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La ville d’Évangélismos, Kastelli, Lyctos et la Plaine minoenne (Minóa Pediáda) en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
La commune de la Plaine minoenne constitue, avec la commune voisine d’Archanès, le cœur de l’île de Crète et du département d’Héraklion, et l’arrière-pays de la ville capitale de la Crète Cnossos, puis Candie et, de nos jours, Héraklion. C’est une région agricole fertile et bien irriguée par les eaux descendant de l’ouest du massif montagneux du Dicté ; la commune produit de l’huile, du vin, des raisins secs et des légumes. À l’époque de l’occupation ottomane, c’était l’une des régions qui furent le plus colonisées par les Turcs.

Le chef-lieu historique de la contrée est le village de Kastelli, où d’où être construit le nouvel aéroport international d’Héraklion, mais le chef-lieu administratif de la Plaine minoenne est le petit village d’Évangélismos. La commune compte une population d’environ 18 000 habitants.

SituationSituation

La commune de la Plaine minoenne (Δήμος Μινώα Πεδιάδας) comprend trois cantons : au nord-ouest le canton de Thrapsano, au nord-est le canton de Kastelli, et au sud le canton d’Arkalochori.

La ville d'Évangélismos en Crète. Situation du dème (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Au nord de la commune de la Plaine minoenne se trouve la commune d’Hersonnissos ; à l’est, la commune du Plateau du Lassithi ; au sud-est, la commune de Viannos ; à l’ouest, la commune d’Archanès.

La ville d'Évangélismos en Crète. L'est de la plaine minoenne vu depuis le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La Plaine minoenne est le point de passage traditionnel pour accéder au plateau du Lassithi ; à l’est de Kastelli on peut encore emprunter le chemin muletier pavé qui conduisait depuis la plaine, à environ 350 m d’altitude, jusqu’au plateau, à environ 830 m d’altitude :

Aller au chemin muletier du Lassithi avec Google Maps (35.205752, 25.412333).

La ville d'Évangélismos en Crète. Le nord de la plaine minoenne vu depuis le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

 

VisitesVisites

Village grecLe village d’Évangélismos (Ευαγγελισμός / Evangelismós)
Le petit village d’Évangélismos, situé à environ 3,5 km au sud-ouest de Kastelli, à l’extrémité sud de la piste de l’aérodrome, est officiellement le chef-lieu de la commune de la Plaine minoenne (Δήμος Μινώα Πεδιάδας) ; le village a une population d’environ 200 habitants.
Village grecLe village de Kastelli (Καστέλλι / Kastélli)
La ville d'Évangélismos en Crète. La ville de Kastelli vue depuis le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Kastelli se trouve dans le nord de la plaine minoenne (Μινώα Πεδιάδα), au sommet d’une basse colline, à une altitude d’environ 350 m. Kastelli est à environ 33 km au sud-est d’Héraklion, via Épiskopi, à 14 km au sud de Chersonissos et à 52 km à l’ouest d’Agios Nikolaos. Kastelli est une grosse bourgade agricole qui compte environ 1 400 habitants, dont la plus grande partie sont des paysans cultivant l’olivier et la vigne, ou produisant du fromage ; un marché animé y a lieu le mercredi.

La ville d'Évangélismos en Crète. Situation du canton de Kastelli (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Kastelli est le chef-lieu du canton du même nom, dont les principales localités sont Archangélos (Αρχάγγελος), Aski (Ασκοί), Évangélismos, Kastelli, Kastamonitsa (Κασταμονίτσα), Liliano (Λιλιάνο), Lyctos, Polythéa (Πολυθέα) et Sainte-Parascève (Αγία Παρασκευή).

À l’est du village se trouve une région de vallons et de collines ; sur l’une de ces collines, à 2 km à l’est de Kastelli, se trouve le site antique de Lyctos. Plus à l’est se trouve l’accès traditionnel au plateau du Lassithi depuis la plaine minoenne, par le village de Kastamonitsa puis un sentier muletier qui escalade le flanc occidental du massif du Dicté. Le sentier européen de randonnée E4, descendant du Lassithi, emprunte ce sentier muletier et traverse Kastelli.

La ville d'Évangélismos en Crète. Gravure du Castel Pediada à Kastelli par Marco Boschini en 1651 (Bibliothèque Nationale de France). Cliquer pour agrandir l'image.Le toponyme Kastelli (Καστέλλι), ou Kastéli (Καστέλι), se réfère à un château vénitien (castello), le Castello di Pediada, qui se trouvait au centre du village. Dans un document daté de l’année 1271, au début de la présence vénitienne, le château était nommé Castro di Pediada et non Castello di Pediada, suggérant que le château était à l’origine une fortification byzantine, car les Byzantins nommaient « kastro » leurs forteresses. Il ne reste que quelques pierres du Castel Pediada, à l’emplacement de l’actuelle école. Pour éviter une confusion avec la ville de Kastelli-Kissamos (Καστέλλι Κισάμου), située dans l’extrême ouest de l’île, le village est parfois nommé Kastelli de Pédiada (Καστέλλι Πεδιάδας).

La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Saint-Pantaléon (auteur Lefteris Kanakis). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).À moins de 3 km au nord-nord-est de Kastelli, sur la route de Chersonissos, peu avant le hameau de Bitzariano (Μπιτζαριανό), un chemin carrossable à droite conduit en 500 m à l’église Saint-Pantaléon (Άγιος Παντελεήμων / Ágios Pandeleímon), cachée dans un bosquet de chênes et de platanes, dans un site très frais, autour d’une source qui était très probablement un sanctuaire dans les temps anciens. Il s’agit d’un intéressant édifice de plan basilical à trois nefs, abside et absidioles, probablement reconstruit à l’époque vénitienne avec des éléments plus anciens de la basilique originelle datant du Xe siècle (chapiteaux antiques, sculptures byzantines), avec comme colonnes des fragments encore plus anciens, provenant vraisemblablement du site antique de Lyctos. Dans le chœur de l’église on peut admirer de belles icônes et, sur le mur nord, des fresques des saints soldats, datant du XIVe siècle, ainsi qu’une scène inhabituelle de sainte Anne allaitant l’enfant Marie. L’église est en principe ouverte tous les jours de 9 h à 15 h, en accès libre.

L’aqueduc, qui transportait autrefois l’eau vers la cité antique de Lyctos, passe à proximité de l’église Saint-Pantaléon, et on peut en apercevoir des vestiges depuis la route.

La ville d'Évangélismos en Crète. L'église de la Présentation de Marie à Sklavérochori (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.À moins d’1,5 km à l’ouest de Kastelli, à l’entrée du village de Sklavérochori (Σκλαβεροχώρι), se trouve l’église de la Présentation de Marie au Temple (Εισόδια της Θεοτόκου) ; il s’agit d’une église du XVe siècle qui recèle de belles fresques de style byzantin ; l’une des fresques représente le saint de l’Église catholique romaine, saint François d’Assise, ce qui est rare dans les églises grecques orthodoxes. L’église est habituellement fermée à clé ; on peut demander la clé à l’entrée du village.

AérodromeL’aérodrome de Kastelli
La ville d'Évangélismos en Crète. L'aérodrome de Kastelli vu depuis le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’aérodrome de Kastelli est un aérodrome militaire (Στρατιωτικό Αεροδρόμιο Καστελλίου) situé à 2 km au sud de la localité de Kastelli, à environ 35 km au sud-est d’Héraklion et à 54 km à l’ouest d’Agios Nikolaos; l’unique piste de l’aérodrome, orientée nord-sud, de 2 991 m de longueur, longe le bord oriental de la plaine minoenne, à environ 360 m d’altitude. L’aérodrome est la base du 133e Groupe de Combat de l’armée de l’Air grecque qui y déploie notamment des avions de chasse F16.

La construction de l’aérodrome de Kastelli a été commencée au début de la Deuxième Guerre mondiale, à l’automne 1940, par les Britanniques, pour disposer d’un terrain d’atterrissage pour la Royal Air Force. Après la conquête de la Crète par les Allemands en mai 1941, ceux-ci poursuivirent la construction de l’aérodrome dans le but de l’utiliser en soutien aux opérations militaires de l’Afrikakorps en Afrique du Nord ; des milliers de Crétois furent utilisés en travail forcé. En 1942, pour gêner ces missions de ravitaillement, des commandos britanniques furent envoyés sur l’aérodrome pour une opération de sabotage ; avec l’aide de résistants grecs, les Britanniques détruisirent ou endommagèrent une trentaine d’avions, le 9 juin 1942 ; une autre opération de sabotage réussie eut lieu les 4 et 5 juillet 1943.

La ville d'Évangélismos en Crète. Le projet de nouvel aéroport à Kastelli. Cliquer pour agrandir l'image.Depuis la fin de la guerre l’aérodrome est utilisé par l’armée de l’Air grecque. Dans les années 1970 l’aérodrome de Kastelli a servi d’aéroport civil lors des travaux de rénovation de l’aéroport d’Héraklion.

Le nouvel aéroport international d’Héraklion est en construction au sud-ouest de l’aérodrome de Kastelli ; il doit remplacer l’aéroport Nikos Kazantzakis, situé dans la banlieue est d’Héraklion, mis en service en 1937 et qui est congestionné depuis de nombreuses années. La construction et la concession d’exploitation, pour 35 ans, du nouvel aéroport ont été attribuées en 2017 à un consortium gréco-indien ; la première pierre de l’aéroport a été posée en février 2020 ; le nouvel aéroport devrait être opérationnel en mai 2025. Des travaux d’adaptation des infrastructures routières sont en cours aux abords de la capitale crétoise ; une liaison ferroviaire est envisagée pour relier le nouvel aéroport à Héraklion.

Site archéologiqueLes ruines de Lyctos (Λύκτος / Lúctos)
La ville d'Évangélismos en Crète. Le site archéologique de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Lyctos était une cité dorienne qui fut une des cités grecques les plus puissantes de Crète depuis l’époque archaïque jusqu’à l’époque hellénistique. Lyctos était construite à un endroit stratégique, sur la crête d’un promontoire adossé aux contreforts nord-ouest du massif du Dicté, culminant à environ 650 m d’altitude ; ce promontoire dominait à l’ouest la riche plaine minoenne et était bordé à l’est par la vallée de la rivière nommée, de nos jours, Aposélémis. Lyctos était à environ 11 km de la côte nord de l’île où se trouvait son port, près de la localité actuelle de Liménas Chersonissou (Λιμένας Χερσονήσου). Lyctos contrôlait également l’accès au plateau du Lassithi et au sanctuaire du Dicté.

Aux vers 477 à 484 de son œuvre « Théogonie » (Θεογονία), c’est-à-dire « Naissance des Dieux », le poète grec, du VIIIe siècle avant JC, Hésiode (Ήσίοδος) situe à Lyctos l’endroit où Rhéa (Ρέα), fuyant son frère et époux, le Titan Cronos (Κρόνος), donna naissance à son troisième fils, Zeus, et se cacha dans une grotte des montagnes du Dicté.

La cité de Lyctos (Λύκτος / Lúktos) aurait été fondée vers le Xe siècle avant JC par des colons doriens originaires de Sparte ; les lois de Lyctos auraient été établies par le législateur spartiate Lycurgue ; ce législateur, plus ou moins mythique, aurait vécu au IXe siècle avant JC et aurait séjourné en Crète. Des parties de codes juridiques, datés des VIe et Ve siècle avant JC, ont été mises au jour sur des blocs de pierre lors des fouilles archéologiques de Lyctos.

Dans le catalogue des navires de l’« Iliade », Homère mentionne Lyctos comme étant la cité dirigeant le contingent crétois participant à la guerre de Troie ; ce qui conforte l’hypothèse que Sparte était bien la métropole de Lyctos, la guerre de Troie ayant été déclarée par Ménélas, le roi de Sparte, dont l’épouse Hélène avait été enlevée par le Troyen Pâris.

La ville d'Évangélismos en Crète. Vue vers le nord-ouest et Knossos depuis le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Comme sa métropole Sparte, Lyctos était une cité plutôt belliqueuse qui devint très puissante à l’époque classique ; son territoire s’étendit, à certaines époques, depuis la côte nord jusqu’à la côte sud de la Crète ; la base de sa puissance maritime était le port de Chersonissos, situé sur la côte nord. Vers 411 avant JC, Lyctos signa un traité avec la cité de Lindos sur l’île de Rhodes ; elle était aussi alliée avec les cités de Malia et de Praissos. Lyctos était en conflit permanent avec Cnossos, située à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest, ainsi qu’avec Gortyne et Iérapytna, alliées de Cnossos.

La ville d'Évangélismos en Crète. Statère d'argent du 4e siècle avant JC frappé à Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image.Le nom de la cité devint Lyttos (Λύττος) ; sur les pièces de monnaie que frappait la cité apparaît l’inscription « ΛΥΤΤΙΩΝ » (« des Lyttiens ») ; beaucoup de ces pièces de monnaie portaient, à l’avers, un aigle volant et, au revers, une hure de sanglier dans un cadre carré.

La ville d'Évangélismos en Crète. Statère d'argent du 4e siècle avant JC frappé à Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image.À la fin de l’époque classique, vers 344 avant JC, Lyttos fut assiégée par Phalécus (Φάλαικος), ancien roi de Phocide (Φωκίς) devenu mercenaire au service de Knossos ; le roi de Sparte Archidamos III (Αρχίδαμος Γ΄), qui se portait au secours de Tarente, dans les Pouilles en Italie, avec ses forces armées, débarqua sans plus attendre en Crète, battit les assiégeants et rendit la cité de Lyttos à ses habitants.

À l’époque hellénistique, la coalition des cités de Cnossos, de Gortyne et d’Iérapytna dominait la Crète ; seule Lyttos résistait à cette hégémonie, avec quelques alliées situées plutôt dans l’ouest de la Crète : Polyrrinia (Πολυρρηνία), Kéraia (Κεραία) et Lappa (Λάππα), située à l’emplacement de l’actuel Argyroupoli, près de Réthymnon. Selon Étienne de Byzance, la cité d’Arsinoé appartenait à Lyttos ; certains érudits situent cette cité d’Arsinoé sur le site de l’ancienne ville de Rithymna (Ρίθυμνα) ou Rithymnia (Ριθυμνία), à l’emplacement de l’actuelle Réthymnon.

La ville d'Évangélismos en Crète. Vue vers le nord-ouest, dans la direction de Cnossos, depuis le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Entre 221 et 219 avant JC se déroula la guerre dite « Guerre lyttienne », qui opposa Lyttos à la coalition cnossienne ; en 220 avant JC, les troupes de Lyttos attaquèrent la cité d’Iérapytna, laissant sans défense leur cité ; Cnossos saisit l’occasion pour prendre la cité de Lyttos, la détruire entièrement et emmener les femmes et les enfants en captivité. L’homme d’état et historien grec du IIe siècle avant JC, Polybe (Πολύβιος), rapporte que lorsque les troupes lyttiennes revinrent à Lyttos et virent leurs maisons détruites, ils fondirent en larmes et abandonnèrent leur cité pour se porter au secours de leur alliée Lappa. Lyttos fut cependant reconstruite, mais connut une influence moins importante à l’époque romaine, dans la dépendance de Gortyne, capitale romaine de la Crète ; la plupart des édifices antiques de Lyttos furent construits à cette époque ; Lyttos était alors nommée Lyctus en latin. Lyctos survécut pendant l’époque byzantine, époque à laquelle la ville était le siège d’un évêché ; une grande basilique paléochrétienne se trouvait à l’emplacement de l’église Sainte-Croix actuelle. Lyctos ne fut définitivement abandonnée qu’au début de la domination vénitienne.

La ville d'Évangélismos en Crète. Plan du théâtre antique de Lyctos (Onorio Belli, 1587). Cliquer pour agrandir l'image.Entre 1582 et 1596, le médecin et botaniste italien Onorio Belli fit plusieurs voyages en Crète et s’intéressa en particulier aux théâtres antiques de l’île. À cette époque les ruines de Lyctos étaient encore visibles et Belli fit un dessin du théâtre de Lyctos ; il décrivit également les murs et les fortifications de la ville antique, ainsi que l’aqueduc qui amenait l’eau du Lassithi jusqu’à la cité.

La ville d'Évangélismos en Crète. Plan du site antique de Lyctos (Antonio Taramelli, 1899). Cliquer pour agrandir l'image.En 1894, les archéologues italiens Lucio Mariani et Antonio Taramelli enregistrèrent les vestiges antiques encore visibles ; les ruines du théâtre antique n’étaient plus visibles, mais les deux archéologues estimèrent que son emplacement devait se trouver à environ 20 m à l’est de l’église Timios Stavros.

L’acropole de la cité de Lyctos se trouvait vraisemblablement dans l’ouest du promontoire, à l’emplacement actuel de l’église Agios Georgios. En contrebas de l’acropole, à environ 30 m au nord-ouest, se trouvait le bouleutérion (Βουλευτήριον), c’est-à-dire le siège de l’assemblée du peuple ; le bouleutérion était un bâtiment de 13,90 m de longueur et de 11,40 m de largeur ; il avait un sol en dalles de marbre gris-blanc. À l’ouest, il y avait un podium pour les orateurs et sur les côtés longs, au nord et au sud, il y avait deux rangées de gradins pour les députés du peuple. Dans les ruines du bouleutérion on a trouvé plusieurs inscriptions et un petit autel, qui servait au culte impérial. Le bouleutérion peut être daté du début du IIe siècle avant JC ; le bâtiment a probablement été détruit par le tremblement de terre du 21 juillet 365 ; à cette époque, cependant, il n’était plus utilisé comme bouleutérion. Au sud-est de l’acropole, subsistent d’imposants vestiges des citernes romaines.

La ville d'Évangélismos en Crète. Les ruines du bouleutérion de Lyctos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.À environ un stade romain, environ 192 m, au nord-est de l’acropole, à l’emplacement de l’église Sainte-Croix actuelle, se trouvait l’agora antique. À l’est de l’agora, au fond d’un vallon s’ouvrant vers le nord, se trouvait vraisemblablement le théâtre de Lyctos, dessiné par Belli en 1587 ; de nos jours, il n’y a plus aucune trace de cet édifice. Ce théâtre était l’un des plus grands théâtres de Crète, sinon le plus grand ; il mesurait environ 180 m de diamètre et pouvait accueillir 80 000 spectateurs.

À environ 40 m à l’ouest de l’agora, en contrebas, se trouvent les ruines d’un bâtiment conique ; environ 20 m plus à l’ouest, il y a les fondations de neuf salles rondes ; en raison des nombreux tessons de poterie et des ossements d’animaux sacrificiels, on suppose qu’un site d’oracle se trouvait à cet emplacement. Le culte d’Apollon semble avoir prédominé à Lyctos.

La ville d'Évangélismos en Crète. Ruines de l'aqueduc de Lyctos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.À environ 1,5 km au sud-est de Lyctos, à Tichos (Τοίχος), on peut voir des vestiges d’un aqueduc, soutenu par un mur de pierres, qui mesurait jusqu’à 14 m de hauteur ; cet aqueduc amenait, jusqu’à la cité de Lyctos, l’eau du plateau de Nissimos (Οροπέδιο Νήσιμος), depuis une source située à environ 10 km à l’est, au-dessus du village de Krassi (Κρασί) ; l’aqueduc contournait le massif du Dicté dans une profonde vallée jusqu’à Kastamonitsa, puis longeait plus ou moins la crête jusqu’à Lyctos ; l’aqueduc avait une longueur totale de 22 km.

Ce que l’on peut voir de nos jours sur le site archéologique de Lyttos ne reflète en rien l’histoire glorieuse de la cité dorienne ; les ruines antiques ont été pillées pour en remployer les pierres. Par ailleurs des fouilles systématiques de la totalité du site n’ont pas encore été menées. Le bouleutérion a été mis au jour de 1981 à 1986. Quelques têtes de statues d’empereurs découvertes à Lyctos sont exposées au Musée archéologique d’Héraklion : Trajan, Marc-Aurèle, Hadrien.

La ville d'Évangélismos en Crète. Le village de Lyctos vu depuis le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le site archéologique de Lyttos (Αρχαιολογικός Χώρος Λύττος) se trouve à environ 1 km au nord-est du village moderne de Lyctos ; le village, qui se nommait autrefois Xidas (Ξιδάς), a repris le nom de l’ancienne cité dorienne au début du XXe siècle. Le village de Kastelli se trouve à environ 2 km à l’ouest.

Aller au site archéologique de Lyctos avec Google Maps (35.207881, 25.368505).

La ville d'Évangélismos en Crète. Le site archéologique de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Deux petites chapelles, situées sur le promontoire de Lyctos, servent de points de repère à l’approche du site.

La première chapelle que l’on rencontre est une petite église byzantine dédiée à saint Georges (Άγιος Γεώργιος) ; elle se trouve à l’emplacement supposé de l’antique acropole de la cité de Lyctos. Cette petite église à trois nefs peut être datée de l’année 1321, grâce à une inscription indiquant cette date de construction ; l’église a été construite au moyen de matériaux antiques remployés ; par exemple, dans le coin nord-est se trouve une pierre avec une inscription du IIe siècle. L’église Saint-Georges mesure 7 m de longueur et 6 m de largeur, avec son entrée située à l’ouest et une abside à l’est ; les murs sont renforcés par des contreforts. À l’intérieur de l’église Saint-Georges on peut voir des fragments de fresques.

La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Saint-Georges sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Saint-Georges sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Saint-Georges sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Saint-Georges sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
À environ 180 m au nord-est de l’église Saint-Georges se trouve l’église Sainte-Croix (Τίμιος Σταυρός). L’église Timios Stavros date de 1843 ; elle a été édifiée sur l’emplacement d’une ancienne basilique du Ve siècle, elle-même vraisemblablement construite à l’emplacement de l’agora de la cité antique de Lyctos ; des fragments des sols de mosaïque de l’ancienne basilique ont été découverts autour de l’église moderne. L’église Sainte-Croix est une église à nef unique qui mesure environ 12 m de longueur et 5 m de largeur ; son entrée se trouve sur le côté sud, avec une abside à l’est. L’église Sainte-Croix a été construite au moyen de matériaux antiques ; à droite de l’entrée se trouve une dalle de pierre portant une inscription du IIe ou du IIIe siècle.
La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Sainte-Croix (Timios Stavros) sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Sainte-Croix (Timios Stavros) sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Sainte-Croix (Timios Stavros) sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville d'Évangélismos en Crète. Porte de l'église Sainte-Croix (Timios Stavros) sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville d'Évangélismos en Crète. Inscription sur l'église Sainte-Croix (Timios Stavros) sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image.La ville d'Évangélismos en Crète. Intérieur de l'église Sainte-Croix (Timios Stavros) sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image.La ville d'Évangélismos en Crète. Intérieur de l'église Sainte-Croix (Timios Stavros) sur le site de Lyctos. Cliquer pour agrandir l'image.
À mi-chemin entre les deux églises, on peut voir, à gauche du chemin, les fondations d’un moulin à vent de plan oblong ; on peut voir dans les environs plusieurs autres ruines de moulins à vent, de section oblongue ou circulaire.
Village grecLe village de Thrapsano (Θραψανό / Thrapsanó)
Thrapsano est un gros bourg situé à environ 30 km au sud-est d’Héraklion et à environ 20 km au sud-est d’Archanès ; la localité se trouve à 4 km au sud de la route provinciale qui relie Péza à Kastelli, via Apostoli (Απόστολοι) ; en venant depuis Héraklion, il faut tourner à gauche après Péza, en direction d’Agiès Paraskiès (Άγιες Παρασκιές). Thrapsano a une population d’environ 1 250 habitants, nommés les Thrapsaniotes (Θραψανιώτες), dont beaucoup sont des potiers ; une partie de la population est faite de cultivateurs qui cultivent la vigne et l’olivier et pratiquent un peu d’élevage. Thrapsano est à une altitude de 350 m.

La ville d'Évangélismos en Crète. Situation du canton de Thrapsano (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Thrapsano est aussi le chef-lieu du canton de Thrapsano qui occupe le coin nord-ouest de la commune de Minoa Pédiada ; ce canton est le plus petit des trois cantons de la commune, avec une superficie d’environ 37 000 km². Les principales localités du canton sont Galatas (Γαλατάς), Sampas (Σάμπας), Thrapsano, Voni (Βόνη) et Zofori (Ζωφόροι) ; près de Sampas se trouve le monastère d’Agarathos (Μονή Αγκαράθου). Le canton de Thrapsano compte une population d’environ 2 300 habitants.

Le toponyme Thrapsano proviendrait du mot « thrapsala (θράψαλα) » désignant les tessons de poteries brisées qui abondaient autour des fours de potiers.

L’histoire de Thrapsano remonte au moins au début de la domination vénitienne ; le village était alors nommé Trapsiano, ou Trapsano, et était un fief de la famille Kornaros, originaire de Sitia. Thrapsano est depuis des siècles un centre de poterie, grâce à la présence d’argile et à la disponibilité de bois pour chauffer les fours de cuisson, ainsi qu’au savoir-faire transmis au fil du temps par les parents aux enfants. Dans l’imaginaire crétois, l’habitant de Thrapsano, le Thrapsaniote (Θραψανιώτης / Thrapsaniótis), s’identifie au potier ; il se voudrait même le descendant des potiers minoens.

Avec d’autres villages de Crète, tels que Margaritès (Μαργαρίτες) près de Réthymnon, Thrapsano étaient un des lieux de la « Ventéma (βεντέμα) », la campagne d’été pendant laquelle les potiers s’installaient provisoirement, jusqu’à la mi-septembre, dans les lieux favorables à la production de poteries en terre cuite ; ces potiers fabriquaient de grandes jarres appelées « pitharia (πιθαρία) » et d’autres vases en terre. Les potiers parcouraient ensuite les contrées pour vendre leur production, mais les poteries étaient fragiles et le transport, à dos d’ânes ou de mulets, depuis Thrapsano jusqu’au lieu de vente était risqué ; un proverbe disait : « Tout le monde craint Dieu, et les Thrapsaniotes les murs ».

La ville d'Évangélismos en Crète. L'église Panagia i Mesochoritissa à Thrapsano (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Les ateliers de poterie prospèrent toujours dans le village et le long des routes vers Voni et Évangélismos ; à Thrapsano les pithoi (πίθοι / píthoi) – au singulier pithos (πίθος / píthos) – sont partout : sur la place du village, devant l’église, et même à l’arrière des camionnettes garées dans les rues. Ces jarres géantes, au style inspiré de celui des pithoi de l’Antiquité minoenne, sont vendues pour orner les hôtels, les restaurants et les maisons crétoises, et même à l’exportation. La plupart des ateliers organisent des visites et certains possèdent des magasins d’usine où l’on peut faire l’acquisition d’un de ces objets encombrants. Un festival de la poterie est organisé chaque année, le 17 juillet et dure trois jours.

Thrapsano compte treize églises, les principales étant l’église de l’Exaltation de la Sainte Croix (Ύψωση του Τιμίου Σταυρού), une église à deux nefs du XVe siècle, avec des fresques bien conservées, l’église de la Transfiguration du Sauveur (Μεταμόρφωση του Σωτήρος) et l’église de l’Assomption de la Vierge Marie. L’église Notre-Dame Mesochoritissa (Παναγία η Μεσοχωρήτισσα) est une église à deux nefs, antérieure au XVIIe siècle, qui se trouve sur la place principale du village.

Site sur la Toile : e-thrapsano.gr.

Monastère orthodoxeLe monastère d’Agarathos (Μονή Αγκαράθου / Moní Agaráthou)
La ville d’Evangelismos en Crète. Le monastère d'Agarathos près de Sampas (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère d’Agarathos est un monastère grec orthodoxe situé dans le coin nord-ouest de la Plaine minoenne. Le monastère se trouve à environ 360 m d’altitude, au sommet d’une colline boisée, dans un massif montagneux plutôt dénudé. Le monastère est situé à l’est de la route qui relie Épiskopi à Arkalochori, en longeant le cours de la rivière Kartéros (ποταμός Καρτερός), peu après le village de Sgourokéfali (Σγουροκεφάλι) ; depuis ce village, une petite route, de 2,5 km de longueur, grimpe jusqu’au monastère (επαρχιακή οδός Καρτερού - Μονής Αγκαράθου). Agarathos fait cependant partie du territoire du village de Sampas (Σάμπας), dans le canton de Thrapsano, et donc de la commune de Minoa Pédiada. Le monastère se trouve à environ 23 km au sud-est d’Héraklion et à 9 km à l’est de Myrtia.

Aller au monastère d’Agarathos avec Google Maps (35.227521, 25.249352).

Le monastère d’Agarathos (Αγκάραθος / Agkarathos) est dédié à la Dormition de la Vierge Marie, c’est-à-dire l’Assomption pour les catholiques romains ; son nom complet est « Saint Monastère de la Dormition de la Vierge d’Agarathos (Ιερά Μονή Κοιμήσεως της Θεοτόκου Αγκαράθου) » ; le nom du monastère est parfois translittéré Angarathos. Le mot « agarathos (αγκάραθος) » proviendrait du nom d’une plante, le phlomis de Jérusalem, communément nommée sauge de Jérusalem (Phlomis fruticosa), ou phlomis laineux (Phlomis lanata), qui est nommé « agarathia (αγαραθία ou αγκαραθιά) » en dialecte crétois, et « asphaka » en grec général (ασφάκα) ; l’agarathia est une plante buissonnante à fleurs jaunes et à petites feuilles velues qui dégagent une odeur de sauge quand on les frotte. Selon une pieuse légende c’est sous un plant d’agarathia qu’une icône de la Vierge aurait été découverte par un moine, qui décida de construire une chapelle à cet endroit, chapelle qui deviendra le catholicon du monastère ; cette icône est toujours vénérée dans le monastère d’Agarathos.

La date de fondation du monastère d’Agarathos n’est pas connue avec certitude, mais des érudits pensent qu’il aurait été fondé après la reconquête de la Crète par Nicéphore Phocas en 961, pendant la seconde époque byzantine de la Crète, qui dura de 961 à 1204 ; ce monastère serait l’un des plus anciens de Crète. Il aurait appartenu à la famille noble des Kallergi (Καλλέργης).

La ville d’Evangelismos en Crète. Gravure du monastère d'Agarathos par Rallis Kopsidis (1929-2010). Cliquer pour agrandir l'image.La plus ancienne mention écrite conservée de Moni Agarathou est datée de 1532, pendant la domination vénitienne, dans un manuscrit qui est conservé de nos jours à la Bibliothèque marcienne (Biblioteca Marciana) à Venise. À l’époque vénitienne le monastère d’Agarathos était prospère et très riche ; il détenait d’importantes collections d’archives et de manuscrits et était un lieu d’éducation et de culture ; beaucoup de ses moines étaient originaires de l’île de Cythère. Un grand nombre d’higoumènes du monastère devinrent des personnalités éminentes de l’Église orthodoxe : le théologien Joseph Vryennios (Ιωσήφ Βρυέννιος) (vers 1350- vers 1431), auteur d’écrits considérés comme fondamentaux pour la diffusion de l’orthodoxie ; Mélétios Pigas (Μελέτιος Πηγάς) (1550-1601), patriarche d’Alexandrie de 1593 à 1601 et patriarche de Constantinople de 1597 à 1598 ; son successeur au patriarcat d’Alexandrie, Cyrille Loukaris (Κύριλλος Λούκαρης) (1572-1638), patriarche d’Alexandrie de 1602 à 1621, puis patriarche de Constantinople à plusieurs reprises ; à une époque plus récente Nikolaos Choreftakis (Νικόλαος Χορευτάκης) (né en 1954), qui fut moine à Agarathos, devint patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique en 2004 sous le nom de Théodore II (Θεόδωρος Β΄).

En 1647, pendant l’invasion de la Crète par les Ottomans, l’higoumène de Moni Agarathou, Athanasios Christoforos (Αθανάσιος Χριστόφορος), forma une troupe armée d’habitants de la région qui combattit les Turcs, leur infligeant de lourdes pertes. Pendant l’occupation ottomane le monastère d’Agarathos continua d’instruire la population dans la foi orthodoxe et servit de base aux combattants crétois ; en représailles le monastère fut plusieurs fois attaqué et incendié, et les moines massacrés, par les Turcs. Afin de les sauvegarder, la plupart des archives, les principales reliques et la précieuse icône du monastère furent transportées dans l’île de Cythère, restée en possession de la République de Venise ; ce n’est que dans les années 1970 que ces reliques et cette icône furent restituées au monastère d’Agarathos.

La ville d’Evangelismos en Crète. Le catholicon du monastère d'Agarathos près de Sampas (auteur Pampuco). Cliquer pour agrandir l'image.L’aspect général actuel du monastère date de la seconde moitié du XVIe siècle, à l’époque vénitienne, quand il fut fortifié au moyen de murs d’enceinte massifs sur trois côtés ; dans la porte du nord de l’enceinte on peut voir inscrite la date de 1585, et, dans la porte du sud, la date de 1583. Il reste quelques vestiges de ces fortifications du XVIe siècle, mais la plupart des murs ont été remplacés par divers bâtiments, tels que des entrepôts ou des ateliers. À l’intérieur de l’ancienne enceinte se trouve une cour pavée triangulaire plantée de palmiers, d’orangers et de cyprès. Au centre de la cour se trouve le catholicon du monastère dédié à la Dormition de la Vierge, fêtée le 15 août. L’église que l’on voit de nos jours a été édifiée, en remplacement de l’ancienne église, à l’époque de la reconstruction du monastère, à la fin du XIXe siècle, vers 1894 ; elle a été rénovée au début des années 1940. Il s’agit d’un édifice à trois nefs, de style byzantin, avec un grand dôme. L’intérieur du catholicon est décoré de fresques modernes qui représentent des saints crétois. Le monastère comprend une autre église, plus ancienne, dédiée à saint Raphaël (Άγιος Ραφαήλ), située à l’extérieur de l’enceinte.

Le monastère d’Agarathos est un monastère d’hommes qui est habité par une vingtaine de moines qui s’emploient à des activités agricoles, notamment la production de vin et d’huile d’olive ; les moines sont accueillants mais une tenue correcte est exigée ; quelques chambres d’hôtes sont disponibles si on veut faire une retraite au monastère. Le monastère comprend un petit musée abrité dans un ancien entrepôt voûté dont une inscription indique qu’il a été construit en 1628 ; on peut y voir des souvenirs évoquant l’histoire du monastère et des vêtements ecclésiastiques, notamment des objets personnels donnés par le patriarche Théodore II d’Alexandrie.

L’entrée du monastère et du musée est gratuite, mais les dons sont bienvenus.

Ruine antiqueLes ruines du palais de Galatas (Ανάκτορο Γαλατά / Anáktoro Galatá)
Les ruines du petit palais minoen de Galatas sont un site de fouilles archéologiques situé sur la bordure occidentale de la Plaine minoenne (Μινώα Πεδιάδα), à environ 28 km au sud-est d’Héraklion, à 3 km au sud-ouest de Thrapsano et 2 km au nord d’Arkalochori, près du hameau de Galatas (Γαλατάς) ; le site archéologique se trouve dans le canton de Thrapsano. Le peuplement minoen était bâti, à environ 410 m d’altitude, dans le nord du sommet aplati d’une colline, Galatiani Kéfala (Γαλατιανή Κεφάλα), qui culmine à 435 m. Le versant occidental de la colline est très escarpé ; à son pied coule un ruisseau qui est un affluent de la rivière Astrakianos (ποταμός Αστρακιανός), qui à son tour se jette dans la rivière Kartéros (ποταμός Καρτερός), qui se jette dans la mer de Crète à Amnissos (Αμνισός), un peu à l’est d’Héraklion.

Aller au palais minoen de Galatas avec Google Maps (35.175149, 25.245513).

Un peuplement minoen semble s’être déjà développé, au sommet de la colline Galatiani Kéfala, dès le début de l’époque minoenne ancienne MA-I ; cependant, les premiers éléments architecturaux datent de l’époque minoenne moyenne MM-I-B, à l’époque proto-palatiale, quand un village occupait la zone nord de la colline. Les fouilles ont montré que le village avait une importante activité de production et de commerce ; le village disposait de structures nécessaires à ces activités, notamment pour l’entreposage de céréales, mais ne comportait pas de premier palais, contrairement à d’autres cités minoennes de l’époque proto-palatiale.

La ville d'Évangélismos en Crète. Les ruines du palais minoen de Galatas (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Au milieu de ce peuplement d’époque proto-palatiale un grand bâtiment fut bâti à l’époque néo-palatiale, plus précisément à l’époque minoenne moyenne MM-III-B, au XVIIe siècle avant JC ; ce bâtiment présentait certaines caractéristiques des palais minoens de l’époque néo-palatiale : une vaste cour centrale rectangulaire pavée, la plus grande longueur étant orientée nord-sud, entourée de constructions sur les quatre côtés ; la cour mesurait 16 m par 32 m, ce qui en faisait la quatrième plus grande cour après celles des palais de Cnossos, de Malia et de Phaistos.

Au nord, la cour était délimitée par une façade en pierre de taille ; l’aile nord semble avoir été un bâtiment résidentiel ; les salles devaient avoir un mobilier élégant et de précieuses fresques ; une grande attention avait été portée aux matériaux utilisés : les sols étaient recouverts de plâtre blanc qui donnait luxe et somptuosité ; les marches étaient finement peintes en rouge.

L’aile orientale du palais comprenait des salles utilisées pour les réceptions, les réunions officielles et les fêtes religieuses ; des fêtes et des banquets semblent avoir été les principales activités dans ce bâtiment : de nombreux restes d’ustensiles de cuisine, assiettes, tasses et verres, ainsi que des restes d’animaux ont été retrouvés dans ces salles ; une particularité du palais de Galatas est une grande cheminée centrale, de 3 m par 1,5 m, située dans une pièce à quatre colonnes de cette aile orientale ; sous la couche de cendres, des fragments d’une fresque représentant une partie d’un paysage rocheux ont été découverts.

Autour de ce palais une vaste zone urbaine, d’au moins 70 000 m² de superficie, s’étendait vers le sud-est au bas de la colline. La ville minoenne de Galatas se trouvait à environ 10 km au sud-est de la cité d’Archanès, à 15,5 km au sud-est de la cité de Cnossos et à 41,5 km au nord-est de la cité de Phaistos.

Au début de l’époque minoenne récente MR-I-A, ce « palais » a perdu son caractère palatial et a été détruit par un tremblement de terre à la fin de cette période, et abandonné ; en tant que centre urbain de la région, la ville minoenne, qui entourait le palais, a continué d’être habitée jusqu’à ce qu’elle soit détruite par un incendie à la fin de l’époque minoenne récente MR-I-B ; cette destruction de la ville est en relation avec la destruction de l’ensemble des cités minoennes de l’île entre 1500 et 1430 avant JC, marquant le début de l’époque post-palatiale. Ce n’est qu’à la fin de l’époque minoenne récente MR-III-A2 à MR-III-B que les activités de construction ont repris dans certaines parties des bâtiments néo-palatiaux détruits, mais ces constructions étaient destinées à d’autres usages et étaient peut-être en relation avec invasions mycéniennes.

Le palais de Galatas fut découvert, au début des années 1990, à la suite de signalements faisant état de fouilles illégales dans la zone de la colline de Galatiani Kéfala. Des fouilles systématiques débutèrent, à partir de 1995, sous la direction de l’archéologue Giorgos Réthymiotakis (Γιώργος Ρεθυμιωτάκης) ; en 1997 Réthymiotakis annonça avoir mis au jour un nouveau palais minoen de l’époque néo-palatiale. Les fouilles se sont poursuivies jusqu’en 2005. Les ailes nord et est se sont révélées en meilleur état que les ailes sud et ouest, gravement endommagées.

Le site archéologique de Galatas (Αρχαιολογικός Χώρος Γαλατά) n’est pas encore ouvert à la visite par le public ; la zone de fouille, d’environ 80 m par 90 m, est entourée d’une clôture, mais on peut observer les ruines à distance. On accède au site par un chemin de terre qui gravit le versant oriental de la colline depuis la route reliant le hameau de Galatas au village d’Archontiko (Αρχοντικό) ; le chemin débute sur la droite à environ 700 m après Galatas.

Village grecLe village d’Arkalochori (Αρκαλοχώρι / Arkalochóri)
La ville d'Évangélismos en Crète. Le village d'Arkalochori (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Arkalochori est un gros bourg agricole, d’environ 4 300 habitants, situé au milieu de la plaine minoenne ; la majeure partie de la population vit du commerce, de l’élevage et de l’agriculture (huile d’olive, raisins secs, céréales). Le toponyme de la localité évoque le nom du blaireau de Crète (Meles meles arcalus), sous-espèce du blaireau d’Europe (ασβός), nommé « arkalos » (αρκαλος) en crétois ; le suffixe « -chori » (χώρι) indique un peuplement, un « village de blaireaux » …

La ville d'Évangélismos en Crète. Situation du canton d'Arkalochori (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.La localité est le chef-lieu du canton d’Arkalochori qui occupe la partie sud de la commune de la Plaine Minoenne (Δήμος Μινώα Πεδιάδας) ; la pointe sud du canton est baignée par la mer de Libye. Le canton d’Arkalochori comprend une vingtaine de localités, dont : Archontiko (Αρχοντικό), à moins d’1 km au nord ; Roussochoria (Ρουσσοχώρια), à 3 km au nord-est ; Nipiditos (Νιπιδιτος), à 6 km à l’est ; Avli (Αυλή), à 4,5 km au sud-est ; Kassanos (Κασανος), à 6,5 km au sud-est ; Panagia (Παναγία), à 7,5 km au sud-est ; Karavados (Καραβάδος), à 9 km au sud-est ; Skinias (Σκινιάς), à 10 km au sud-est ; Moussouta (Μουσούτα), à 3 km au sud, avec une fontaine vénitienne ; Inio (Ίνιο), à 6 km au sud ; Démati (Δεμάτι), à 12 km au sud ; Kastelliana (Καστελλιανά), à 13 km au sud ; Tsoutsouros (Τσούτσουρος), à 17 km au sud ; Lefkochori (Λευκοχώρι), à 4 km au sud-ouest ; Partira (Πάρτιρα), à 4,5 km au sud-ouest ; Garipa (Γαρίπα), à 7 km au sud-ouest ; Zinda (Ζίντα), à 2 km à l’ouest ; Panorama (Πανόραμα), à 6 km à l’ouest ; Patsidéros (Πατσίδερος), à 3,5 km au nord-ouest ; Choumério (Χουμέριο), à 2,5 km au nord-ouest. La population du canton est d’environ 10 000 habitants.

Le village d’Arkalochori se trouve à 30 km au sud d’Héraklion sur la route départementale conduisant à Ano Viannos.

La ville d'Évangélismos en Crète. Statue de Napoléon Soukatzidis à Arkalochori. Cliquer pour agrandir l'image.À l’entrée nord du village se trouve la statue de Napoléon Soukatzidis (Ναπολέων Σουκατζίδης), un militant communiste fusillé par les Allemands, au camp de concentration de Chaïdari (Χαϊδάρι) près d’Athènes, le 1er mai 1944, avec 200 autres prisonniers ; ces représailles faisaient suite à l’assassinat par des partisans communistes du général de division Franz Krech près de Molai (Μολάοι), en Laconie dans le Péloponnèse. La famille de Soukatzidis, originaire de Bursa (Προύσσα) en Anatolie, s’était installée à Arkalochori lors de l’échange de populations entre la Grèce et la Turquie en 1923.

La ville d'Évangélismos en Crète. Local du KKE à Arkalochori. Cliquer pour agrandir l'image.À côté, dans ce quartier délabré, se trouve le siège local du Parti Communiste de Grèce (Κομμουνιστικό Κομμα Ελλάδας, KKE).

Il y a d’autres attractions touristiques à Arkalochori : au nord du village, au pied de la colline de Profitis Elias, se trouve une grotte où a été découvert un trésor archéologique comprenant des armes votives, notamment des doubles haches en bronze, en or ou en argent. Cette grotte sacrée, la grotte d’Arkalochori (Σπήλαιο του Αρκαλοχωρίου), a été utilisée depuis la fin du IIIe millénaire avant JC jusqu’à environ 1450 avant JC, quand le plafond de la grotte s’est effondré, préservant ces objets votifs jusqu’à nos jours. Les archéologues pensent que le trésor sacré découvert dans cette grotte était en relation avec le palais minoen de Galatas.

En 1912 des paysans ont récupéré 20 kg d’armes datant de l’Âge du bronze, qui ont été vendues comme ferrailles ; en 1934 un enfant a découvert une hache bipenne en or qui avait été déterrée par un lapin ; des fouilles archéologiques systématiques ont alors été menées. Une double hache en bronze a particulièrement attiré l’attention des archéologues parce qu’elle portait des inscriptions en caractères ressemblant à des caractères de l’écriture linéaire A ; les chercheurs ont finalement conclu que cette inscription était une pseudo-inscription, dénuée de sens, réalisée par un illettré, en imitation des hiéroglyphes du linéaire A, telles que ceux du « Disque de Faistos ». Cette « hache d’Arkalochori » est exposée au Musée archéologique d’Héraklion.

Village grecLe village de Tsoutsouros (Τσούτσουρος / Tsoútsouros)
Tsoutsouros est un petit port de pêche situé sur la côte sud de la Crète ; les quelques kilomètres de côte situés à l’est de Tsoutsouros constituent le seul accès maritime de la commune de Minoa Pédiada. L’accès à Tsoutsouros depuis Arkalochori, distant de 25 km, se fait par une petite route escarpée, de 9 km de longueur, qui relie Kato Kastelliana (Κάτω Καστελλιανά) à Tsoutsouros, à travers un paysage de montagnes dénudées et désertiques ; un autre accès routier est possible par une petite route côtière venant d’Iérapétra, à 52 km à l’est, via Myrtos, à 40 km, route dont Tsoutsouros est le terminus ; à 1,5 km à l’ouest, on aperçoit le hameau côtier de Maridaki (Μαριδάκι), seulement accessible par une piste depuis Tsoutsouros.

La ville d'Évangélismos en Crète. La baie de Dermatos par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.La petite baie de Tsoutsouros se trouve à la confluence de plusieurs gorges (Φαράγγι Μίντρη, Φαράγγι Τσούτσουρα et Φαράγγι Τρούλλας) dont les cours d’eau ont créé, à leur embouchure, de petites plages de gravier ombragées de tamaris ; Tsoutsouros est ainsi devenu une modeste station balnéaire disposant d’un hôtel et d’hébergements en appartements ou en villas de vacances. À 4 km à l’est de Tsoutsouros se trouve l’embouchure d’une rivière plus importante, la rivière Anapodaris (Ποταμός Αναποδάρης), qui collecte les eaux du bassin sud-ouest du massif du Dicté ; la rivière a créé une belle plage, la plage de Dermatos (Παραλία Δέρματος), de près d’1 km de longueur. À l’époque vénitienne Tsoutsouros était connu sous le nom de Zuzuro et la plage de Dermatos comme la Spiaggia di Dermato.

Dans l’Antiquité grecque cette région était vraisemblablement l’emplacement de la cité nommée Inatos (Ίνατος ou Έινατος) ; cette cité figure, sous le nom d’Inata, sur la « Table de Peutinger » à une distance de 32 milles romains à l’ouest d’Iérapytna, soit 47 km, le mille romain de mille pas (millia passuum) mesurant 1 481 m. Selon Étienne de Byzance le culte de la déesse de l’enfantement Ilithyie (Ειλείθυια) était célébré dans la cité d’Inatos ; dans une grotte, située près de Tsoutsouros, ont effectivement été découverts des objets votifs datant des époques minoenne, géométrique, grecque et romaine ; ces découvertes, faites par Nicolas Platon et Costis Davaras, sont présentées au Musée archéologique d’Héraklion : des centaines de figurines masculines et féminines en argile, des modèles miniatures d’embarcations, des doubles haches, des têtes d’aiguilles en pierre, des sceaux en pierre, des objets en bronze ou en or, des colliers de perles … Cette grotte d’Ilithyie ne doit pas être confondue avec la grotte d’Ilithyie située près d’Amnissos, sur la côte nord de la Crète.

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