Le gui des feuillus (Viscum album)

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Page éditée

PhotosPhotos

Gui des feuillus. Jeunes plantes. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Pousses. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Tige et attache. Cliquer pour agrandir l'image.
Gui des feuillus. Enracinement. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Baies. Cliquer pour agrandir l'image.

PrésentationPrésentation

GénéralitésGénéralités
Gui des feuillus. Dessin d'identification. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Dessin d'identification. Cliquer pour agrandir l'image.Le gui est un arbrisseau semi parasite de différentes espèces d’arbres.

C’est peut-être la plante semi-parasite la plus connue : elle figure parmi les plantes qui vivent sur d’autres plantes et qui en retirent de l’eau et des sels minéraux au moyen de suçoirs qui pénètrent dans la plante hôte, mais qui peuvent, au moyen de leur pigment chlorophyllien et de manière autonome, transformer ces apports en substances organiques.

ClassificationClassification

Règne : plantes (Plantae)Sous-règne : plantes vasculaires (Tracheobionta)
Division : plantes à graines (Spermatophyta)Sous-division :
Classe : plantes à fleurs (Angiospermae)Sous-classe : dicotylédones (Dicotyledonae)
Super-ordre : rosidés (Rosidae)Ordre : santales (Santales)
Famille : loranthacées (Loranthaceae), viscacées (Viscaceae)Sous-famille :
Genre : guis (Viscum)Sous-genre :
Espèce : Viscum album [Linné]Variété :
Nom commun : gui des feuillusNom populaire : gui blanc, glu, vert de pommier, bois de la sainte croix, verquet, blondeau, bouchon, vert de pommier

Noms européensNoms européens

AlbanieAllemagneLaubholz-Mistel, MistelAngleterremisteltoe, mistletoeArménie
Pays basqueBiélorussieBrezhoneguhel-varrBulgarie
CatalogneChyprioteCorsuviscu, vischju, biondulella, soprafrascaCroatie
DanemarkmisteltenGaeidhliguile-ice, druidh-lus, sùgh-dharaichEspagnemuérdagoEstonie
FøroysktFinlandeFrançaisgui des feuillusFrysk
GalicePays de GallesGéorgieGrèce
Hongriebijela imela, fehér fagyöngyIrlandeIslandeItalievischio comune
LettonieLithuanieLëtzebuergëschmëspelMacédoine
MalteMoldovenesteNorvègemistelteinOccitan
Pays-BasmaretakPolognejemioła pospolitaPortugalRoumanie
RussieSerbieSlovaquieSlovénie
SuèdemistelTchéquiejmelí listnáčovéUkraïneEmpire romainViscum album

ÉtymologieOrigine du nom

Étymologie latineÉtymologie latine
Viscum album (du mot latin viscus, glu). Album : latin albus, a, um, blanc.

Identification du végétalIdentification

Identification généraleGénéralités
Gui des feuillus. Dessin d'identification. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Plante. Cliquer pour agrandir l'image.Le gui est une curieuse plante, sans racines, qui s’implante sur les branches des arbres où ses rameaux forment une masse globuleuse.

Plante en forme de boule de 20 à 50 cm de haut, il est très rameux et peut former des touffes qui mesurent jusqu’à un mètre de diamètre. La tige est arrondie, articulée, divisée régulièrement en deux, jusqu’au sommet (les rameaux se divisent en fourches successives s’étendant dans tous les sens).

Gui des feuillus. Plante. Cliquer pour agrandir l'image.Les rameaux et les feuilles restent verts durant toute l’année, car les nouvelles feuilles vivent une année et demi. Les feuilles sont opposées, allongées, rétrécies graduellement vers la base, épaisses, coriaces, d’un vert jaunâtre, à 5 ou 6 nervures parallèles. Les fleurs sont très petites, jaunâtre, à 4 lobes. Les fleurs mâles et les fleurs femelles sont séparées sur le même pied, et réunies en petits groupes au sommet des rameaux et à l’aisselle des feuilles. La floraison à lieu de mars à mai.

Les fruits sont des baies globuleuses de la taille d’un petit pois, blanches, translucides, à pulpe visqueuse.

Catégorie de planteCatégorie de plantePlante herbacée
Sous-arbrisseau semi-parasite.
PortPort de la plante
HauteurHauteur de la plante
De 40 à 100 cm.
RemarquesRemarques
Le gui est le seul représentant de la famille des Loranthacées dans nos régions, alors que plus d’un millier d’espèces de cette famille existent dans les régions tropicales.
Espèces semblablesEspèces semblables

ÉcorceTige / Écorce

Description de la tige
Ramification faussement dichotomique car parfois plusieurs rameaux partent d’un même point.

Les rameaux sont verts, ronds, cassants et glabres.

Couleur de l'écorceCouleur de la tige

FeuilleFeuilles

Description des feuilles
Gui des feuillus. Dessin d'identification. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Feuilles alternes. Cliquer pour agrandir l'image.Les feuilles vert jaunâtre, opposées par deux, sessiles, oblongues, entières sont coriaces, épaisses à nervures parallèles et persistantes, facilement détachables.

Ces feuilles sont à l’extrémité des rameaux.

Gui des feuillus. Feuillage. Cliquer pour agrandir l'image.Les fleurs sont unisexuées et généralement portées par des individus différents : la plante est donc dioïque.

Couleur des feuillesCouleurs des feuilles
VégétationVégétation
Les rameaux des guis sont toujours verts ainsi que les feuilles qui poussent avant que celles de l’année précédente ne soient tombées.
MoisIIIIIIIVVVIVIIVIIIIXXXIXII
Végétation

FleurFleurs

Description des fleurs
Gui des feuillus. Fleur mâle du gui. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Fleur femelle. Cliquer pour agrandir l'image.Le gui est une plante dioïque. L’inflorescence est dioïque, à l’aisselle de 2 feuilles.

Les fleurs sont très petites, groupées en glomérules jaunes-verdâtres terminaux, à l’aisselle des feuilles.

Le gui fleurit à la fin de l’hiver, souvent dès le mois de février. Les pieds mâles produisent du pollen et du nectar et les pieds femelles du nectar. À ce moment de l’année, ces ressources sont intéressantes pour de nombreux insectes pollinisateurs.

Les fleurs mâles possèdent 4 sépales et 4 étamines, les fleurs femelles un pistil et 4 tépales.

Couleurs des fleursCouleurs des fleurs
Verdâtre.
Fleur odoranteParfum des fleurs
PollenPollen
FloraisonFloraison
Février à avril.
MoisIIIIIIIVVVIVIIVIIIIXXXIXII
Floraison

FruitFruits

Description des fruits
Gui des feuillus. Fruits. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Fruits. Cliquer pour agrandir l'image.Les fruits toxiques sont des baies blanches opalines, gélatineuses, visqueuses, sphériques, d’environ 1 cm de diamètre. Elles contiennent chacune une grosse graine, plate et verte, qui baigne dans une substance gluante : la viscine. Celle-ci a longtemps servi à la fabrication de la glu. Les baies arrivent à maturité dès l’automne de l’année de la floraison, mais ne tombent qu’au début de la troisième année lorsqu’elles ne sont pas consommées par les oiseaux.

Les oiseaux sont très friands des baies, un proverbe latin dit même que la grive sème la glu qui permet de la capturer. Cela est d’autant plus vrai que l’on s’est servi pendant longtemps de la glu pour capturer de petits oiseaux.

Couleurs des fruitsCouleurs des fruits
GrainesGraines
Gui des feuillus. Germination. Cliquer pour agrandir l'image.Lorsque la baie gluante (en réalité ce n’est pas une véritable baie, puisque plusieurs autres organes font partie du fruit) s’attache à une branche hôte, elle allonge son hypocotyle. Ensuite, une structure en forme de disque, l’« haustorium » primaire, se développe, ce qui permet à la plante de pénétrer le tissu hôte. Après s’être établies dans le tissu hôte, les parties externes de la graine meurent. Cela peut prendre des années avant qu’une pousse de gui réapparaisse sur la branche hôte.
FructificationFructification
MoisIIIIIIIVVVIVIIVIIIIXXXIXII
Fructification

Cycle de vieCycle de vie

PérennitéPérennitéPlante pérenne
Plante vivace dioïque.
PlantationPlantation
MultiplicationMultiplicationPollinisation
EntretienEntretienTaille
CroissanceCroissance
Le gui pousse très lentement : chaque année se rajoutent au bout de chaque rameau 2 rameaux supplémentaires voire 3 s’il y avait trois feuilles à l’extrémité. On peut donc compter facilement son âge au nombre de brins qui se succèdent du pied aux feuilles.
RécolteRécolte
Ennemis de la planteEnnemisVersInsectesChampignonsMicrobes
LongévitéLongévité

HabitatHabitats

MilieuxMilieuxBois de feuillusFôrets de feuillus
Gui des feuillus. Dessin de la plante. Cliquer pour agrandir l'image.Gui des feuillus. Colonie. Cliquer pour agrandir l'image.Plante épiphyte.

Cette espèce se rencontre uniquement sur les arbres qu’elle parasite (près de 120 espèces), en particulier, sur peuplier, pommier, aubépine, pin, sapin, rarement sur le chêne.

La plante se fixe aux branches à l’aide de racines-suçoirs, très profondément enfoncées dans le bois des branches de l’hôte, qui prélèvent la sève minérale composée d’eau et de sels minéraux dissous. Il vit sur les arbres dont il suce la sève en plantant un suçoir à travers l’écorce jusqu’au cambium mais, il ne tue pas son hôte.

Le gui produit ses propres matériaux carbonés grâce à la photosynthèse. En raison de son caractère hémiparasite, le gui est rarement préjudiciables pour la vie de son hôte, même s’il peut provoquer des dommages divers. Le gui est particulièrement fréquent sur les peupliers, les pommiers et le robinier faux-acacia, plus rare sur les ormes et les chênes.

Le gui provoque des tares dans le bois de ses hôtes : on parle de « bois guité ».

Il pousse généralement sur le dessus des branches mais on le trouve parfois à l’envers ou sur le coté d’une branche.

SolsSols
ClimatsClimatsClimat ensoleilléClimat ombré
AltitudesAltitudesÉtage de plaineÉtage collinéen (de 0 à 800 m)Étage montagnard (de 800 à 1700 m)
Jusqu’à 1 300 m.

RépartitionDistribution géographique

Présent en auvergneAuvergne
Gui des feuillus. Sur pommier, Villars. Cliquer pour agrandir l'image.

Utilisation médicinaleUtilisations

Utilisations médicinalesUtilisations médicinales
  • Les parties vertes sont hypotensives (plus ou moins forte suivant qu’il s’agit du gui du poirier, du pommier ou du sorbier… ), vaso-dilatatrices, antispasmodiques, diurétiques, et antitumorales.
  • Aurait été utilisées à ce titre contre l’épilepsie depuis l’antiquité et dans l’asthme convulsif.
  • En usage externe, les baies et les feuilles ont été employées en cataplasme contre les douleurs de goutte ; le gui d’aubépine aurait été utilisé en bains contre les engelures.
  • Des cataplasme chauds de feuilles et de baies bouillies dans l’eau ou du lait calment la goutte et les rhumatismes.
  • Traitement de l’hypertension : les feuilles de gui contiennent des polyphénols qui abaissent la tension artérielle en dilatant les vaisseaux.
  • Vin de gui : faire macérer 40 g de feuilles fraîches par litre de vin blanc pendant 6 jours. Boire 2 verres par jour de ce vin amer, il agira sur l’hypertension, l’athérosclérose et les troubles de la ménopause.
  • Contre la toux prendre une cuillerée à café de poudre de feuilles dans un peu d’eau sucrée au miel 2 fois par jour.
Utilisations économiquesRecherchée par les abeilles
Les fleurs constituent une ressource pour les abeilles, au premier printemps.

Les fruits servaient à fabriquer la glu.

On tire de l’écorce du gui, par macération, la glu.

Constituants chimiquesConstituants chimiques

Il renferme des saponines et des alcaloïdes (dont la viscotoxine), ainsi que de la choline et de l’acétylcholine, non toxique.

Toxicité

Les baies blanches du gui provoquent des troubles digestifs et cardio-vasculaires, occasionnellement mortels. Une dizaine de fruits se montrent déjà dangereux. Par contre, les parties vertes de la plante sont peu toxiques.

Les baies du gui du peuplier sont les plus toxiques. Elles provoquent une soif intense, des vomissements, des diarrhées sanglantes.

Symptômes

Modification de la tension artérielle et du rythme cardiaque, puis perte de sensibilité, et à très forte dose, commencement de paralysie.

Histoire et traditionsHistoire, littérature, traditions, légendes, religions, magie, mythes, symboles …

LittératureLittérature
La cueillette du gui chez les Gaulois
Non est omittenda in hac re et Galliarum admiratio. Nihil habent druidae – ita suos appellant magos – uisco et arbore in qua gignatur, si modo sit robur, sacratius. Jam per se roborum eligunt lucos nec ulla sacra sine earum fronde conficiunt, … Enimvero quidquid adgnascatur illis e caelo missum putant signumque esse electae ab ipso deo arboris. Est autem id rarum admodum et, repertum, magna religione petitur … « Omnia sanantem »appellant suo vocabulo. Sacrificio epulisque rite sub arbore comparatis, duos admovent candidi coloris tauros quorum cornua tum primum vinciantur. Sacerdos candida veste cultus arborem scandit, falce aurea demetit ; candido id excipitur sago. Tum deinde victimas immolant, precantes suum donum deus prosperum faciat iis quibus dederit. Fecunditatem eo poto dari cuicumque animalium sterili arbitrantur, contra venena esse omnia remedio.

Gaius Plinius Secundus, Naturalis Historia, 16, 249-251

Il ne faut pas non plus, à ce propos, passer sous silence l’admiration des Gaulois pour cette plante. Les druides – ainsi ils appellent leurs mages – n’ont rien de plus sacré que le gui et l’arbre sur lequel il pousse, pourvu que ce soit un rouvre. Ils choisissent déjà les rouvres par eux-mêmes pour les bois sacrés et n’accomplissent aucune cérémonie religieuse sans leur feuillage, … c’est un fait qu’ils considèrent tout ce qui pousse sur ces arbres comme un cadeau envoyé du ciel et le signe du choix de l’arbre par le dieu lui-même. Or le gui de rouvre est très rare et, quand on l’a trouvé, on le cueille en grande pompe religieuse … Avec leur dénomination, ils appellent la plante « celle qui guérit tout ». Ils préparent selon les rites au pied de l’arbre un sacrifice et un festin et amènent deux taureaux de couleur blanche dont les cornes sont liées alors pour la première fois. Un prêtre, vêtu de blanc, monte dans l’arbre et coupe avec une serpe d’or le gui qu’on reçoit sur un drap blanc. Puis après cela, ils immolent les victimes en priant le dieu de rendre son cadeau propice à ceux auxquels il l’a donné. Ils pensent que le gui, pris en boisson, donne la fécondité à n’importe quel être stérile, qu’il est un remède contre tous les poisons.
Pline l’Ancien, Histoire Naturelle, 16, 249-251
TraditionsTraditions
Chenes. Panoramix.Gui des feuillus. Présentation du gui chez les Gaulois. Cliquer pour agrandir l'image.Les druides prêtaient au gui du chêne qui est très rare des vertus magiques. Mais selon Fournier, il s’agirait d’une autre espèce, le Loranthus europaeus.

On recueillait le gui dans un linge blanc ; la cueillette terminée, on sacrifiait de jeunes taureaux blancs. Le rituel décrit par Pline se rapporte très probablement à la fête de novembre qui marque le début de l’année celtique et cela correspond au symbolisme d’immortalité et de régénération du gui. Parce qu’il est en complet épanouissement au solstice d’hiver quand la nature sommeille sous la neige, le druide considérait le gui comme une manifestation végétale exceptionnelle et digne d’honorer son dieu. Les druides n’ignoraient pas que cette plante freine et parfois guérit certaines tumeurs.

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