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La ville d’Iérapétra et Kalamafka en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
Iérapétra est une ville portuaire de la côte sud de la Crète, située au bord de la mer de Libye. Avec plus de 16 000 habitants Iérapétra est la seule ville de la côte sud et la ville la plus peuplée du département du Lassithi qui couvre la partie orientale de la Crète ; Iérapétra est plus peuplée que la préfecture du département, Agios Nikolaos. La population d’Iérapétra vit traditionnellement de l’agriculture, notamment de la culture de l’olivier, mais plus encore depuis le développement considérable de la culture sous serres qui a pris son essor dans les années 1970 ; la production maraîchère et fruitière de la région dure toute l’année et est exportée depuis le port d’Iérapétra, en particulier vers l’Europe du Nord. Iérapétra tire davantage de revenus de l’agriculture que du tourisme ; cependant l’activité touristique se développe également grâce à la présence de nombreuses plages de sables dans les environs de la ville.

Iérapétra est aussi le chef-lieu d’une commune d’une vaste superficie qui s’étend jusqu’à la côte nord de la Crète ; la population de cette commune est de plus de 27 000 habitants.

ÉtymologieÉtymologie et toponymie
La ville actuelle d’Iérapétra est située près de l’emplacement d’une ville antique qui se nommait Iérapytna (Ιεράπυτνα) ; Iérapytna se trouvait à environ 1 km à l’ouest d’Iérapétra, entre Iérapétra et Gra Lygia. Selon le géographe grec du Ier siècle avant JC Strabon, Iérapytna était une cité fondée par des Doriens venant de l’île de Rhodes et porta pendant un certain temps le nom de son héros fondateur, Kyrva (Κύρβα), puis le nom de leur cité d’origine à Rhodes, Kamiros (Κάμιρος) ; ses habitants se nommaient Ιεραπύτνιος. Le toponyme Iérapytna signifie la « colline sacrée », des racines « ιερός », sacré, et « πύτνα », colline, synonyme du mot « λόφος ».

Au Moyen Âge, la cité était nommée Iérapolis (Ιεράπολη) ; c’est le nom utilisé par Cristoforo Buondelmonti (né en 1386 - mort vers 1430), un moine de Florence, dans son ouvrage daté de 1415 « Description de l’île de Crète » (Descriptio insulae Cretae).

Le nom actuel de la ville, Iérapétra, signifie « pierre sacrée », de « ιερός », sacré, et « πέτρα », pierre. Dans le dialecte local la ville est nommée Gérapétro (Γεράπετρο), du nom que les Vénitiens donnaient à la ville, Gerapetra ; les habitants se nomment Gérapétrites (Γεραπετρίτη). Sous l’occupation ottomane la ville était nommée Yerapetra.

SituationSituation

Iérapétra est la ville la plus méridionale du continent européen ; elle n’est située qu’à 350 km des côtes de la Cyrénaïque en Afrique du Nord, dont elle est séparée par la mer de Libye (Λιβυκό Πέλαγος). Cependant, dans l’Union Européenne, la ville portuaire de Limassol à Chypre se trouve un peu plus au sud, mais l’île de Chypre fait géographiquement partie de l’Asie mineure. À cause de cette situation Iérapétra présente un climat particulièrement ensoleillé et chaud, avec une température annuelle moyenne d’environ 20 °C ; en été la température moyenne est de 27 °C et celle de l’eau de 24 °C ; les hivers sont très doux, avec une température moyenne de 13 °C. L’ambiance est cependant rafraîchie par le vent du nord, l’étésien, localement nommé le meltémi (μελτέμι) ; en revanche le vent du désert libyen, le sirocco (σιρόκος), chargé de poussières, peut rendre l’atmosphère étouffante pendant quelques jours, notamment au printemps et en automne. Ces vents créent, à la pointe sud-est de la Crète, un tourbillon océanique qui est connu par les marins comme le « Tourbillon d’Iérapétra ».

La ville d’Iérapétra en Crète. Situation du dème (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Iérapétra se trouve sur la côte sud-est de la Crète, à 93 km au sud-est de la capitale de l’île, Héraklion, à 31 km au sud de la préfecture du département du Lassithi, Agios Nikolaos, et à 60 km au sud-ouest de Sitia ; Iérapétra n’est qu’à 14 km de la côte nord ; l’isthme d’Iérapétra est en effet l’endroit où l’île de Crète est la plus étroite. Iérapétra est reliée à Héraklion, à Agios Nikolaos et à Sitia par des bus de la compagnie KTEL Héraklion-Lassithi (ktelherlas.gr) ; la gare routière se trouve rue Lasthéno (Οδός Λασθένους) à environ 300 m au nord de l’extrémité orientale de la promenade de front de mer. En automobile la circulation est assez difficile, en raison ne nombreuses rues à sens unique ; on peut trouver un parc de stationnement municipal (Δημοτικό Πάρκινγκ) sur le front de mer, près du port, à l’avant du Musée archéologique.

La ville d’Iérapétra en Crète. Situation du canton d’Iérapétra (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.La commune d’Iérapétra est l’une des plus étendues de la Crète, mais ne comprend que deux cantons ; le canton d’Iérapétra s’étend jusqu’à la côte nord de l’île, où se trouvent les villages de Pachéia Ammos (Παχεία Άμμος) et de Kavoussi (Καβούσι), le monastère de Fanéroméni et le site archéologique minoen de Gournia ; dans l’ouest du canton d’Iérapétra on peut apprécier quelques beaux villages de montagne tels que Kalamafka (Καλαμαύκα), Anatoli (Ανατολή) et Malès (Μάλες), la forêt de pins de Sélakano (Δάσος του Σελακάνου) et les gorges de Sarakina (Φαράγγι Σαρακίνας) qui débouchent près de la charmante station balnéaire de Myrtos (Μύρτος), à l’extrémité ouest de la commune ; en revanche la plaine côtière est envahie par des rangées de serres maraîchères qui enlaidissent le paysage.

La ville d’Iérapétra en Crète. La région d'Iérapétra vue depuis Prina. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le canton de Makry Gialos (Μακρύ Γιαλός), dont le chef-lieu est situé à environ 25 km à l’est d’Iérapétra, s’étend sur les pentes des monts Thrypti (Θρυπτή) jusqu’à la côte, et comprend d’agréables villages de montagne tels qu’Orino (Ορεινό) ou Agios Ioannis (Άγιος Ιωάννης). À environ 15 km (9 milles nautiques) au large d’Iérapétra se trouve l’île de Chryssi (Χρυσή), avec de superbes plages de sable ; depuis le port de nombreuses excursions d’une journée sont proposées vers l’île de Chryssi.

La ville d’Iérapétra en Crète. Iérapétra vue depuis Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image.

VisitesVisites

VilleLa ville d’Iérapétra (Ιεράπετρα / Ierápetra)
La ville d’Iérapétra en Crète. Plan de la ville. Cliquer pour agrandir l'image.La vieille ville d’Iérapétra, nommée Kato Méra (Κάτω Μερά) (« Quartier d’En-bas »), se trouve au sud de la ville, à l’arrière du Vieux-Port vénitien et de la forteresse qui le protégeait. C’est dans ce quartier que l’on trouve les rares attractions culturelles d’Iérapétra : à part la forteresse vénitienne, l’église à double dôme du Seigneur Christ (Αφέντης Χρίστος / Aféndis Chrístos) qui est un édifice du XIVe siècle avec une belle iconostase en bois sculpté et peint ; une ancienne mosquée turque en partie démolie et sa fontaine aux ablutions, et un petit musée archéologique installé dans une ancienne école turque ; de l’époque vénitienne date également une modeste maison où le général Bonaparte aurait passé une nuit. La vieille ville est un labyrinthe de rues étroites mais si petit qu’on ne peut pas s’y égarer longtemps.

La ville nouvelle, nommée Pano Méra (Πάνω Μερά) (« Quartier d’En-haut »), est encore moins enthousiasmante, se résumant à un simple quadrillage de rues bordées d’immeubles modernes, mais où la circulation automobile est aisée.

La municipalité a rendu la ville plus attrayante en créant une promenade maritime ombragée de tamaris et bordée de boutiques, de bars et de tavernes.

La ville d’Iérapétra en Crète. La région d'Iérapétra vue depuis Prina. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Iérapétra dispose de trois plages urbaines qui bénéficient toutes du « Pavillon bleu » accordé par l’U. E. : la plage de l’Ouest, située à l’ouest du Vieux-Port, est une plage de sable grossier de couleur grise avec des fonds peu profonds ; au milieu de cette plage, il y a un petit canal qui conduit à un bassin artificiel. À l’est de la forteresse de Kalès, entre le Vieux-Port et le port des transbordeurs, se trouve la plage du Sud, plus petite mais mieux équipée, bordée de bars et de tavernes. À l’extrémité orientale de la promenade maritime débute la plage de l’Est, une très longue plage, de près de 3 km de longueur, qui s’étend au fond de la baie d’Iérapétra ; dans sa première section la plage de l’Est se nomme plage Saint-André (Παραλία Αγίου Ανδρέα) et est bordée de nombreux petits hébergements de vacances ; plus loin elle se nomme plage Livadia (Παραλία Λιβάδι) et, à l’extrémité orientale, la plage de Péristéras (Παραλία Περιστερά) (« la plage de la Colombe »), cette dernière section étant la zone la moins fréquentée et la plus calme. Il y a de nombreuses autres plages à l’ouest et à l’est d’Iérapétra. Cependant, les meilleures plages d’Iérapétra sont celles qui se trouvent sur l’île de Chryssi.

ForteresseLa forteresse vénitienne (Ενετικό Φρούριο / Enetikó Froúrio)
La ville d’Iérapétra en Crète. Carte ancienne de la forteresse par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.Le château d’Iérapétra (Castel di Gerapetra) a été construit au début du XIIIe siècle, peu après la prise de possession de la Crète par la République de Venise en 1204 ; cependant une légende locale dit que la forteresse fut en réalité bâtie par le pirate génois Enrico de Castro, dit Enrico Pescatore (« Henri le Pêcheur »), qui s’était emparé de l’île entre 1206 et 1211, date de la prise de contrôle effective de la Crète par les Vénitiens. Enrico Pescatore a en effet construit en Crète une quinzaine de châteaux pendant sa brève occupation de l’île. La forteresse fut rénovée et renforcée en 1626 par Provéditeur Général de Candie, Francesco Morosini ; la forteresse se présente comme une forteresse à bastions carrés.

La ville d’Iérapétra en Crète. Muraille de la forteresse vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Sous l’occupation ottomane le château était nommé « Kale » (« château » en turc) ; en 1780 le château fut anéanti par un tremblement de terre tuant 300 soldats de la garnison turque.

La forteresse est de nos jours connue sous son nom turc de Kalès (Καλές). On peut la visiter du mardi au dimanche, de 8 h à 15 h. Entrée libre.

Maison grecqueLa « maison de Napoléon » (Σπίτι του Ναπολέοντα / Spíti tou Napoléonta)
La ville d’Iérapétra en Crète. La « Maison de Napoléon » (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Après la visite de la forteresse un détour s’impose – pour les bonapartistes nostalgiques – par une maison vénitienne où le futur empereur Napoléon Ier aurait passé une nuit lors de son expédition en Égypte destinée à combattre les Mamelouks et à couper la route des Indes aux Anglais. Parti de Toulon le 19 mai 1798 et après s’être emparé de Malte le 11 juin, le général Bonaparte aurait fait escale avec une partie de sa flotte le 26 juin à Yerapetra, en Crète alors occupée par les Ottomans. Bonaparte aurait passé la nuit dans cette petite maison vénitienne du XVIIe siècle située à quelque 150 m du Vieux-Port.

Une légende locale romanesque prétend que le propriétaire, Andréas Péroulios (Ανδρέα Περουλιό), n’aurait pas su qui était son hôte et que ce fut son épouse qui trouva le lendemain une note sous l’oreiller indiquant que l’auguste visiteur était Napoléon Bonaparte ; ce nom pouvait en effet évoquer quelque chose pour les Crétois, car Bonaparte avait, l’année précédente, vaincu et renversé la République de Venise, l’ancienne puissance occupante de la Crète ; Bonaparte ne renversera la République française que l’année suivante. « Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte ».

La « Maison de Napoléon » se trouve bien évidemment rue Napoléon, au numéro 9 (Ναπολέων 9) ; elle est outrageusement indiquée en anglais « Napoleon’s House ». La maison appartient de nos jours à la municipalité d’Iérapétra ; elle est en état de semi-abandon et inhabitée, et ne se visite pas, mais c’est l’un des rares bâtiments d’époque vénitienne qui restent dans la ville.

MosquéeL’ancienne mosquée (Παλιά Τζαμί / Palía Tzamí)
La ville d’Iérapétra en Crète. La fontaine aux ablutions de l'ancienne mosquée. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Dans l’ouest de la vieille ville, au bout de la rue du Combattant Macédonien (Οδός Μακεδονομάχων), se trouve l’ancienne mosquée d’Iérapétra dont ne subsistent que la salle de prière et une partie du minaret ; la mosquée date de la fin du XIXe siècle ; le porche de la mosquée et le sommet du minaret furent démolis lors du séisme de 1953. La salle de prière de la mosquée a été restaurée et a conservé le mihrab d’origine ; elle est utilisée comme salle de concert pour l’orchestre philharmonique de la ville.

La ville d’Iérapétra en Crète. L'ancienne mosquée. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Sur la place de la mosquée on peut voir une élégante fontaine d’ablutions (sebil) de forme octogonale. Dans cet ancien quartier turc, derrière l’église Saint-Spyridon, on peut voir une autre fontaine ottomane, une fontaine publique construite dans la seconde moitié du XIXe siècle, vers 1870, par le maire turc Karakasis (Μεχμέτ Αγάς Καρακάσης), un richissime propriétaire de terres agricoles de la région.

Musée archéologiqueLe musée archéologique (Αρχαιολογικό Μουσείο / Archaiologikó Mouseío)
La ville d’Iérapétra en Crète. Le musée archéologique (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.La ville d’Iérapétra possède un petit musée qui présente une collection archéologique (Αρχαιολογική Συλλογή) ; ce petit musée, d’une seule salle, est installé dans une ancienne école de commerce ottomane (Mektebi, Μεχτέπι) construite en 1899 pour les enfants turcs.

Les objets exposés ont été découverts dans la commune, notamment à Gournia ; ces artefacts couvrent plusieurs époques, depuis le IIIe millénaire avant JC jusqu’au Ve siècle après JC : époque préhistorique, époque minoenne, époque dorienne lorsqu’Iérapytna était l’une des cités les plus puissantes de l’est de la Crète, et époque romaine. On peut notamment voir :

  • Un très beau sarcophage minoen, ou larnax (λάρναξ), datant de l’époque minoenne tardive, vers 1450-1400 avant JC, découvert en 1946 par l’archéologue Nikolaos Platon (Νικόλαος Πλάτων) à Épiskopi, dans une tombe en forme inhabituelle de fer à cheval (pièce n° 822) ; la tombe contenait deux autres larnakès ; ce sarcophage d’argile est décoré de panneaux peints sur tous ses côtés, avec des peintures représentant des scènes de la vie quotidienne rurale, dont l’une représente une jument allaitant son poulain ; d’autres scènes se délectent de la traque du kri-kri, ou chèvre sauvage, par des chiens de chasse.
  • Une amphore datant du IVe siècle avant JC, trouvée dans le quartier de Manoliana (Μανωλιανά) à Iérapétra (pièce n° 522) ; le col de l’amphore présente une décoration florale en peinture rouge représentant des palmettes ; sur le corps de l’amphore apparaît, d’un côté, la préparation d’un guerrier, assisté d’une femme, en présence d’un homme plus âgé, peut-être un enseignant ; de l’autre côté, deux hommes marchant vers un troisième.
  • Une inscription honorifique destinée à remercier, et à nommer patron et protecteur de la cité, le consul romain Titus Claudius Aristagoras qui avait restauré à ses frais le bâtiment des archives publiques de la cité d’Iérapytna (pièce n° 53).
  • Une stèle en pierre calcaire noir de l’époque romaine, découverte sur le site d’Ierapytna ; la stèle est gravée sur les deux faces et présente certains traités de l’ancienne cité-état, dont un traité d’alliance entre Iérapytna et le roi Antigone de Macédoine.
  • Un vase en argile de forme grotesque représentant un vieil homme avec une longue barbe, un gros ventre et des jambes très courtes (pièce n° 280).
  • La ville d’Iérapétra en Crète. Statue de Perséphone au Musée archéologique. Cliquer pour agrandir l'image.La pièce maîtresse est une superbe statue en pied de Perséphone (Περσεφόνη), la fille de Déméter, déesse de la fertilité ; cette précieuse statue en marbre, d’1,57 m de hauteur, datée du IIe siècle après JC, très bien conservée, a été découverte dans un champ par un paysan qui a défrayé la chronique en essayant sans succès de la vendre à des particuliers ; la statue a été saisie. Perséphone est drapée d’un péplum (πέπλος), ou himation (ίμάτιον), et d’un chiton (χιτών) ; elle tient un épi de céréale dans sa main gauche ; on remarque que les deux côtés de son visage n’ont pas le même modelé ; on remarque aussi, dans ses cheveux, un diadème en forme d’autel décoré de deux serpents, symboles de sa divinité.
  • Le musée présente aussi : des jarres géantes en argile ou pithoi (πίθοι) ; des statues des époques grecque et romaine, pour la plupart sans tête car les chrétiens iconoclastes eurent tendance à considérer les crânes de pierre comme des lieux où se cachait l’esprit du diable ; des poteries intéressantes dans le style de Vassiliki, notamment des cruches et des vases typiques ; des plateaux tournants de potiers du début du peuplement minoen de Fournou Koryfi ; des haches et un moule de hache en stéatite ; des outils en bronze de l’époque dorienne ; des sculptures sur pierre ; de belles pièces de monnaie, notamment en argent, et cetera.

Le musée Mechtébi se trouve en face de l’Hôtel de Ville, Place Kanoupaki (Πλατεία Κανουπάκη), la place centrale située derrière le port des transbordeurs.

Horaires : du mardi au dimanche, de 8 h 30 à 15 h. Fermé le lundi et les principaux jours fériés.

Prix d’entrée : 2 €.

Téléphone : 00 30 2842 0 28721.

Navigateur par satelliteD’Iérapétra à la côte nord
La ville d’Iérapétra en Crète. Le golfe de Mirabello vu depuis Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Il existe deux routes qui relient la ville d’Iérapétra à la côte nord de l’île à travers l’isthme d’Iérapétra. La route principale relie Iérapétra à la petite ville côtière de Pachéia Ammos (Παχειά Άμμος), via le village de Kato Chorio (Κάτω Χωριό) (le « Village d’En-bas » …) et le village d’Épiskopi (Επισκοπή) avec une intéressante église dédiée à saint Georges (Άγιος Γεώργιος) et à saint Charalampe (Άγιος Χαράλαμπος), à l’architecture unique en Crète ; cette route est à peu près plate, le point le plus élevé étant le village d’Épiskopi.

La ville d’Iérapétra en Crète. La route d'Iérapétra à Istro par Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image.L’autre route relie Iérapétra à la petite station balnéaire d’Istro (Ίστρο) à 7 km à l’ouest de Pachéia Ammos et plus proche d’Agios Nikolaos ; cette seconde route est plus pittoresque que la première, traversant l’intéressant village de Kalamafka et le village de Prina (Πρίνα) ; cette route est aussi plus difficile, avec des rétrécissements, notamment dans le village de Kalo Chorio (Καλό Χωριό) (le mal nommé « Bon Village »), suivant la vallée de la rivière Kalos Potamos (Καλός Ποταμός) jusqu'à Istro.

Réservoir de barrageLe barrage de Bramiana (Φράγμα των Μπραμιανών / Frágma ton Bramianón)
La ville d’Iérapétra en Crète. Le barrage de Bramiana vu depuis Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image.Le barrage de Bramiana se trouve à près de 5 km au nord-ouest d’Iérapétra, à 3 km à l’intérieur des terres à l’arrière du village côtier de Gra Lygiá (Γρα Λυγιά) ; le barrage est près de la route qui relie Iérapétra à Istro sur la côte nord de l’île, en passant par Kalamafka. Le barrage a été construit en 1986 afin de créer un lac artificiel de réserve d’eau pour irriguer les cultures sous serres qui se sont développées dans la région d’Iérapétra à partir de la fin des années 1960. Le barrage doit son nom au village de Bramiana près duquel se trouvait un site antique minoen qui fut en grande partie englouti par les eaux du lac artificiel. Quand le lac de barrage est vidé pour entretien on peut voir émerger le toit d’une église du village, l’église Profitis Ilias.

La ville d’Iérapétra en Crète. Le barrage de Bramiana. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le fond du lac artificiel de Bramiana (Τεχνιτή Λίμνη Μπραμιανών) se trouve à environ 35 m d’altitude et sa surface à environ 70 m, au printemps quand le niveau du lac est à son maximum ; le lac de Bramiana couvre une superficie de 4,25 km² et sa capacité est de 15 millions de m³ d’eau. Le lac irrigue une superficie de 120 km² de cultures dans la plaine côtière d’Iérapétra.

La ville d’Iérapétra en Crète. Le barrage de Bramiana. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Les eaux qui alimentent le lac de Bramiana proviennent des sources de Kéfalovrysi Kalamafka (Πηγές στο Κεφαλοβρύσι Καλαμαύκας), de la rivière Krygios (Κρυγιός), des sources de Malavra (Πηγές της Μαλάβρας) et des sources des gorges Korakas Méséléroi (Φαράγγι του Κόρακα Μεσελέρων).

La ville d’Iérapétra en Crète. Le barrage de Bramiana. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Au fil des ans ce lac est devenu l’une des principales haltes en Europe du Sud pour les oiseaux migrateurs ; 214 espèces d’oiseaux différentes y ont été recensées. Une piste de terre, qui fait presque le tour du lac, permet aux ornithologues amateurs d’observer les oiseaux, notamment lors des migrations du printemps et de l’automne ; des huttes d’observation sont installées le long de cette piste.

Village grecLe village de Kalamafka (Καλαμαύκα / Kalamaúka)
La ville d’Iérapétra en Crète. Le village de Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Kalamafka est un village de moyenne montagne situé à mi-chemin entre la côte nord et la côte sud de la Crète ; le village se trouve sur la route reliant Istro à Iérapétra, à environ 14 km d’Istro et 15 km d’Iérapétra ; le village de Prina est à environ 6 km au nord-est; Agios Nikolaos à 24 km au nord. Le village se trouve à environ 480 m d’altitude sur le versant ouest du massif du Dicté, au sud du plateau de Katharo, au débouché des gorges de Chavgas qui descendent du plateau.

La ville d’Iérapétra en Crète. Le rocher de Kastellos à Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Du point culminant du village, le rocher de Kastellos, on peut apercevoir les deux côtes de l’île. Kalamafka compte un peu plus de 400 habitants.

La ville d’Iérapétra en Crète. Le rocher de Kastellos à Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image.Le nom du village viendrait de la ressemblance du rocher de Kastellos avec la coiffure des prêtres orthodoxes, coiffure qui est nommée « kalymafki » (καλυμαύκι). Le village était nommé Calamafca à l’époque vénitienne.

La ville d’Iérapétra en Crète. Réseau d'eau potable à Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image.Cette situation très favorisée et l’abondance de l’eau ont permis au village d’être habité en permanence depuis l’Antiquité. Kalamafka est peut-être situé à l’emplacement de la cité antique connue sous le nom de Larissa (Λάρισα) (« place-forte ») ; le géographe grec du Ier siècle avant JC Strabon mentionne Larissa et précise que la cité fut conquise vers le IIIe siècle avant JC par la cité voisine d’Iérapytna, la ville actuelle d’Iérapétra, et que ses habitants furent contraints de quitter la cité.

La ville d’Iérapétra en Crète. Paysage de Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

La ville d’Iérapétra en Crète. Le rocher de Kastellos à Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Une des attractions du village de Kalamafka est le rocher de Kastélos (Κάστελος), situé dans le sud du village. On peut monter, par un escalier de 248 marches, jusqu’au sommet situé à environ 500 m d’altitude.

La ville d’Iérapétra en Crète. Kalamafka vu depuis le rocher de Kastellos (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Au sommet se trouve une chapelle rupestre, la chapelle de la Sainte-Croix (Τίμιος Σταύρος), construite à l’intérieur d’une grotte. Dans cette grotte, dite « Grotte des quarante salles », a été découverte une statuette de bronze d’Asclépios, le dieu de la médecine ; les historiens pensent qu’il y avait dans cette grotte un sanctuaire dédié à ce dieu. La colline de Kastellos pourrait avoir été l’acropole de la cité antique de Larissa.

Au nord du village débouchent les gorges de Chavgas (Φαράγγι Χαυγάς Καλαμαύκας), moins connues que les gorges du même nom qui relient le plateau de Katharo au plateau du Lassithi ; la visite de ces gorges est moins difficile que celle des gorges du Lassithi mais tout aussi spectaculaire, avec une végétation luxuriante due aux nombreuses sources, des grottes et des rochers lisses incrustés de nombreux fossiles de coquillages.

La ville d’Iérapétra en Crète. La vallée de la rivière Kalamafkianos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Les eaux des gorges de Chavgas traversent le village de Kalamafka et donnent naissance à la rivière Kalamafkianos (Καλαμαυκιανός Ρέμα) qui se jette dans la mer de Libye dans la région de Néa Anatoli (Νέα Ανατολή).

La ville d’Iérapétra en Crète. Le rocher de Kastellos à Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La ville d’Iérapétra en Crète. La campagne dans les environs de Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image.La ville d’Iérapétra en Crète. La campagne dans les environs de Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image.La ville d’Iérapétra en Crète. Une oliveraie dans les environs de Kalamafka. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).

CultureHistoire, géographie, arts, traditions, flore …

HistoireHistoire
La cité antique d’Iérapytna (Ιεράπυτνα) aurait été fondée, vers le VIIIe siècle avant JC, par des Doriens venant de la cité de Kamiros sur l’île de Rhodes. Dès le IVe siècle avant JC Iérapytna frappait sa propre monnaie. Iérapytna connut une influence croissante au IIIe siècle avant JC grâce à une puissante flotte avec laquelle la cité se livrait à la piraterie ; les Iérapytniens furent les alliés des Macédoniens dans la guerre opposant la Macédoine de Philippe V à l’île de Rhodes et ses alliés. Au IIe siècle avant JC, vers 155 avant JC, Iérapétra devint la plus puissante cité de la Crète orientale et s’étendit vers l’est au détriment de la cité étéocrétoise de Praissos (Πραισός) qu’elle détruisit, mettant fin à la dernière présence minoenne dans l’est de la Crète, s’emparant aussi du sanctuaire de Zeus Dictéen à Palaikastro. Il s’ensuivit un long conflit frontalier, de près d’un siècle, avec la cité dorienne d’Itanos ; la République romaine confia une médiation entre les deux cités doriennes à la cité carienne de Magnésie du Méandre ; l’arbitrage des Magnésiens fut rendu en faveur d’Itanos en 132 avant JC, mais Iérapytna continua d’occuper le sanctuaire de Zeus jusque vers 112 avant JC. Iérapytna annexa la cité de Larissa (Λάρισα) dont on pense qu’elle était située à l’emplacement du village actuel de Kalamafka, au nord-ouest d’Iérapétra, ou bien du village actuel de Kendri (Κεντρί) au nord-nord-est. Iérapytna annexa également la cité d’Oléros (Ώλερο), située près du village actuel de Méséléroi (Μεσελέροι) au nord d’Iérapétra, où se trouvait un temple d’Athéna Oléria. Iérapytna était la cité crétoise dont le territoire était le plus étendu

Lors de la conquête de la Crète par les Romains, de 68 à 67 avant JC, Iérapétra fut la dernière cité à être conquise par le consul Quintus Caecilius Metellus ; l’occupation de la Crète par la République romaine mit un terme aux conflits entre les cités crétoises. Bien que rasée par les Romains la cité fut rapidement reconstruite et retrouva la prospérité, mais elle fut supplantée par la cité de Gortyne choisie par les Romains comme capitale de la province de Crète-Cyrénaïque. Iérapytna occupait en effet une position stratégique dans le but de Rome de conquérir l’Égypte, conquête qui fut achevée en l’an 30 avant JC. La cité romaine d’Iérapytna devint l’une des villes crétoises les plus riches, faisant du commerce avec la Grèce et l’Italie ainsi qu’avec l’Afrique et le Proche-Orient, grâce un port important, dont les vestiges sont visibles dans les eaux de la baie, des palais, des thermes alimentés par un aqueduc, deux théâtres et cetera ; la ville était ornée de nombreuses statues dont certaines ont été découvertes et sont de nos jours conservées au Musée archéologique d’Iérapétra. Les vestiges de ces monuments de l’époque romaine étaient encore visibles au XVIe siècle comme en témoigne le voyageur italien Onorio Belli ; de nos jours, pratiquement rien ne survit de ces constructions, à l’exception de tambours et de chapiteaux de colonnes brisés, éparpillés dans des coins étranges de la ville

Pendant le première époque byzantine de la Crète, de l’an 330 à l’an 824, Iérapytna ne joua pas un rôle important mais la ville fut cependant le siège d’un évêché. En l’an 796 la ville fut, semble-t-il, détruite par un séisme de magnitude 7,5 sur l’échelle de Richter. En l’an 824 les Sarrasins achevèrent la destruction de la ville lors de leur conquête de la Crète, mais utilisèrent son port comme base de piraterie.

Au début de la domination vénitienne, qui dura du XIIIe siècle au XVIIe siècle, une forteresse fut construite pour protéger le port de la cité, désormais nommée Iérapétra (Gerapetra). Les Vénitiens délaissèrent cependant Iérapétra et portèrent leur intérêt sur la ville de Sitia qui devint la capitale de la Crète orientale.

Sous l’occupation ottomane, entre le XVIIIe siècle et le XXe siècle, la ville d’Iérapétra devint très pauvre.

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