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Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
Drapeau de l'Ordre de Saint-Jean.La château Saint-Pierre à Bodrum est une forteresse édifiée par les Chevaliers de l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem sur la côte égéenne de l’Anatolie.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le château vu de la baie. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).La construction de la forteresse s’étendit sur la fin du Moyen Âge entre 1402 à 1437 ; les Chevaliers Hospitaliers (Hospitalye Şövalyeleri) ajoutèrent des fortifications supplémentaires pendant le début de la Renaissance, jusqu’en 1522, date à laquelle ils durent faire la reddition du château aux Turcs ottomans qui avaient défait les Chevaliers de Saint-Jean en s’emparant du siège de l’Ordre à Rhodes. Le château Saint-Pierre fut la dernière forteresse bâtie par les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Aziz Yuhanna Şövalyeleri).

Après sa reddition le château Saint-Pierre servit de garnison militaire, de prison et de bains turcs, jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale ; au XXe siècle il devint un lieu d’entrepôt informel pour les découvertes archéologiques faites dans les eaux de la mer Égée. En 1962 il hébergea officiellement le Musée d’archéologie sous-marine de Bodrum.

ÉtymologieÉtymologie et toponymie
Le château se nomme Saint-Pierre le Libérateur, mais aussi, en latin, Castellum Sancti Petri, Petronium ou Petreum. La population grecque d’Anatolie le nommait Petroumiou. Les Turcs le nomment « château de Bodrum » (Bodrum Kalesi), château des Chevaliers de Saint-Jean (Aziz Yuhanna Şövalyeleri’nin Kalesi) ou château des Chevaliers Hospitaliers (Hospitalye Şövalyeleri’nin Kalesi).

Par déformation Petreum donna à la ville son nom turc de Bodrum.

SituationSituation

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le port vu du château. Cliquer pour agrandir l'image.Le château Saint-Pierre s’élève au sommet d’une presqu’île rocheuse située à l’entrée du golfe de Kerme à la pointe sud-ouest de l’Anatolie. Cette petite presqu’île était autrefois une île qu’Hérodote (né vers 484 avant JC - mort vers 420 avant JC) nommait Zéphyra ou Zéphyria (qui signifie « sous le vent d’ouest », du nom du zéphyr, le vent d’ouest des anciens Grecs).

Cette île fut rattachée à la terre ferme par l’amoncellement de gravats dès avant l’époque où le satrape de Carie Mausole déplaça sa capitale de Mylasa (Milas) à Halicarnasse, vers 370 avant JC. Le château est entouré par la mer sur trois côtés.

Au XIe siècle les Seldjoukides construisirent un petit fort sur la presqu’île de Zéphyra et certains historiens pensent que, au IVe siècle avant JC, le palais du satrape Mausole s’y élevait ; un mur découvert près de la tour d’Angleterre pourrait en être l’unique vestige. Il n’y a pas de traces visibles d’éventuelles constructions antérieures des Cariens, des Romains, des Byzantins ou des Seldjoukides.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le château vu du transbordeur de Bodrum à Kos. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Les Chevaliers Hospitaliers construisirent le château Saint-Pierre à cet emplacement stratégique  à l’entrée du Golfe de Kéramos (Κεραμεικός κόλπος), le Golfe de Céramique, ou aujourd’hui, en turc, Gökova Körfezi. En collaboration avec leur forteresse de Kos — située à 20 km au sud-est d’Halicarnasse, dans le nord du Dodécanèse — le château Saint-Pierre pouvait contrôler la navigation dans le détroit entre l’île de Kos et Halicarnasse et la route maritime entre Constantinople et Alexandrie.

VisitesVisites

Château fortLe château Saint-Pierre (Bodrum Kalesi)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le château vu depuis la mer. Cliquer pour agrandir l'image.Le château Saint-Pierre est une vaste forteresse aux murs massifs crénelés, de plan à peu près carré, de 180 mètres par 185 mètres. C’est en 1402, sous le magistère de Philibert de Naillac, que fut prise la décision de construire une forteresse à Halicarnasse. La construction débuta vers 1405, selon les plans et sous la direction d’un Chevalier Hospitalier de la Langue d’Allemagne, le Frère Hesso Schlegelholtz, jusque là commandeur du château de Lango (île de Kos). Dans la conception du château, cet ingénieur militaire mit en place des défenses contre les techniques de siège les plus récentes : les passages menant aux portes étaient tortueux et à découvert ; les éventuels assaillants ne pouvaient pas se protéger contre les flèches, les pierres ou les projectiles brûlants lancés par les assiégés depuis les créneaux et les mâchicoulis. Pour résister au siège, quatorze citernes d’eau pluviale furent creusées à l’intérieur de la forteresse.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Ruines du mausolée de Mausole. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Pour la construction les Chevaliers Hospitaliers firent venir de Rhodes par galères des pierres taillées et des bois de charpente ; ils utilisèrent surtout comme carrière de pierre les ruines du tombeau monumental du roi Mausole, situé à moins de 500 mètres de l’emplacement de la forteresse ; ce Mausolée avait fini d’être détruit par un nouveau tremblement de terre au siècle précédent ; on peut  voir la trace de ces matériaux, notamment, dans des pierres volcaniques verdâtres, des bas-reliefs et des fragments de colonnes de marbre qui apparaissent dans les murailles de la forteresse. Quelques sculptures de lions ont plu aux Chevaliers et ont été encastrées dans les murs du château sous des dalles armoriales ; des bas-reliefs, des fragments d’une frise, un « Combat entre les Amazones et les Grecs », furent aussi sauvés et encastrés dans les murs.

L’intérieur de la forteresse était accessible par sept portes, conduisant à la partie intérieure de la forteresse ; ces sept portes étaient sans doute protégées par sept tours correspondant aux sept nations, ou langues, de l’Ordre de Saint-Jean (Allemagne, Angleterre, Auvergne, Espagne (Aragon et Castille), France, Italie et Provence). De ces sept tours il n’en reste que cinq, chacune ayant le propre style de la nation correspondante.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Écu de Fabrizio del Carretto. Cliquer pour agrandir l'image.Chaque langue était responsable de l’entretien et de la défense de la section de rempart protégée par sa tour ; chaque langue était dirigée par un bailli.

Au-dessus des portes et sur les murailles, les Chevaliers ont placé des centaines d’écussons peints, gravés ou sculptés représentant les armes des Grands Maîtres de l’Ordre, des commandeurs de la forteresse, de Chevaliers ou de souverains d’une des nations de l’Ordre, ainsi que des bas-reliefs à caractère religieux. Il reste 249 de ces sculptures, par exemple les écus des Grands Maîtres Giovanni Battista Orsini (Grand Maître de 1467 à 1476), Pierre d’Aubusson (Grand Maître de 1476 à 1503), Émery d’Amboise (Grand Maître de 1503 à 1512), Guy de Blanchefort (Grand Maître de 1512 à 1513), Fabrizio del Carretto (Grand Maître de 1513 à 1521), ou ceux des Plantagenêts.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Écu du Frère Corognia. Cliquer pour agrandir l'image.Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Inscription du Frère Jacques Gatineau. Cliquer pour agrandir l'image.Ici et là, on peut lire sur les murs des inscriptions émouvantes : « Ut vigilemus cum Christo, et requiescamus in pace » (« Afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix », ou l’inscription du capitaine Jacques Gatineau « Propter catholicam fidem tenetur locum istum F. Iac. Gatineau Cap. 1513 » (« Grâce à la foi catholique nous avons tenu cette place. Frère Jacques Gatineau. Capitaine. 1513 ». Ces inscriptions gravées étaient une vieille coutume des Hospitaliers.

La forteresse initiale fut achevée en 1437, mais, au cours des 120 ans de présence des Chevaliers de Saint-Jean, de nombreuses extensions et transformations furent apportées : ainsi la partie orientale de la muraille extérieure du château fut dédoublée, des douves furent créées. Après la remise de la forteresse aux Ottomans, en 1522, ceux-ci firent quelques transformations, mais le château Saint-Pierre reste un remarquable exemple préservé de l’architecture militaire franque de la fin du Moyen Âge.

Légende de la maquette du château :

1. Moineau Gatineau

2. Tour du port

3. Tour du passage

4. Chapelle

5. Bastion Naillac

6. Tour d’Espagne (Tour du serpent)

7. Bastion Gatineau

8. Tour d’Allemagne

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Maquette du château. Cliquer pour agrandir l'image.9. Tour d’Italie

10. Tour de France

11. Tour d’Angleterre

12. Tour du commandeur

13. Fossé de l’ouest

14. Fossé du nord

15. Fossé intérieur

16. Port

17. Rampe

Tour de défenseLa tour du port (Liman kulesi)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour du port. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).L’entrée des visiteurs se fait aujourd’hui par la tour du port (numéro 2 sur la maquette), située du côté ouest de la forteresse, et non plus par le côté nord. La tour du port fut la première tour construite, de façon à protéger l’accès au port par les galères apportant les matériaux de construction de la forteresse. En raison de l’urgence, des matériaux assez grossiers furent utilisés pour sa construction.

Entre les merlons du rempart des corbeaux avaient été fixés pour recevoir les volets de bois qui étaient relevés entre deux tirs pour protéger les hommes d’armes postés sur la plate-forme.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour du port. Cliquer pour agrandir l'image.Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour du port. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour du port. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le tunnel d'entrée. Cliquer pour agrandir l'image.Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le tunnel d'entrée. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour Gatineau. Cliquer pour agrandir l'image.
BastionLe moineau Gatineau
À côté de la tour du port se trouve une casemate (Top korunağı), le moineau Gatineau (numéro 1 sur la maquette). Le moineau Gatineau est une fortification tardive, construite en 1513, sous le magistère de Guy de Blanchefort (1512-1513) — qui mourut avant de prendre ses fonctions à Rhodes — puis le magistère de Fabrizio del Carretto (1513-1521). Le moineau était une fortification d’un type nouveau : une casemate, adossée à la courtine, qui permettait de battre les fossés par des tirs rasants depuis des embrasures.
FosséLe fossé de l’ouest (Batı hendeği)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Les douves de l'ouest. Cliquer pour agrandir l'image.Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La rampe du fossé de l'ouest. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).On accède à l’enceinte intérieure par une rampe qui longe la muraille de contrescarpe du fossé de l’ouest (numéro 13 sur la maquette) qui était autrefois un fossé inondé — une douve — mais qui est maintenant comblé.

Dans la muraille d’escarpe qui domine le fossé on peut remarquer des matériaux provenant du Mausolée d’Halicarnasse, ainsi que des écussons sculptés.

Tour de défenseLa tour du passage (Geçit kulesi)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour du Passage. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Un pont franchit les douves et mène à la tour du Passage (numéro 3 sur la maquette).

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Des écussons après la tour du Passage. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Au-dessus d’une porte de la tour du Passage on remarque une inscription :

« IHS. Salva nos, Domine, vigilantes, Custodi nos dormientes. Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam. »
« Seigneur, protège-nous pendant que nous montons la garde. Veille sur nous pendant que nous dormons. Si le Seigneur ne protégeait pas la ville, il veillerait en vain celui qui la garde. »
Les deux premières lignes sont extraites de la prière des Complies ; les deux dernières, du psaume 127.

Au-dessous de l’inscription se trouvent trois écussons : au centre celui du Grand Maître Émery d’Amboise ; de part et d’autre les écussons du Chevalier Jacques Gatineau.

Tour de défenseLa tour du commandeur (Komutan kulesi)
On pénètre dans la cour inférieure de la forteresse par la tour du Commandeur (numéro 12 sur la maquette). Au-dessus de la porte, ainsi que dans la salle de garde de la tour, sont sculptés les écussons de l’Ordre et du Grand Maître Giovanni Battista Orsini.
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour du Commandeur. Cliquer pour agrandir l'image.Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour du Commandeur. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour du Commandeur. Cliquer pour agrandir l'image.
La cour inférieure
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Les jardins de la cour inférieure. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).En sortant de la tour du Commandeur on débouche dans une vaste basse-cour (numéro 4 sur la maquette (chapelle)). Sur la gauche on peut voir une exposition d’amphores découvertes dans des épaves dans la région de Bodrum. Sur la droite se dresse la chapelle, transformée en mosquée avec son minaret après la reddition du château.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Un mûrier noir (Morus nigra) devant la chapelle. Cliquer pour agrandir l'image.Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Les jardins de la cour inférieure. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).La basse-cour est plantée d’agréables jardins, parsemés des pièces d’une collection lapidaire de statues, de bas-reliefs et de mosaïques. Parfois des artisans en costumes d’époque y font des démonstrations de verrerie ou de poterie.

BastionLe bastion Naillac
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le réfectoire et la tour d'Italie. Cliquer pour agrandir l'image.En traversant la cour inférieure on parvient à un bâtiment rectangulaire, situé à la base de la tour des Italiens : il s’agit du bastion Naillac qui servit de réfectoire (Mutfak) pour les Chevaliers (numéro 5 sur la maquette).

Le bâtiment du bastion Naillac abrite une petite collection de verres, principalement romains, malheureusement assez mal éclairée.

Tour de défenseLa tour d’Italie (İtalyan kulesi)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La cour inférieure et la tour d'Italie. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. L'intérieur de la tour d'Italie. Cliquer pour agrandir l'image.La tour des Italiens (numéro 9 sur la maquette) est une tour carrée qui fut édifiée en 1435 par l’amiral Muscetulla. À son côté se trouve un petit bastion rectangulaire, le bastion Naillac. La tour d’Italie est reliée à la tour de France par un curieux pavillon de marbre gris, ajouté au XVIe siècle, cachant une belle salle aux voûtes sur croisée d’ogives.

La tour italienne abrite aujourd’hui une collection de monnaies et de joailleries anciennes.

Tour de défenseLa tour de France (Fransız kulesi)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour française. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).La tour française (numéro 10 sur la maquette) est une tour carrée, surmontée d’une échauguette, située à l’intérieur de l’enceinte au point le plus élevé du promontoire. On y parvient, depuis la chapelle, en empruntant une rampe puis une série de marches conduisant à la haute-cour où sont situées la tour d’Italie et la tour de France. La tour d’Italie et la tour de France sont reliées par un pavillon de marbre gris, ajouté au XVIe siècle, cachant une belle salle aux voûtes sur croisée d’ogives.

La tour des Français est la plus haute tour du château Saint-Pierre : elle s’élève à 47,50 mètres de hauteur ; elle était suffisamment haute pour pouvoir communiquer par signaux avec le château de Nératzia à Lango (île de Kos).

La tour de France fut érigée en plusieurs étapes : la première étape fut achevée vers 1410 et atteignait déjà les trois-quarts de la hauteur actuelle ; la dernière étape fut achevée vers 1450. Pour la première et la deuxième phase on utilisa des blocs irréguliers et de nombreux remplois de matériaux antiques du Mausolée alors que, pour la dernière phase, on utilisa des pierres taillées beaucoup plus régulières.

La langue de France fournit quatre commandeurs du château : Jean de Sacconin, Jean Cotet, Jacques Aymer et Jacques Gatineau.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour française. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Les tours italienne et française. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Les tours d'Italie et de France. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).
Tour de défenseLa tour d’Angleterre (İngiliz kulesi)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour anglaise vue depuis la tour italienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).La tour anglaise garde le coin sud-est du château Saint-Pierre (numéro 11 sur la maquette). C’est une tour rectangulaire, de 10 mètres par 15, comportant trois étages. C’est la tour la plus éloignée du centre du château. Elle était également nommée tour Sainte-Catherine.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La courtine orientale (auteur Sailko). Cliquer pour agrandir l'image.À l’étage inférieur une salle basse s’ouvrait à l’ouest, par un pont-levis, vers l’intérieur du château ; la tour anglaise n’était accessible que par ce pont-levis ; depuis la salle basse on accédait à l’étage supérieur par une échelle. La construction initiale de la tour des Anglais fut achevée en 1413. La tour anglaise fut rehaussée ultérieurement d’un étage : cet étage supérieur s’ouvre au nord, par une porte ogivale, sur le chemin de ronde de la courtine de l’est qui relie la tour d’Angleterre à la tour d’Allemagne. À l’origine la tour d’Angleterre était séparée de la courtine par un pont-levis ; à la base du portail on peut encore voir de nos jours le palier qui supportait l’axe du pont-levis.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour d'Angleterre. Cliquer pour agrandir l'image.La tour d’Angleterre fut érigée sous le règne du roi d’Angleterre Henri IV Plantagenêt (1399-1413), avec le soutien financier de la maison de Lancastre. Sur la façade ouest de la tour on peut voir un caisson aux armes des Plantagenêt ; au-dessous de ce caisson se trouve un haut-relief représentant un lion couché ; ce haut-relief date de l’Antiquité et fut encastré dans la façade lors du rehaussement de la tour. En raison de cette sculpture la tour des Anglais est souvent surnommée tour du Lion (Aslanı Kule).

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Écussons de la tour d'Angleterre. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Sur la façade nord, au-dessus du portail ogival, sont sculptés 27 écus : dans le groupement, le plus grand écu — placé dans un caisson central — est celui d’Henri IV ; cet écu est sommé d’un lion rugissant debout sur un heaume de puissance. De part et d’autre de cet écu royal se trouvent les écus — portant une croix — de l’Ordre de Saint-Jean et les écus de quelques familles nobles qui contribuèrent à la construction de la tour anglaise.

La tour d’Angleterre fut très endommagée le 26 mai 1915 par les tirs d’artillerie du croiseur cuirassé Dupleix de la Marine française : en 1960 sa façade orientale montrait encore une plaie béante, la façade méridionale ayant reçu davantage encore de coups d’obus.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La courtine de l'est entre la tour anglaise et la tour allemande. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le rempart de l'est. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour d'Angleterre. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).
Tour de défenseLa tour d’Allemagne (Alman kulesi)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La tour allemande. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).La tour d’Allemagne est une tour semi-circulaire édifiée en 1453 et 1454, sous le magistère de Jean de Lastic (1437-1454). Elle se trouve au nord-est du château (numéro 8 sur la maquette).
BastionLe bastion Gatineau
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Les jardins de la cour supérieure. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le bastion Gatineau se trouve à l’angle nord-est du mur d’escarpe (numéro 7 sur la maquette). Ce bastion fut construit par le Frère Jacques Gatineau pendant la période où il fut commandeur du château, entre le 16 mars 1512 et le 13 février 1514, sous le magistère de Fabrizio del Carretto. Le bastion Gatineau est parfois nommé bastion Carretto, ou encore cachot (zindan).

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Écussons sur la tour Gatineau (auteur Sailko). Cliquer pour agrandir l'image.Sur le linteau de la porte du bastion se trouvent trois écus ; celui du milieu est celui d’Émery d’Amboise (Grand Maître de 1503 à 1512), ceux des côtés sont les écus du commandeur du château Jacques Gatineau, Chevalier de la Langue d’Auvergne, commandeur de Bellechassagne en Corrèze.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le bastion Gatineau (auteur Sailko). Cliquer pour agrandir l'image.À la base du bastion deux embrasures pour canon permettaient de battre les fossés de l’est et de l’ouest. Le bastion perdit de son utilité après la construction de la barbacane septentrionale de la forteresse.

La salle inférieure du bastion fut transformée en cachot ; on y descend par un escalier assez raide et étroit de 23 marches. Au-dessus de la porte on peut lire une inscription « Inde Deus abest » (« À partir d’ici Dieu est absent »). Cette inscription mélodramatique, et d’ailleurs peu conforme à la doctrine de la foi catholique, ne date pas de l’époque des Chevaliers de Saint-Jean. L’ancien directeur du Musée archéologique de Bodrum, Oğuz Alpözen, a avoué en 1992 être l’auteur de ce canular indigne d’un archéologue.

Le bastion Gatineau fut surmonté d’une guérite par les Ottomans.

Tour de défenseLa tour d’Espagne (İspanyol kulesi) ou tour du serpent (Yılanlı kule)
La tour d’Espagne (numéro 6 sur la maquette) est l’une des premières tours du château, élevée par Hesso Schlegelholtz qui mourut dès 1412. Elle est surnommée « tour du Serpent » en raison d’un bas-relief sculpté dans une des pierres de la tour et représentant un serpent.
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Un puits au pied de la tour du Serpent. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le port vu de la tour du Serpent. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Bas-relief du serpent de la tour d'Espagne (auteur Sailko). Cliquer pour agrandir l'image.
FosséLe fossé intérieur (İç hendek)
Numéro 15 sur la maquette.
FosséLe fossé du nord (Kuzey hendeği)
Numéro 14 sur la maquette.
ChapelleLa chapelle (Şapel)
Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Le minaret … de la chapelle. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).La chapelle du château Saint-Pierre se trouve dans la basse-cour, à gauche de l’entrée de la tour du Commandeur (numéro 4 sur la maquette). Il s’agit probablement de la troisième chapelle élevée par les Chevaliers ; une première chapelle avait été édifiée dès 1406, peut-être à un autre emplacement. Une deuxième chapelle, plus grande, fut sans doute édifiée à l’emplacement actuel. La troisième chapelle fut reconstruite dans le style gothique vers 1498, sous le commandement des commandeurs Regnault de Saint-Simon (1495-1497) puis Tommaso de Provana (1497-1498), par des Chevaliers de la Langue d’Espagne. Les matériaux utilisés provenaient de ruines hellénistiques et des ruines du Mausolée. La chapelle abrite un fragment de la frise du Mausolée.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La chapelle du château. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).La chapelle est de plan rectangulaire, avec une nef unique, voûtée en berceau, avec une abside en cul-de-four. On peut y entrer par trois portes : l’une, au centre, est à linteau droit ; les deux accès latéraux ayant en revanche un linteau en accolade. Cette chapelle est éclairée, sur le seul mur-pignon occidental, par quatre baies, deux latérales en plein cintre et une, au milieu de celles-ci, en accolade aiguë et, au sommet, par une fenêtre en arc trilobé.

Des noms de Frères de la Langue d’Aragon et de la Langue de Castille sont gravés sur deux pierres d’angle de la façade, avec les dates de 1519 et 1520.

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. La chapelle. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Après la reddition du château, en 1523, la chapelle fut transformée en mosquée avec l’adjonction d’un minaret. En 1671, un célèbre voyageur turc, Evliya Çelebi, mentionne la mosquée dans son récit de voyage « Livre des voyages » et indique qu’elle est nommée  « Süleymaniye Camii » (Mosquée de Soliman).

Pendant la Première Guerre mondiale, en mai 1915 le minaret de la mosquée fut détruit par un bombardement de la Marine française. Le minaret n’a été reconstruit à l’identique qu’en 1997.

ConnaissancesHistoire, géographie, arts, traditions, flore …

HistoireHistoire
En octobre 1344, pour mettre un terme aux attaques des pirates turcs en Méditerranée orientale, le pape Clément VI organisa une croisade, dite « croisade de Smyrne ». Les Croisés reprirent la ville de Smyrne (İzmir) aux Ottomans du sultan Aydın, avec le soutien de la flotte des Chevaliers Hospitaliers. La place de Smyrne fut confiée à la garde de l’Ordre de Saint-Jean, ce qui représentera une lourde charge pour l’Ordre pendant près de 60 ans.

En 1402 les hordes turco-mongoles de Tamerlan pénétrèrent en Asie mineure et infligèrent une sévère défaite aux troupes ottomanes du sultan Bajazet Ier (Bayezid I) près d’Angora (Ankara) ; les hordes de Tamerlan prirent également Smyrne, la seule place tenue par l’Ordre de Saint-Jean en Anatolie. Désireux de conserver une place forte en Anatolie — qui pourrait accueillir les réfugiés chrétiens et les embarquer vers des zones sûres — le Grand Maître Philibert de Naillac (1396-1421) décida de construire une forteresse sur le port de l’antique Halicarnasse, face à l’île de Lango (Kos) où les Hospitaliers étaient déjà solidement établis depuis 1337.

La première phase de construction du château Saint-Pierre dura de 1405 à 1437. L’affaiblissement de l’Empire ottoman consécutif à la défaite, la mort de Bajazet Ier, en captivité, en 1403 — et la guerre de succession de onze années qui s’ensuivit — donnèrent un peu de répit aux Chevaliers Hospitaliers pour mener leurs travaux de fortification.

Entre 1437 et 1461 l’enceinte extérieure du côté de la terre a été construite sous les magistères de Jean de Lastic (1437-1454) et de son successeur Jacques de Milly (1454-1461), pour lutter contre les progrès constants de l’artillerie turque.

Le château Saint-Pierre fut attaqué une première fois, après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, au début du règne du sultan Mehmed II le Conquérant, puis à nouveau en 1480, à la fin de son règne. Ces deux sièges furent repoussés par les Chevaliers Hospitaliers.

Mehmed II mourut en 1481, peut-être empoisonné par son fils aîné Bajazet (Bayezid) qui lui succéda. Cependant son plus jeune fils, Zizim (Cem), tenta de s’emparer du trône mais échoua et trouva temporairement refuge en 1482 au château Saint-Pierre auprès des Chevaliers de Saint-Jean puis fut envoyé à Rhodes. Le prince Zizim resta sous la garde des Hospitaliers en France puis en Italie, la papauté menaçant Bajazet II d’aider son frère cadet à s’emparer du trône du sultan. Bajazet paya une pension aux Hospitaliers pour l’entretien de son frère à condition qu’il fût retenu en Europe. Le prince Cem mourut à Padoue en 1495, peut-être empoisonné à l’instigation de son frère Bayezid. Cette situation retint sans doute Bajazet II d’attaquer les places de l’Ordre de Saint-Jean jusqu’à son abdication en 1512, vaincu par un de ses fils Selim, qui monta sur le trône sous le nom de Sélim Ier.

Dans les années 1490, sous le magistère de Pierre d’Aubusson (1476-1503), la forteresse fut encore renforcée grâce à l’action énergique du commandeur catalan Francesc Boxols, Chevalier de la Langue d’Aragon, dont on peut voir de nombreux exemples de son écu caractéristique représentant un plant de buis (étymologie du nom Boxols).

Le Grand Maître Fabrizio del Carretto (1513-1521) fit construire un bastion de forme arrondie, le bastion Gatineau, pour renforcer encore la courtine septentrionale de la forteresse, du côté de la terre ferme. Après le Frère Jacques Gatineau, le Frère Thomas Sheffield, de la Langue d’Angleterre, et le Frère Cornellius de Habrouck, Chevalier flamand de la Langue de France, renforcèrent encore la courtine du nord, utilisant les dernières pierres du Mausolée.

En 1520 Sélim Ier mourut alors qu’il préparait le siège de l’Ordre de Saint-Jean à Rhodes ; son fils unique Süleyman I, dit Soliman le Magnifique, lui succéda et, en 1522, assiégea Rhodes pendant cinq mois et obtint du Grand Maître Philippe Villiers de L’Isle-Adam la reddition de la forteresse. Les accords prévoyaient la remise de toutes les places des Hospitaliers en Méditerranée orientale : le château Saint-Pierre fut remis aux Ottomans en 1523.

Le château Saint-Pierre servit ensuite, pendant cinq siècles, de garnison et de prison.

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Visite du château Saint-Pierre (Bodrum Kalesi) :

Le château Saint-Pierre à Bodrum en Anatolie. Les latrines du château. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Adresse : Dr Alim Bey Caddesi, sur le port.

Téléphone : 00 90 252 316 2516

Horaires d’été (d’avril à octobre) : tous les jours sauf le lundi, de 8 heures à 18 heures 30.

Horaires d’hiver (de novembre à mars) : tous les jours sauf le lundi, de 8 heures à 16 heures 30.

Les salles d’exposition du musée ferment entre 12 heures et 13 heures.

Prix d’entrée : 25 TRY. Suppléments pour certaines expositions.

Site sur la Toile : www.bodrum-museum.com

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