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La côte nord de Sitia, Psira, Mochlos, Chamézi, le monastère de Fanéroméni, Pétras et Agia Fotia en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
La côte nord du canton de Sitia s’étend sur une quarantaine de kilomètres, de part et d’autre de la ville de Sitia, depuis le cap de Mochlos, qui ferme à l’est le golfe de Mirabello, jusqu’à la presqu’île du Toplou qui ferme à l’est la baie de Sitia. Cette presqu’île fait partie d’un autre canton de la commune de Sitia, le canton d’Itanos, qui couvre toute la pointe nord-est de la Crète dont l’extrémité est le cap Sidéros.

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Navigateur par satelliteD’Agios Nikolaos à Sitia
Depuis Kissamos, à l'extrémité occidentale de l'île, via Agios Nikolaos, la route nationale 90 (Εθνική Οδός 90), mène jusqu’à Sitia, pas tout à fait à l’extrémité orientale de la Crète ; entre La Canée et Sitia la route nationale se confond avec la route européenne E75 (Ευρωπαϊκή Οδός 75) ; cette route nationale est, en grande partie, une route à quatre voies mais sans terre-plein central ; il est prévu qu’elle soit mise à la norme autoroutière dans l’avenir, complétant les tronçons existants de l’autoroute A90 (Αυτοκινητόδρομος 90) ; certains tronçons récents, comme près de Chamézi, sont encore ignorés de certains navigateurs par satellite.

La route nationale se dirige d’abord vers le sud, suivant la côte occidentale du golfe de Mirabello, qui fait partie de la commune d’Agios Nikolaos. Après la petite station balnéaire d’Istro (Ίστρο) la route suit la côte sud du golfe, traversant la côte nord de la commune d’Iérapétra et l’isthme d’Iérapétra, passant près du monastère de Fanéroméni et du site archéologique minoen de Gournia. À partir de Pachia Ammos (Παχειά Άμμος) la route s’éloigne du littoral pour traverser la plaine de Kavoussi ; quittant la plaine, la route commence à monter fortement en direction du belvédère de Platanos d’où on a une vue magnifique sur le golfe de Mirabello et sur l’île de Psira.

Après le belvédère la route entre dans la commune de Sitia et aborde une zone de moyenne montagne, les monts Orno. Les monts Orno forment, avec les monts Thrypti situés plus au sud, une barrière qui a longtemps rendu l’extrême orient de la Crète difficilement accessible. Cette région a été désenclavée par le prolongement de la route nationale 90 au-delà de Kavoussi. La route, à certains endroits tranchée dans les flancs des montagnes, s’éloigne à nouveau de la côte et épouse le relief, en longeant les contreforts nord des monts Orno ; la route est ici plus spectaculaire, bordée en été de lauriers roses, même si la côte n’est plus visible sauf en de rares endroits ; au début du trajet on peut apercevoir, loin en contrebas, la petite station balnéaire de Mochlos et l’îlot Saint-Nicolas ; la route traverse ensuite plusieurs villages situés sur les pentes nord des monts Orno : Lastros (Λαστρος), Sfaka (Σφάκα), un petit village construit sur une pente escarpée, Tourloti (Τουρλωτή) qui est un peu à l’écart de la route nationale, Myrsini (Μυρσινη), Messa Mouliana (Μέσα Μουλιανά) et Exo Mouliana (Έξω Μουλιανά).

Après les monts Orno la route parvient jusqu’au village de Chamaizi (Χαμέζι) et on commence à deviner au loin, souvent dans la brume, les îles Dionysades (Διονυσάδες), puis la route redescend, par de grands virages, vers Sitia qui est l’extrémité orientale de la route E75.

ÎleL’île de Psira (Ψείρα / Psíra)
La côte nord de la commune de Sitia en Crète. L'île de Psira vue depuis le belvédère de Platanos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’île de Psira (νησίδα Ψείρα) se trouve dans la partie orientale du golfe de Mirabello, à environ 2,5 km de la côte nord de la Crète orientale ; la localité la plus proche est Mochlos, mais Psira fait partie de la communauté locale de Lastros (Λάστρος), dans le canton et la commune de Sitia. La ville d’Agios Nikolaos, située de l’autre côté du golfe, est à environ 10 km à l’ouest de Psira.

Aller à l’île de Psira avec Google Maps (35.185625, 25.864047).

En grec, le nom de l’île signifie « pou », sans doute à cause de sa forme présentant une tête et un corps séparés par un isthme, comme celle de cet insecte parasite de l’être humain, le pou (Pediculus humanus). À l’époque vénitienne l’île de Psira était nommée « Scoglio di Spira ».

De la pointe sud-ouest à la pointe nord-est, Psira a une longueur d’environ 2,4 km ; sa largeur maximale est d’environ 1 km ; sa superficie est de 1,4 km² ; l’île culmine à 204 m d’altitude.

De nos jours Psira est inhabitée et n’est même plus utilisée pour faire paître le bétail, sa végétation étant très clairsemée. À l’époque minoenne l’île abritait cependant un village portuaire situé au milieu de la côte orientale de l’île. Ce petit port, situé dans une crique bien protégée par le promontoire nommé de nos jours Katsouni (Κατσούνι), était un des rares havres abrités des vents du nord dans cette partie de la côte nord-est de la Crète.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Vue aérienne des ruines de Psira (auteur Schuppi). Cliquer pour agrandir l'image.D’après les découvertes archéologiques, le village minoen aurait été construit dès l’époque minoenne pré-palatiale ; les habitations étaient bâties sur la roche du promontoire qui dominait le port. Ce premier village a été détruit à la fin de l’époque proto-palatiale, au XVIIIe siècle avant JC, en même temps que les premiers palais minoens de l’île. Les gravats des maisons du premier village furent utilisés pour niveler le sol inégal du promontoire et un nouveau village fut construit au début de l’époque néo-palatiale. Les habitations étaient construites au moyen de pierres calcaires de l’île grossièrement taillées ou provenant de carrières de la région de Mochlos, sans aucune utilisation de briques ; ces maisons, construites sur des pentes, avaient souvent deux étages avec une entrée à chaque étage. La partie supérieure du village était accessible depuis le port par un grand escalier qui grimpait sur la pente escarpée puis passait entre les maisons du village.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Bas-relief en gypse des ruines de Psira (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le village comprenait environ soixante bâtiments disposés autour d’une grande place publique de forme rectangulaire, de 16 m par 20 m ; sur le côté nord de la place se trouvait le seul grand bâtiment du village (AC sur le plan), mais qui n’était pas un palais ; ce bâtiment minoen tardif a été hypothétiquement identifié comme un sanctuaire civique ; il présentait des bas-reliefs en stuc peint à son étage supérieur et conserve un fragment de fresque représentant deux femmes qui se font face, peut-être des prêtresses, vêtues de robes minoennes richement brodées. De l’autre côté de la place se trouvait une grande maison, comportant de nombreuses pièces, nommée par les archéologues « Maison des Rhytons » ; en effet de nombreux vases à libations y ont été mis au jour, notamment un rhyton en forme de taureau, d’autres fabriqués à partir de coquilles de tritons, ainsi que beaucoup de coupes à boire. À l’ouest du village, loin du centre, se trouvait une nécropole où ont été faites les découvertes les plus précieuses.

Les artefacts retrouvés dans les ruines, notamment des récipients en pierre ou en céramique de bonne qualité, dignes d’un palais, suggèrent que la population de Psira était prospère, sans doute constituée de riches marchands faisant du commerce maritime avec les autres peuples de la mer Égée. Les terres arides de l’île étaient cultivées en terrasses, le sol très pauvre étant enrichi avec les déchets du village ; la pêche devait contribuer fortement à la subsistance de la population de l’île, mais cette population était vraisemblablement très dépendante de la Crète pour son alimentation. L’île possédait un réseau élaboré de recueil des eaux de pluie car l’eau était rare sur l’île ; les restes de ce que l’on pense être un puits ont été découverts.

Comme de nombreux peuplements et palais minoens de Crète, le village de Psira fut détruit vers 1450 avant JC, vraisemblablement par l’éruption volcanique catastrophique de Théra (Santorin). Le village connut plus tard une brève occupation puis fut abandonné. Sous la domination romaine une balise fut construite au sommet de l’île pour les besoins de la navigation.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Plan des ruines de Psira (auteur Betancourt et Davaras). Cliquer pour agrandir l'image.Les fouilles du site de Psira furent commencées en 1906 par l’archéologue étasunien Richard Berry Seager qui était en train de fouiller le site de Vassiliki près de Gournia et à qui un marin turc avait parlé des ruines de l’île de Psira. Seager constata rapidement qu’il s’agissait d’un peuplement semblable à celui de Gournia et décida de fouiller le site l’année suivante ; la mise au jour des ruines de Psira se déroula de mai à juillet 1907 et permit de dégager notamment la Maison des Rhytons ou « Maison de Seager » (AB sur le plan). Seule la partie haute du village antique de Psira a été excavée, ainsi que les pentes et le grand escalier montant du port ; la partie basse du village ainsi que le port, submergés par le basculement de l’île de Crète vers le nord-est, n’ont pas pu être fouillés. De nouvelles fouilles, plus approfondies, ont été effectuées en 1985 et 1986 par l’archéologue étasunien Philip Betancourt et l’archéologue grec Costis Davaras (Κωστίς Δαβάρας) pour l’université Temple de Philadelphie.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Vase en forme de panier daté de 1500 avant JC découvert à Psira (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Des artefacts de valeur ont été découverts dans les ruines de Psira, notamment dans la Maison des Rhytons et dans la nécropole : des rhytons en forme de taureau, un vase en terre cuite en forme de panier, décoré de haches bipennes, une amphore décorée de dauphins sur fond de filet de pêche, des vases en pierres et cetera ; ces objets datent de la fin de l’époque néo-palatiale, en particulier de 1550 à 1450 avant JC. Ces artefacts sont exposés dans les musées archéologiques d’Héraklion ou de Sitia ; les fresques en plâtre découvertes dans le « sanctuaire » sont exposées dans la section des fresques du Musée archéologique d’Héraklion.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. L'île de Psira. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Il est plutôt difficile de visiter le site archéologique de Psira : il existe des excursions dans le golfe de Mirabello qui incluent la visite de Psira dans leur programme, sinon on peut essayer de trouver un pêcheur du port de Mochlos qui accepte de faire un transport à la demande.

Village grecLe village de Mochlos (Μόχλος / Móchlos)
La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Mochlos vu depuis Myrsini. Cliquer pour agrandir l'image.Mochlos est un village de pêcheurs situé au bord du golfe de Mirabello, à l’extrême ouest de la commune de Sitia, sur la côte nord-est de la Crète, près de la limite avec la commune d’Agios Nikolaos ; Mochlos fait partie de la communauté locale de Tourlotis (Τουρλωτή), village situé à 9 km au sud-est. Le village de Mochlos se trouve à mi-chemin du tronçon de la route nationale 90 qui relie Agios Nikolaos, située à 36 km à l’ouest de Mochlos, à Sitia, située à 34 km à l’est de Mochlos ; on peut accéder à Mochlos par deux routes : la première route, en venant d’Agios Nikolaos, prend sur la gauche, près d’une taverne, à l’arrière de grandes carrières de gypse ; c’est une route poussiéreuse, de 4,5 km de longueur, avec des virages en épingle à cheveux où l’on risque de croiser des tombereaux transportant la production de gypse. La seconde route prend sur la gauche dans le village de Sfaka (Σφάκα), quelques kilomètres plus loin ; cette route est un peu plus longue, environ 6 km, mais moins difficile. Il y a une grande aire de stationnement à la sortie ouest du village sur la route du port.

Le village est à environ 300 m en contrebas de la route nationale ; les autocars ne descendent pas jusqu’au village mais l’on peut demander un arrêt à l’une des intersections et tenter de faire du stop jusqu’au village, ou bien descendre à pied en une heure de marche ; la remontée à pied est encore plus difficile.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. La côte nord-est jusqu'au cap Sidéros vue de Mochlos. Cliquer pour agrandir l'image.Mochlos est un charmant village d’une centaine d’habitants devenu une petite station balnéaire, bien que sa plage de sable gris et de rocher soit très exigüe ; l’endroit est très paisible et décontracté, eu égard à sa difficulté d’accès. L’endroit compte cependant quelques hébergements en chambres d’hôtes, en villas ou en appartements de vacances, et une demi-douzaine de tavernes avec d’agréables terrasses où l’on peut déguster du poisson frais et des plats grecs.

En plus du farniente la principale attraction de Mochlos est la petite île située à 180 m du village et qui porte le même nom, pour la bonne raison que l’île et le village ne faisaient qu’un dans l’Antiquité minoenne : l’île de Mochlos était une presqu’île reliée à la Crète par un isthme étroit. De l’époque minoenne il reste de nombreuses ruines sur l’île ainsi qu’à l’arrière de la plage de Liménaria (Λιμενάρια) qui se trouve à 600 m à l’ouest du village côtier, où se trouvaient un quartier d’artisans et un cimetière. Les ruines de l’île sont toujours en cours de fouille et les équipes archéologiques, grecque et étatsunienne, résident parfois dans le village durant l’été. L’île de Psira est également un lieu d’excursion depuis le port de Mochlos.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. La carrière de gypse de Mochlos vue depuis le bevédère de Platanos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La côte nord de la commune de Sitia en Crète. La carrière de gypse de Mochlos. Cliquer pour agrandir l'image.La côte nord de la commune de Sitia en Crète. La carrière de gypse de Mochlos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La côte nord de la commune de Sitia en Crète. La carrière de gypse de Mochlos. Cliquer pour agrandir l'image.La côte nord de la commune de Sitia en Crète. La carrière de gypse de Mochlos. Cliquer pour agrandir l'image.
ÎlotL’île de Mochlos (Νησί Μόχλος / Nisí Móchlos)
La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le site archéologique de l'îlot de Mochlos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’île de Mochlos se trouve à environ 180 m au nord de la côte orientale du golfe de Mirabello, face au village de Mochlos. L’île est aussi nommé « Îlot Saint-Nicolas » (Νισίδα Άγιος Νικόλαος) du fait de la présence d’une chapelle de ce nom située à la pointe sud de l’îlot. À l’époque vénitienne l’îlot était nommé « Scoglio di Muflo », l’« Écueil de la Chèvre sauvage ».

Le toponyme « μοχλός » signifie en grec « barre rigide, levier », peut-être en référence à la barre rocheuse qui reliait, dans l’Antiquité, la côte crétoise à cette île qui était alors une presqu’île. Cet isthme rocheux a été submergé du fait du basculement de l’île de Crète du sud-ouest vers le nord-est depuis l’Antiquité et à cause des tremblements de terre et de l’érosion par les vagues. Cet ancien isthme se trouve de nos jours à environ 2,5 m sous la surface des eaux. Dans l’Antiquité minoenne le peuplement situé sur la presqu’île et celui situé sur la côte ne formaient qu’une seule communauté disposant d’un port de chaque côté de l’isthme ; les navires pouvaient jeter l’ancre dans l’un ou l’autre de ces ports selon la direction et le sens du vent, ce qui était un avantage appréciable à une époque où les navires ne pouvaient pas naviguer par vent de bout.

L’îlot a une forme presque circulaire, avec un diamètre d’environ 280 m ; ses côtes sont bordées de roches escarpées, à l’exception de la pointe sud qui descend doucement dans la mer en direction de l’ancien isthme qui reliait l’îlot à la côte, constituant une sorte de place forte naturelle contrôlant l’entrée du golfe de Mirabello.

Le premier peuplement de Mochlos semble dater des débuts de l’Âge du bronze, vers 3000 avant JC. Le site fut habité par les Minoens dès l’époque pré-palatiale, vers 2700 avant JC, et semble avoir joué un rôle important dans leur commerce maritime avec l’Orient et les îles de la mer Égée. Les ruines de cette ville minoenne se trouvent dans la partie sud de l’île, à l’arrière du port dont les installations sont de nos jours englouties ; la ville devait compter une population d’environ 500 habitants. Après la destruction de la civilisation minoenne par le séisme du XVe siècle avant JC, un peuplement mycénien s’est établi sur l’île.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le site archéologique de l'île de Mochlos (auteur Vgargan). Cliquer pour agrandir l'image.Les premières fouilles archéologiques de Mochlos ont été menées en 1908 par l’archéologue étatsunien privé Richard Seager, qui a mis au jour principalement un cimetière d’époque pré-palatiale se trouvant dans l’ouest de l’île. Ces premières fouilles ont produit un riche matériel archéologique comprenant notamment des bijoux en or et en cristal de roche, des pierres à sceau, des pyxis, c’est-à-dire des boîtes précieuses, en ivoire ou en stéatite de diverses couleurs, et plus d’une centaine de vases en marbre veiné ou en albâtre. Ces artefacts sont exposés au Musée archéologique d’Héraklion.

Des fouilles plus systématiques du site ont repris en 1989, effectuées par des équipes grecque et étatsunienne ; ces fouilles, qui se poursuivent de nos jours, ont mis au jour les ruines de la cité minoenne d’époque néo-palatiale située dans la partie sud de l’île ; ces ruines comprennent des vestiges du village mycénien des XIVe et XIIIe siècle avant JC. Ces fouilles sont documentées sur le site du « Projet Archéologique de Mochlos » ; sur place des panneaux explicatifs donnent des informations sur les ruines. Les artefacts découverts lors de ces fouilles récentes sont présentés aux musées archéologique d’Agios Nikolaos et de Sitia.

Il est possible d’aller sur l’île de Mochlos en demandant une traversée en bateau à un pêcheur ; on peut se renseigner dans les tavernes qui se trouvent à la pointe du village de Mochlos, sur le chemin du port ; la traversée aller-retour coûte généralement autour de 5 € par personne. Après la visite, le signal convenu pour demander le retour est de sonner la cloche de la petite chapelle Saint-Nicolas située à la pointe sud de l’île. Par mer calme, les nageurs aguerris peuvent effectuer la traversée de 180 m à la nage, mais il peut y avoir des courants assez forts.

Chaîne de montagnesLes monts Orno (Όρος Ορνό / Óros Ornó)
La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Les monts Orno vus depuis Tourloti. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Les monts Orno sont une chaîne de montagnes du nord-ouest de la Crète orientale ; cette chaîne de montagnes culmine au mont Orno, à 1 238 m d’altitude. Malgré cette altitude plutôt modeste, les monts Orno sont creusés de profondes gorges : les gorges de Tsigkouni (Φαράγγι Τσιγκούνη) près de Sfaka, les gorges de Richtis (Φαράγγι Ρίχτη) près d’Exo Mouliana, les gorges de Koudoumas (Φαράγγι Κουδουμή) près de Tourloti. Les monts Thrypti (Όρη Θρυπτής), situés au sud-ouest, sont séparés des monts Orno par la vallée de Bemponas (Μπεμπονας).

Ces montagnes et ces gorges sont l’habitat d’oiseaux rapaces diurnes, dont certaines espèces plutôt rares : le gypaète barbu (Gypaetus barbatus) (γυπαετός), dont il ne reste que quelques couples, le vautour fauve (Gyps fulvus) (όρνιο), dont le nom « órnio » a peut-être donné son nom à ces montagnes, et l’aigle royal (Aquila chrysaetos) (χρυσαετός).

Village grecLe village de Tourloti (Τουρλωτή / Tourlotí)
Tourloti est un village bâti, un peu à l’écart de la route, à la pointe d’un promontoire, à 325 m d’altitude ; ce promontoire offre une vue panoramique sur la côte, Mochlos, l’île de Psira et le golfe de Mirabello. La population du village s’élève à environ 400 habitants dont la plupart vivent de la culture de l’olivier et de la vigne, mais aussi du néflier (μουσμουλιά), nommé « despolia » (δεσπολιά) en dialecte crétois. La plupart des raisins sont destinés à la fabrication de raisins secs ; à la fin de l’été, lorsque les raisins sont disposés dans les champs aux alentours ou sur les toits du village, les différentes étapes de leur lent passage du vert au doré, puis au brun, offrent un spectacle étonnant.
La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le séchage des raisins à Tourloti. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le séchage des raisins à Tourloti. Cliquer pour agrandir l'image.La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le golfe de Mirabello vu depuis Tourloti. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Village grecLe village de Myrsini (Μυρσινη / Myrsíni)
Quelques kilomètres après Tourloti se trouve le village de Myrsini dont le nom récent, datant de 1920, fait référence aux nombreux myrtes qui poussent dans la région. Une attraction de Myrsini est une tour vénitienne située au nord et en contrebas du village, près de la côte ; cette tour est connue sous le nom de tour de Kornaros (Πύργος του Κορνάρου) parce qu’elle se trouve à côté de l’église Saint-Antoine (Άγιος Αντώνιος) dans laquelle une inscription de 1677 mentionne le nom de Vincenzo Cornaro (Βιτσέντζος Κορνάρος), vraisemblablement un descendant de la famille du poète du même nom né à Sitia en 1553.
Village grecLes villages de Messa Mouliana (Μέσα Μουλιανά / Mésa Moulianá) et d’Exo Mouliana (Έξω Μουλιανά / Éxo Moulianá)
Mouliana comprend historiquement deux villages : le premier rencontré est Messa Mouliana, c’est-à-dire « Mouliana du Dedans », situé plus à l’intérieur des terres, à environ 405 m d’altitude et à 49 km d’Agios Nikolaos ; le second village est Exo Mouliana, c’est-à-dire « Mouliana du Dehors », situé à environ 385 m d’altitude et à 14 km de Sitia : les deux villages sont distants de 3 km. Sous la domination vénitienne le village était nommé Mugliana. Messa Mouliana compte environ 200 habitants ; Exo Mouliana, 250 habitants.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. La cataracte de Richtis (auteur Kostdro). Cliquer pour agrandir l'image.Mouliana se trouve dans une zone agricole bien irriguée par les sources des monts Orno et vit principalement de la production d’huile d’olive, de vin, de raki et de raisins secs. La région est célèbre pour son vin Moulianitiko (Μουλιανίτικο).

Au centre de Messa Mouliana peut être vue une belle fontaine datant de l’époque ottomane. En contrebas du village d’Exo Mouliana se trouve un célèbre pont de pierre, le pont de Lachana (Γέφυρα Λαχανά) ; après ce pont la rivière pénètre dans les gorges de Richtis (Φαράγγι του Ρίχτη) où se trouve une chute d’eau spectaculaire, la cataracte de Richtis (Καταρράκτης του Ρίχτη), d’une vingtaine de mètres de hauteur ; en dialecte crétois « ρίχτης » veut dire « chute d’eau ». Les gorges de Richtis sont un lieu de randonnée appréciée des amoureux de la nature pour leur flore et leur faune (Géoroute n° 17 du Géoparc). Depuis Exo Mouliana une petite route descend vers la plage de Richtis (Παραλία Ρίχτη), située au débouché des gorges ; peu avant d’arriver à la plage se trouve une aire de stationnement d’où part le sentier de randonnée des gorges de Richtis. La piste a une longueur de 4 km et est d’une difficulté moyenne, mais des chaussures robustes sont indispensables, car il faut parfois patauger dans la boue ou grimper sur des pierres, des éboulis et des souches d’arbres ; on peut se limiter à remonter jusqu’à la chute d’eau, à moins d’1,5 km du début de la piste.

Village grecLe village de Chamézi (Χαμέζι / Chamézi)
La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le village de Chamézi et au loin l'archipel des Dionysades. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Chamaizi (Χαμαίζι), renommé Chamézi (Χαμέζι) en 1940, est un village traditionnel, un peu assoupi, qui se trouve à environ 11 km au sud-ouest de Sitia ; le village compte moins de 300 habitants.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Construction du viaduc de Chamézi en 2015 (auteur Jan M). Cliquer pour agrandir l'image.Ce village est construit, à 430 m d’altitude, sur la pente sud d’une colline située un peu à l’écart de la nouvelle route nationale 90, peu après le viaduc de Chamézi : pour accéder au village il faut prendre la bretelle de sortie de l’autoroute située un peu en amont du viaduc ; il vaut mieux être prudent : cette bretelle à sens unique est l’ancienne route nationale et il arrive que des véhicules l’empruntent encore à contre-sens.

Chamézi est un village aux rues étroites et escarpées, souvent en escalier, et il vaut mieux se garer à l’entrée du village, près de l’ancienne route nationale, si on veut le visiter. Près du centre du village se trouve un musée ethnographique (Λαογραφικόν Μουσείον Χαμεζίου), qui est installé dans une maison traditionnelle à voûte du XIXe siècle ; on peut y découvrir une collection d’outils agricoles anciens et des salles remplies de meubles et d’ustensiles du XIXe siècle, tels qu’un métier à tisser, un moulin à huile et des fours.

À 4 km au nord du village, sur une colline de 430 m de hauteur dominant la côte de la mer de Crète, se trouve les ruines d’un ancien fort vénitien, le fort de Liopétro (Φρούριο Λιόπετρου), ou Liopétra, contraction de « Leone di Pietra », c’est-à-dire le « Lion de Pierre ». Ce vaste fort, qui devait abriter la population de la région de Sitia pour la protéger des attaques turques, pouvait accueillir 6 000 personnes ; après de longues tergiversations, la forteresse fut construite vers le début du XVIIe siècle, mais ne servit jamais car les habitants de Sitia se réfugièrent à Candie lors de la conquête ottomane de la Crète.

Aller aux ruines de Liopétro avec Google Maps (35.212787, 26.014685).

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Les gorges de Toussaints. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Il existe un sentier de randonnée intéressant qui part de Chamézi et qui aboutit pas très loin du monastère de Fanéroméni (Géoroute n° 16 du Géoparc). Ce sentier traverse les gorges de Toussaints (Φαράγγι Αγίων Πάντων), en longeant la rivière Skafidara (Σκαφιδαράς), jusqu’au monastère de Toussaints (Άγιοι Πάντες), voisin du monastère de Fanéroméni ; on peut y voir des falaises de calcaire blanc érodé de façon spectaculaire ; la randonnée est bien balisée, ombragée de platanes, pas très difficile et prend de 2 à 3 heures ; elle aboutit à une petite plage située à l’embouchure de la rivière. On peut également partir du village de Skopi (Σκοπή) et passer sous le viaduc de la route nationale 90.

Site archéologiqueLa maison minoenne de Chamézi (Μινωική οίκια Χαμέζιου / Minoikí oíkia Chaméziou)
La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Vieux moulin à Chamézi. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le site archéologique de Chamézi (Αρχαιολογικός Χώρος Χαμέζιου) présente les ruines d’un bâtiment, construit au sommet d’une colline, dont on a d’abord pensé que c’était un sanctuaire sommital, mais dont les études ont conclu qu’il s’agissait d’une habitation minoenne.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Jarres de style minoen à Chamézi. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’habitation minoenne de Chamézi (Μινωική οίκια Χαμέζιου) se trouve à 700 m de distance au sud du village de Chamézi ; pour accéder au site archéologique il faut sortir de la route nationale 90 par la bretelle de sortie qui conduit à Chamézi ; peu avant de passer sur le pont qui franchit la nationale, prendre une petite route sur la droite ; on arrive près des ruines restaurées de moulins à vent en pierre où un panneau indique le chemin, sur la droite, vers la « Maison Minoenne ».

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le site de la villa minoenne de Chamézi. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La petite route qui conduit au site est sinueuse et très étroite, mais carrossable ; si on a le temps on peut faire les 800 m de distance en environ 15 min de marche.

Aller à la Maison minoenne de Chamaizi avec Google Maps (35.167729, 26.018544).

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le site de la villa minoenne de Chamézi. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La maison minoenne était construite au sommet de la colline de Souvloto Mouri (λόφο Σουβλωτό Μουρί), c’est-à-dire la « colline pointue », qui a, de nos jours, une hauteur d’environ 500 m ; cette colline est l’un des derniers contreforts de l’extrémité nord-est des monts Orno (Όρος Ορνό), d’où l’on a une vue spectaculaire sur la baie de Sitia (Όρμος Σητείας), située à environ 4 km au nord-est à vol d’oiseau.

Les ruines comprennent des bâtiments datant de l’époque minoenne précoce, au IIIe millénaire, environ 2700 à 2300 avant JC, et d’autres bâtiments datant de l’époque minoenne moyenne, au IIe millénaire avant JC, vers le XXe siècle avant JC.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Plan de la maison ovale de Chamézi (auteur Ferdinand Noack, 1908). Cliquer pour agrandir l'image.Le bâtiment datant de l’époque minoenne moyenne est remarquable par son plan au sol qui est ovale, ce qui est unique dans l’ensemble des ruines minoennes connues à ce jour. Ce bâtiment a une longueur de 22,2 m et une largeur de 14,5 m ; il se compose d’un certain nombre de pièces regroupées autour d’une cour intérieure ; une entrée pavée est visible côté sud-est (n° 7 sur le plan). Cette maison était vraisemblablement habitée par une grande famille ou un clan.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Citerne de la maison ovale de Chamézi (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Au milieu de la cour centrale se trouvait une citerne de 3,5 m de profondeur et d’1,5 m de diamètre, en partie creusée dans la roche et en partie murée de pierres calcaires (n° 12 sur le plan) ; l’eau de pluie y était recueillie depuis un toit en pente vers l’intérieur ; le trop-plein de la citerne sortait du bâtiment par la sortie sud-est.

Cette maison minoenne fut mise au jour en 1903 par l’archéologue crétois Étienne Xanthoudidis (Στέφανος Ξανθουδίδης) (1864-1928) ; de nouvelles fouilles furent menées en 1971 par Costis Davaras (Κωστής Δαβάρας) ; les murs, en pierre grise, furent dégagés sur une hauteur allant jusqu’à 1 m ; sur le côté nord-est de la maison ovale des bâtiments agricoles furent mis au jour, où furent découverts de nombreux objets en bronze. Davaras confirma la conclusion de Xanthoudidis qu’il s’agissait d’une habitation et non d’un sanctuaire sommital comme d’autres archéologues en avait fait l’hypothèse, car trois figurines votives en argile, datées de 1900 à 1700 avant JC, y avaient été découvertes, ainsi qu’un rhyton et une table sacrificielle. Les artefacts découverts à Chamézi sont exposés au Musée archéologique d’Héraklion ou au musée archéologique d’Agios Nikolaos.

Le site de fouilles archéologiques de Chamézi est entouré d’une clôture mais la visite est libre ; l’entrée se trouve au sud-est de la colline.

Monastère orthodoxeLe monastère de Fanéroméni (Μονή Φανερωμένης / Moní Faneroménis)
La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le cap de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le monastère de Fanéroméni se trouve à 3 km à vol d’oiseau à l’ouest de l’aéroport de Sitia, entre le cap Vamvakia (Άκρα Βαμβακιά) à l’est, où se trouve l’aérodrome, et le cap Trachilas (Άκρα Τράχηλας), ou cap Fanéroméni (Άκρα Φανερωμένη), à l’ouest. À l'ouest du cap Trachilas se trouve la plage de Papadiokampos (Παπαδιοκαμπος), une plage de galets et de rochers, mais qui est appréciée par les véliplanchistes aguerris ; ce site de planche à voile est en effet plutôt dangereux, avec des vents forts, des vagues atteignant 4 à 5 m et une côte rocheuse.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. La région du monastère de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Pour accéder au monastère en venant d’Agios Nikolaos par la route nationale 90, prendre une petite route à gauche 1 km après la localité de Skopi (Σκοπή) ; cette route longe par la droite, sur 4 km, les gorges de Toussaints (Φαράγγι Αγίων Πάντων), par une série de virages en épingle à cheveux, et aboutit à la petite plage de Toussaints (Παραλία Αγίων Πάντων) ; continuer sur la gauche en suivant le littoral, puis prendre à gauche en direction du monastère en remontant le long des gorges de Platani (Φαράγγι Πλατάνι). En venant de Sitia on peut prendre une autre petite route, sur la droite, qui conduit au monastère en 5 km.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Bougainvillée près de la grotte du monastère de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le monastère de Notre-Dame la Révélée (Μονή Παναγιάς Φανερωμένης / Moní Panagías Faneroménis) doit son nom à une icône de la Vierge qui aurait été découverte à cet endroit, dans une grotte, par un berger qui l’y aurait ensuite rapportée. Ce monastère est souvent confondu avec le monastère de Fanéroméni qui se trouve près de Pachéia Ammos, sur la côte nord d’Iérapétra ; cet autre monastère a une légende fondatrice très semblable d’un berger découvrant une icône dans une grotte. Pour le distinguer le monastère de Sitia est nommé de façon complète « Ιερά Μονή Παναγίας Φανερωμένης Τράχηλα Σητείας ».

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. L'église du monastère de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère de la Vierge Fanéroméni a été fondé au XVe siècle, vraisemblablement avant 1455, par le moine Ioannikios (Ιωαννίκιος). C’était l’un des monastères les plus importants et les plus célèbres de Crète. Le monastère fut probablement détruit en 1538 par le corsaire turc Barberousse (Μπαρμπαρόσα) ; Moni Fanéroméni fut restauré et agrandi au XVIIe siècle par l’higoumène Gennadios (Γεννάδιος), mais entièrement détruit par les Turcs en 1829 vers la fin de la révolte crétoise de 1821. Le monastère devint en 1970 une dépendance du monastère du Toplou et fut restauré en 1879.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Le monastère de Fanéroméni (auteur Maris Binde). Cliquer pour agrandir l'image dans Panoramio (nouvel onglet).Le monastère de Fanéroméni est construit, à environ 90 m d’altitude, sur un plateau surplombant les gorges de Platani. En contrebas de l’église du monastère, sur les pentes escarpées des gorges, se trouve la grotte où aurait été découverte l’icône de la Vierge ; on peut y voir de nos jours plusieurs icônes mariales. Depuis la cour du monastère on a une belle vue sur la baie de Fanéroméni, avec en arrière-plan les îles Dionysades.

Le catholicon du monastère est une église à deux nefs dédiées à l’Assomption, célébrée le 15 août, et à Saint-Georges, célébré le 3 novembre. L’église recèle des fresques très anciennes datant de 1455. Lors du pillage de janvier 1829 les Turcs ont incendié le monastère et l’église et ont détruit la plupart des fresques ; celles qui restent sont noircies, mais un fragment restant, représentant un saint lisant, témoigne de la beauté de ce qui a été détruit ; le visage du saint est marqué par trois impacts de balles turques. À côté de l’iconostase est suspendu un rideau brodé d’une croix grecque ; derrière ce rideau se trouvent les restes du fondateur du monastère : la vue n’est pas pour les personnes sensibles. Les rangées d’ex-voto en argent, accrochés à l’icône de la Vierge pour implorer son intervention miraculeuse, témoignent de l’importance locale que le sanctuaire a encore aujourd’hui.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. L'église du monastère de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La côte nord de la commune de Sitia en Crète. L'église du monastère de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image.La côte nord de la commune de Sitia en Crète. L'église du monastère de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image.La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Nef de l'église du monastère de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image.La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Iconostase de l'église du monastère de Fanéroméni. Cliquer pour agrandir l'image.
De nos jours il n’a y plus de moines vivant dans le monastère de Fanéroméni, mais le 15 août, jour de la Dormition de la Vierge, ou Assomption pour les catholiques romains, le monastère est bondé de pèlerins ; auparavant, une cérémonie traditionnelle a lieu, au cours de laquelle l’icône de la Vierge est portée en procession depuis l’église du village de Skopi jusqu’à Moni Fanéroméni.
Navigateur par satelliteDe Sitia à Palaikastro
La route nationale 90 (Εθνική Οδός 90) venant d’Agios Nikolaos ne pénètre pas dans la ville de Sitia, mais se dirige vers l’aéroport de Sitia, contourne l’aérodrome au bout du cap Vamvakia (Άκρα Βαμβακιά), puis se termine au port de transbordeurs de Sitia.

Pour continuer vers Palaikastro, il faut quitter la route nationale par la droite aux abords de la ville et rejoindre la côte du golfe de Sitia (Κόλπος της Σητείας) par un boulevard ; près de la côte, ce boulevard bute contre un vaste parc abritant un hôtel 5 étoiles et il faut alors prendre sur la gauche, à angle droit, une rue qui rejoint la route côtière de Sitia à Palaikastro ; cet itinéraire assez déroutant est plutôt mal signalé.

La route côtière franchit le lit de la rivière Pentélis (Ρέμα Πεντέλης) puis longe, de plus ou moins près, la côte du golfe sur une dizaine de kilomètres jusqu’à atteindre le canton de Palaikastro. Cette route routière ne présente pas beaucoup d’intérêt, longeant un littoral rocheux bordé de basses collines ; quelques sites archéologiques mineurs ponctuent l’itinéraire : le petit palais minoen de Pétras, le peuplement hellénistique de Trypitos, la nécropole d’Agia Fotia. Au bout de la route côtière on aperçoit un village de vacances plutôt hideux, pompeusement nomme Dionysos. La route s’écarte de la côte et pénètre dans les paysages plus exaltants appartenant en grande partie au monastère du Toplou.

Palais antiqueLe palais minoen de Pétras (Πετράς / Petrás)
Le site archéologique de Pétras (Αρχαιολογικός Χώρος Πέτρας) présente les ruines d’une cité minoenne et d’un palais minoen mineur situés près de Sitia, sur la côte nord de l’extrémité orientale de la Crète.

Les ruines de Pétras se trouvent à environ 1,5 km au sud-est de Sitia, sur la côte sud du golfe de Sitia ; en venant de Sitia par la route nationale 90 en direction de Palaikastro, quitter la route côtière par une petite route qui mène sur la droite, en 450 m, jusqu’à un chemin qui aboutit au site archéologique ; il est plutôt difficile de garer son automobile. Les ruines se trouvent au sommet d’une colline de 40 m de hauteur, la colline de Kéfala (Κεφάλα) ; à l’ouest de cette colline coule une petite rivière, nommée de nos jours Pentélis (Ρέμα Πεντέλης), qui irrigue la petite plaine côtière.

Aller au site archéologique de Pétras avec Google Maps (35.197337, 26.115026).

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Plan de la cité minoenne de Petras (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Légende du plan du site archéologique de Pétras :

1 : Palais.

2 : Zone artisanale.

3 : Maison I.1.

4 : Maison II.1.

5 : Partie de la cité (secteur III).

6 : Grand mur de fortification proto-palatiale.

7 : Pied des collines.

8 : Colline de Képhala.

La première occupation organisée sur la colline de Pétras est datée de l’époque minoenne ancienne MA-II, vers 2700 à 2200 avant JC, bien que la zone plus large ait été habitée depuis le néolithique final, comme les fouilles de la colline de Képhala l’ont montré.

À la fin du XXe avant JC, Pétras prospéra de manière significative. Un premier palais fut édifié au milieu de l’époque minoenne moyenne MM-II-A, entre 1900 et 1800 avant JC, (n° 1 sur le plan), plus tard que les autres premiers palais minoens. Aux époques proto-palatiale et néo-palatiale Pétras se transforma en un peuplement urbain organisé autour du palais, qui constituait le centre économique, administratif et religieux de la région plus large de Sitia et de son arrière-pays. Le premier palais fut détruit par un incendie, vraisemblablement causé par un séisme, vers 1700 avant JC, à l’époque MM-II-B, ainsi que de nombreux autres palais minoens à travers l’île.

Le palais fut reconstruit à la fin de l’époque minoenne récente MR-I-A, à une plus grande échelle et avec des modifications et des ajouts importants ; ce deuxième palais subit deux destructions, probablement par des causes naturelles, vers 1500 avant JC puis au milieu du XVe siècle avant JC, lorsque le système palatial s’effondra.

Après la destruction finale du palais à la fin de l’époque MR-I-B, entre 1425 et 1400 avant JC, une partie de la colline de Pétras continua d’être habitée pendant la fin des époques MR-III-A et MR-III-B, entre 1400 et 1200 avant JC ; un grand mur à double fortification fut aussi construit au pied de la colline (n° 6 sur le plan). Sur la colline de Képhala un nouveau peuplement fut fondé à la fin de l’époque MR-III-C, vers 1100 avant JC (n° 8 sur le plan). La colline de Pétras resta inhabitée jusqu’au XIIe siècle après JC, quand un cimetière fut établi sur les ruines du palais.

Les fouilles de Pétras ont débuté en 1985 sous la direction de l’archéologue grecque Métaxia Tsipopoulou (Μεταξία Τσιποπούλου). Entre 1985 et 1997, les fouilles ont mis au jour le palais (n° 1 sur le plan) et une zone artisanale qui lui était rattachée (n° 2 sur le plan). Les ruines de deux grandes maisons d’époque néo-palatiale ont aussi été excavées dans un état de bonne conservation : la maison I.1 (n° 3 sur le plan) et la maison II.1 (n° 4 sur le plan), ainsi qu’une partie de la cité, le secteur III, (n° 5 sur le plan) et un grand mur de fortification d’époque proto-palatiale (n° 6 sur le plan). Après 2002 les fouilles se poursuivirent au pied des collines (n° 7 sur le plan) et sur la colline de Képhala (n° 8 sur le plan), en face du site principal. Les découvertes récentes fournirent des renseignements importants, car elles sont datées d’époques pour certaines antérieures au peuplement proto-palatial et néo-palatial, datant de la fin du néolithique et de l’ensemble l’époque pré-palatiale (époques MA-I, MA-II et MA-III et époque MM-I) ; pour d’autres, ces découvertes sont postérieures à l’époque post-palatiale (époques MR-III-B et MR-III-C). Les fouilles sont documentées sur le site petras-excavations.gr.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Tablette d'argile découverte à Pétras (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Les fouilles de Pétras ont livré notamment des tablettes d’argile inscrites en écriture linéaire A ; ces tablettes, datant de l’époque proto-palatiale, se trouvaient dans une salle d’archives située au premier étage du palais et servaient à enregistrer le contenu des entrepôts ; les tablettes ont été cuites lors de l’incendie qui a détruit le premier palais et ont ainsi été durcies par le feu ; cette zone n’a pas été déblayée lors de la construction du nouveau palais. Ces tablettes sont considérées comme les tablettes en linéaire A de la Crète minoenne les mieux conservées. Des sceaux et un stylet en bronze servant à graver les tablettes ont également été découverts. Certaines des découvertes faites dans les ruines de Pétras sont exposées au Musée archéologique de Sitia.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Ruines du palais de Pétras (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le palais de Pétras était de plus petite taille que les palais de Zakros et de Malia, couvrant une superficie totale de 2 800 m² ; cependant le bâtiment présentait les mêmes caractéristiques architecturales que les autres palais : au moins deux niveaux de planchers, une cour centrale, un escalier monumental de 4,2 m de largeur, une alternance de colonnes et de piliers, un système de drainage complexe, de grands entrepôts de stockage, des salles d’archives …

La cour centrale du palais mesure environ 17,5 m par 7,6 m, soit moins de la moitié de la superficie des cours des palais de Knossos, de Faistos ou de Malia. La cour était à peu près orientée nord-sud et son sol était revêtu de plâtre blanc, utilisé pour fournir plus de lumière et de chaleur à toute la structure ; elle était équipée d’un système de drainage de l’eau qui utilisait certains canaux de drainage. La cour aurait été fermée sur quatre côtés par des murs de maçonnerie en pierre de taille ; comme dans d’autres palais, ces blocs portaient des marques de maçons représentant des doubles haches et des étoiles.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Ruines des entrepôts du palais de Pétras (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Une partie importante du palais était les zones utilisées comme entrepôts : Pétras était un centre de production et il était nécessaire de disposer de grands espaces pour stocker les produits ; suite aux nombreuses modifications, effectuées à la fois pour réparer les dommages causés par les catastrophes et pour adapter la structure aux nouveaux besoins, la surface réservée aux entrepôts atteignit une superficie de plus de 200 m². Les entrepôts du nord furent construits sous la cour centrale ; ils avaient au moins deux étages, qui étaient reliés par un escalier ; le toit était soutenu par d’énormes piliers de pierre ; ces entrepôts contenaient 36 grandes fosses, dont certaines étaient encastrées dans des cavités circulaires. Le mur sud des entrepôts mesure 1,80 m de hauteur.

Dans la zone artisanale, située au sud du palais, (n° 2 sur le plan) était employé un grand nombre d’artisans produisant des vases en pierre telle que l’obsidienne, de la poterie de céramique et des textiles à base de laine.

Au nord du palais se trouvait une partie de la cité (n° 5 sur le plan), nommée secteur III par les archéologues, dont les bâtiments les plus remarquables étaient deux grandes maisons, datant de l’époque néo-palatiale, la maison I.1 et la maison II.1.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Ruines de la maison I.1 de Pétras (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La maison I.1 (n° 3 sur le plan), située dans la partie orientale du secteur III, était un bâtiment, d’une superficie de 240 m², avec deux planchers et un puits de lumière ; ses ruines ont pu être entièrement mises au jour. Cette maison avait été construite pendant l’époque MR-I-A. La maison disposait d’une entrée à l’est et d’une entrée à l’ouest ; devant l’entrée ouest se trouvait une petite cour servant à la production de poterie ; une route pavée partait de l’entrée ouest vers le sud, menant vraisemblablement au palais. Le rez-de-chaussée se composait de deux salles d’entrepôts, d’une cuisine, d’une pièce servant à la production de vin, avec l’un des plus grands pressoirs en pierre jamais découvert en Crète, et d’une pièce avec des conteneurs de stockage. Lorsque le bâtiment fut détruit à la fin de l’époque MR- I, probablement à la suite d’un tremblement de terre, des parties de l’étage supérieur se sont effondrées au rez-de-chaussée, d’où il a été conclu que les salons, la salle à manger et les terrasses ainsi qu’un métier à tisser se trouvait à l’étage supérieur ; les murs étaient décorés de fresques et les sols étaient en argile rouge.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Pressoir à raisins en pierre découvert à Pétras (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La maison II.1 (n° 4 sur le plan), datant aussi de l’époque MR-I-A, fut utilisée jusqu’à la fin de la période minoenne MR-I-B ; ses ruines ont pu être presqu’entièrement mises au jour. Ce bâtiment d’environ 200 m², comportait deux planchers et un puits de lumière ; il présente, au rez-de-chaussée, un sol élégant en plâtre bien conservé, un escalier en partie creusé dans la roche menait à l’étage supérieur, et sa façade était en pierre de taille. L’étage supérieur, où des céramiques de bonne qualité, des récipients en pierre et d’autres objets ont été trouvés, était utilisé à des fins résidentielles, tandis qu’au rez-de-chaussée, des tissus en laine étaient fabriqués et teints.

Les ruines de Pétras sont ouvertes au public depuis 2006. Sur le site des panneaux d’information guident les visiteurs sur le chemin. À l’entrée du site archéologique se trouve une tour de guet vénitienne datant de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle, qui a été partiellement restaurée ; cette tour aurait appartenu au poète crétois Vincent Kornaros (Βιτσέντζος Κορνάρος, Vincenzo Cornaro), l’auteur du poème épique « Érotokritos ». Les premières ruines minoennes rencontrées sont celles de la maison I.1 et de la maison II.1 ; le chemin continue jusqu’au sommet de la colline où se trouvent les ruines du palais.

Ville antiqueLa ville hellénistique de Tripitos (Τρυπητός / Trypitós)
Le site archéologique de Trypitos (Αρχαιολογικός Χώρος Τρυπητού) doit son nom à la petite presqu’île où les vestiges d’une petite ville hellénistique ont été mises au jour dans les années 1980. Le nom de cette presqu’île « Tripitos » ou « Trypitos » (Τρυπητός) signifie « perforé », « percé », et fait référence à une sorte de cale sèche qui a été creusée, à l’époque hellénistique, dans la roche de la côte orientale de la presqu’île. La presqu’île porte aussi le nom de Karavopétra (Καραβόπετρα), c’est-à-dire « navire de pierre », faisant aussi référence à cette cale sèche de pierre.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Ruines de la ville hellénistique de Tripitos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La presqu’île de Trypitos se trouve à environ 2,5 km à l’est du centre de la ville de Sitia ; la presqu’île s’avance de 280 m dans les eaux du golfe de Sitia et marque la fin de la plage de Sitia, dont la dernière partie est nommée plage de Karalopétra (Παραλία της Καραβόπετρας). Depuis la route nationale 90, qui longe à cet endroit la côte à l’arrière de la plage de Sitia, il faut prendre une petite route qui part sur la gauche à environ 300 m après le bout de la plage ; cette petite route, indiquée « Ville hellénistique de Trypitos » (Ελληνιστική πόλη του Τρυπητού), conduit, en une centaine de mètres, près de bâtiments agricoles où l’on peut se garer.

Aller à la cité hellénistique de Trypitos avec Google Maps (35.198788, 26.129871).

Sur la base des découvertes faites au cours des fouilles, la ville a été datée du début du IIIe siècle avant JC jusqu’au milieu du IIe siècle avant JC, c’est-à-dire pendant la période hellénistique ; la ville a été habitée pendant environ 75 à 100 ans et n’a pas été repeuplée après sa destruction. On ignore le nom que portait cette localité dans l’Antiquité mais certains historiens font l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de la cité indépendante de Polis Itéia (Ητεία), qui a donné son nom à la ville de Sitia, ou bien de Polichna (Πολίχνα) ou Polichné (Πολίχνη), le port sur la côte nord de la cité de Praissos (Πραισός), mentionné par Hérodote ; au cours des fouilles, des pièces de monnaie portant l’inscription ΠΟ ont été découvertes. La fin du peuplement de Trypitos serait en rapport avec la destruction de Praissos par la cité d’Iérapytna en 146 avant JC.

La ville hellénistique était construite sur l’étroit promontoire qui forme la presqu’île de Trypitos ; ce promontoire a une largeur allant de 150 m à 100 m. Dans le sud du promontoire un mur de défense séparait la ville du reste de l’île ; ce mur traversait le promontoire de part en part et avait une hauteur d’environ 1,8 m.

À une cinquantaine de mètres au nord du mur, sur la côte orientale de la presqu’île, se trouvait une cale sèche creusée dans la roche. Cette cale avait 30 m de longueur, 5,50 m de largeur et 5 m de hauteur ; à l’époque hellénistique, la cale servait de chantier naval, dans lequel des bateaux de taille moyenne pouvaient être halés hors de l’eau sur une rampe d’une inclinaison de 15 à 30 degrés ; la présence de rainures dans la surface de la roche suggère que des verrous en bois étaient utilisés pour immobiliser les navires. Les parties en bois du bâtiment du chantier naval n’ont pas été préservées.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Ruines de la ville hellénistique de Tripitos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La ville hellénistique s’étendait sur la crête et sur les pentes, aménagées en terrasses, du promontoire, depuis le mur de fortification, au sud, jusqu’à la pointe du promontoire.

Les fouilles archéologiques sur le site de Trypitos ont débuté en 1987, sous la direction de Nikos Papadakis (Νίκος Παπαδάκης), et ont mis au jour des ruines d’habitations regroupées en îlots par des rues, mais une partie des vestiges hellénistiques a été endommagée par les travaux agricoles pendant des siècles de culture. Les fouilles n’ont pas encore été achevées. Des bols et des mortiers en pierre, ainsi que la base d'un pressoir à olives, ont été mis au jour.

Le site archéologique de Tripitos est ouvert au public du lever au coucher du soleil. L’entrée du site est gratuite, mais le site ne comporte pas de panneaux d’information.

Site archéologiqueLa maison minoenne d’Agia Fotia (Μινωική οίκια Αγίας Φωτιάς / Minoikí oíkia Agías Fotiás)
Le village d’Agia Fotia (Αγιά Φωτιά / Agía Fotiá) se trouve à environ 5 km à l’est de Sitia, sur la route nationale qui conduit vers le monastère du Toplou, le village de Palaikastro et la palmeraie de Vaï. Ce village ne doit pas être confondu avec le village d’Agia Fotia qui se trouve sur la côte sud de la Crète, à l’est d’Iérapétra. Le toponyme Agia Fotia est l’équivalent de Sainte-Lucie dans les pays de langue romane.

Sur le territoire d’Agia Fotia se trouvent deux sites archéologiques (Αρχαιολογικοί χώροι Αγίας Φωτίας), situés au nord du village : une habitation fortifiée datant de l’époque minoenne moyenne et une nécropole plus ancienne, datant de l’époque minoenne ancienne.

L’habitation minoenne fortifiée se trouve au sommet d’une colline, d’une vingtaine de mètres de hauteur, située en bord de mer, la colline de Koufota (Κουφοτά) ; sur le flanc nord de la colline, face à la mer, se trouvent deux grottes où ont été trouvés des vestiges datant des époques néolithique, pré-palatiale et proto-palatiale. Pour atteindre le site, depuis la route côtière, il faut emprunter une piste qui prend sur la gauche à l’entrée ouest du village ; on atteint le site après environ 800 m.

Aller à la maison minoenne d’Agia Fotia avec Google Maps (35.196058, 26.147763).

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Ruines de la maison minoenne d'Agia Fotia (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Cette habitation fortifiée date de l’époque minoenne moyenne MM-I-A (2100-1950 avant JC). Il s’agit d’un bâtiment de plan rectangulaire et d’une superficie de 600 m² ; le bâtiment est entouré d’un mur de défense, d’une épaisseur moyenne de 1,20 m ; en trois endroits, le long du côté nord, le mur est renforcé par des contreforts semi-circulaires. Le plan du bâtiment suggère qu’il s’agissait d’une habitation communautaire occupée par plusieurs familles constituant un clan : il comprend 37 pièces, regroupées en huit logements, chacun composé de plusieurs pièces, avec des portes donnant accès à une cour centrale ; l’absence d’escalier indique que le bâtiment n’avait qu’un rez-de-chaussée. Le bâtiment était construit exclusivement en pierres, sans utilisation de briques. Contre le côté nord du bâtiment, mais à l’intérieur du mur d’enceinte, se trouvait un bâtiment circulaire, d’un diamètre de 3,5 m ; il pourrait s’agir d’une sorte de grenier où étaient entreposée les céréales, car de nombreuses pierres de meule y ont été découvertes.

Le site a fait l’objet de fouilles archéologiques en 1984 ; la découverte dans plusieurs pièces d’ustensiles ménagers, servant à la préparation et à la consommation de la nourriture, confirme que le bâtiment était habité par plusieurs familles : des outils en obsidienne, des pots et des bols ; en revanche aucune jarre géante (pithos) n’a été découverte. Il devait y avoir aussi une activité métallurgique car des moules en argile, servant à la fabrication de haches en bronze, ont été mis au jour.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Tombe à tholos d'Agia Fotia (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Après l’abandon de la maison fortifiée, deux constructions circulaires ont été édifiées, en partie sur les vestiges du bâtiment rectangulaire, à l’époque minoenne moyenne MM-II-A (1850-1750 avant JC) ; ces constructions présentent une ouverture du côté de l’est. Leurs diamètres sont de 3 m et de 7 m ; leur dimension, l’épaisseur de leurs murs, leur mode de construction, leur orientation et le fait qu’elles soient une paire, suggèrent qu’il s’agirait de tombes à tholos, c’est-à-dire de tombes voûtées ; cependant les tombes à tholos sont pratiquement inexistantes dans l’est de la Crète et, de plus, ces constructions ont été trouvées vides, à la seule exception de quelques tasses. Ce seraient alors les tombes de ce genre les plus septentrionales et les plus orientales de l’île.

Le site de la maison minoenne d’Agia Fotia est ouvert du lever au coucher du soleil. Le site est clôturé mais l’entrée est gratuite.

NécropoleLa nécropole minoenne d’Agia Fotia (Μινωική νεκρόπολη Αγίας Φωτιάς / Minoikí nekrópoli Agías Fotiás)
La nécropole d’Agia Fotia se trouve à environ 250 m au sud-est de la maison minoenne. On peut y accéder en empruntant une piste qui prend sur la gauche de la route nationale 90, à la sortie du village d’Agia Fotia, peu après la taverne Panorama ; cette piste descend en direction d’un lotissement de vacances qui se trouve au bord de la crique de Glyfada (Γλυφάδα). La nécropole se trouve à 300 m sur la gauche de la piste, juste avant d’arriver à la plage.

Aller à la nécropole d’Agia Fotia avec Google Maps (35.194890, 26.150544).

Cette nécropole a été fouillée en 1971 par l’archéologue Costis Davaras (Κωστής Δαβάρας). Cette nécropole compte 252 tombes à chambre ; c’est la plus grande nécropole mise au jour en Crète. La plupart des tombes datent de l’époque minoenne ancienne MA-I (2800-2400 avant JC), quelques-unes de l’époque MA-II-A (2400-2200 avant JC), c’est-à-dire de l’époque pré-palatiale.

La côte nord de la commune de Sitia en Crète. Objet funéraire de la nécropole d'Agia Fotia (auteur Zde). Cliquer pour agrandir l'image.Cependant, il existe une forte différence avec les types de tombes MA-I mises au jour dans d’autres régions de Crète ; contrairement aux tombes à tholos, c’est-à-dire tombes à dôme circulaire, qui se trouvaient principalement dans le sud de la Crète, les tombes d’Agia Fotia sont creusées dans la roche. Des tombes similaires sont connues à Agrilia (Αγριλιά) sur l’île cycladique d’Ano Koufonissi (Άνω Κουφονήσι) ; de plus, les objets funéraires trouvés montrent une très forte influence cycladique ; on peut donc supposer qu’il s’agirait plutôt de la nécropole d’une colonie cycladique que d’une nécropole minoenne.

La fouille des sépultures a rendu un grand nombre d’objets funéraires : des vases à offrandes, ou kernoi (κέρνος, au pluriel κέρνοι), des coffrets précieux en argile, ou pyxides (πυξίς), incisés de motifs cycladiques, des plats en marbre, des hameçons, des poignards et des haches de pierre, ainsi que des amulettes en plomb, métal que les premiers Minoens semblent avoir considéré comme aussi précieux que l’argent. Les artefacts découverts dans la nécropole d’Agia Fotia sont présentés dans le musée archéologique d’Agios Nikolaos ou dans celui de Sitia.

Le site de la nécropole d’Agia Fotia est librement accessible.

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