 | Le village d’Agia Roumeli et les gorges de Samaria (Samariá) en Crète |  |
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| Présentation générale | Les gorges de Samaria (Φαράγγι της Σαμαριάς / Farángi tis Samariás) sont les gorges les plus longues de Crète, avec une longueur de près de 16 km, et une profondeur maximale de 600 m ; elles sont situées dans l’ouest de l’île, dans le sud de la province de La Canée, sur le versant méridional des Montagnes Blanches (Λευκά Όρη). Les gorges de Samaria sont les quatrièmes gorges les plus longues d’Europe après les gorges de la rivière Tara, au Monténégro, de 82 km de longueur et de 1 300 m de profondeur ; après les gorges de la rivière Sulak (Сула́кский каньо́н), dans le Dagestan, au sud de Russie, qui ont une longueur de 53 km et une profondeur de 1 560 m ; après les gorges du Verdon, en Provence, dans le sud-est de la France, avec 25 km de longueur et 700 m de profondeur.
La profondeur des gorges de Samaria est comprise entre 200 m et 600 m ; leur largeur est comprise entre 150 m et 2,5 m, à l’endroit le plus étroit, le défilé des Portes de Fer (Σιδερόπορτες) ; cependant, à hauteur d’homme, la largeur la plus petite est de près de 4 m. |
| Étymologie et toponymie | | Le toponyme des gorges de Samaria provient du nom d’un ancien village de bûcherons, de nos jours abandonné, le village de Samaria (Σαμαριά), situé à peu près à mi-chemin des gorges, à environ 8,5 km au nord de la sortie des gorges. Le village de Samaria devrait lui-même son nom à la chapelle d’Osia Maria (Οσία Μαρία), dédié à la Vierge Marie, située au sud de ce village. Une autre thèse soutient que le toponyme de Samaria viendrait du mot « samari » (σαμάρι, nom neutre, au pluriel σαμάρια), qui signifie « bât », la pièce de harnachement, généralement en bois, dont étaient équipés les mules et les ânes transportant les chargements dans les gorges depuis le plateau d’Omalos jusqu’au port d’Agia Rouméli ; ce mot s’écrit comme le toponyme des gorges, à l’accent tonique près. |
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| | | La majeure partie des gorges de Samaria se trouve dans le dème des Sfakia, mais l’accès à l’entrée des gorges de Samaria se fait via le plateau d’Omalos (οροπέδιο του Ομαλού), situé à l’extrême sud du dème de Platanias, un plateau sédimentaire situé entre 1 050 m et 1 130 m d’altitude ; la route provinciale 32 de La Canée à Omalos, via Fournès et Lakki, se poursuit jusqu’à un cul-de-sac, au lieu-dit Xyloskalo (Ξυλόσκαλο), situé en surplomb de l’entrée des gorges, à 1 231 m d’altitude. Aller à l’entrée des gorges de Samaria avec Google Maps (35.307913, 23.918334). L’entrée des gorges de Samaria se trouve entre de hautes montagnes du massif des Montagnes Blanches : au sud-ouest, sur la rive droite des gorges, le mont Gingilos ou Gkigkilos (Γκίγκιλος) (≈ 2 080 m) et le mont Volakias (Βόλακιας) (≈ 2 117 m) ; au nord-est, sur la rive gauche, le mont Koukoulé (Κουκουλέ) (1 632 m) et le mont Mélindaou (Μελιντάου) (≈ 2 133 m).
Les gorges de Samaria sont en réalité un ensemble de gorges dont les plus importantes confluent un peu en amont de l’ancien village de Samaria ; toutes ces gorges ont été creusées par des torrents drainant les versants orientaux ou occidentaux des montagnes voisines. Depuis 14 millions d’années, ces torrents ont creusé des tranchées dans la nappe de calcaire en plaques formant le cœur des Montagnes Blanches ; le creusement des gorges s'est accéléré du Pliocène au Pléistocène, sous l'effet de soulèvements successifs qui ont exposé les roches à l'altération de surface et à des pluies saisonnières intenses, atteignant environ 650 mm par an et concentrant l'érosion durant les mois les plus humides. À certains endroits, comme au mont Gingilos, le torrent a aussi dû creuser les nappes sus-jacentes de phyllites-quartzites et de calcaire de Tripoli subsistant au-dessus de la nappe de calcaire en plaques. Les calcaires en plaques, caractérisés par une stratification fine et des nodules de chaille interstratifiés, dominent les parois des gorges ; de couleur gris-bleu avec des stries blanches, ils résistent à l'érosion et forment des falaises abruptes. Cette érosion différentielle a formé notamment le défilé étroit des Portes de Fer.
L'érosion fluviale intense a été accentuée par la dissolution karstique et par une activité tectonique continue, créant notamment des failles et des plissements, qui ont contribué aux parois abruptes et à la morphologie variée des présentes gorges. En aval du village abandonné de Samaria, le cours d’eau est parfois nommé « rivière de Samaria » ou « rivière Tarrhaios », du nom de la cité antique de Tarrha qui se trouvait à l’embouchure des gorges, près du village présent d’Agia Rouméli. La rivière coule toute l’année ; en été, le torrent impétueux de l’hiver se transforme en un paisible filet d’eau ; son débit est renforcé par vingt-deux sources qui s’égrènent le long des gorges. Dans le passé, la rivière était utilisée, par les bûcherons de Samaria, pour le flottage du bois jusqu’au port d’Agia Rouméli ; la rivière était aussi utilisée pour actionner des moulins hydrauliques.
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| | La Réserve forestière nationale des Gorges de Samaria (Εθνικός Δρυμός Σαμαριάς / Ethnikós Drymós Samariás) | | Les gorges de Samaria constituent le noyau du Parc national des Montagnes Blanches (Εθνικό Πάρκο Λευκών Ορέων) ; ce cœur du Parc national est également nommé « Réserve forestière de Samaria » (Εθνικός Δρυμός Σαμαριάς). Le mot « drymos » (δρυμός, nom masculin, au pluriel δρυμοί) est un mot ancien qui désigne « un bois, une forêt dense » ; en grec moderne le mot « dassos » (δάσος, nom neutre, au pluriel δάση) est plus couramment employé. Ce noyau (πυρήνας) du Parc national est classé comme Zone de Protection de la Nature (Περιοχή Προστασίας της Φύσης) ; cette zone s’étend sur 4 850 ha, depuis le plateau d’Omalos, au nord, jusqu’à environ 2 km de la côte sud, près du village côtier d’Agia Rouméli ; la zone protégée présente la forme d’un triangle, la pointe tournée vers le bas, de 7,5 km de largeur de base par 13 km de hauteur, soit une superficie de 48,5 km², qui recouvre le bassin hydrographique des gorges de Samaria.
La Réserve forestière de Samaria a été créée par décret royal en 1962, destinée à protéger le site naturel exceptionnel des gorges de Samaria (Φαράγγι της Σαμαριάς), notamment pour protéger la chèvre sauvage ou bouquetin de Crète (Capra aegagrus creticus). En 1965, les rares derniers habitants des gorges de Samaria furent expropriés et relogés en dehors des gorges ; on peut voir les maisons délabrées du village de Samaria, un petit village de bûcherons, dont seules les petites églises sont encore entretenues. Les gorges sont cependant ouvertes au tourisme en respectant des règles strictes. En 1981, la Réserve forestière de Samaria a été désignée « Réserve de Biosphère » par l’UNESCO. En 2006, les gorges de Samaria ont été incluses dans le réseau européen Natura 2000. Au fil du temps, des zones environnantes du massif montagneux des Montagnes Blanches s’ont venues s’ajouter aux gorges de Samaria pour constituer le Parc national des Montagnes Blanches ; ces nouvelles zones bénéficient cependant d’un statut de protection inférieur : zones A1, préservation de l’habitat et des espèces ; zones A2, préservation du paysage environnemental ; zones B, préservation du paysage traditionnel ; zones C, gestion des ressources naturelles. Les gorges de Samaria abritent une flore et une faune exceptionnelle dues à l’isolement des gorges, favorisant le développement de lignées endémiques, à leur relief accidenté, offrant des biotopes variés, et à leur climat extrême. Les gorges de Samaria abritent plus de 450 espèces végétales, représentant une part importante de la diversité végétale de la Crète ; parmi ces espèces, environ 70 espèces sont endémiques de l’île.
La flore présente des adaptations remarquables à l’environnement karstique calcaire aride des gorges, caractérisé par une sécheresse estivale intense, des sols pauvres et un terrain escarpé. De nombreuses espèces, telles que l’achillée de Crète (Achillea cretica) et le cétérach officinal (Asplenium ceterach), possèdent des caractéristiques de résistance à la sécheresse, comme des feuilles épaisses, des racines profondes et des tissus succulents, leur permettant de supporter des conditions chaudes et sèches ainsi que la rareté des nutriments.
Le printemps offre, sous les arbres au bord des sentiers, un spectacle floral saisonnier éclatant, avec plus de quarante espèces d’orchidées comme le bel orchis de Provence (Orchis provincialis), avec un capitule serré de fleurons pointus de couleur blanc crème à jaunâtre, des iris sauvages, des cyclamens, par exemple le cyclamen de Crète (Cyclamen creticum), le ciste de Crète (Cistus creticus) aux fleurs roses chiffonnées, la tulipe de Crète (Tulipa saxatilis) aux fleurs pourpre, la fritillaire de Messine (Fritillaria messanensis), avec une fleur tombante en forme de cloche violette et verte, et la pivoine de Clusius (Paeonia clusii), une pivoine blanche, avec une énorme fleur au centre jaune, qui pousse à profusion autour de la chapelle en ruine située à environ 3 km en aval de l’entrée des gorges. Ces fleurs printanières fleurissent abondamment dans des micro-niches humides avant l’arrivée de la saison sèche. Les plantes aromatiques et médicinales sont également abondantes dans les gorges de Samaria : les sauges (Salvia species), notamment le romarin (Salvia rosmarinus), le thym à tête (Thymbra capitata ou Thymus capitatus), la menthe verte (Mentha spicata), l’origan commun (Origanum vulgare) et la marjolaine (Origanum majorana) sont les plus courantes.
Les plantes de rocaille se distinguent particulièrement, comme le lin arborescent (Linum arboreum), un lin vivace bas aux fleurs jaune vif, les aubriètes (Aubrieta species), les saxifrages (Saxifraga species) et les anémones (Anemone species). On recherchera particulièrement les plantes chasmophytes, c’est-à-dire les plantes qui réussissent à survivre dans des conditions extrêmes, dans des fissures de falaises et de parois rocheuses ; le mot « chasmophyte » vient du mot grec ancien « chasma » (χάσμα), qui signifie « fente dans la terre », et du mot « phyton » (φυτόν), « plante ». La plus célèbre de ces espèces est le dictame de Crète (Origanum dictamnus), qui prospère dans les crevasses des gorges de Samaria, généralement dans les endroits les plus inaccessibles ; on trouve aussi la laitue des rochers (Petromarula pinnata), une plante endémique remarquable, avec de longs épis de fleurs bleu profond, que l’on trouve sur les pentes abruptes ; l’ébène de Crète (Ebenus cretica) qui est un sous-arbrisseau chasmophyte adapté aux falaises rocheuses, une fabacée touffue au feuillage gris et aux fleurs roses. | | | La végétation ligneuse, arbres et arbustes, est également bien représentée dans les gorges de Samaria ; ces plantes ligneuses jouent un rôle crucial dans l’écosystème en stabilisant les pentes abruptes et sujettes à l’érosion des gorges, grâce à leurs réseaux racinaires qui fixent les substrats calcaires et réduisent les glissements de terrain. À l’entrée des gorges dominent les forêts denses de pins de Calabre (Pinus brutia), de cyprès de Crète (Cupressus sempervirens varietas horizontalis), de chênes kermès (Quercus coccifera), d’érables de Crète (Acer sempervirens) et de platanes d’Orient (Platanus orientalis) ; les peuplements de cyprès de Crète, au port arrondi et aux branches étalées, souvent centenaires, offrent un couvert ombragé propice à la flore sauvage. Aux altitudes plus basses s’épanouissent des garrigues arbustives composées d’espèces sclérophylles à feuilles persistantes comme l’arbousier commun (Arbutus unedo), le laurier-rose (Nerium oleander) et l’arbre au mastic ou pistachier lentisque (Pistacia lentiscus). Les gorges de Samaria abritent aussi une faune diversifiée adaptée à son terrain escarpé et rocheux ainsi qu’à son environnement isolé. Comme pour la végétation, l’isolement des gorges explique un fort taux d’endémisme des sous-espèces animales. Les plus anciennes traces de vies animales remontent aux périodes du Jurassique, jusqu’à 180 Ma avant notre ère, et de l’Oligocène, vers 50 Ma avant notre ère ; ces traces animales se manifestent par des fossiles que l’on peut observer à la surface des falaises, à diverses hauteurs. Dans cet écosystème presque fermé, les grands mammifères ongulés consomment la végétation et leurs excréments nourrissent les populations d’invertébrés qui, à leur tour, nourrissent les passereaux et les petits mammifères. Quelques mammifères carnivores s’alimentent de ces petits mammifères, ainsi que les oiseaux prédateurs qui régulent les populations de petits vertébrés ; les rapaces charognards, tels que les vautours, empêchent la propagation des maladies en éliminant les charognes. Les gorges de Samaria comptent une douzaine d’espèces de reptiles adaptés aux milieux rocheux, dont le lézard vert oriental (Lacerta viridis), fréquemment observé le long des sentiers des gorges, et une espèce endémique, le lézard des murailles de Crète (Podarcis cretensis), ainsi que quelques espèces de serpents. On a aussi répertorié trois espèces d’amphibiens et quarante-sept espèces d’escargots terrestres. La faune aviaire des gorges de Samaria est particulièrement riche, avec plus d’une centaine d’espèces recensées, dont une soixantaine d’espèces d’oiseaux nicheurs ; les gorges constituent un couloir de migration pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs. Les ornithologues ont notamment recensé : l’accenteur alpin (Prunella collaris) qui effectue des passages saisonniers ; des bécasses (Scolopax species) ; des bruants ; des cailles ; le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) ; le chouca des tours (Coloeus monedula) ; le chocard à bec rouge (Pyrrhocorax graculus) qui effectue des passages saisonniers de groupes de 150 à 200 individus qui se nourrissent d’invertébrés présents dans les excréments d’herbivores ; des corneilles ; la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) ; la fauvette de Rüppell (Curruca ruppeli) qui se reproduit dans les gorges en avril-mai et migre en Afrique orientale en hiver ; des grives (Turdus species) ; des hirondelles ; l’hirondelle de rocher (Ptyonoprogne rupestris), un oiseau à l’apparence terne mais au vol spectaculaire, qui niche en colonie à la la base des falaises près de la sortie des gorges ; la huppe fasciée (Upupa epops) ; le loriot d’Europe (Oriolus oriolus) ; la linotte mélodieuse (Linaria cannabina) ; le merle noir (Turdus merula) ; le merle de roche, ou monticole de roche (Monticola saxatilis), qui niche sur les falaises – le mâle a une poitrine orange frappante, une tête bleue et un croupion blanc ; la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) ; le moineau domestique (Passer domesticus) ; des perdrix ; le pinson des arbres (Fringilla coelebs) ; le rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) ; la tourterelle des bois (Streptopelia turtur) ; le traquet motteux (Oenanthe oenanthe). Les oiseaux rapaces diurnes et nocturnes sont au nombre d’une vingtaine, dont la moitié sont des oiseaux nicheurs : l’aigle de Bonelli (Aquila fasciata) ; l’aigle royal (Aquila chrysaetos), avec six couples nicheurs qui se nourrissent de lièvres, de perdrix et de jeunes agneaux ; l’épervier d’Europe (Accipiter nisus) ; le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) ; le gypaète barbu (Gypaetus barbatus), une espèce menacée, qui est connu pour laisser tomber des os de haut afin d’en extraire la moelle, et dont quelques couples nichent dans le Parc national ; des hiboux ; le vautour fauve (Gyps fulvus) qui plane au-dessus des gorges pour se nourrir de charognes et dont la population dans les gorges est estimée à une vingtaine de couples. Les gorges de Samaria abritent une trentaine d’espèces de mammifères dont des petits carnivores tels que la belette (Mustela nivalis) (νυφίτσα), la fouine (Martes foina) (πετροκούναβο), le blaireau de Crète (Meles meles arcalus) (άρκαλος), ou le très rare chat sauvage de Crète (Felis silvestris cretensis) (Κρητικός αγριόγατος ou αγριόγατα), qui se nourrissent de rongeurs et d’oiseaux. Un autre petit mammifère est le rat épineux ou souris épineuse de Crète (Acomys minous) (Κρητικός ακανθοποντικός). L’animal emblématique des gorges de Samaria est le célèbre « kri-kri », la chèvre sauvage de Crète (Capra aegagrus creticus), une espèce endémique menacée et protégée pour laquelle a été créée la Réserve forestière de Samaria. Le bouquetin de Crète est couramment surnommé « kri-kri » (κρι κρι) ; les boucs sont nommés « agrimi » (αγρίμι), c’est-à-dire « sauvage », et les femelles « sanada » (σανάδα) ; on ne trouve le kri-kri qu’en Crète et dans quelques îles voisines ; la plus grande population de chèvres égagres vit dans les gorges de Samaria et dans les Montagnes Blanches environnantes. La chèvre sauvage de Crète est un ruminant brun avec une bande plus foncée sur le dos, du cou à la queue ; les mâles sont plus grands que les femelles et possèdent une épaisse barbe noire et de longues cornes de trois segments, recourbées vers l’arrière, mesurant jusqu’à 80 cm ; les femelles donnent généralement naissance à 1 ou 2 petits en avril ou mai ; l’espérance de vie des kri-kris est d’environ 15 ans. Bien que la population de kri-kri soit de nos jours en croissance, avec environ 2 000 individus, il ne faut pas s’attendre à en voir un, car le kri-kri et un animal farouche et d’une agilité remarquable, adapté à la vie rupestre, qui se réfugie sur les parois rocheuses et les terrains accidentés, loin de la foule des randonneurs. La chèvre égagre est considérée comme l’ancêtre de la chèvre domestique (Capra hircus ou Capra aegagrus hircus) ; le kri-kri est aussi menacé par l’hybridation avec les chèvres domestiques. À défaut de kri-kri on peut d’ailleurs voir dans les gorges de Samaria des chèvres domestiques retournées à l’état sauvage que l’on nomme chèvres férales ou chèvres marrones.
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