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Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie

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PrésentationPrésentation

Les ruines, ou plutôt les fondations, de ce qui fut une des Sept Merveilles du Monde antique se trouvent à Bodrum connu dans l’Antiquité sous le nom d’Halicarnasse.
ÉtymologieÉtymologie et toponymie
Le Mausolée (Μαυσωλείο), tombeau du roi Mausole, qui stupéfiait le monde antique par ses dimensions et par la richesse et la beauté de sa décoration, est devenu l’archétype d’un tombeau monumental semblable à un temple. Le nom de « mausolée » devint un nom commun utilisé pour les tombeaux monumentaux, ornés de sculptures, de rois, d’empereurs, et autres grands de ce monde ; par exemple le mausolée de l’empereur romain Hadrien à Rome ou le mausolée d’Atatürk à Ankara. À la différence d’un cénotaphe, un mausolée contient les restes du personnage.

Le tombeau de Mausole est aussi nommé Mausolée d’Halicarnasse (Μαυσωλείο της Αλικαρνασσού en grec, Sepulcrum Mausoli Halicarnasense en latin, Halikarnas Mozolesi en turc).

VisitesVisites

MausoléeLes ruines du mausolée du roi Mausole (Kral Mausolos Mozolesi)
Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Ruines du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Il ne reste que peu de choses aujourd’hui de ce qui fut considéré dans l’Antiquité comme la cinquième des Sept Merveilles du Monde, notamment par Antipatros de Sidon (IIe siècle avant JC) et Pline l’Ancien (Ier siècle après JC).

En 355 avant JC, le satrape de Carie, Mausole (Μαύσωλος), conçut les plans d’un monument extravagant  pour en faire son tombeau pour assurer sa gloire posthume. Mausole aurait lui-même fait commencer la construction de son tombeau sur une colline dominant sa capitale Halicarnasse ; après le décès de Mausole, deux années plus tard, en 353, sa veuve — qui était aussi sa sœur — la reine Artémise II continua la construction. La reine Artémise elle-même mourut deux années plus tard, en 351 ; le tombeau de Mausole fut achevé en 350, probablement par les frères ou la sœur de Mausole et d’Artémise.

ConstructionLa construction du Mausolée
Pour construire et orner le tombeau de Mausole Artémise fit appel aux plus grands architectes et et aux plus talentueux sculpteurs du milieu du IVe siècle avant JC : l’architecte et bâtisseur Pythéos, assisté de Satyros, et les sculpteurs Bryaxis, Scopas, Leochares et Timotheos.

Pythéos (Πυθέος), ou Pythios, de Priène, était l’architecte du temple d’Athéna à Priène ; Pythéos et Satyros (Σάτυρος), également de Priène, écrivirent un traité — aujourd’hui perdu — sur la construction du Mausolée.

Chacun des quatre sculpteurs fut chargé de réaliser les sculptures et les frises en haut-relief de l’une des quatre faces du tombeau monumental :

  • Bryaxis (Βρύαξις) de Carie, le plus jeune des quatre, pour le côté nord ; on lui attribue aussi les statues de Mausole et d’Artémise.
  • Scopas (Σκόπας) de Paros, l’homme qui avait supervisé la reconstruction du temple d’Artémis à Éphèse, pour le côté est.
  • Timotheos (Τιμόθεος) d’Épidaure, pour le côté sud.
  • Léocharès (Λεοχάρης) d’Athènes, pour le côté ouest.

Pline l’Ancien a donné la description la plus complète que l’on possède sur le Mausolée :

Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Plan du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image.Le tombeau de Mausole avait l’aspect d’un temple ; la principale différence avec un temple était que ses murs extérieurs étaient légèrement plus élevés que ceux d’un temple. L’architecture du tombeau était inspirée de celle du monument des Néréides, édifié au début du IVe siècle avant JC dans la ville de Xanthos, dans la Lycie voisine.

Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Plan de l'enceinte du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image.Le Mausolée était entouré d’une enceinte sacrée (περίβολος) fermée, seulement ouverte à l’est par un propylée (porte d’entrée d’un sanctuaire), de 105 m par 244 m ; au milieu de la cour formée par l’enceinte le monument s’élevait sur trois étages surmontant un chambre funéraire sous-terraine. Les trois étages avaient une hauteur dans un rapport de 3, 4 et 5, l’étage inférieur était le moins haut ; la hauteur totale atteignait 43 mètres. Le corps du monument était bâti en pierre volcanique de couleur gris-vert, la plupart des surfaces extérieures étant recouvertes d’un parement de marbre d’une blancheur étincelante, avec de nombreuses frises sculptées en haut-relief.

Sous le monument se trouvait une chambre funéraire contenant un sarcophage ; comme forme de rituel de sacrifice, les corps d’un grand nombre d’animaux morts avaient été placés dans l’escalier menant à la chambre mortuaire, puis les escaliers avaient été comblés de pierres et de décombres, interdisant l’accès. Sous le plancher de la chambre funéraire un système de drainage assurait l’assèchement du monument.
Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Les ruines de la chambre funéraire du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. L'emplacement des dépôts sacrificiels du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image.Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Le système de drainage du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image.
Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Reconstitution dans Voyage aux Sept Merveilles du Monde, Lucien Augé de Lassus, Paris, 1878 (Gravure de Sidney Barclay). Cliquer pour agrandir l'image.Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Maquette de reconstitution. Cliquer pour agrandir l'image.L’étage inférieur, rectangulaire, avait des dimensions de 38,4 mètres par 32,5 mètres et était entouré d’une série de trois marches surmontées de parement en calcaire bleuâtre ; la partie haute de l’étage inférieur était entourée de deux acrotères supportant des statues en ronde-bosse.

Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Amazonomachie (British Museum) (auteur Marie Lan n'guyen). Cliquer pour agrandir l'image.L’étage intermédiaire constituait un podium dont la partie supérieur était décorée d’une frise en haut-relief représentant les Amazones combattant contre les Grecs (amazonomachie), marquée par la figure d’Héraclès.

Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Les ruines du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image.Le dessus du podium était entouré d’un périptère (περίπτερος) ou ptéron (πτερόν), une colonnade de 36 colonnes de style ionique, hautes de 12 mètres ; il y avait 11 colonnes sur les faces nord et sud, et 9 colonnes sur les faces est et ouest ; à chaque angle, une colonne était commune à deux faces du monument. Entre chaque paire de colonnes, distantes de 3 mètres, se dressait une statue de dieu ou de déesse, ou d’un membre de la dynastie royale. Au centre du podium se trouvait une cella.

Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Lion (British Museum) (auteur Marie Lan N'Guyen). Cliquer pour agrandir l'image.Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Cheval du quadrige (British Museum) (auteur Carole Raddato). Cliquer pour agrandir l'image.La colonnade du podium soutenait un toit massif de forme pyramidale à 24 degrés et haut de 7 mètres ; à la base de la pyramide courait une frise représentant une course de chars ; la corniche située au pied de la pyramide comportait aux quatre coins une statue de guerrier à cheval ; sur la corniche se dressaient une vingtaine de sculptures de lions et de léopards, d’une taille légèrement supérieure à la taille naturelle, soit 1,50 m ou 1,60 m.

Au sommet de la pyramide se trouvait un quadrige en marbre dont Mausole et Artémise tenaient les rênes ; les harnachements des chevaux du quadrige étaient en bronze. La base du quadrige, de 6 mètres de côté, était entourée d’une frise figurant un combat de centaures, une centauromachie.

CarrièreLa destruction du Mausolée
Faute d’entretien le Mausolée subit une longue dégradation ; on pense que le monument fut gravement endommagé par un premier séisme au XIIe siècle puis fut totalement ruiné par un autre séisme au début du XIVe siècle. Cependant, compte tenu de la fréquence des séismes en Anatolie, il est vraisemblable qu’il y avait eu d’autres tremblements de terre entre le IVe siècle avant JC et le XIIe siècle après JC, soit près de 1500 ans. Il est probable que la population locale se servit des ruines pour la construction de maisons. On peut remarquer que, au Xe siècle, l’empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète ne mentionne pas le Mausolée d’Halicarnasse dans ses ouvrages.

Vers 1405 lorsque les Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean entreprirent la construction d’une forteresse à Halicarnasse, ils trouvèrent le tombeau de Mausole en ruines ; il ne restait que la base de l’édifice et les fondations. Les Chevaliers notèrent aussi que la population grecque et turque de la région n’avaient pas de nom, ni de légende, pour désigner ces ruines, ce qui peut laisser penser que le tombeau de Mausole était à l’état de ruine depuis plusieurs siècles.

Les Chevaliers hospitaliers se servirent des ruines comme d’une carrière de pierre dès le début de la construction du château Saint-Pierre, car on retrouve des pierres taillées, provenant du Mausolée, dans les plus anciennes constructions de la forteresse. Les Chevaliers utilisèrent aussi le marbre des parements, en le broyant et en le chauffant pour produire de la chaux, afin de fabriquer du mortier de scellement. Cependant les Chevaliers utilisèrent les hauts-reliefs les moins abîmés pour décorer certaines parties du château.

Dans leur compte-rendu de voyage au Levant en 1497 et 1498, les deux voyageurs florentins Bernardo Michelozzi et Bonsignore Bonsignori rapportent avoir vu des parties importantes du Mausolée :

« si veghono le gran ruine del sepulchro detto Mausoleo, et quale la regina Artemisia di quel paese fece a Mausoleo suo marito, di tal mirabile maniera che si innumera infra le septe mirabili chose del mondo, e dicono gli scriptori che era alto xxv cubiti e intorno era cinto di xxxvi colonne, e in tal loco è di presente castello di San Pietro che lo tiene in terra ferma el prefato gran maestro di Rodi ».

En 1507 le jeune Frère Sabba de Castiglione, venu rejoindre l’Ordre de Saint-Jean à Halicarnasse, écrit à sa protectrice Isabelle d’Este, la reine des collectionneurs, qu’il a obtenu pour elle « un monstre marin qui embrasse lascivement une nymphe », récemment trouvé parmi les ruines d’Halicarnasse ; il lui décrit aussi le peu d’importance que les Chevaliers Hospitaliers attachent aux œuvres d’art à Rhodes : « elles gisent, méprisées, maltraitées, dévaluées, exposées au vent et à la pluie, à la neige et à la tempête ».

En 1522, alors que le siège de l’Ordre à Rhodes est assiégé par les Ottomans de Soliman le Magnifique, les Chevaliers tentent de renforcer encore les défenses du château Saint-Pierre et vont chercher à nouveau des pierres dans les fondations du Mausolée. Les Chevaliers, commandés par le commandeur de la Tourrette, découvrent la chambre funéraire où se trouve le sarcophage, mais il était trop tard pour tenter d’ouvrir le sarcophage ; lorsque les Chevaliers revinrent le lendemain, ils découvrirent que le sarcophage était vide et avait été pillé pendant la nuit.

Cette histoire fut rapportée dans un texte publié à Lyon en 1581 par le Docteur Claude Guichard qui la tenait de l’antiquaire français Alechamps auquel le commandeur de la Tourrette l’avait confiée :

Funérailles & diverses manieres d’ensevelir des Romains, Grecs, & autres nations, tant anciennes que modernes, descrites par Claude Guichard Docteur és droits (Lyon 1581) pp. 379—381.

« L’an 1522, lors que Sultan Solyman se préparoit pour venir assaillir les Rhodiens, le Grand Maîstre sçachãt l’importance de ceste place, et que le Turc ne faudrait point de l’empieter de premiere abordee, s’il pouuoit, y enuoya quelques cheualiers pour la remparer et mettre ordre à tout ce qui estoit necessaire soustenir l’ennemi, du nombre desquels fut le Commandeur de la Tourrette Lyonnois, lequel se treuua depuis à la prise de Rhodes, et vint en France, où il fit, de ce que je vay dire maintenãt, le recit a Monsieur d’Alechamps, personnage assez recongnu par ses doctes escrits, et que je nomme seulement, à fin qu’on sçache de qui je tien vne histoire si remarcable. Ces cheualiers estans arriués a Mesy, se mirent incontinent en deuoir de faire fortifier le chasteau, et pour auoir de la chaux, ne treuuans pierre aux enuirons plus propre pour en cuire, ny qui leur vinst plus aisce, que certaines marches de marbre blanc, qui s’esleuoyent en forme de perron enuuy d’un champ pres du port, là où jadis estoit la grande place d’Halycarnasse, ils les firēt abbattre et prendre pour cest effect. La pierre sestant rencõtree bonne, fut cause, que ce peu de maçonnerie, qui parroissoit sur terre, ayant esté demoli, ils firent fouiller plus bas en esperance d’en treuuer dauantage. Ce qui leur succeda fort heureusement: car ils recognurent en peu d’heure, que de tant plus qu’on creusoit profond, d’autant plus s’eslargissoit par le bas la fabrique, qui leur fournit par apres de pierres, non seulement à faire de la chaux, mais aussi pour bastir. Au bout du quatre ou cinque jours, apres auoir faict vne grande descouuerte, par vne apres disnee ils virent une ouverture comme pour entrer dans vne caue: ils prirent de la chandelle, et deualerent dedans, où ils treuuerent vne belle grande salle carree, embellie tout au tour de colonnes de marbre, auec leurs bases, chapiteaux, architraues, frises et comices grauees et taillees en demy bosse: l’entredeux des colonnes estait reuestu de lastres, listeaux ou plattes bandes de marbre de diuerses couleurs ornees de moulures et sculptures conformes au reste de l’œuure , et rapportés propermēt sur le fonds blãc de la muraille, où ne se voyait qu’histoires taillees, et toutes battailles à demy relief. Ce qu’ayans admiré de prime face, et apres avoir estimé en leui fantãsie la singularite de l’ouurage, en fin ils defirent, briserent et rompirent, pour s’en seruir comme ils auoyent faicte du demeurant. Outre ceste sale ils treuuerent apres vne porte fort basse, qui conduisoit à une autre, comme antichambre, ou il y auoit vn sepulcre auec son vase et son tymbre de marbre blanc, fort beau et reluisant à merueilles lequel, pour n’avoir pas eu assez de temps, ils ne descouurirent, la retraicte estant desia sonnee. Le lendemain apres qu’ils y furent retournés, ils treuuert la tombe descouuerte, et la terre semee tout autour de force petits morceaux de drap d’or, et paillettes de mesme metal: qui leur fit penser, que les corsaires, qui escumoyent alors le long de toute ceste caste, ayans eu quelque vent de ce qui auoit esté descouuert en ce lieu là, y vindrent de nuict, et osterent le couuercle du sepulcre, et tient on qu’ils y treuuerent des grandes richesses et thresors. Ainsi ce superbe sepulcre, compté pour l’un des sept miracles, et ouurages merueilleux du monde, apres auoir eschappé la fureur des Barbares, et demeuré l’espace de 2247 ans debout, du moins enseueli dedans les ruines de la ville d’Halycarnasse, fut descouuert et aboli pour remparer le chasteau de S. Pierre, par les cheualiers croisés de Rhodes, lesquels en furent incontinent apres chassés pas le Turc, et de toute l’Asie quant et quant. »

On retient notamment que les Chevaliers :

« trouvèrent une belle grande salle carrée, embellie tout autour de colonnes de marbre, avec leurs bases, chapiteaux, architraves, frises et corniches gravées et taillées en demi-bosse : l’entre-deux des colonnes était revêtu de lastres, listeaux ou plates-bandes de marbre de diverses couleurs ornées de moulures et sculptures conformes au reste de l’œuvre, et rapportés proprement sur le fond blanc de la muraille, où ne se voyait qu’histoires taillées, et toutes batailles à demi-relief. Ce qu’ayant admiré de prime face, et après avoir estimé en leur fantaisie la singularité de l’ouvrage, enfin ils défirent, brisèrent et rompirent, pour s’en servir comme ils avaient fait du demeurant ».

D’après des découvertes faites dans les années 1960 par des archéologues, il semble qu’en réalité les trésors du tombeau avaient été volés par des pilleurs de tombes bien avant 1522, en creusant des tunnels sous le Mausolée. Et si le sarcophage était vide, c’était parce que les corps de Mausole et d’Artémise avaient été incinérés et que seules leurs cendres se trouvaient dans la chambre funéraire.

Après l’occupation ottomane d’Halicarnasse les derniers vestiges du Mausolée furent sans doute encore exploités puis ensevelis sous des champs pendant plus de trois siècles, jusqu’au XIXe siècle.

En 1846, l’ambassadeur britannique à Constantinople Stratford Canning — plus tard Lord Stratford de Redcliffe —, obtint l’autorisation de faire enlever des fragments de frise du Mausolée qui étaient encastrés dans les murs du château Saint-Pierre ; ces frises en haut-relief furent transportées à Londres, au British Museum. L’année suivante, en 1847, ces pièces archéologiques inspirèrent un article à un archéologue du musée, Charles Thomas Newton (1816-1894).

En 1852, Charles Thomas Newton — officiellement nommé vice-consul à Mytilène —  fut envoyé en Grèce avec pour mission de fouiller divers sites archéologiques et de collecter des antiquités pour le musée londonien. En 1857 il entreprit l’identification et la fouille du site du tombeau de Mausole. Grâce à sa connaissance livresque de la description du Mausolée par Pline l’Ancien et Vitruve, Newton repéra l’emplacement approximative des ruines du tombeau par l’identification des fragments trouvés sur le sol, puis fit creuser des tunnels pour déterminer les limites du site à fouiller ; il n’acheta que les champs qu’il avait besoin de fouiller.

Pendant les fouilles Newton découvrit des fragments des frises en haut-relief qui décoraient les murs du podium et la base du toit pyramidal, notamment quatre dalles de la frise de la face orientale, œuvre de Scopas représentant un combat entre les Grecs et les Amazones. Il découvrit aussi un roue brisée du quadrige de pierre de quelque deux mètres de diamètre, ainsi que les statues de Mausole et d’Artémise qui se trouvaient à l’origine dans le quadrige situé au sommet du monument. Toutes ces pièces furent envoyées au British Museum. Newton rassembla aussi des pièces du Mausolée qui se trouvaient dans divers endroits, Rhodes, Gênes ou Constantinople.

De 1966 à 1977, le Mausolée fit l’objet d’une recherche approfondie par le professeur Kristian Jeppesen de l’Université d’Aarhus, au Danemark, qui a pu faire une reconstitution fidèle du monument.

De l’orgueilleux tombeau du satrape Mausole il ne reste aujourd’hui que des blocs épars et les traces de ses fondations. Sic transit gloria mundi …

Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Les fondations du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Les ruines de l'enceinte du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Les ruines de l'enceinte du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Les ruines du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).

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Le roi Mausole
Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Statue de Mausole au British Museum (auteur Marie Lan N'Guyen). Cliquer pour agrandir l'image.Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. Statue d'Artémise au British Museum (auteur Marie Lan N'Guyen). Cliquer pour agrandir l'image.Mausole (Μαύσωλος) était le fils aîné du satrape de Carie Hecatomnos, nommé par le roi Artaxerxès III de la dynastie perse des Achéménides, et qui gouverna de 385 à 377 avant JC. La fonction de satrape n’était pas héréditaire ; cependant, en 377, Mausole succéda à son père à la tête de la satrapie de Carie dont la capitale se trouvait à Mylas (Μύλασα), aujourd’hui Milas, près de la ville turque actuelle de Muğla.

Entre 370 et 365, Mausole déplaça sa capitale à Halicarnasse, une ville située sur la côte qui est l’actuelle Bodrum. Il fit agrandir la ville, pour en faire une capitale prestigieuse, et y fait construire son palais, probablement sur la presqu’île où se trouve aujourd’hui le château Saint-Pierre, mais il ne reste aucun vestige de ce palais. Admirateur de la culture grecque, bien que carien et nominalement vassal des Perses, Mausole fit également construire un sanctuaire dédié au dieu de la guerre Arès, un théâtre, un port militaire et des fortifications, dont il reste quelques vestiges.

Au cours de son règne de 24 ans, Mausole prit le contrôle d’une grande partie de la côte sud-ouest de la péninsule anatolienne et y fit construire de nombreuses villes de conception grecque, telles que Myndos ; la Carie devint une des grandes puissances maritimes de la Mer Égée.

Mausole avait épousé une de ses sœurs, Artémise, qui régna avec lui jusqu’à la mort de Mausole en 353. Artémise succéda à son frère et époux et lui fit construire un tombeau monumental, connu comme le Mausolée d’Halicarnasse. Mausole et Artémise n’avait pas d’enfants et, au décès d’Artémise II, en 351, c’est son frère (et beau-frère !) Idrieus qui lui succéda, jusqu’à sa mort en 344. Idrieus avait lui-même épousé la seconde fille d’Hecatomnos, sa sœur Ada ; c’est Ada qui succéda à Idrieus, mais le troisième frère, Pixodaros ou Pixodore, s’empara du trône de sa sœur en 340 et régna jusqu’en 334. À cette date Alexandre le Grand fit le siège d’Halicarnasse et s’empara de la Carie avec l’aide d’Ada. Alexandre rétablit Ada sur le trône de Carie ; elle régna jusqu’en 326. Sa mort mit fin à la dynastie des Hécatomnides et à l’Âge d’or de la Carie…  Les trésors de ce que l’on croit être le tombeau d’Ada sont exposés au Musée d’archéologie de Bodrum

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Informations utilesInformations utiles
Le mausolée du roi Mausole à Halicarnasse (Bodrum) en Anatolie. La situation du mausolée. Cliquer pour agrandir l'image.Visite des ruines du Mausolée d’Halicarnasse (Halikarnas Mozolesi) :

Adresse : Turgut Reis Caddesi, entre les rues Saray Sokak et Hamam Sokak. En venant du château Saint-Pierre tourner à droite dans Gerence Sokak sur 200 m puis prendre à gauche sur Turgut Reis Caddesi. Depuis la marina, tourner à gauche, près de la mosquée Tepecik, dans Hamam Sokak, puis prendre à droite sur Turgut Reis Caddesi.

Horaires : du mardi au dimanche, de 9 heures à 19 heures (jusqu’à 17 heures en hiver).

Prix d’entrée : 10 TRY (2 €).

À gauche de l’entrée, après le guichet, ne pas manquer les maquettes du mausolée et de la ville antique. Un appentis abrite des fragments de la frise de l’amazonomachie qui était située au-dessous de la colonnade ; certains de ces fragments sont des copies des frises conservées au British Museum, mais trois sont des originaux.

Le site possède quelques jardins ombragés pour faire une pause.

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