruisit le château, le village et son arrière-pays.

Le village de Kalyvès en Crète. Gravure de la Spiaggia del Castel Apicorona par Marco Boschini en 1651. Cliquer pour agrandir l'image.La station balnéaire de Kalyvès s’est développée, depuis le début des années 2000, de façon anarchique, sans plan d’urbanisme. Il s’agit pour une grande part de résidences secondaires ou permanentes construites pour des touristes britanniques ou scandinaves, d’appartements de vacances, ainsi que de petites structures hôtelières. Des cafés, des tavernes, des supérettes, des boutiques de souvenirs et autres services aux touristes se sont développés simultanément. La plage principale de Kalyvès (παραλία Καλύβες), située à l’est de l’embouchure du fleuve Xydas, est une plage de sable de 400 m de longueur ; une autre plage se trouve à l’ouest de l’embouchure ; une passerelle piétonnière permet de passer d’une rive à l’autre de la rivière (γεφυράκι Ξυδά). Le flot d’eau douce froide de la rivière abaisse quelque peu la température de l’eau des plages de Kalyvès, qui sont par ailleurs exposées au vent du nord étésien, le meltem (μελτέμι). Un petit port de plaisance a été construit dans l’est de la plage principale, au pied du promontoire où se trouvent les ruines du château.

Au sud du village de Kalyvès, sur la droite de l’ancienne route nationale 90, au-delà du viaduc de la nouvelle route nationale 90 et un peu avant d’atteindre le village d’Arméni, on peut voir une belle petite église du début du XVIe siècle, l’église de la Transfiguration du Christ Sauveur (Μεταμόρφωση του Σωτήρος Χριστού). Il s’agit d’une église à nef unique et voûtée construite en 1501, selon une inscription gravée sur la porte.

Aller à l’église de la Transfiguration avec Google Maps (35.441806, 24.168351).

Château en ruinesLes ruines du château de Bicorna (κάστρο του Αποκόρωνα / kástro tou Apokórona)

Le village de Kalyvès en Crète. Le site de l'ancien Castel del Apicorno (auteur Benoît Prieur). Cliquer pour agrandir l'image.Le Castel di Bicorna était, à l’époque de la domination vénitienne, un château construit sur la côte sud de la rade de Souda, à l’est du village de Calive, de nos jours Kalyvès, sur un promontoire qui est encore nommé, de nos jours, Kastéli (Καστέλι). Le rôle de ce château était de protéger l’entrée de la rade et aussi, vraisemblablement, de défendre les ressources en eau douce et en vivres dont les navires vénitiens se ravitaillaient ; cette plaine côtière fertile est en effet irriguée par plusieurs rivières, dont le fleuve Xydas qui se jette dans la rade au pied du château. L’entrée de la rade était principalement protégée par la forteresse située sur l’îlot de Souda.

Aller au château de Bicorna avec Google Maps (35.450797, 24.180203).

Le château a pris le nom vénitien de la région qu’il protégeait, nom dont on rencontre de multiples variantes : la Bicorna, l’Abicorna, l’Apicorona ou l’Apicorno, entre autres variantes, déformations du nom grec antique de la contrée ou du nom d’une cité de cette contrée ; de nos jours, la région est nommée Apokoronas (Αποκόρωνας).

Le village de Kalyvès en Crète. Carte ancienne de la forteresse d'Apokoronas par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.Le Castel di Apicorno ferait partie de la quinzaine de châteaux que le corsaire génois, le comte de Malte, surnommé péjorativement par les Vénitiens Enrico Pescatore (« Henri le Pêcheur »), aurait édifiés, ou plus vraisemblablement réparés, pendant sa brève occupation de l’île de Crète, entre 1206 et 1211. Après leur prise de possession de la Crète les Vénitiens utilisèrent le Castel di Bicorna comme siège d’une châtellenie (καστελλανία του Αποκόρωνα) qui s’étendait sur la région, la châtellenie de Bicorna (Castellania di Bicorna) ou châtellenie d’Apicorno (Castellania di Apicorno). Cependant le château de La Bicorne fut très endommagé par le tremblement de terre du 8 août 1303 ; en 1360 un mur du château s’écroula et le Sénat de la République de Venise fut réticent à faire réparer le Castel di Bicorna, demandant aux habitants de faire réparer le château à leurs frais. Le château ne devait pas être en très bon état lorsque le corsaire ottoman Barberousse l’incendia en 1538 et dévasta la châtellenie de l’Apicorno. Après le tremblement de terre du 26 novembre 1595, le recteur de La Canée, Benetto Dolfin, constatait que « le château de l’Abicorno est détruit ». Lors de la conquête de la Crète par les Ottomans en 1646, les Vénitiens ne tentèrent même pas de défendre le Castel di Apicorno ; ils le désarmèrent et l’abandonnèrent « sans que l’ennemi ne se soit encore montré ».

Le Castel di Apicorona était construit à la pointe d’un promontoire de faible hauteur, entre 50 m et 60 m d’altitude ; ce promontoire ne présente pas de défenses naturelles très fortes ; il est accessible de tous côtés, sa pente n’est un peu plus raide que du côté oriental ; puis, du côté sud, par un petit col où il rejoint les autres collines. En revanche le château était plutôt vaste, s’apparentant à une forteresse contenant des maisons d’habitations où la population pouvait se réfugier. L’ingénieur vénitien Raffaele Monanni, ou Monani, inspecta la forteresse en 1631 ; il rapporte, dans son ouvrage « Descrizione topografica di Candia », que la forteresse pouvait accueillir le plus grand nombre de personnes, comparativement à toute autre forteresse de Crète ; Monanni présente un dessin de la forteresse où apparaissent une multitude de constructions à l’intérieur de l’enceinte de la forteresse.

L’historien italien Giuseppe Gerola visita les ruines du château de Bicorna vers 1902 et en fit la description suivante :

Le village de Kalyvès en Crète. Plan du Castel del Apicorno par Giuseppe Gerola vers 1902. Cliquer pour agrandir l'image.« Il ne reste presque rien de l’ancien château : tout est aujourd’hui enfoui sous terre, et le long de la pente de la colline, les cultures poussent à pic. Çà et là, seul un mur d’enceinte de 0,65 mètre d’épaisseur apparaît, qui aurait encerclé toute la colline. Nous pensons que la tour A au nord-est et l’éperon triangulaire B au sud-ouest appartenaient au système de fortification lui-même. Le sommet de la colline était entouré d’un mur plus intérieur (C), également doté de tours, avec une porte au nord-ouest : à l’intérieur, subsiste un bâtiment rectangulaire très simple (D), mesurant 1,5 mètre de hauteur extérieure, 8,95 m par 4,85 m, et dont le rez-de-chaussée était occupé par une citerne voûtée.
Le village de Kalyvès en Crète. Photographie des ruines du Castel del Apicorno par Giuseppe Gerola vers 1902. Cliquer pour agrandir l'image.Des bâtiments du château, seule la moitié de l’église Sainte-Trinité (chiesa di Santa Trinità) (E) et quelques vestiges de maisons (F) subsistent, enfouis mais partiellement exposés suite à un glissement de terrain sur la colline : une section de l’égout est également visible ici. Les ruines des anciens bâtiments sont constituées de tous les murs en pierres sèches disséminés sur la colline. »

Il ne reste, de nos jours, du Castel di Bicorna que des amas informes de pierres et un bâtiment rectangulaire qui a été transformé en entrepôt privé. Des villas ont été bâties sur le pourtour de la colline et on ne peut plus apercevoir les ruines du château que par dessus les propriétés clôturées. Il faut escalader les versants escarpés de la colline depuis le rivage pour pouvoir s’approcher des ruines.

Le village de Kalyves en Crète. Les ruines du castel di Bicorna. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. Les ruines du castel di Bicorna. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. Les ruines du castel di Bicorna. Cliquer pour agrandir l'image.

Navigateur par satelliteSur la route de Mégala Chorafia à Néo Chorio

Le village de Kalyvès en Crète. Caveau funéraire à tholos près de Stylos (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.La route provinciale 42 débute sur le plateau de Mégala Chorafia (Μεγάλα Χωράφια), près d’Aptéra, comme une bretelle de sortie de la route nationale 90 ; la route descend en direction du sud vers la plaine de l’Apokoronas en un parcours sinueux ; en bas de la descente, à gauche de la route, au lieu-dit Azoïrès (Αζωϊρές), on peut visiter une tombe à tholos (θολωτός τάφος), c’est-à-dire un caveau funéraire surmonté d’un dôme de pierre ; cette tombe fut découverte par l’archéologue français Paul Faure, puis fouillée systématiquement en 1961 par les archéologues grecs Nicolas Platon (Νικόλαος Πλάτων) et Kostis Davaras (Κωστής Δαβάρας) ; malheureusement, cette tombe, datant de l’époque minoenne post-palatiale, avec des influences mycéniennes, avait été pillée. Ce caveau présente une chambre funéraire circulaire et une rampe d’accès d’une vingtaine de mètres de longueur.

Aller à la tombe à tholos de Stylos avec Google Maps (35.449810, 24.127079).

Quelques centaines de mètres après la tombe à tholos, la route provinciale permet d’atteindre une très belle église byzantine, Notre-Dame Zerviotissa, en bifurquant à gauche sur une petite route secondaire.

Plus loin on atteint un carrefour entre la route provinciale 42 et la route secondaire de Kalyvès à Farangi ; en bifurquant à droite la route secondaire conduit vers le village de Farangi (Φαράγγι), dont le nom signifie « Gorge », et vers les gorges de Diktamos (Φαράγγι Δικτάμου) ; ces gorges sont nommées ainsi à cause de la présence abondante de dictame de Crète (Origanum dictamnus), une plante médicinale très appréciée par les Crétois. Les gorges du Dictame, d’environ 7 km de longueur, débutent près du village de Katochori (Κατωχώρι) et sont parcourues par un cours d’eau, la rivière Kéramiotis (Κεραμιώτης), qui conflue avec la rivière Kyliaris au nord de Stylos ; ces gorges peuvent difficilement être visitées sans équipement spécial.

En revenant sur la route provinciale 42 on atteint bientôt le village de Stylos ; après Stylos la route provinciale continue jusqu’au bourg de Néo Chorio (Νέο Χωριό) où elle rejoint l’ancienne route nationale 90.

Église en ruineL’ancienne église Notre-Dame Zerviotissa (Παναγία της Ζερβιώτισσας / Panagía tis Zerviótissas)

Le village de Kalyvès en Crète. L'ancienne église Notre-Dame Zerviotissa à Stylos (auteur Jerzy Strzelecki). Cliquer pour agrandir l'image.En descendant du promontoire d’Aptéra vers la plaine de l’Apokoronas par la route provinciale 42 de Mégala Chorafia à Néo Chorio, on aperçoit bientôt, sur la gauche, une petite église d’une architecture remarquable ; il s’agit de l’ancien catholicon d’un monastère qui n’existe plus de nos jours, le monastère Notre-Dame Zerviotissa (Μονή της Παναγίας της Ζερβιώτισσας).

Le village de Kalyves en Crète. Orangeraie près de l'église Notre-Dame Zerviotissa à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.Depuis le promontoire d’Aptéra, situé à environ 150 m d’altitude, la route atteint la plaine, située à environ 18 m d’altitude, après environ 4 km ; en bas de la descente se trouve le site archéologique de la tombe à tholos de Stylos ; 700 m après ce site archéologique, prendre une petite route sur la gauche, où un panneau routier indique l’église de la Panagia, rouler 300 m puis bifurquer à gauche sur un chemin de terre, carrossable mais en plutôt mauvais état ; après une centaine de mètres on arrive à l’ancienne église Notre-Dame Zerviotissa ; il est préférable de garer sa voiture sur la petite route et de parcourir le chemin de terre à pied.

Depuis le village de Stylos, on peut atteindre l’église Notre-Dame, située à environ 1,2 km au nord de Stylos ; prendre la direction du nord jusqu’au carrefour de la route provinciale et de la route secondaire de Kalyvès (Καλύβες) à Farangi (Φαράγγι) ; bifurquer à droite en direction de Kalyvès, puis bifurquer à gauche après 200 m, en suivant les panneaux ; après 400 m, on atteint bientôt le chemin de terre qui conduit à l’église.

Aller à l’église Notre-Dame Zerviotissa avec Google Maps (35.444730, 24.129680).

Le village de Kalyves en Crète. Orangeraie près de l'église Notre-Dame Zerviotissa à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère de la Panagia Zerviotissa a été fondé, au XIe siècle, pendant la seconde époque byzantine, par des moines du monastère Saint-Jean le Théologien de Patmos (Μοναστήρι του Αγίου Ιωάννου του Θεολόγου της Πάτμου) ; selon une chrysobulle de 1088 de l’empereur Alexis Ier Comnène (Αλέξιος Α΄ Κομνηνός), le futur saint Christodoulos de Patmos (όσιος Χριστόδουλοςο Λατρηνός) (né vers 1020 – mort vers 1093) aurait vécu dans ce monastère après l’invasion de Patmos par les Turcs. Le monastère de la Panagia Zerviotissa était un monastère cénobite, c’est-à-dire un monastère de moines vivant en communauté et non de moines ermites. Les moines exploitaient les terres fertiles situées entre le promontoire d’Aptéra et le cours de la rivière Kyliaris ; les moines avaient construit sur la rivière un moulin à eau. L’église de la Panagia Zerviotissa (Ιερός Ναός της Παναγίας της Ζερβιώτισσας) était le catholicon du monastère ; elle est le seul édifice du monastère qui subsiste ; il ne reste que les fondations des bâtiments monastiques ; l’église se trouve de nos jours au milieu des orangeraies et des oliveraies.

Le nom de « Ζερβιώτισσα », parfois écrit « Σερβιώτισσα », signifierait « du côté gauche », selon une image de la Vierge à l’Enfant où la Vierge tient l’Enfant Jésus de la main gauche et non de la main droite comme il est d’usage ; la Panagia Zerviotissa serait une « Vierge gauchère ». Le mot « ζερβιώτισσα » proviendrait d’un mot de grec médiéval « zervos » (ζερβός), provenant lui-même de l’arabe, signifiant « du côté gauche ». L’église est parfois surnommée « Monastira » (Μοναστήρα), en réminiscence de l’ancien monastère.

Le village de Kalyves en Crète. L'église Notre-Dame Zerviotissa près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. L'église Notre-Dame Zerviotissa près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. L'église Notre-Dame Zerviotissa près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyvès en Crète. L'ancienne église Notre-Dame Zerviotissa à Stylos (auteur Ivan Medvedev). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet). Le village de Kalyves en Crète. L'église Notre-Dame Zerviotissa près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.
L’église Notre-Dame Zerviotissa est un des plus beaux exemples d’architecture religieuse byzantine en Crète, architecture très harmonieuse inspirée des églises de Constantinople, comme Sainte-Sophie, avec par exemple l’inclusion de briques dans le mortier autour des ouvertures. La partie le plus ancienne, datant du XIe siècle, était un édifice beaucoup plus petit ; l’édifice présent date du XIIe siècle. L’église présente un plan au sol en forme de croix grecque inscrite, formant un carré d’environ 10 m de côté. Au-dessus de la croisée du transept s’élève un haut dôme dont le tambour est de forme octogonale, percée de huit fenêtres étroites qui éclairent l’intérieur.
Le village de Kalyves en Crète. L'église Notre-Dame Zerviotissa près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyvès en Crète. L'ancienne église Notre-Dame Zerviotissa à Stylos (auteur Jerzy Strzelecki). Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. L'église Notre-Dame Zerviotissa près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.
Du côté oriental, le demi-cylindre de l’abside centrale est percé de deux étroites fenêtres ; l’abside centrale est flanquée de deux autres absides, percées de fenêtres qui éclairent les baies du nord-est et du sud-est de la nef principale. Une seconde porte est ouverte dans la baie sud-ouest de la nef principale ; cette porte est surmontée d’un linteau, portant une inscription latine, et d’un arc de briques.

La maçonnerie est faite de pierres grossièrement équarries et de simples moellons récupérés d’édifices plus anciens ; les arcs des fenêtres sont constitués de briques.

L’intérieur de l’église était décoré de peintures à fresque, notamment dans la nef sud du transept, dont il ne reste que quelques vestiges.

La Panagia Zerviotissa est plutôt en bon état ; seule une partie de la façade ouest, au-dessus du portail, est éboulée. L’église a été restaurée au début du XXIe siècle par la 28e Éphorie des Antiquités byzantines.

Le village de Kalyvès en Crète. L'ancienne église Notre-Dame Zerviotissa à Stylos (auteur Jerzy Strzelecki). Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. La nef centrale de l'église Notre-Dame Zerviotissa près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. La nef centrale de l'église Notre-Dame Zerviotissa près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.

Village grecLe village de Stylos (Στύλος / Stýlos)

Stylos est un village agricole situé dans le nord-ouest de l’Apokoronas, à environ 42 m d’altitude ; le village se trouve sur la rive gauche de la rivière Kyliaris qui irrigue la contrée et qui se jette dans la rade de Souda à environ 4 km au nord-est de Stylos.

La localité de Stylos compte une population d’environ 300 habitants ; elle est le chef-lieu d’une communauté locale (Τοπική Κοινότητα Στύλου) de près de 500 habitants, qui comprend aussi les localités de Provarma (Πρόβαρμα), de Samonas (Σαμωνάς) et de Farangi (Φαράγγι).

Le toponyme de la localité, « στύλος », signifie « colonne, pilier », mais rien dans la topographie ou dans les vestiges archéologiques de la région ne permet d’expliquer ce nom.

Stylos se trouve à une douzaine de kilomètres de Vryssès, le chef-lieu du dème, et à une vingtaine de kilomètres de La Canée, le chef-lieu de la province. Les ruines de la grande cité antique de la région, Aptéra, se trouve sur un promontoire situé à moins de 4 km au nord de Stylos.

Le village de Kalyves en Crète. L'usine d'embouteillage de l'eau de Samaria à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Stylos est adossé à des collines – au nord, à l’ouest et au sud – et recueille les eaux tombant sur ces hauteurs ; les eaux jaillissent à Stylos par des sources abondantes et sont embouteillées par une usine située dans le nord du village, l’usine d’embouteillage d’ETANAP (ΕΤΑΝΑΠ) qui commercialise ces eaux sous la marque commerciale « Samaria » (Επιτραπέζιο Νερό ΣΑΜΑΡΙΑ), une eau de table que l’on trouve dans toute la Crète ; les gorges de Samaria sont cependant situées à une vingtaine de kilomètres, sur le versant sud des Monts-Blancs, mais « eau de Samaria » est, sur le plan mercatique, plus gratifiant que « eau de Stylos ». Les analyses chimiques assurent que ces eaux ne sont pas affectées par les activités humaines et ne contiennent pas de nitrates.

Aller aux sources de Stylos avec Google Maps (35.434197, 24.126229).

  Le village de Kalyves en Crète. Les sources de la rivière Kyliaris à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. Les sources de la rivière Kyliaris à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. Les sources de la rivière Kyliaris à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. Les sources de la rivière Kyliaris à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. Les sources de la rivière Kyliaris à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. Les sources de la rivière Kyliaris à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyves en Crète. Les sources de la rivière Kyliaris à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image.
Stylos est un village agréable, rafraîchi par les sources, avec quelques bonnes tavernes ombragées au bord de la rivière, pour une halte-déjeuner après, par exemple, la visite du site d’Aptéra.

À l’entrée nord du village se trouve une église byzantine, l’église Saint-Jean le Théologien et Saint-Nicolas (Άγιος Ιωάννης ο Θεολόγος και Άγιος Νικόλαος) ; c’est une église à deux nefs dont la construction date du XIIIe siècle ; l’église fut agrandie au XIVe siècle et au XVe siècle.

Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Jean le Théologien à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Jean le Théologien à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Jean le Théologien à Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

Navigateur par satelliteSur la route de Néo Chorio à Vryssès

Le village de Kalyvès en Crète. Carte de la randonnée n° 2 de l'Apokoronas. Cliquer pour agrandir l'image.On peut rejoindre les localités de Néo Chorio (Νέο Χωριό) et de Vryssès (Βρύσες) par l’ancienne route nationale 90, mais il existe une route de contournement qui est la route provinciale 49 de Néo Chorio à Vryssès (Επαρχιακή Οδός Νέου Χωριού-Βρύσων) ; cette route provinciale permet de découvrir quelques villages de l’intérieur de l’Apokoronas. À partir de Néo Chorio, la route provinciale 49 remonte le cours supérieur de la rivière Kyliaris (ποταμός Κυλιάρης) et atteint d’abord Machéri (Μαχαιροί), puis Ramni (Ραμνή), où l’on peut faire une excursion vers le village de Kyriakosellia pour voir les ruines de son château et son église byzantine ; on atteint ensuite Mélidoni (Μελιδόνι), Pémonia (Πεμόνια), Frès (Φρες), Tzitzifès (Τζιτζιφές), Nipos (Νίπος) et Vafès (Βαφές) ; après Vafès la route continue jusqu’à Vryssès, le chef-lieu du dème.

Village grecLe village de Kyriakosellia (Κυριακοσέλλια / Kyriakoséllia)

Kyriakossellia (Κυριακοσέλλια), ou Kyriakosélia (Κυριακοσέλια), est un petit village de l’Apokoronas, d’une trentaine d’habitants, qui se trouve sur les contreforts nord-est du massif des Montagnes Blanches (Λευκά Όρη), à environ 340 m d’altitude. Le village se trouve au pied d’un promontoire escarpé où se dressent quelques ruines d’un ancien château, le Kastéli (Καστέλι).

La localité de Kiriakosselia fait partie de la communauté locale de Ramni (Ραμνή) (Κοινότητα Ραμνής), village qui se trouve à environ 700 m au sud-est ; le village de Chiliomoudou (Χιλιομουδού) fait aussi partie de cette communauté. Le chef-lieu de la province, La Canée, se trouve à environ 30 km au nord-ouest ; le chef-lieu du dème de l’Apokoronas, Vryssès, se trouve à environ 15 km à l’est-sud-est.

La principale attraction touristique culturelle de Kyriakosellia est une église byzantine considérée comme l’une des plus belles églises de Crète, l’église Saint-Nicolas ; cette église est située en contrebas des ruines d’un ancien château, datant de la même seconde époque byzantine, construit sur un éperon rocheux ; au pied de la pente escarpée de cet éperon rocheux se trouve une chapelle rupestre, la chapelle Saint-Mammas (Άγιος Μάμας), dédiée à saint Mammès de Césarée, en Cappadoce.

Château en ruinesLes ruines du château de Kyriakosellia (κάστρο των Κυριακοσέλιων / kástro ton Kyriakosélion)

Le village de Kalyvès en Crète. Le château Saint-Nicolas à Kyriakosellia (auteur Kos Douk). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Le château de Kyriakosélia (κάστρο των Κυριακοσέλιων) se trouve à environ 400 m d’altitude, à l’extrémité occidentale d’un éperon rocheux situé à environ 200 m au nord-est du village ; le château domine le village d’environ 60 m. L’accès au château se fait par l’ouest, depuis le village, par un sentier scabreux et tortueux, d’une pente moyenne de près de 30 %. Le château est distant d’environ 9 km, à vol de corbeau, de la côte sud de la rade de Souda.

Aller au château de Kyriakosélia avec Google Maps (35.405757, 24.104576).

Le château est également nommé « Château Saint-Nicolas » (Κάστρο Αγίου Νικολάου), « κάστρο » étant le terme utilisé à l’époque byzantine pour désigner un château, dérivé du latin « castrum » ; le château est parfois nommé le Kastéli (Καστέλι), d’après le mot utilisé à l’époque vénitienne, « Kastèli ».

Le village de Kalyvès en Crète. Photographie de la tour A du Kastéli de Kyriakoselia par Giuseppe Gerola vers 1902. Cliquer pour agrandir l'image.Le château de Kyriakosellia aurait été bâti pendant la seconde époque byzantine. Selon une tradition controversée, l’empereur Alexis Ier Comnène aurait réparti les terres de Crète entre douze Archontopouli (Ἀρχοντόπουλοι) (« fils d’archontes »), vers l’an 1092, afin de rétablir l’ordre dans cette possession insoumise ; la contrée située dans le sud-ouest de l’Apokoronas, entre la baie de Souda et les Montagnes Blanches, comprenant les villages d’Arméni (Αρμένοι), de Stylos (Στύλος), de Kalyvès (Καλύβες) et la région des Kéramia (Κεραμιά), aurait été attribuée à la famille des Skordylis (Σκορδύλης) ; vers la fin du XIIe siècle les seigneurs Skordylis auraient fait bâtir le château de Kyriakosellia afin de défendre ces terres.

L’historien italien du début du XXe siècle Giuseppe Gerola identifie le kastèli de Kyriakosélia – qu’il écrit étrangement « Kjirjakosèlja » - à l’une des quatorze forteresses qu’aurait bâties le corsaire génois, le comte de Malte Enrico Pescatore, pendant son occupation de l’île, de 1206 à 1211, la « Rocca di San Nicolò », dans la châtellenie de Bicorna (Castellania di Bicorna). Lorsque les Vénitiens obtinrent la reddition des défenseurs de la Rocca di San Nicolò, qui étaient en fait des Grecs et non des Génois, ils les conduisirent au Castel Bicorna, ou Castel Apicorno, près de Calive (Kalyvès), en leur permettant de s’embarquer vers la destination de leur choix, ce qui prouve que la Rocca di San Nicolò ne devait pas être très éloignée de la baie de Souda.

Après sa prise de possession de la Crète, en 1212, la République de Venise restaura et utilisa la Rocca di San Nicolò. Cependant, dès 1217, un premier soulèvement crétois contre la domination vénitienne, mené par Sébaste Constantin Skordylis (Σεβαστός Κωνσταντίνος Σκορδύλης) et par Michel Mélissène (Μιχαήλ Μελισσηνός), permit aux archontes byzantins de s’emparer de toute la Crète occidentale à partir du Mylopotamos ; le château de Kyriakosellia redevint la propriété des Skordylis. D’autres soulèvements continuèrent jusqu’en 1236, quand les Vénitiens, commandés par le duc de Candie Bartolomeo II Gradenigo, vainquirent les rebelles crétois ; le château de Kyriakosellia passa aux mains des Vénitiens le 23 juillet 1236. Ces soulèvements furent nommés soulèvements des « Deux Syvritos » (επανάσταση των Δύο Συβρίτων), du nom des fiefs des deux familles, la province de l’Amari, le Syvritos d’en Haut (Άνω Σύβριτος), pour la famille des Skordylidès (Σκορδύληδες) et la province de Saint-Basile, le Syvritos d’en Bas (Κάτω Σύβριτος), pour la famille des Mélissènes (Μελισσηνοί).

Le village de Kalyvès en Crète. Plan du Kastéli de Kyriakosellia (auteur Giuseppe Gerola). Cliquer pour agrandir l'image.En 1902, Giuseppe Gerola décrit les ruines du kastèli de la manière suivante :

« La colline, séparée des autres par les flancs, est rocheuse et son accès est accidenté, voire excessivement difficile. On l’escalade par l’ouest. Le sommet est entouré d’un mur de 1,30 m d’épaisseur, dont le parapet, épais de 0,60 m, est également visible par endroits. Le long du côté sud, deux portes ou fenêtres étroites (H et K), larges de 0,60 m, subsistent. À l’est, se trouvent deux enceintes de fortification.
À l’intérieur du château, sur le sommet ouest, se trouve une tour polygonale (A) dont les murs mesurent 1,30 m d’épaisseur et 1,20 m (5,5 pieds), initialement voûtés.
Dans la vallée entre ce sommet et celui situé plus bas à l’est se trouvent les vestiges de la petite église Sainte-Veneranda (chiesuola di S. Veneranda). On trouve également deux citernes (C, D) – dont la plus grande mesure environ 18 x 7 m – et plusieurs puits (E, F, G).
Le long du versant nord, un escalier très raide, en partie creusé dans la roche et doté d’un dosseret en maçonnerie, mène à une grotte dont l’entrée est fermée par un mur très solide : à l’intérieur se trouvent une fontaine et la petite chapelle Saint-Mammas (cappellina di S. Mama) (M). »

De nos jours, les deux portes étroites mentionnées par Gerola n’existent plus. De l’enceinte fortifiée qui épousait les courbes du terrain, il ne reste que quelques ruines éparses.

Sur la selle située entre le sommet de l’ouest et le sommet de l’est, moins élevé, se trouvent les vestiges de la petite chapelle castrale Sainte-Parascève (Αγία Παρασκευή), nommée Santa Veneranda par les Vénitiens ; les mots Parascève et Veneranda, ou Venera, se réfèrent tous deux au vendredi, veille du sabbat. De nos jours une petite chapelle a été édifiée à cet emplacement.

Depuis le château, un escalier fortifié, situé au nord-est, permettait de descendre jusqu’à la chapelle rupestre Saint-Mammas (cappellina di San Mama), près de laquelle se trouve une source qui alimentait le château en eau.

Église orthodoxeL’église Saint-Nicolas (Άγιος Νικόλαος / Ágios Nikólaos)

Le village de Kalyvès en Crète. L'église Agios Nikolaos à Kiriakosélia. Cliquer pour agrandir l'image.L’église Saint-Nicolas à Kyriakosellia se trouve au creux d’un vallon situé à environ 500 m au nord-est du village, en contrebas du promontoire où se dressait le château de Kyriakosellia ; dans ce vallon bien irrigué sont cultivés des agrumes. L’église est sur une petite route qui relie Kyriakosélia à Stylos, via les hameaux de Chiliomoudou (Χιλιομουδού) et de Samonas (Σαμώνας).

Aller à l’église Saint-Nicolas à Kyriakosélia avec Google Maps (35.407869, 24.107164).

Le village de Kalyvès en Crète. Fontaine près de l'église Saint-Nicolas à Kyriakoselia. Cliquer pour agrandir l'image.L’église Saint-Nicolas paraît avoir été dédiée initialement à saint Nicolas le Studite (Όσιος Νικόλαος ο Στουδίτης) ou saint Nicolas le Confesseur (Άγιος Νικόλαος ο Ομολογητής), un saint byzantin du VIIIe siècle, originaire de Kydonia (La Canée), moine au monastère de Stoudion à Constantinople. Cependant le culte de saint Nicolas de Myre (Άγιος Νικόλαος Μύρων), évêque de Myre, en Lycie, à la fin du IIIe siècle, s’est ajouté au culte primitif. L’église de Kyriakosellia fête son saint patron, Nicolas le Studite, le 4 février.

L’église Saint-Nicolas a été édifiée à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe siècle, pendant la seconde époque byzantine ; l’édifice était initialement à une nef unique couverte par une voûte, avec des fenêtres latérales en arcs et une grande abside semi-cylindrique ornée d’une fenêtre trilobée de même hauteur.

Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Nicolas à Kyriokoselia près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). Le village de Kalyvès en Crète. L'église Agios Nikolaos à Kiriakosélia. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Nicolas à Kyriokoselia près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Nicolas à Kyriokoselia près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Le village de Kalyvès en Crète. Plan au sol de l'église Saint-Nicolas à Kyriakosellia (auteur Klaus Gallas, 1983). Cliquer pour agrandir l'image.Vers 1230 - 1236, à l’époque vénitienne, mais quand la région avait été reprise par la noblesse byzantine, l’église Saint-Nicolas a été transformée et a adopté un plan cruciforme, en forme de croix grecque inscrite ; du côté ouest, une seconde nef voûtée a été accolée à la nef d’origine ; cette nouvelle nef est surmontée d’un dôme cylindrique, de hauteur inhabituellement élevée ; le tambour du dôme est ajouré de six fenêtres en briques à arc en plein cintre ; les toits de la nef et du dôme sont couverts de tuiles ; les fenêtres latérales de la nef sont bilobées et bordées de briques. C’est aussi à cette époque que l’intérieur de l’église fut décoré de peintures murales à fresque.

Au début du XXe siècle, le mur de l’ouest de la nef du XIIIe siècle, fut démoli pour construire un narthex à une seule nef, donnant à l’église Saint-Nicolas sa forme présente ; le mur de l’ouest est surmonté d’un clocher. Le narthex du XXe siècle n’est pas représenté sur le plan ci-contre.

Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Nicolas à Kyriokoselia près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Nicolas à Kyriokoselia près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). Le village de Kalyvès en Crète. L'église Agios Nikolaos à Kiriakosélia. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Nicolas à Kyriokoselia près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Nicolas à Kyriokoselia près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet). Le village de Kalyvès en Crète. L'église Saint-Nicolas à Kyriokoselia près de Stylos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
À l’intérieur de l’église Saint-Nicolas, dans toutes les parties datant du XIe siècle ou du XIIIe siècle, on peut admirer des peintures à fresque de grande qualité, sans doute réalisées par plusieurs peintres talentueux du début et de la fin du XIIIe siècle, dans le respect des techniques du XIIe siècle de l’époque des Comnènes. Ces peintres ont utilisé des couleurs intenses et luxueuses, notamment le magnifique « bleu d’Égypte » ; dans certains cas, comme sur les visages, les lignes du dessin préliminaire sont évidentes. Ces fresques, représentant des scènes de la vie christologique, de la Vierge Marie et de la vie de saint Nicolas, sont plutôt bien préservées dans l’ensemble.

Sur la voûte de l’abside, datant du XIe siècle, se trouve une représentation de la Vierge Marie assise sur un trône, entourée de deux archanges en adoration. Au-dessous, sur le mur cylindrique de l’abside, sont représentés la « Communion des Apôtres » (Κοινωνία των Αποστόλων) et le « Mélisme » (Μελισμός), c’est-à-dire la transsubstantiation du corps et du sang du Christ, avec les hiérarques concélébrants.

Sur la coupole, datant du XIIIe siècle, coupole bien éclairée par les six fenêtres du dôme, est représenté le Christ Pantocrator (Χριστός Παντοκράτωρ), entouré de quatre archanges et des prophètes sur le tympan, et des évangélistes sur les pendentifs de la coupole. Les piliers orientaux soutenant la coupole semblent avoir joué le rôle de l’iconostase et présentent le Christ Antiphoniste (Χριστός Αντιφωνητής), la Vierge Marie des Blachernes (Παναγία η Βλαχερνίτισσα), saint Nicolas évêque de Myre (Άγιος Νικόλαος επίσκοπος Μύρων), et saint Nicolas le Studite (όσιος Νικόλαος ο Στουδίτης).

Le reste des murs est décoré de fresques évoquant trois importants cycles iconographiques de l’orthodoxie : la vie de la Mère de Dieu (Θεοτόκος), mettant en valeur la jeunesse de la Vierge Marie ; la vie du Christ, avec notamment, sur la voûte, la Transfiguration de Jésus, la Résurrection de Lazare, la Résurrection de Jésus, l’Ascension de Jésus et la Pentecôte ; la vie de saint Nicolas de Myre, fêté le 6 décembre. Il ne semble pas y avoir eu de cycle iconographique dédié à saint Nicolas le Studite.

L’église Saint-Nicolas à Kyriakosellia est généralement fermée à clé. On peut faire une halte au kafénio-taverne (Ταβέρνα Λεμονιά) de Samonas, à la sortie sud du village, à environ 5 km au nord-est de Kyriakosellia, pour obtenir la clé de l’église ou se faire accompagner. On peut aussi se renseigner auprès de l’Éphorie des Antiquités byzantines et post-byzantines de La Canée, au numéro de téléphone 00 30 28310 23653.

L’intérieur de l’église n’est pas éclairé par la lumière électrique ; il est utile de se munir d’une lampe portative pour bien voir les fresques.

Dans les années 1990, ici en 1995, la visite était assurée par un personnage très sympathique et très pittoresque, Georges Manatakis (Γεώργιος Μανατάκης), portant fièrement le costume traditionnel crétois : bottes, culotte bouffante et mantille à franges, le « mandili » (μαντήλι / mantíli). Il repose à présent dans le petit cimetière de Kyriakosellia, parsemé de pétales d’orangers, attenant à l’église.

Le village de Kalyvès en Crète. Au kafénio de Kiriakosélia en 1995. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyvès en Crète. Au kafénio de Kiriakosélia en 1995. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyvès en Crète. Cimetière de l'église Saint-Nicolas à Kyriakoselia. Cliquer pour agrandir l'image. Le village de Kalyvès en Crète. Tombe de Georges Manatakis au cimetière de l'église Saint-Nicolas à Kyriakoselia. Cliquer pour agrandir l'image.

Village grecLe village de Frès (Φρες / Fres)

Le village de Kalyvès en Crète. Le village de Fres (auteur Kleopatra Manoliou). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Frès est un petit village agricole du sud-ouest de l’Apokoronas, situé sur les contreforts nord-est des Montagnes Blanches, à environ 230 m d’altitude. Frès se trouve à environ 8 km à l’ouest du chef-lieu du dème, Vryssès, et à 31 km au sud-est de La Canée. Le village vit principalement de la production d’huile d’olive, de vin et de fromage.

Le village de Kalyvès en Crète. Situation du canton de Fres (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.La localité de Frès compte un peu plus de 200 habitants, mais elle est le chef-lieu d’un canton (Δημοτική ενότητα Φρε) qui comprend quatre autres communautés locales : Mélidoni (Μελιδόνι), Païdochori (Παϊδοχώρι) qui comprend aussi le village d’Agioi Pantès (Άγιοι Πάντες) (« Tous les Saints »), Pémonia (Πεμόνια) et Tzitzifès (Τζιτζιφές) ; le canton a une population totale de moins de 1 000 habitants.

Le village de Kalyvès en Crète. Carte de la randonnée n° 4 de l'Apokoronas. Cliquer pour agrandir l'image.Le village possède une grande place sur laquelle se dresse la grande église de l’Annonciation (Ευαγγελιστρία), une église à trois nefs, coiffée d’un dôme, avec deux immenses clochers, qui paraît à présent démesurée pour ce modeste village.

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