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Le village de Palékastro (Palaíkastro), Toplou, Vaï, Itanos et Roussolakkos en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
Le village de Palaikastro est le village le plus oriental de la Crète ; il se trouve à l’extrémité nord-est de l’île, à 145 km de la capitale Héraklion. Palaikastro est un bourg agricole qui vit principalement de la culture de l’olivier et de la vigne, un peu de l’élevage et un peu de la pêche. Depuis les années 1990 la localité a développé un tourisme raisonné, principalement basé sur l’hébergement dans des villas et de petits hôtels familiaux, à l’exclusion des grosses structures liées au tourisme de masse ; le village compte aussi de bonnes tavernes.

Le village de Palékastro en Crète. Le promontoire de Kastri (auteur Marc Ryckaert). Cliquer pour agrandir l'image.Palaikastro est le chef-lieu de l’un des cantons de la commune de Sitia, le canton d’Itanos (Ίτανος), du nom d’une ancienne cité dorienne dont les ruines se trouvent au nord-est du village. Le village compte environ un millier d’habitants ; le canton un peu plus du double.

Outre les ruines d’Itanos le canton comprend plusieurs attractions touristiques intéressantes : la palmeraie de Vaï, une palmeraie naturelle peuplée d’une espèce endémique de palmiers, la plage de Vaï, une plage de sable doré qui borde cette palmeraie, le monastère de Toplou, un des plus importants monastères de Crète, le site archéologique de Roussolakkos, encore en cours de fouille, les gorges de Chochlakiès, les gorges des Morts, le palais minoen de Zakros, les grottes de la région de Karydi pour les amateurs de spéléologie, ainsi que de nombreuses petites plages tranquilles dont certaines sont propices à la pratique de la planche à voile. Dans le village même se trouve un petit musée ethnographique intéressant.

ÉtymologieÉtymologie et toponymie
Le village de Palékastro en Crète. Carte ancienne de la forteresse par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.Le toponyme de Palékastro, Paléokastro, ou Palaikastro (Παλαίκαστρο), provient du nom que les Vénitiens donnaient à un château situé sur la colline aplatie de Kastri (Κασρτί), Paleo Castro, « vieux château ». Les Vénitiens construisirent eux-mêmes un fort sur cette colline ; cette nouvelle fortification aurait conservé ce nom de Paleocastro. Il ne reste rien de ce fort vénitien, les habitants de la région s’en étant servi de carrière de pierres. Une autre forteresse vénitienne était nommée Palaiokastro (Παλαιόκαστρο) ; elle était située sur la côte occidentale de la baie d’Héraklion et protégeait le port de Candie.

SituationSituation

Le village de Palaikastro est construit sur une basse colline, culminant à environ 40 m d’altitude, située au milieu d’une plaine agricole fertile couverte de vastes vergers d’oliviers ; cette plaine alluvionnaire est traversée par un fleuve saisonnier qui se jette dans la baie de Grandès vers le milieu de la plage de Kouréménos, au nord du promontoire de Kastri. La baie de Grandès (Όρμος Γράντες / Órmos Grántes) est fermée au nord par le cap de Tente (Άκρα Τέντα / Ákra Ténta) et au sud par le cap de Plaka (Άκρα Πλάκα) / Ákra Pláka) ; la côte de la baie est seulement interrompue par le promontoire de Kastri ; au nord du promontoire se trouve la plage de Kouréménos, au sud la plage de Chiona. Au large du promontoire, au milieu de la baie, se trouvent les îlots de Grandès.

Le village de Palékastro en Crète. Situation du canton de Palékastro (auteur Pitichinaccio). Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Palaikastro se trouve à environ 2 km de la côte orientale ; le chef-lieu de la municipalité, Sitia, est à 17 km à l’ouest ; le chef-lieu du département, Agios Nikolaos, est à 82 km à l’ouest ; la plage de Vaï est à 9 km au nord ; le monastère de Toplou est à 9 km au nord-ouest ; le site archéologique de Roussolakkos est à 1,5 km au sud-est ; le palais de Zakros est à 25 km au sud ;  Xérokambos est à 27 km au sud. Le canton d’Itanos est entièrement inclus dans le Parc géologique Geopark de Sitia.

Des autocars relient Sitia à Palaikastro plusieurs fois par jour, du lundi au vendredi, un peu moins souvent en fin de semaine ; certains autocars continuent vers la plage de Vaï, d’autres vers Kato Zakros. L’arrêt d’autocar de Palaikastro se trouve sur la place centrale du village, à côté de l’église de la Sainte-Trinité.

Pour les voyageurs individuels Palaikastro est une base idéale pour visiter cette partie de la Crète, mais il est presqu’indispensable de disposer d’un véhicule pour visiter la région ; il n’y a pas de parc de stationnement public dans le village, mais il n’est pas difficile de se garer dans une des rues. Il fait rarement trop chaud dans le nord-est de la Crète car l’atmosphère est rafraîchie par l’étésien, nommé en Grèce le meltémi (μελτέμι), qui souffle du nord.

VisitesVisites

Village grecLe village de Palékastro (Παλαίκαστρο / Palaíkastro)
Le village de Palékastro en Crète. L'église Sainte-Trinité (auteur Marc Ryckaert). Cliquer pour agrandir l'image.Palaikastro n’est pas un très grand village mais il dispose de tous les services nécessaires à un séjour de vacances pour des visiteurs individuels : hébergements simples mais confortables, tavernes, banques avec distributeur de billets, bureau de poste, stations à essence, maison de la presse, loueurs de véhicules, supérettes, boulangerie, pharmacie … Tous ces commerces se trouvent plus ou moins le long de la rue principale du village, prolongement de la route Sitia-Palaikastro ; cette rue se sépare en deux après la place principale, au sommet de la colline, là où se dresse l’église Sainte-Trinité ; la rue de gauche descend en direction de la côte nord-est, vers Vaï et le cap Sidéros, la rue de droite conduit en direction de la côte sud-est, vers Zakros et Xérocambos. Palaikastro est un village plutôt récent qui s’est développé autour de ce carrefour de routes ; le village n’existait pas à l’époque vénitienne et n’est mentionné que depuis le milieu du XIXe siècle.

Il existe un Centre des Visiteurs du Parc géologique Geopark à l’entrée ouest du village, sur la route de Sitia.

Musée ethnographiqueLe musée ethnographique (Λαογραφικό Μουσείο / Laografikó Mouseío)
Le Musée des Arts et Traditions populaires de Palaikastro est installé dans une bâtisse agricole traditionnelle très bien restaurée ; les objets présentés ont été donnés par les habitants de la région. À l’intérieur, les chambres à coucher, le salon et la cuisine présentent des meubles, des objets d’art populaire, des vêtements et des ustensiles du quotidien datant depuis l’occupation turque jusqu’en 1960 ; dans l’ancienne étable on peut voir des expositions d’outils et de matériels agricoles.

Visite du Musée ethnographique de Palaikastro :

Adresse : 52 Rue Évropis (Ευρώπης), une rue qui se trouve dans le village à une cinquantaine de mètres à l’écart de la route de Sitia, sur la droite en venant de Sitia ; le musée est fléché depuis la rue principale.

Horaires d’été : horaires variables.

Tarif d’entrée : 2 €.

Téléphone : 00 30 69743 50180.

Site sur la Toile (en grec et pas très à jour …) : www.itanos-culture.gr.

GPS autoDe Palékastro à Sitia
Le village de Palékastro en Crète. Le village de vacances Dionysos. Cliquer pour agrandir l'image.La route de l’ouest en direction de Sitia traverse un paysage aride sur environ 7 km avant d’atteindre la côte ; les collines sont couvertes d’oliveraies, mais aussi de plantes aromatiques telles que le thym, la bruyère et la sauge, butinées par les abeilles ; de nombreux ruchers en tirent un miel très apprécié connu sous le nom de miel de thym (Θυμαρίσιο Μέλι / Thymarísio Méli). La plupart de ces terres appartiennent au monastère de Toplou ; la route qui conduit au monastère prend sur la droite environ 2 km avant d’atteindre la côte.

Le village de Palékastro en Crète. Le village de vacances Dionysos. Cliquer pour agrandir l'image.Au point où la route rejoint la côte on aperçoit sur la droite un village de vacances assez laid et en mauvais état qui se nomme pompeusement « Dionysos Authentic Village » ; l’état calamiteux de ce village de vacances résulte d’un projet immobilier des années 1995 qui s’est trouvé à court de finances. Seuls quelques-uns des appartements ont été achevés par leurs propriétaires ; les autres sont vides et le village apparaît comme un village fantôme.

La route longe ensuite la côte de la baie de Sitia sur une dizaine de kilomètres en passant près de quelques sites archéologiques tels que la nécropole d’Agia Fotia, la cité hellénistique de Trypitos et les ruines du palais de Pétras.

Monastère orthodoxeLe monastère de Toplou (Μονή Τοπλού / Moní Toploú)
Le monastère de Toplou est l’un des plus célèbres monastères de Crète et sans doute aussi le plus riche ; malgré son histoire mouvementée, les abbés du monastère ont réussi à acquérir d’immenses domaines ; le monastère est propriétaire de presque toutes les terres de la pointe nord-est de l’île, des vignobles, des oliveraies, et même la palmeraie de Vaï et le cap Sidéros. Il s’agit d’un monastère stavropégique, c’est-à-dire qu’il dépend directement du patriarcat de Constantinople et non du métropolite local.

Le village de Palékastro en Crète. La route d'accès au monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Moni Toplou (Μονή Τοπλού / Moní Toploú) est situé à environ 170 m d’altitude, au milieu d’un paysage aride, à la maigre végétation et parsemé de rochers ; la crête qui domine le monastère à l’est est couverte par une rangée de turbines éoliennes de 30 m de hauteur, car ce secteur est très venté, avec souvent des vents de force 8. Le monastère se trouve à environ 15 km à l’est de Sitia et 10 km à l’ouest de Palaikastro, à gauche de la route reliant Sitia à Palaikastro. Agios Nikolaos se trouve à 82 km à l’ouest (à peu près de 2 h de route).

Le village de Palékastro en Crète. Ancien moulin à huile du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).À 11,5 km de Sitia, 2 km après que la route s’écarte de la côte, prendre sur la gauche une petite route qui serpente en montant jusqu’au plateau désertique où est bâti le monastère ; il y a un vaste parc de stationnement à droite de la porte extérieure du monastère, près d’un ancien moulin à huile d’olive ; ce parc de stationnement est ombragé par quelques palmiers de Crète. Depuis Moni Toplou la petite route redescend en direction de la plage de Vaï, à une dizaine de kilomètres au nord-est. La ligne d’autocars qui relie Sitia à Palaikastro a un arrêt au croisement ; il reste 3,5 km à parcourir à pied ; en revanche, les autocars pour Vaï s’arrêtent au monastère.

Le nom de Toplou provient du surnom que les occupants turcs avaient donné au monastère, le monastère du « boulet » (top en turc voulant dire « boulet de canon »), car le monastère disposait d’un canon pour sa défense et également pour avertir la population des villages environnants d’une menace de pirates ; ce nom « Toplou » est mentionné pour la première fois dans un document turc de 1673, soit peu de temps après la conquête de l’île. Le véritable nom du monastère est « Monastère de la Vierge du Cap » (Παναγία Ακρωτηριανή / Panagía Akrotirianí), par référence au cap de Samonios (ακρωτήρι του Σαμωνίου) ou cap Sidéros (Κάβο Σίδερο) près duquel se trouve le monastère. Le monastère est souvent désigné par les Crétois sous le nom de « Grand Monastère » (« Το Μεγάλο Μοναστήρι »).

Le monastère de la Vierge du Cap aurait été fondé au XVe siècle, sous la domination vénitienne, sur les ruines d’un monastère plus ancien, datant sans doute du XIIIe siècle ; dès la fin de ce siècle, vers 1498, il fut saccagé par des pirates. Vers 1530, les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem – errant à la recherche d’un refuge après avoir été chassés de Rhodes par les Ottomans en 1522 – pillèrent le monastère ; cette même année 1530 les Chevaliers se virent donner l’île de Malte par le roi d’Espagne.

En 1612 c’est un tremblement de terre qui détruisit le monastère de Toplou ; à partir de 1718 le monastère fut reconstruit avec le soutien financier des dirigeants vénitiens de l’île, notamment les familles créto-vénitiennes de Sitia, les Cornaro (Κορνάρος / Kornáros) et les Mezzo (Μέτζος / Métzos) ; la nef sud du catholicon porte le nom des Kornaros, l’aile nord celui des Metzos ; le soldat et historien Andréas Kornaros (Ανδρέας Κορνάρος) (1547-1616) laissa au monastère dans son testament la somme de 100 ducats ; Vitsentzos Kornaros (Βιτσέντζος Κορνάρος) (1553-1613), le frère d’Andréas, a écrit le poème épique crétois Érotokritos, tandis qu’Ioannis Kornaros (Ιωάννης Κορνάρος) (1745-1821) a peint l’icône « Μέγας ει Κύριε », une icône exposée dans l’église et considérée comme un chef-d’œuvre de la peinture crétoise d’icônes.

La reconstruction du monastère fut réalisée sous la supervision de l’abbé et érudit Gabriel Pantogalos (Γαβριήλ Παντόγαλος). À l’entrée de l’église une plaque commémorative rappelle cette reconstruction en cinq élégies :

Le village de Palékastro en Crète. Plaque commémorative du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image.ΤΙΣ ΔΟΜΟΝ ΕΡΡΗΜΑΙΟΝ ΕΚΑΣΣΑΤΟ ΙΡΟΝ ΟΛΥΜΠΟΥ

ΤΙΣ ΠΟΤΕΔΩΚΕ ΤΟΣΗΝΚΑΛΛΕΣΙΝ ΑΓΛΑΙΗΝ

ΠΑΝΤΟΓΑΛΟΣ ΓΑΒΡΙΗΛ ΘΕΟΕΙΚΕΛΟΣ ΑΓΛΑΟΜΗΤΗΣ

ΑΣΠΕΤΟΣ ΥΨΙΝΟΟΣ ΣΕΜΝΟΣ ΑΚΕΡΣΕΚΟΜΗΣ

ΟΙΟΣ ΚΩΝΣΤΑΝΤΙΝΟΣ Ο ΘΕΙΟΣ ΤΟΥΝΟΜΕΤΥΧΘΗ

ΕΝΔΑΔΟΠΗ ΘΕΙΗΕΥΧΟΜΕΘΕΥΣΕΒΙΗ

ΟΝΠΕΡΕΤΕΥΞΕΘΕΟΥΜΑΡΙΟΙΣ ΧΑΡΙΝ ΑΚΡΟΘΕΑΙΝΗΣ

ΠΑΥΛΑΝ ΤΩΝ ΠΑΤΕΡΩΝΕΜΜΕΝΕΣΑΪΔΙΟΝ

ΧΙΛΙΑ ΕΞΕΚΑΤΟΝ ΚΙΚΑΒΑΝΤΩΝ ΚΥΚΛΑ ΠΑΡΗΛΘΕ

ΚΑΙ ΔΕΚΑΧΕΝΝΕΑ ΜΗΝΕΒΔΟΜΟΣ ΕΞΦΑΕΩΝ

Moni Toplou fut à nouveau détruit en 1646, pendant la conquête ottomane de la partie orientale de la Crète. Sous l’occupation ottomane le monastère de Toplou servit d’école clandestine et de foyer de résistance, abritant des rebelles. En 1821, lors de la révolte crétoise qui accompagna la guerre d’indépendance de la Grèce, le monastère fut occupé par les Turcs qui pendirent douze moines sur la porte extérieure du monastère, dans la nuit du 26 au 27 juin 1821 ; le monastère resta occupé jusqu’en 1828. Il fut à nouveau dévasté par les Turcs lors de l’insurrection crétoise de 1866.

Le village de Palékastro en Crète. Musée du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image.Pendant la Seconde Guerre mondiale, de 1941 à 1944, le monastère de Toplou abrita des combattants de la Résistance nationale et des agents britanniques ; le monastère disposait d’un émetteur-récepteur de radio lui permettant de communiquer avec le quartier général de la 8e Armée britannique au Caire. Lorsque ces activités furent découvertes par les Allemands l’abbé Gennadios Syllignakis (Ηγούμενος Γεννάδιος Συλλιγνάκης), originaire du village de Sfaka près de Sitia, et deux autres moines furent fusillés dans la prison d’Agia Chania près de La Canée. Dans le musée, une petite exposition évoque l’époque de la Résistance avec des fusils, des casques et un téléphone de campagne.

Le village de Palékastro en Crète. Le monastère de Moni Toplou (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le monastère du Toplou se dresse dans une dépression du plateau comme une forteresse médiévale, le haut clocher de l’église prenant des allures de donjon ; le monastère est ceint de murs, épais d’1 m et d’une hauteur de 10 m, seulement percés de quelques petites fenêtres et de meurtrières par lesquelles les moines pouvaient lancer des projectiles. Cet aspect austère est le résultat de la reconstruction du début du XVIIe siècle, lorsque la menace ottomane se faisait de plus en plus pressante. Le bâtiment principal occupe une superficie de 800 m² et comprend trois étages, qui sont divisés en cellules, chambres d’hôtes, cuisines, résidence de l’abbé et entrepôts, répartis autour de deux cours.

Le village de Palékastro en Crète. Le portail extérieur du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).On pénètre dans le monastère par un passage fermé par une lourde porte de bois ; cette porte est connue sous le nom de Porte de la Loge (Πόρτα της Λότζας) ou Porte de la Roue (Πόρτα του Τροχού), ainsi nommée en raison d’une roue qui permettait d’ouvrir plus facilement cette porte d’un poids important. La porte est surmontée d’un arc en plein cintre sous lequel se trouve un cartouche avec l’aigle bicéphale couronné, symbole de l’Empire byzantin. Dans le passage de la Loge se trouve la billetterie.

Le village de Palékastro en Crète. Le monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le passage d’entrée débouche dans une première cour entourée de bâtiments d’exploitation ; de l’autre côté de cette cour se trouve la porte d’entrée dans le cloître du monastère : il s’agit d’une porte très simple à arc en plein cintre ; au-dessus de la porte on remarque une bretèche (καταχύτρα / katachýtra) par laquelle les moines pouvaient déverser de l’eau ou de l’huile bouillante sur d’éventuels assaillants ; la façade est percée de meurtrières et de petites fenêtres protégées par des grilles.

Le clocher du monastère s’élève au-dessus de la façade ouest jusqu’à une hauteur de 33 m ; ce clocher de style Renaissance italienne, qui date de 1558, est surmonté par un dôme octogonal. Le clocher jouait aussi un rôle dans la défense du monastère en servant de tour de guet d’où une surveillance était assurée en permanence.

 Le village de Palékastro en Crète. Le portail extérieur du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. Cour extérieure du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. Clocher du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image.
Le village de Palékastro en Crète. Cellules du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Derrière cette façade austère se dévoile enfin le magnifique cloître fleuri de bougainvillées ; le sol de la cour est pavé de petits galets gris et blancs qui dessinent de jolies mosaïques ; d’étroits escaliers conduisent à d’élégantes galeries à arcades ombragées derrière lesquelles se trouvent les cellules des moines ; les cellules occupent trois niveaux. Dans un coin de la cour se trouve l’ancien puits du monastère.

Le village de Palékastro en Crète. Le texte de l'Arbitrage des Magnésiens au monastère de Moni Toplou (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le catholicon du monastère se trouve dans l’angle sud-est du cloître ; à gauche de la porte plusieurs plaques sont scellées à la façade : une plaque évoque, en vers élégiaques, la reconstruction du monastère par l’higoumène Pantogalos au début du XVIIe siècle. L’inscription épigraphique la plus intéressante, sur le plan historique, est celle qui donne le texte de l’« Arbitrage des Magnésiens » : il s’agit du règlement d’un différend territorial entre les cités rivales d’Itanos et d’Iérapytna, de nos jours Iérapétra, concernant le contrôle du sanctuaire de Zeus Dictéen, situé à Roussolakkos près de Palaikastro, et la possession de l’île de Leuce (Λεύκη), nommée de nos jours Koufonissi ; en 132 avant JC Rome n’avait pas encore annexé la Crète mais jouait un rôle de médiateur dans les conflits de la région : le Sénat romain confia le règlement du différend à la cité de Magnésie du Méandre en Anatolie ; l’arbitrage des Magnésiens fut favorable à Itanos, mais il semble qu’Iérapytna continua de contrôler le sanctuaire même après cet arbitrage. La dalle sur laquelle se trouve l’inscription était utilisée comme pierre tombale ; c’est un voyageur anglais, Robert Pashley, qui découvrit la dalle en 1834 et qui suggéra aux moines du monastère de la fixer sur la façade de l’église. Un autre exemplaire du texte de l’arbitrage des Magnésiens a été découvert dans un temple à Magnésie.

Le village de Palékastro en Crète. L'église du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. L'église du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. Cour intérieure du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. Cloître du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Le village de Palékastro en Crète. Église du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’édifice de l’église est une basilique à deux nefs : la nef du nord est la nef d’origine, consacrée à la Naissance de la Vierge Marie ; la nef du sud, qui est postérieure, est consacrée à saint Jean le Théologien. Les nefs sont couvertes par des voûtes de pierre en berceau brisé en ogive.

L’église de Moni Toplou recèle quelques fresques et quelques belles icônes anciennes : l’icône « Il est digne » (Άξιον Εστί / Axion Estí), peinte par Ioannis Kornaros en 1770, « Rodon l’Amarante » (Ρόδον το Αμάραντο), de 1771, « Sainte Anastasie la Pharmacienne » (Άγια Αναστασία η Φαρμακολύτρια) et l’icône de la Vierge Marie qui aurait été découverte dans une grotte voisine où coule l’eau bénite. Les fresques du plafond fond apparaître des épisodes de l’Évangile, une Nativité et une Cène.

Le village de Palékastro en Crète. Icône d'Ioannis Kornaros au monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image.La plus célèbre icône de l’église est une œuvre peinte en 1770 par le maître créto-vénitien Ioannis Kornaros (Ιωάννης Κορνάρος) (1745-1821), âgé de 25 ans ; cette icône est intitulée « Tu es Grand, Seigneur, et Merveilleuses sont tes Œuvres » (Μέγας εί Κύριε και Θαυμαστά τα έργα Σου) ; c’est l’une des œuvres d’art sacrées les plus importantes de l’Église grecque orthodoxe ; elle attire aujourd’hui de nombreux amateurs d’art au monastère ; on peut l’admirer cette icône de grande dimension près du pilier central de l’église, situé entre les deux nefs. Il s’agit d’une œuvre très complexe représentant en miniature 61 scènes bibliques de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, peintes très méticuleusement, et presque naïvement, avec de nombreux détails ; les scènes sont numérotées suivant leur ordre dans la prière orthodoxe « Μέγας εί Κύριε » écrite par le Patriarche de Jérusalem Sophrone (Σωφρόνιος / Sophrónios) (vers 560-638).

En haut de l’icône, au milieu, on peut voir la Sainte Trinité finement travaillée : le Père, le Fils et le Saint-Esprit entourés d’anges ; de part et d’autre, le parcours des étoiles et, assez bizarrement, les signes du zodiaque, clairement reconnaissables. En dessous, à gauche, Jonas rejeté du ventre de la Baleine ; à droite, Moïse conduisant son peuple à travers la mer Rouge. Au centre-gauche, sous un arc-en-ciel, le Déluge et l’Arche de Noé avec toutes sortes d’animaux ; à côté, le fratricide d’Abel par Caïn. L’utilisation de l’eau est également impressionnante : les masses d’eau qui convergent au centre de l’image, avec le Baptême de Jésus, et qui se déversent dans toute la moitié inférieure de l’image. Enfin, tout en bas, la descente du Christ aux enfers et la Résurrection. Jésus emmène avec lui l’un des deux pécheurs morts avec lui au Golgotha. On peut découvrir de nombreuses autres images bien connues : la Dernière Cène du Seigneur, la naissance de Jésus, Moïse faisant jaillir l’eau du rocher …

D’autres icônes sont visibles au musée du monastère : icônes de l’école crétoise du XVIIe siècle au XIXe siècle, icônes de l’école russe ; il y a également des vêtements liturgiques et des croix en argent. La section historique et ethnographique présente de nombreuses lithographies, gravures sur cuivre et livres du XVe siècle au XVIIIe siècle ainsi que des objets qui retracent le rôle du monastère dans les luttes des crétois pour leur liberté jusqu’à la Seconde Guerre mondiale : bannière du monastère, des fusils, des casques, des souvenirs de résistants et un même téléphone de terrain.

Au XXe siècle, le réfectoire des moines (τραπεζαρία / trapezaría) a été décoré de fresques représentant les Actes des Apôtres, réalisées par le peintre d’icônes Manolis Bétinakis (Μανώλης Μπετεινάκης) (1946-2015) ; le réfectoire n’est pas accessible aux visiteurs, sauf arrangement spécial.

Le village de Palékastro en Crète. Musée du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Palékastro en Crète. Musée du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Palékastro en Crète. Icône de saint Spyridon au monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image.
Le village de Palékastro en Crète. La baie de Sitia vue depuis le monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le monastère de Toplou possède de vastes domaines où sont cultivés, entre autres, la vigne et l’olivier ; à partir de cette production le monastère élabore du vin et de l’huile d’olive de grande qualité grâce à des installations modernes. Le vin blanc est produit à partir des cépages crétois Thrapsathiri (Θραψαθήρι) et Vilana (Βιλάνα) ; le vin rouge à partir de cépages Merlot et Syrah ; un vin doux rouge est produit à partir du cépage Liatiko (Λιάτικο).

Le village de Palékastro en Crète. Mécanisme de l'ancien moulin à huile du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Un vieux moulin à vent situé près du parc de stationnement témoigne que la production d’huile est une activité très ancienne du monastère ; on peut voir son mécanisme de broyage. L’huile d’olive biologique extra vierge de Toplou, produite à partir de la variété Koroneiki (Κορωνέικη), a reçu de nombreuses récompenses ; elle peut être commandée sur le site biositia.gr.

Le village de Palékastro en Crète. Kafénion du monastère de Moni Toplou. Cliquer pour agrandir l'image.On peut tester et acheter ces produits dans la boutique du monastère qui propose du vin, du tsikoudia (τσικουδιά), le raki crétois, de l’huile d’olive ainsi que des nourritures plus spirituelles : des reproductions – très chères – de la célèbre icône « Μέγας εί Κύριε ». Une petite taverne, installée au bout du parc de stationnement, permet également de goûter ces productions.

Visite du monastère de Toplou (Μονή Τοπλού) :

Horaires : tous les jours, de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h (16 h en hiver, d’octobre à mars).

Tarif : 4 €.

Téléphone : 00 30 28430 61226.

Tenue correcte exigée ; photographies interdites dans l’église et dans le musée.

GPS autoDe Palékastro au cap Sidéros
Le village de Palékastro en Crète. La plage de Kouréménos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La route de Palékastro en direction de la pointe nord-est de l’île passe à l’arrière de l’une des meilleures plages de Crète pour la pratique de la planche à voile, la plage de Kouréménos (Παραλία Κουρεμένος) ; cette plage se trouve juste au nord de la colline rocailleuse de Kastri, au profil très reconnaissable, où se trouvait le vieux château qui a donné son nom à Palaikastro.

La plage de Kouréménos est une plage de sable doré et de galets, longue de près de 1 500 m ; les eaux sont peu profondes et la plage n’est jamais bondée. Sur la plage on trouve un centre de planche à voile qui donne des cours et loue des planches. La plage est bordée par un certain nombre de tavernes et d’appartements de vacances où les véliplanchistes peuvent loger. Si on loge à Palaikastro il suffit de 30 min à pied pour rejoindre Kouréménos. Dans le nord de la plage de Kouréménos se trouve un petit port de pêche où quelques pêcheurs se livrent encore à cette activité.

Un peu au nord de Kouréménos, au-delà d’un promontoire, se trouve une crique avec une petite plage, la plage de Maridati (Παραλία Μαριδάτη) ; on peut y accéder, depuis la route de Vaï, par un chemin de terre d’environ 1,5 km de longueur. C’est une plage de cailloux, très tranquille et plus abritée que Kouréménos, avec quelques arbres pour trouver de l’ombre ; elle est fréquentée par des nudistes. Il y a une taverne à l’arrière de la plage, parmi les oliveraies.

À 5 km par la route au nord de Maridati il y la palmeraie de Vaï et sa très célèbre plage, souvent bondée et bruyante, avec des services plutôt coûteux. Depuis Maridati il est possible de rejoindre Vaï par un sentier côtier en quelques kilomètres, en passant par la plage de Psili Ammos.

Si la plage de Vaï est trop bondée on peut se rabattre sur l’une des trois plages situées près du site archéologique d’Itanos, à environ 2 km au nord. La première plage, au sud, a un air de ressemblance avec la plage de Vaï : elle est ombragée par des palmiers de Crète.

Au nord de Vaï la route continue en direction du cap Sidéros mais ne mène pas jusqu’au cap car l'accès est interdit à l’entrée de la zone militaire navale de Kyriamadi. De part et d’autre de la route on peut découvrir d’autres petites criques avec leur plage.

Jardin de palmiersLa palmeraie de Vaï (Φοινικόδασος του Βάι / Foinikódasos tou Vái)
Le village de Palékastro en Crète. La palmeraie de Vaï. Cliquer pour agrandir l'image.La palmeraie de Vaï se trouve à la pointe nord-est de l’île de Crète, sur la côte orientale de la presqu’île qui se termine au cap Sidéros ; la palmeraie apparaît comme une oasis de verdure luxuriante, blottie au fond d’un vallon, dans un désert rocailleux ; la palmeraie de Vaï est bordée à l’est par l’une des plus belles plages de Crète, une bande de sable blond baignée d’eaux de couleur azur, formant un paysage très exotique qui évoque davantage une île tropicale qu’une île grecque. Le toponyme « vaï » (Βάι) signifie simplement « palmeraie » dans le patois local.

Par le chemin le plus court, en passant par le monastère de Toplou, la palmeraie de Vaï est à environ 24 km au nord-est du chef-lieu de la commune, Sitia, 8 km après Toplou ; en passant par le village de Palaikastro il faut compter environ 28 km, par une route plus confortable.

La palmeraie de Vaï est constituée d’un peuplement de palmiers d’une espèce endémique, le palmier de Crète (Phoenix theophrasti) ; cette espèce se rencontre dans d’autres endroits de la Crète, comme la vallée du fleuve côtier Mégalopotamos, près de Prévéli, ou encore sur la baie de Souda, celle qui est située près de Plakias ; il y aussi quelques peuplements en dehors de la Crète, dans le sud-ouest de l’Anatolie, près de Bodrum, ou même dans le Péloponnèse, près d’Épidaure. Le nom botanique spécifique du palmier de Crète est un hommage à Théophraste (Θεόφραστος / Theóphrastos, Theophrastus en latin), un botaniste grec du IVe siècle avant JC qui décrivit la fécondation du palmier. Le palmier de Théophraste appartient au même genre botanique, les palmiers-dattiers (Phoenix), que le vrai dattier, le palmier du Sahara (Phoenix dactylifera), mais ses fruits sont peu comestibles, fibreux, moins charnus et moins savoureux que ceux du dattier.

Le palmier crétois est vraisemblablement autochtone, présent en Crète depuis des millénaires, mais des légendes plus ou moins pittoresques se sont répandues quant à la présence de ce palmier à Vaï : au début du Ier millénaire avant JC, ce serait des marchands phéniciens, dont le nom du pays, la Phénicie (Φοινίκη), est proche en grec de celui du palmier (φοίνικας), qui auraient importé le palmier à l’occasion de leurs échanges commerciaux avec la Crète ; aux IIIe et IIe siècle avant JC, ce serait les contingents égyptiens, que la dynastie des Ptolémées avait envoyés en renfort à la cité d’Itanos voisine, qui auraient apporté ces dattes ; un peu plus tard ce serait les légionnaires romains ; au IXe siècle ce serait les envahisseurs maures d’Abou Hafs Omar qui auraient négligemment craché les noyaux de dattes à l’origine de cette palmeraie.

Le village de Palékastro en Crète. La palmeraie de Vaï. Cliquer pour agrandir l'image.La palmeraie de Vaï compte environ 5 000 palmiers et c’est l’une des plus vastes palmeraies d’Europe, après la palmeraie d’Elche près de Valence en Espagne, mais la palmeraie de Vaï est un peuplement naturel, contrairement à celle d’Elche qui est une palmeraie de palmiers-dattiers cultivés pour leurs fruits ; la palmeraie de Vaï couvre une superficie d’environ 10 ha.

Dans les années 1970 la plage et la palmeraie de Vaï devinrent un lieu de rassemblement de hippies, puis de routards, qui y campaient pendant des semaines ou des mois ; l’une comme l’autre devinrent des dépotoirs. Pour l’anecdote on peut signaler que, au début de ces mêmes années 1970, la société américaine de confiserie « Mars » tourna dans la palmeraie de Vaï une publicité pour sa célèbre barre chocolatée à la pulpe de noix de coco « Bounty » ; on pouvait y voir des noix de coco tomber des palmiers-dattiers …

Dans les années 1990 les autorités régionales furent contraintes de protéger la palmeraie en l’entourant d’une clôture ; il n’est pas possible de la visiter. La palmeraie de Vaï a été classée comme site « Natura 2000 ».

Plage équipéeLa plage de Vaï (Παραλία Βάι / Paralía Vái)
Le village de Palékastro en Crète. La plage de Vaï (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La plage de Vaï se trouve à la lisière de la palmeraie de Vaï dans le nord de la côte orientale de la Crète ; face à plage se trouve un groupe d’îlots nommé Péristérovrachoi (Περιστερόβραχοι / Peristeróvrachoi) (« Rochers aux Colombes ») ; plus au large se trouve l’île désertique et déserte nommée Élassa (Ελάσα / Elása) qui abrite une espèce menacée de mammifère marin, le phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus). La plage de Vaï est à environ 25 km de Sitia ; au sud de la plage, derrière les cafés-restaurants, il y a un parc de stationnement payant assez cher : environ 4 €. On peut aussi venir de Sitia avec les autocars de la KTEL Héraklion-Lassithi (site sur la Toile : ktelherlas.gr) : pendant la saison touristique, de mai à octobre, il y a trois services par jour ; le trajet, via Palékastro, dure une heure ; le dernier autocar repart à 16 h 30 ; l’arrêt se trouve à une centaine de mètres avant la plage.

La plage de Vaï est une belle plage de gravier et de sable fin et doré, d’une superficie assez modeste, d’environ 230 m par 50 m, mais c’est l’une des plages les plus fréquentées de Crète. De ce fait la plage est bondée pendant la saison touristique, car Vaï figure au programme des excursions organisées par les agences touristiques crétoises. Dans la partie équipée de chaises longues et de parasols une passerelle en bois permet de se frayer un chemin entre les corps en train de bronzer. Les endroits les plus convoités sont les places situées à l’ombre naturelle des quelques palmiers qui se trouvent à l’extérieur de la clôture de la palmeraie. Pendant la saison touristique il vaut mieux arriver très tôt le matin, avant l’arrivée des autocars de tourisme, pour avoir l’illusion d’être sur une plage des Caraïbes et jouir du lever du soleil, quand le regard ne rencontre aucun obstacle jusqu’à l’île de Chypre, à 600 km à l’est. Après 9 h le doux bruissement des palmiers est remplacé par le vacarme des sports nautiques. Le soir, après le départ des excursionnistes, la plage retrouve son charme mais il est interdit d’y camper pendant la nuit, entre le coucher et le lever du soleil ; cependant il n’est pas rare de voir quelques contrevenants campant dans les recoins de la plage.

Les eaux sont turquoise, la baignade est surveillée, la plage est propre, mais les chaises longues et les parasols sont chers, et les toilettes et les douches sont payantes. Il y a un bon restaurant et un café du côté sud de la plage, à l’ombre des palmiers ; tous les deux sont très chers. Il n’y a pas de possibilité de logement sur place. Il y a une taverne agréable à Métochi (Μετόχι), au bord de la route, à 2 km avant la plage ; cette taverne appartient au monastère de Toplou, tout comme une grande partie des terres de cette contrée.

Au sud du restaurant un sentier en escalier, aux marches creusées dans la roche, monte jusqu’à un petit promontoire d’où l’on a une vue magnifique sur la plage et sur la palmeraie de Vaï. En continuant vers le sud sur le sentier côtier, on arrive, en 10 à 15 min, à une petite plage nommée Psili Ammos (Παραλία Ψιλή Άμμος) (« sable fin ») ; comme son nom l’indique c’est aussi une plage de sable fin mais sans l’ombre d’un palmier ; c’est une plage sauvage, souvent occupée par des naturistes.

Ruine antiqueLes ruines d’Itanos (Ίτανος / Ítanos)
Le village de Palékastro en Crète. Ruines de l'acropole de l'est d'Itanos à Palaikastro. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La cité antique d’Itanos (Αρχαία Πόλη Ιτάνου) était située sur la côte orientale de la Crète, dans l’extrême nord-est de l’île. Le port de cette ville maritime se trouvait dans la baie de Grandès (Όρμος Γράντες / Órmos Grántes), protégé des vents du nord et de l’ouest par le cap Sidéros ; en face de la cité se trouvait l’île d’Élassa (Ελάσα / Elása). Selon Pline l’Ancien la cité se trouvait près d’un promontoire nommé Itanum, en face duquel se trouvaient deux îles « contra Itanum promunturium Onysia, Leuce », Onysia (Όνύχιον) étant l’île dont le nom actuel est Élassa, et Leuce (Λεύκη) étant Koufonissi, (Histoire naturelle, Livre IV). Le territoire d’Itanos s’étendait du cap Sidéros, anciennement cap de Samonios (Σαμώνιον), au nord, à la baie de Karoumes (Καρουμών) au sud et au golfe de Sitia à l’ouest.

La contrée se nomme aujourd’hui Érimoupolis (Ερημούπολης), la « ville du désert », mais la cité antique a donné son nom au canton dont Palaikastro est le chef-lieu, l’ancien dème d’Itanos (Δήμος Ιτάνου).

Les ruines d’Itanos se trouvent à environ 1 km au nord de la plage de Vaï en ligne directe, à 2,5 km par la route, à environ 10 km du monastère de Toplou et à 26 km de Sitia. Les ruines sont éparpillées dans un magnifique site sauvage, sur un promontoire encadré de deux criques sauvages, avec chacune une plage de sable, la plage d’Érimoupolis (Παραλία Ερημούπολις) et la plage d’Itanos (Παραλία Ίτανος). La zone est couverte notamment de genêts à tiges épineuses (Genista acanthoclada) et de quelques palmiers de Théophraste.

Aller au site archéologique d’Itanos avec Google Maps (35.265719, 26.261932).

L’histoire d’Itanos s’étend depuis l’époque minoenne jusqu’à la fin de la première époque byzantine de la Crète, depuis le XVIe siècle avant JC jusqu’au VIIIe siècle après JC. La cité connut son apogée aux époques grecques classique et hellénistique et à l’époque romaine, son port étant une escale importante sur les routes maritimes entre l’Occident et le Proche-Orient ; la cité frappait sa propre monnaie. Selon l’historien grec du Ve siècle avant JC Hérodote, Itanos avait joué un rôle important dans la fondation de Cyrène par les habitants de Théra (Santorin) au VIIe siècle avant JC : un marchand de pourpre d’Itanos, Korovios (Κορώβιος), leur avait enseigné sa connaissance de la côte de la Lybie actuelle où ils fondèrent cette colonie grecque. À l’époque hellénistique, aux IIIe et IIe siècles avant JC, Itanos était alliée avec la dynastie ptolémaïque d’Égypte qui la soutenait dans ses conflits avec les autres cités de la Crète orientale pour la domination de la région, les cités de Dragmos (Δραγμός), d’Iérapytna (Ιεράπυτνα) et de Praissos (Πραισός) ; les Ptolémées, Ptolémée II Philadelphe puis son fils Ptolémée III Evergète, installèrent une garnison lagide à Itanos vers 270 avant JC. Vers 148 avant JC Itanos entra dans une longue querelle avec la cité d’Iérapytna, l’actuelle Iérapétra, pour le contrôle du sanctuaire de Zeus, situé à Roussolakos près de Palaikastro, et de l’île de Leuce (Λεύκη / Leúki), nommée de nos jours Koufonissi (Κουφονήσι) ; le conflit fut réglé par le célèbre « Arbitrage des Magnésiens » (Διαιτησία των Μαγνήτων / Dietisía ton Magníton) en 132 avant JC, un traité dont on peut voir le texte gravé sur une dalle de pierre scellée sur le mur de l’église du monastère de Toplou ; une autre copie de ce traité fut découverte dans le temple d’Artémis Leucophryène de la cité de Magnésie du Méandre en Carie. L’occupation par la République romaine, en 67 avant JC, mit un terme à ces conflits entre cités de la Crète orientale ; la Crète fut réunie avec la province de Cyrénaïque. Itanos continua de prospérer sous l’Empire romain puis sous l’Empire romain d’Orient ; deux basiliques furent édifiées sous l’Empire byzantin. La cité d’Itanos fut détruite à la fin du VIIIe siècle par un tremblement de terre et par les attaques de pirates sarrasins. Les derniers habitants quittèrent Itanos vers le XVe siècle.

Le village de Palékastro en Crète. Ruines de l'acropole de l'est d'Itanos à Palaikastro. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La cité d’Itanos s’étendait autour de deux collines, l’acropole de l’est et l’acropole de l’ouest ; l’acropole orientale semble avoir été surmontée d’un sanctuaire d’Apollo Pythien (Απόλλων Πύθιος) et l’acropole occidentale d’un sanctuaire d’Athéna Poliados (Αθήνα Πολιάς). La partie orientale de la cité et le port ont été engloutis par la mer suite au basculement de l’île de Crète du sud-ouest vers le nord-est ; entre les deux acropoles se trouvent les ruines de quartiers d’habitations. Sur l’acropole de l’ouest, on peut aussi voir les vestiges de murailles de l’époque hellénistique ; ces murailles, renforcées de tours, protégeaient la cité du côté de la terre et du côté de la mer. Sur une troisième colline, au nord, se trouvait une nécropole (Βόρειο Νεκροταφείο). Sur le flanc de l’acropole de l’est on peut voir les ruines d’une basilique byzantine, avec des bases de piliers ; dans le sud, près de la plage d’Itanos, se trouvait une autre basilique.

L’emplacement de la cité d’Itanos fut identifié en 1891 par l’archéologue et épigraphiste italien Federico Halbherr. Cependant les premières fouilles systématiques furent menées par l’École française d’archéologie d’Athènes en 1899 et en 1911 ; d’importantes découvertes épigraphiques en grec furent faites à Itanos, notamment l’« Arbitrage des Magnésiens » et des stèles funéraires.

À côté du site archéologique se trouvent trois petites plages de sable et de galets dont l’une – la plus au sud – est ombragée par des palmiers-dattiers de Crète (Phoenix theophrasti), un peu comme la plage de Vaï ; cependant ces plages sont beaucoup moins fréquentées que la plage de Vaï, mais il n’y a aucun équipement.

Le village de Palékastro en Crète. La crique d'Érimoupolis près d'Itanos à Palaikastro. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. La crique d'Érimoupolis près d'Itanos à Palaikastro avec l'île d'Élassa en arrière-plan. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. La crique d'Érimoupolis près d'Itanos à Palaikastro. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. La plage d'Itanos à Palaikastro. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. La plage d'Itanos à Palaikastro. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village de Palékastro en Crète. La plage d'Itanos à Palaikastro. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
CapLe cap Sidéros (Άκρα Σίδερος / Ákra Síderos)
Le village de Palékastro en Crète. La route du cap Sidéros (auteur C. Messier). Cliquer pour agrandir l'image.Le cap Sidéros est l’extrémité nord-est de l’île de Crète ; le cap se trouve à la pointe nord d’une presqu’île qui est la dernière d’un chapelet de trois presqu’îles. Sur la dernière presqu’île se trouve une petite chapelle, la chapelle Saint-Isidore (Άγιος Ισίδωρος / Àgios Isídoros), dédiée à saint Isidore de Péluse (Ίσίδωρος ό Πηλουσιώτης) qui vécut au Ve siècle ; cependant le nom du cap évoque aussi le fer (Σίδηρος / Sídiros). Cette chapelle a donné son nom au cap, Sidéros étant une déformation d’Isidoros. Dans l’Antiquité préchrétienne le cap était connu sous le nom de cap Samonion (Σαμώνιον) ; les Vénitiens le nommaient encore Capo Salamon.

À une dizaine de kilomètres à l’ouest du cap Sidéros se trouve l’archipel des Dionysades (Διονυσάδες) qui comprend les îles inhabitées de Gianysada (Γιανυσάδα), Dragonada (Δραγονάδα), Paximada (Παξιμάδα) et Paximadaki (Παξιμαδάκι) ; des traces de peuplement existent sur les deux premières de ces îles. L’archipel doit son nom au culte de Dionysos qui y était célébré. Cet archipel abrite une espèce rare de faucon, le faucon d’Éléonore (Falco eleonorae), qui se reproduit dans ces îles et presqu’îles. Le cap Sidéros et l’archipel des Dionysades faisaient partie du territoire de la cité minoenne d’Itanos, située à seulement 8 km au sud.

Les trois presqu’îles du cap Sidéros sont des zones arides et balayées par les vents, aux côtes escarpées mais qui abritent de petites criques attirantes pour les amateurs de plongée avec tuba. Il est possible de se rendre, par une très bonne route asphaltée, sur les plages des deux premières presqu’îles mais l’accès plus au nord est interdit en raison de la présence de la base navale de la Marine grecque installée autour de la baie de Kyriamadi (Κυριαμάδι) ; les photographies y sont interdites.

Le village de Palékastro en Crète. Le projet immobilier Itanos Gaia (auteur Minoan Group). Cliquer pour agrandir l'image.La nature préservée du cap Sidéros est menacée, depuis 1995, par un gigantesque projet immobilier qui vise à créer un village de vacances qui s’étendrait sur tout le nord de la presqu’île de Toplou, excluant seulement la palmeraie de Vaï et le site archéologique d’Itanos. Les terrains appartiennent au monastère de Toplou qui a accordé un bail de 40 ans, reconductible pour 40 autres années, au groupe immobilier anglais Minoan Group PLC (www.minoangroup.com) pour une superficie de 2 500 ha. Il s’agirait du plus grand projet touristique que la Grèce n'ait jamais connu. Le prétendu écovillage comprendrait cinq hôtels de luxe et des appartements, pour un total de près de 2 000 lits ; il y aurait un golf de 18 trous, un spa et une marina ; il se trouverait à seulement 30 km du petit aéroport de Sitia ; les énormes besoins en eau de cet ensemble seraient fournis par une station de désalinisation. Le projet a été conçu par le cabinet d’architectes espagnols Tobal de Marbella (tobal.net/proyecto/creta-cavo-sidero-resort/). Les défenseurs de l’environnement se sont opposés vigoureusement à ce projet qui est incompatible avec la protection de cette zone en partie classée Natura 2000 et riche en vestiges archéologiques ; ils ont obtenu quelques succès devant la Cour suprême grecque en 2010, mais le dernier recours aurait échoué en juin 2017 par une décision sans appel du Président de la Ripoublique hellénique, Prokopis Pavlopoulos. Le dernier espoir des défenseurs de la nature est la difficulté des investisseurs à réunir les fonds.

GPS autoDe Palékastro à Kato Zakros
La côte orientale de la Crète, entre Palaikastro et Kato Zakros, est jalonnée de petites plages parfois situées au débouché de profondes gorges, de couleur ocre-rouge, qui tranchent la chaîne montagneuse bordant la côte ; à l’arrière de ces collines la route du sud relie Palaikastro à Ano Zakros puis Kato Zakros en 25 km ; cette route sinueuse longe une petite plaine couverte d’oliviers et traverse quelques beaux villages restés authentiques, mais un peu abandonnés ; une ligne d’autocars y circule deux fois par jour.

Le village de Palékastro en Crète. La colline de Kastri vue depuis le sommet de Petsofas (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Avant de prendre la direction du sud on peut faire un détour par la côte de Palaikastro, à seulement 2 km à l’est, à travers les oliveraies, en passant près du petit village d’Agathia (Αγκάθια) ; au bout de la route on aperçoit la colline de Kastri (Κασρτί) où se dressait le vieux château vénitien, nommé Paleo Castro, qui a donné son nom à Palaikastro ; la colline, de près de 90 m de hauteur, semble flotter sur l’eau et présente un profil caractéristique avec des flancs très escarpés et un plateau allongé à son sommet, de 180 m de longueur et de 15 à 30 m de largeur  ; on peut cependant monter assez facilement jusqu’au plateau par un sentier étroit situé du côté sud ; de ce point de vue on peut admirer la plage de Kouréménos au nord et la plage de Chiona au sud. En 1668, le voyageur turc Evliya Çelebi rapporte que la forteresse était déjà en ruine. Il ne reste rien de la forteresse vénitienne qui a été utilisée comme carrière de pierre par la population de la région. La côte de Palaikastro a une longueur d’environ 5 km, bordant une plaine alluvionnaire traversée par un fleuve côtier saisonnier ; cette plaine est couverte d’oliveraies, de vignes et de pâturages.

Le village de Palékastro en Crète. La plage de Chiona (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La plage de Chiona (Παραλία Χιώνα) est une belle plage de sable et de gravier, de 300 m de longueur, située au sud de la colline de Kastri ; la plage de Chiona est moins ventée que celle de Kouréménos et tout aussi tranquille ; elle n’est jamais bondée, mais il peut y avoir des nudistes ; la plage bénéficie du « Pavillon bleu » de l’U. E. et la baignade y est sûre ; on y trouve de bonnes tavernes de poissons (ψαροταβέρνα). Si on veut une crique rien que pour soi, il est possible de suivre une piste côtière vers le sud et de trouver une crique déserte, comme Pylos (Πηλός) ou Skaria (Σκαριά) où se termine la piste ; au-delà c’est le promontoire rocheux du cap Plaka (Άκρα Πλάκα) où se trouvent des criques rocheuses qu’il faut atteindre à pied ou en bateau.

À l’arrière de la plage de Chiona se trouve le site archéologique de Roussolakos (Ρουσσολάκκος), souvent désigné comme la cité minoenne de Palaikastro où a été mis au jour le « kouros » de Palaikastro.

Au sud de Roussolakos s’élève la colline de Petsofas (Πετσοφάς), d’environ 250 m de hauteur ; depuis le village d’Agathia et depuis la plage de Chiona des sentiers montent au sommet ; il faut compter 1 h 30 de montée pour parcourir les 3 km d’un sentier pédestre balisé. Au sommet se dressait un important sanctuaire minoen, le sanctuaire de sommet de Petsofas (Ιερό Κορυφής Πετσοφάς) découvert au début du XXe siècle ; de nombreuses petites figures votives, découvertes dans les ruines du sanctuaire, sont conservées dans les musées de Sitia, d’Agios Nikolaos et d’Héraklion ; ces figurines, représentant les donataires d’offrandes, ont fourni de nombreuses informations sur l’habillement et les coiffures de l’époque. Les vestiges du sanctuaire ne sont pas impressionnants, mais le sommet de Petsofas offre de très belles vues sur le site archéologique de Roussolakos.

À 8 km au sud de Palaikastro la route vers Zakros atteint le village de Chochlakiès (Χοχλακιές / Chochlakiés) ; le village est surtout connu pour ses gorges, les gorges de Chochlakiès (Φαράγγι Χοχλακιών), qui mènent à une plage idyllique, la plage de Karoumès (Παραλία Καρούμες). Le chemin de randonnée débute à proximité de l’église de Chochlakiès, située à l’est du village ; c’est un chemin d’environ 2,5 km de longueur et de seulement 80 m de dénivelée, mais assez difficile, très rocailleux et sans aucune ombre, et il faut compter au moins une heure pour atteindre la plage ; ce chemin de randonnée est documenté comme la Georoute n° 13 du Parc Naturel de Sitia. La plage de Karoumès est une plage de galets, assez sauvage et solitaire, seulement atteignable par ces gorges et par la mer.

3 km après Chochlakiès la route arrive au village d’Azokéramos (Αζοκέραμος) ; 400 m avant le village une piste de terre part sur la gauche en direction du sanctuaire de sommet de Traóstalos (Τραόσταλος) situé à environ 515 m d’altitude ; il faut un véhicule tout terrain pour aller jusqu’au sommet, sinon il faut faire à pied la dernière partie du chemin qui est très raide. Là encore les vestiges du sanctuaire de sommet minoen sont rares mais la vue est magnifique.

Depuis le village d’Azokéramos une route part à droite en direction du village d’Adravasti (Αδραβάστοι / Adravásti) ; ce village possède une bonne taverne avec une belle terrasse panoramique. Depuis Adravasti une route de traverse escarpée part vers l’ouest, à travers un magnifique paysage de montagne, et rejoint la route de Sitia à Iérapétra en passant par les villages de Karydi (Καρύδι), de Sítanos (Σιτανος) et de Chandras (Χανδράς).

Après Azokéramos on atteint Ano Zakros à 4 km, puis on rejoint Kato Zakros, en 7 km, par la route qui longe la « Vallée des Morts ».

Ruine antiqueLe site archéologique de Roussolakkos (Ρουσσολάκκος / Roussolákkos)
Le village de Palékastro en Crète. Le site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le site archéologique de Roussolakkos se trouve à environ 1,5 km à l’est du village de Palaikastro, à environ 20 min à pied ; on le nomme d’ailleurs souvent site minoen de Palaikastro, notamment dans les publications lorsqu’on se réfère aux découvertes faites sur ce site ; Roussolakkos (Ρουσσολάκκος), ou Roussolako (Ρουσολάκο), est un lieu-dit qui signifie « fosse rouge », par référence aux grès marneux de couleur rougeâtre de la plaine alluvionnaire où se trouve les ruines de la cité minoenne antique ; on ignore le nom minoen de la cité, comme pour toutes les cités minoennes de l’île. Le nom grec de la cité était peut-être Élaia : l’astronome et géographe du IIe siècle après JC Claude Ptolémée situait sur la côte orientale de la Crète un cap qu’il nommait Elaea, Heleia ou Elaia (Ελαία) qui aurait abrité un temple de Zeus Dictéen ; ce nom dérive de celui de l’olive (ελιά). Les ruines d’un temple de Zeus Dictéen ont en effet été mises au jour à Roussolakkos et le cap le plus proéminent de la côte orientale de la Crète est le cap Plaka (Άκρα Πλάκα) qui se trouve à proximité de Roussolakkos. À 1 km au sud de la cité antique, sur la colline de Petsofas (Πετσοφάς), se trouvait un sanctuaire de sommet dédié également à Zeus Dictéen ; ce sanctuaire de sommet était vraisemblablement en lien avec la cité antique. Le palais minoen de Zakros se trouvait à 11 km au sud de la cité minoenne, le palais minoen de Pétras à 14,5 km à l’ouest. Elaia est le nom qu’utilisait, pour désigner la cité antique, l’archéologue anglais Robert Bosanquet qui dirigea les fouilles entre 1902 et 1905.

Aller au site archéologique de Roussolakos avec Google Maps (35.195305, 26.275631).

Le village de Palékastro en Crète. La rue du Port du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La cité antique était une cité portuaire dont le port était abrité des vents du nord par la colline de Kastri ; le port fut englouti par le basculement de la Crète du sud-ouest vers le nord-est et il n’en reste aucune trace, mais l’une des rues excavées menait du centre de la cité jusqu’au port. Le reste de la cité a été progressivement enseveli pendant 2 000 ans par les dépôts alluvionnaires du cours d’eau saisonnier qui traverse cette plaine ; ces sédiments ont préservé la cité intacte, dans l’état où elle était vers le Ier siècle avant JC. Les vestiges de la cité antique qui ont été mis au jour se trouvent à 10 m d’altitude, à environ 250 m à l’arrière de la plage de Chiona ; dans l’Antiquité la cité se trouvait au bord du rivage, mais, dans cette zone, le rivage a reculé du fait de l’enfoncement de l’île dans la mer, mais a aussi avancé du fait des dépôts alluvionnaires.

Le village de Palékastro en Crète. Un puits du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La plaine où se trouvait Élaia était déjà habitée au début de l’Âge du bronze, au IIIe millénaire avant JC, entre 2700 et 2200, avant l’époque minoenne ; c’est en effet une plaine propice au peuplement, avec des terres fertiles et la présence d’eau potable : les nombreux puits minoens mis au jour sur le site en témoignent ; ces puits profonds étaient si parfaitement construits que certains produisent encore de l’eau de nos jours.

Une cité importante n’a commencé à se développer qu’au XXe siècle avant JC, à l’époque de la construction des premiers palais minoens de Cnossos et de Phaistos ; c’est aussi à cette époque que fut édifié le sanctuaire de sommet de Petsofas. La cité portuaire d’Élaia était active dans le commerce maritime, entretenant des relations avec l’Asie mineure et l’Égypte. Comme les premiers palais minoens, la cité d’Élaia fut gravement endommagée par un tremblement de terre à la fin du XVIIIe siècle, vers l’an 1760 avant JC. De même que les palais minoens la cité d’Élaia fut reconstruite plus belle et plus grande, avec un réseau de rues pavées et des égouts de drainage ; les riches négociants se firent bâtir des maisons élégantes avec de grandes pièces bien aménagées et d’immenses entrepôts où ils conservaient toutes les marchandises qu’ils exportaient ou importaient. On estime que la cité couvrait alors une superficie de 50 000 m². Au XVIIe siècle Élaia fut à nouveau dévastée, vers l’an 1450 avant JC, par un séisme sans doute causé par l’éruption volcanique de Théra, l’actuelle Santorin, séisme qui recouvrit la cité d’une couche de cendres volcaniques de 7 cm d’épaisseur ; le séisme fut accompagné par un raz-de-marée qui inonda la cité sous une vague d’au moins 9 m de hauteur et qui aggrava les destructions. Contrairement à d’autres cités minoennes, la cité d’Élaia se releva une nouvelle fois de ses ruines, en conservant son ancien plan, et fut encore une ville prospère pendant la période minoenne tardive. La cité connut cependant des incendies, probablement dus à des attaques ennemies sur la ville, et un nouveau séisme important vers 1250 avant JC ; la population commença d’abandonner la cité aux XIIIe et XIIe siècles avant JC. Le temple de Zeus Dictéen d’Élaia continua d’être utilisé pendant l’Antiquité grecque et romaine jusqu’à la fin du IVe siècle quand des chrétiens fanatiques l’auraient détruit, sans doute après que l’empereur Théodose avait proclamé le christianisme religion officielle de l’Empire en 392.

Le village de Palékastro en Crète. Plan du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La cité d’Élaia était l’une des plus grandes cités minoennes, comparable par son étendue à Knossos et à Malia, peut-être la plus grande à l’époque minoenne tardive ; les archéologues ont estimé sa superficie à environ 30 ha, pour environ 600 m par 600 m ; la cité n’était pas protégée par une enceinte. Le plan d’urbanisme de la cité était schématiquement organisé autour d’une rue principale d’environ 140 m de longueur, orientée du nord-ouest au sud-est, et dallée de dalles de calcaire. Depuis cette rue principale partaient à angle droit des rues latérales, plus ou moins larges, mais également pavées, certaines avec des escaliers ; la rue principale et les rues latérales étaient pourvues d’égouts. Ce réseau de rues formait de grands îlots urbains, de forme plus ou moins rectangulaire, comprenant quatre ou cinq bâtiments ; les archéologues ont distingué neuf de ces îlots.

Le village de Palékastro en Crète. La rue principale du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Palékastro en Crète. Carrefour de la rue principale du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.
Le village de Palékastro en Crète. Une rue du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Dans chacun des îlots, il y avait un bâtiment plus grand, plus raffiné et plus élaboré que les autres ; chacun de ces grands bâtiments avait une salle particulière au centre de laquelle se trouvait une zone avec un étage inférieur et entourée de quatre colonnes ; ces salles avaient probablement des fonctions de bassin lustral, ce qui suggère que ces bâtiments avaient, entre autres, des fonctions religieuses. Les archéologues pensent que chaque îlot était habité par des personnes liées les unes aux autres, des familles ou des groupes plus importants, tels que des clans.

Le village de Palékastro en Crète. Rue principale du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Les maisons les plus élégantes, donnant sur la rue principale, avaient les façades les plus imposantes dont les bases des colonnes ont été retrouvées ; ces demeures étaient décorées de fresques et meublées avec soin et élégance, même si malheureusement le site n’a restitué, pour le moment, que de minuscules fragments de fresques et un petit nombre de meubles et d’articles ménagers ; de beaux vases de style marin trouvés dans les ruines de certaines de ces demeures témoignent du statut et de la richesse des propriétaires. Ces belles demeures étaient construites en pierre de sidéropétra (σιδερόπετρα), la « pierre de fer », un calcaire cristallin local de couleur gris-bleu, ainsi que de grès pour les montants de porte et la maçonnerie en pierre de taille. De l’ardoise violette et bleu-vert a été utilisée pour paver les rues et les planchers des maisons. Les murs intérieurs étaient construits en briques d’argile. Les maisons, certaines à deux planchers, avaient des cours à péristyle, de grandes pièces principales, des bassins lustraux, des fontaines et des citernes, des sanctuaires avec des doubles cornes consacrées en albâtre et de nombreux entrepôts. Des découvertes de poteries richement décorées, de vases en pierre et de panneaux avec des lettres linéaires A indiquent qu’ils étaient utilisés par de riches commerçants.

Tout au nord du site se trouvait la rue du Port, une rue latérale conduisant au port voisin dont il ne reste aucun vestige visible. Le bâtiment n° 1, situé sur cette rue du Port, date de la fin de l’époque néopalatiale (de 1500 à 1450 avant JC) ; ses quatre murs extérieurs étaient bâtis en maçonnerie.

Le bâtiment n° 5 se trouve dans le même îlot de la rue du Port ; à côté de ce bâtiment les archéologues ont découvert le célèbre « kouros » de Palaikastro, un chef-d’œuvre de l’artisanat minoen ; selon les érudits, il s’agirait d’un exemple précurseur de Zeus Dictéen ; la statuette avait été délibérément fracassée, peut-être lors de l’invasion mycénienne, et partiellement brûlée par un incendie ; les différents fragments ont été mis au jour entre 1987 et 1990. Cette sculpture chryséléphantine, à l’origine d’ivoire et d’or, est de nos jours exposée dans le musée archéologique de Sitia, ainsi que de nombreuses autres découvertes faites à Roussolakkos.

Le village de Palékastro en Crète. Escaliers du bâtiment 1 du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Palékastro en Crète. Le bâtiment 4 du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Palékastro en Crète. Le bâtiment 5 du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le village de Palékastro en Crète. Plan du bâtiment 5 de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.
L’îlot Β se trouve au nord-ouest du site de fouille ; il comprend cinq maisons dont une demeure à deux planchers, avec une entrée sur la rue principale, une cour ouverte et un puits de lumière dans sa pièce principale ; la maison comprenait aussi une cuisine, une cuve de lavage, un puits, un sanctuaire domestique, un entrepôt d’huile, un bain et une zone de réception qui a ensuite été séparée et transformée en entrepôts. Un bâtiment a été retrouvé dans le même îlot, identifié comme un moulin à huile, sur la base de l’existence d’un séparateur d’huile et de fosses de stockage.

L’îlot Δ, à l’ouest, était le plus étendu, avec une superficie de 1 800 m², et comprenait un grand nombre de maisons.

L’îlot Ε, situé au sud de la rue principale, comprenait au moins quatre maisons ; l’une des maisons a continué d’être habitée pendant plusieurs siècles, comme en atteste l’existence de traces d’habitation à l’époque historique. Un bâtiment mis au jour dans cet îlot a été identifié comme un pressoir à raisins.

Le village de Palékastro en Crète. Plan de la maison N de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.La maison N, située à l’extrémité occidentale du site, est datée de la fin de la période néo-palatiale. Cette maison a été fouillée de 1962 à 1963 et les fouilles ont révélé des cornes de consécration et des supports de double hache tombés d’une salle du sanctuaire située à un étage supérieur. La pièce à l’arrière a livré des centaines de tasses ainsi que des pots et des marmites, suggérant qu’il s’agissait peut-être d’une sorte de restaurant collectif, ou peut-être d’une taverne archaïque.

Le village de Palékastro en Crète. La maison N du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.Le grand nombre de poids de métier à tisser, trouvés dans différentes parties du site, suggère que le tissage était très répandu, avec plusieurs boutiques. Une autre activité très intense était la production d’objets faits de divers matériaux ; en particulier, la céramique était largement utilisée, produite à la fois pour un usage interne et pour l’exportation vers d’autres régions de Crète : les deux tiers de tous les objets en céramique trouvés dans d’autres sites archéologiques dans la zone orientale de l’île provenaient des ateliers de Palaikastro. Les gisements d’argile se trouvaient dans la plaine alluviale à proximité de la cité.

Dans les îlots Χ et Π, au sud-est du site, ont été mis au jour les vestiges du sanctuaire de Zeus Dictéen (Ιερό του Δικταίου Δία) ; ce sanctuaire aurait été utilisé depuis le VIIIe siècle avant JC jusqu’au IVe siècle après JC. Seuls le péribole, c’est-à-dire l’enceinte du téménos, et l’autel du temple ont survécu ; plusieurs fragments de la corniche en terre cuite de l’ancien temple, des ex-voto, des vases et des lampes, des boucliers en bronze et un lion en bronze ont été découverts lors des fouilles. Dans les ruines de cet îlot ont été découverts, en mai 1904, quatre fragments d’une stèle de calcaire portant une inscription. Cette inscription est connue comme l’« Hymne à Zeus Dictéen » ou l’« Hymne des Kourètes ». L’inscription, gravée sur les deux faces de la stèle, date du début du IIIe siècle après JC, mais le texte daterait de la période hellénistique, de la fin du IVe siècle ou du début du IIIe siècle avant JC.

Le village de Palékastro en Crète. Bouclier d'époque archaïque du temple de Zeus du site archéologique de Roussolakos (auteur Olaf Tausch). Cliquer pour agrandir l'image.
Le site archéologique de Roussolakkos a été fouillé de 1902 à 1906 par des archéologues britanniques de la British School of Archaeology at Athens, notamment Robert Bosanquet et Richard Dawkins, puis, entre 1962 et 1963, par Hugh Sackett et Mervyn Popham. Les fouilles ont repris depuis 1983 et continuent de nos jours. Seuls 10 000 m² ont été fouillés ; la plus grande partie de la cité minoenne reste encore à excaver, notamment sous les oliveraies sur les côtés sud et ouest du site ; des mesures géophysiques indiqueraient la présence d’un vaste bâtiment qui pourraient être un cinquième palais minoen. Les premières fouilles, celles de 1902 à 1906, ont été en grande partie réenterrées.

Visite des ruines de Roussolakkos :

Horaires d’été : du mardi au dimanche, de 8 h 30 à 15 h 30.

Téléphone : 00 30 28410 22462.

Prix d’entrée : 3 €.

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