 | Le parc national et les gorges de Samaria (Samariá), et le village d’Agia Roumeli en Crète |  |
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| | Les gorges de Samaria (Φαράγγι της Σαμαριάς / Farángi tis Samariás) sont les gorges les plus longues de Crète, avec une longueur de près de 16 km, et une profondeur maximale de 600 m ; elles sont situées dans l’ouest de l’île, dans le sud de la province de La Canée, sur le versant méridional des Montagnes Blanches (Λευκά Όρη).Les gorges de Samaria sont les quatrièmes gorges les plus longues d’Europe après les gorges de la rivière Tara, au Monténégro, de 82 km de longueur et de 1 300 m de profondeur maximale ; après les gorges de la rivière Sulak (Сула́кский каньо́н), dans le Dagestan, au sud de la Russie, qui ont une longueur de 53 km et une profondeur de 1 560 m ; après les gorges du Verdon, en Provence, dans le sud-est de la France, avec 25 km de longueur et 700 m de profondeur. La profondeur des gorges de Samaria est comprise entre 200 m et 600 m ; leur largeur est comprise entre 150 m et 2,5 m, à l’endroit le plus étroit, le défilé des Portes de Fer (Σιδερόπορτες) ; cependant, à hauteur d’homme, la largeur la plus petite est de près de 4 m. |
| | | Le toponyme des gorges de Samaria provient du nom d’un ancien village de bûcherons, village de nos jours abandonné, le village de Samaria (Σαμαριά), situé à peu près à mi-chemin des gorges, à environ 8,5 km au nord de la sortie des gorges. Le village de Samaria devrait lui-même son nom à la chapelle d’Ossia Maria (Οσία Μαρία), dédié à la Vierge Marie, située au sud de ce village. Une autre thèse soutient que le toponyme de Samaria viendrait du mot « samari » (σαμάρι, nom neutre, au pluriel σαμάρια), qui signifie « bât », la pièce de harnachement, généralement en bois, dont étaient équipés les mules et les ânes transportant les chargements dans les gorges depuis le plateau d’Omalos jusqu’au port d’Agia Rouméli ; ce mot s’écrit comme le toponyme des gorges, à l’accent tonique près. |
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| | La majeure partie des gorges de Samaria se trouve dans le dème des Sfakia, mais l’accès à l’entrée des gorges de Samaria se fait via le plateau d’Omalos (οροπέδιο του Ομαλού), situé à l’extrême sud du dème de Platanias, un plateau sédimentaire situé entre 1 050 m et 1 130 m d’altitude ; la route provinciale 32 de La Canée à Omalos, via Fournès et Lakki, se poursuit jusqu’à un cul-de-sac, au lieu-dit Xyloskalo (Ξυλόσκαλο), situé en surplomb de l’entrée des gorges, à 1 231 m d’altitude. Aller à l’entrée des gorges de Samaria avec Google Maps (35.307913, 23.918334). L’entrée des gorges de Samaria se trouve entre de hautes montagnes du massif des Montagnes Blanches : au sud-ouest, sur la rive droite des gorges, le mont Gingilos ou Gkigkilos (Γκίγκιλος) (≈ 2 080 m) et le mont Volakias (Βόλακιας) (≈ 2 117 m) ; au nord-est, sur la rive gauche, le mont Koukoulé (Κουκουλέ) (1 632 m) et le mont Mélindaou (Μελιντάου) (≈ 2 133 m), et au loin, vers l’est, le mont Pachnès (Πάχνες) (2 453 m).
Les gorges de Samaria sont en réalité un ensemble de gorges dont les plus importantes confluent un peu en amont de l’ancien village de Samaria ; toutes ces gorges ont été creusées par des torrents drainant les versants orientaux ou occidentaux des montagnes voisines. Depuis 14 millions d’années, ces torrents ont creusé des tranchées dans la nappe de calcaire en plaques formant le cœur des Montagnes Blanches ; le creusement des gorges s’est accéléré du Pliocène au Pléistocène, sous l’effet de soulèvements successifs qui ont exposé les roches à l’altération de surface et à des pluies saisonnières intenses, atteignant environ 650 mm par an et concentrant l’érosion durant les mois les plus humides. À certains endroits, comme au mont Gingilos, le torrent a aussi dû creuser les nappes sus-jacentes de phyllites-quartzites et de calcaire de Tripoli subsistant au-dessus de la nappe de calcaire en plaques. Les calcaires en plaques, caractérisés par une stratification fine et des nodules de chaille interstratifiés, dominent les parois des gorges ; de couleur gris-bleu avec des stries blanches, ils résistent à l’érosion et forment des falaises abruptes. Cette érosion différentielle a formé notamment le défilé étroit des Portes de Fer.
L’érosion fluviale intense a été accentuée par la dissolution karstique et par une activité tectonique continue, créant notamment des failles et des plissements, qui ont contribué aux parois abruptes et à la morphologie variée des présentes gorges. En aval du village abandonné de Samaria, le cours d’eau est parfois nommé « rivière de Samaria » ou « rivière Tarrhaios », du nom de la cité antique de Tarrha (Τάρρα) qui se trouvait à l’embouchure des gorges, près du village présent d’Agia Rouméli. La rivière coule toute l’année ; en été, le torrent impétueux de l’hiver se transforme en un paisible filet d’eau ; son débit est renforcé par vingt-deux sources qui s’égrènent le long des gorges. Dans le passé, la rivière était utilisée, par les bûcherons de Samaria, pour le flottage du bois jusqu’au port d’Agia Rouméli ; la rivière était aussi utilisée pour actionner des moulins hydrauliques.
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| | | Les gorges de Samaria constituent le noyau du Parc national des Montagnes Blanches (Εθνικό Πάρκο Λευκών Ορέων) ; ce cœur du Parc national est également nommé « Réserve forestière de Samaria » (Εθνικός Δρυμός Σαμαριάς). Le mot « drymos » (δρυμός, nom masculin, au pluriel δρυμοί) est un mot ancien qui désigne « un bois, une forêt dense » ; en grec moderne le mot « dassos » (δάσος, nom neutre, au pluriel δάση) est plus couramment employé. Ce noyau (πυρήνας) du Parc national est classé comme Zone de Protection de la Nature (Περιοχή Προστασίας της Φύσης) ; cette zone s’étend sur 4 850 ha, depuis le plateau d’Omalos, au nord, jusqu’à environ 2 km de la côte sud, près du village côtier d’Agia Rouméli ; la zone protégée présente la forme d’un triangle, la pointe tournée vers le bas, de 7,5 km de largeur de base par 13 km de hauteur, soit une superficie de 48,5 km², qui recouvre le bassin hydrographique des gorges de Samaria.
La Réserve forestière de Samaria a été créée par décret royal en 1962, destinée à protéger le site naturel exceptionnel des gorges de Samaria (Φαράγγι της Σαμαριάς), notamment pour protéger la chèvre sauvage ou bouquetin de Crète (Capra aegagrus creticus). En 1965, les rares derniers habitants des gorges de Samaria furent expropriés et relogés en dehors des gorges ; on peut voir les maisons délabrées du village de Samaria, un petit village de bûcherons, dont seules les petites églises sont encore entretenues. Les gorges sont cependant ouvertes au tourisme en respectant des règles strictes. En 1981, la Réserve forestière de Samaria a été désignée « Réserve de Biosphère » par l’UNESCO. En 2006, les gorges de Samaria ont été incluses dans le réseau européen Natura 2000. Au fil du temps, des zones environnantes du massif montagneux des Montagnes Blanches s’ont venues s’ajouter aux gorges de Samaria pour constituer le Parc national des Montagnes Blanches ; ces nouvelles zones bénéficient cependant d’un statut de protection inférieur : zones A1, préservation de l’habitat et des espèces ; zones A2, préservation du paysage environnemental ; zones B, préservation du paysage traditionnel ; zones C, gestion des ressources naturelles. Les gorges de Samaria abritent une flore et une faune exceptionnelle dues à l’isolement des gorges, favorisant le développement de lignées endémiques, à leur relief accidenté, offrant des biotopes variés, et à leur climat extrême. Les gorges de Samaria abritent plus de 450 espèces végétales, représentant une part importante de la diversité végétale de la Crète ; parmi ces espèces, environ 70 espèces sont endémiques de l’île.
La flore présente des adaptations remarquables à l’environnement karstique calcaire aride des gorges, caractérisé par une sécheresse estivale intense, des sols pauvres et un terrain escarpé. De nombreuses espèces, telles que l’achillée de Crète (Achillea cretica) et le cétérach officinal (Asplenium ceterach), possèdent des caractéristiques de résistance à la sécheresse, comme des feuilles épaisses, des racines profondes et des tissus succulents, leur permettant de supporter des conditions chaudes et sèches ainsi que la rareté des nutriments.
Le printemps offre, sous les arbres au bord des sentiers, un spectacle floral saisonnier éclatant, avec plus de quarante espèces d’orchidées comme le bel orchis de Provence (Orchis provincialis), avec un capitule serré de fleurons pointus de couleur blanc crème à jaunâtre, des iris sauvages, des cyclamens, par exemple le cyclamen de Crète (Cyclamen creticum), le ciste de Crète (Cistus creticus) aux fleurs roses chiffonnées, la tulipe de Crète (Tulipa saxatilis) aux fleurs pourpre, la fritillaire de Messine (Fritillaria messanensis), avec une fleur tombante en forme de cloche violette et verte, et la pivoine de Clusius (Paeonia clusii), une pivoine blanche, avec une énorme fleur au centre jaune, qui pousse à profusion autour de la chapelle en ruine située à environ 3 km en aval de l’entrée des gorges. Ces fleurs printanières fleurissent abondamment dans des micro-niches humides avant l’arrivée de la saison sèche. Les plantes aromatiques et médicinales sont également abondantes dans les gorges de Samaria : les sauges (Salvia species), notamment le romarin (Salvia rosmarinus), le thym à tête (Thymbra capitata ou Thymus capitatus), la menthe verte (Mentha spicata), l’origan commun (Origanum vulgare) et la marjolaine (Origanum majorana) sont les plus courantes.
Les plantes de rocaille se distinguent particulièrement, comme le lin arborescent (Linum arboreum), un lin vivace bas aux fleurs jaune vif, les aubriètes (Aubrieta species), les saxifrages (Saxifraga species) et les anémones (Anemone species). On recherchera particulièrement les plantes chasmophytes, c’est-à-dire les plantes qui réussissent à survivre dans des conditions extrêmes, dans des fissures de falaises et de parois rocheuses ; le mot « chasmophyte » vient du mot grec ancien « chasma » (χάσμα), qui signifie « fente dans la terre », et du mot « phyton » (φυτόν), « plante ». La plus célèbre de ces espèces est le dictame de Crète (Origanum dictamnus), qui prospère dans les crevasses des gorges de Samaria, généralement dans les endroits les plus inaccessibles ; on trouve aussi la laitue des rochers (Petromarula pinnata), une plante endémique remarquable, avec de longs épis de fleurs bleu profond, que l’on trouve sur les pentes abruptes ; l’ébène de Crète (Ebenus cretica) qui est un sous-arbrisseau chasmophyte adapté aux falaises rocheuses, une fabacée touffue au feuillage gris et aux fleurs roses. | | | La végétation ligneuse, arbres et arbustes, est également bien représentée dans les gorges de Samaria ; ces plantes ligneuses, aux formes étonnantes, parfois suspendues dans le vide, jouent un rôle crucial dans l’écosystème en stabilisant les pentes des gorges, abruptes et sujettes à l’érosion, grâce à leurs réseaux racinaires qui fixent les substrats calcaires et réduisent les glissements de terrain. À l’entrée des gorges dominent les forêts denses de pins de Calabre (Pinus brutia), de cyprès de Crète (Cupressus sempervirens varietas horizontalis), de chênes kermès (Quercus coccifera), d’érables de Crète (Acer sempervirens) et de platanes d’Orient (Platanus orientalis) ; les peuplements de cyprès de Crète, au port arrondi et aux branches étalées, souvent centenaires, offrent un couvert ombragé propice à la flore sauvage. Aux altitudes plus basses s’épanouissent des garrigues arbustives composées d’espèces sclérophylles à feuilles persistantes comme l’arbousier commun (Arbutus unedo), le laurier-rose (Nerium oleander) et l’arbre au mastic ou pistachier lentisque (Pistacia lentiscus). Les gorges de Samaria abritent aussi une faune diversifiée adaptée à son terrain escarpé et rocheux ainsi qu’à son environnement isolé. Comme pour la végétation, l’isolement des gorges explique un fort taux d’endémisme des sous-espèces animales. Les plus anciennes traces de vies animales remontent aux périodes du Jurassique, jusqu’à 180 Ma avant notre ère, et de l’Oligocène, vers 50 Ma avant notre ère ; ces traces animales se manifestent par des fossiles que l’on peut observer à la surface des falaises, à diverses hauteurs. Dans cet écosystème presque fermé, les grands mammifères ongulés consomment la végétation et leurs excréments nourrissent les populations d’invertébrés qui, à leur tour, nourrissent les passereaux et les petits mammifères. Quelques mammifères carnivores s’alimentent de ces petits mammifères, ainsi que les oiseaux prédateurs qui régulent les populations de petits vertébrés ; les rapaces charognards, tels que les vautours, empêchent la propagation des maladies en éliminant les charognes. Les gorges de Samaria comptent une douzaine d’espèces de reptiles adaptés aux milieux rocheux, dont le lézard vert oriental (Lacerta viridis), fréquemment observé le long des sentiers des gorges, et une espèce endémique, le lézard des murailles de Crète (Podarcis cretensis), ainsi que quelques espèces de serpents. On a aussi répertorié trois espèces d’amphibiens et quarante-sept espèces d’escargots terrestres. La faune aviaire des gorges de Samaria est particulièrement riche, avec plus d’une centaine d’espèces recensées, dont une soixantaine d’espèces d’oiseaux nicheurs ; les gorges constituent un couloir de migration pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs. Les ornithologues ont notamment recensé : l’accenteur alpin (Prunella collaris) qui effectue des passages saisonniers ; des bécasses (Scolopax species) ; des bruants ; des cailles ; le chardonneret élégant (Carduelis carduelis) ; le choucas des tours (Coloeus monedula) ; le chocard à bec rouge (Pyrrhocorax graculus) qui effectue des passages saisonniers de groupes de 150 à 200 individus qui se nourrissent d’invertébrés présents dans les excréments d’herbivores ; des corneilles ; la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) ; la fauvette de Rüppell (Curruca ruppeli) qui se reproduit dans les gorges en avril-mai et migre en Afrique orientale en hiver ; des grives (Turdus species) ; des hirondelles ; l’hirondelle de rocher (Ptyonoprogne rupestris), un oiseau à l’apparence terne mais au vol spectaculaire, qui niche en colonie à la base des falaises près de la sortie des gorges ; la huppe fasciée (Upupa epops) ; le loriot d’Europe (Oriolus oriolus) ; la linotte mélodieuse (Linaria cannabina) ; le merle noir (Turdus merula) ; le merle de roche, ou monticole de roche (Monticola saxatilis), qui niche sur les falaises – le mâle a une poitrine orange frappante, une tête bleue et un croupion blanc ; la mésange bleue (Cyanistes caeruleus) ; le moineau domestique (Passer domesticus) ; des perdrix ; le pinson des arbres (Fringilla coelebs) ; le rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) ; la tourterelle des bois (Streptopelia turtur) ; le traquet motteux (Oenanthe oenanthe). Les oiseaux rapaces diurnes et nocturnes sont au nombre d’une vingtaine, dont la moitié sont des oiseaux nicheurs : l’aigle de Bonelli (Aquila fasciata) ; l’aigle royal (Aquila chrysaetos), avec six couples nicheurs qui se nourrissent de lièvres, de perdrix et de jeunes agneaux ; l’épervier d’Europe (Accipiter nisus) ; le faucon crécerelle (Falco tinnunculus) ; le gypaète barbu (Gypaetus barbatus), une espèce menacée, qui est connu pour laisser tomber des os de haut afin d’en extraire la moelle, et dont quelques couples nichent dans le Parc national ; des hiboux ; le vautour fauve (Gyps fulvus) qui plane au-dessus des gorges pour se nourrir de charognes et dont la population dans les gorges est estimée à une vingtaine de couples. Les gorges de Samaria abritent une trentaine d’espèces de mammifères dont des petits carnivores tels que la belette (Mustela nivalis) (νυφίτσα), la fouine (Martes foina) (πετροκούναβο), le blaireau de Crète (Meles meles arcalus) (άρκαλος), ou le très rare chat sauvage de Crète (Felis silvestris cretensis) (Κρητικός αγριόγατος ou αγριόγατα), qui se nourrissent de rongeurs et d’oiseaux. Un autre petit mammifère est le rat épineux ou souris épineuse de Crète (Acomys minous) (Κρητικός ακανθοποντικός). L’animal emblématique des gorges de Samaria est le célèbre « kri-kri », la chèvre sauvage de Crète (Capra aegagrus creticus), une espèce endémique menacée et protégée pour laquelle a été créée la Réserve forestière de Samaria. Le bouquetin de Crète est couramment surnommé « kri-kri » (κρι κρι) ; les boucs sont nommés « agrimi » (αγρίμι), c’est-à-dire « sauvage », et les femelles « sanada » (σανάδα) ; on ne trouve le kri-kri qu’en Crète et dans quelques îles voisines ; la plus grande population de chèvres égagres vit dans les gorges de Samaria et dans les Montagnes Blanches environnantes. La chèvre sauvage de Crète est un ruminant brun avec une bande plus foncée sur le dos, du cou à la queue ; les mâles sont plus grands que les femelles et possèdent une épaisse barbe noire et de longues cornes de trois segments, recourbées vers l’arrière, mesurant jusqu’à 80 cm ; les femelles donnent généralement naissance à 1 ou 2 petits en avril ou mai ; l’espérance de vie des kri-kris est d’environ 15 ans. Bien que la population de kri-kri soit de nos jours en croissance, avec environ 2 000 individus, il ne faut pas s’attendre à en voir un, car le kri-kri et un animal farouche et d’une agilité remarquable, adapté à la vie rupestre, qui se réfugie sur les parois rocheuses et sur les terrains accidentés, loin de la foule des randonneurs. La chèvre égagre (αίγαγρος) est considérée comme l’ancêtre de la chèvre domestique (Capra hircus ou Capra aegagrus hircus) ; le kri-kri est aussi menacé par l’hybridation avec les chèvres domestiques.
À défaut de kri-kri on peut d’ailleurs voir dans les gorges de Samaria des chèvres domestiques retournées à l’état sauvage que l’on nomme chèvres férales ou chèvres marrones.
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| | La descente des gorges de Samaria est l’une des principales attractions touristiques de la Crète : plus de 120 000 touristes visitent les gorges de Samaria chaque année, avec des pointes de fréquentation de 4 000 visiteurs quotidiens pendant la haute saison touristique. Lors de ces jours de forte affluence, il n’est pas rare de se retrouver à marcher en file indienne avec plusieurs milliers d’autres personnes ; pour éviter cette foule le meilleur moyen est de partir très tôt en campant près de l’entrée ; on peut aussi partir après midi si l’on prévoit de passer la nuit à Agia Rouméli pour y prendre le transbordeur le lendemain pour rejoindre un port de la côte desservi par une route.L’entrée des gorges de Samaria se trouve au lieu-dit Xyloskalo (Ξυλόσκαλο) à environ 1,4 km au sud-est du plateau d’Omalos et 4 km du village d’Omalos, à environ 1 231 m d’altitude ; à cette altitude il peut faire plutôt frais au petit matin, même au mois d’août ; si l’on veut débuter la descente des gorges très tôt, il faudra se munir d’un vêtement chaud. Il est possible de venir jusqu’à l’entrée des gorges en automobile ; une aire de stationnement gratuite, assez vaste, se trouve à quelques dizaines de mètres du début du sentier. Pour les visiteurs qui ont l’intention d’effectuer la descente des gorges en totalité, la difficulté est de venir récupérer son véhicule : il n’y a qu’une liaison directe par autocar entre cet emplacement et le port de Sougia où les transbordeurs peuvent déposer les randonneurs à partir de la sortie des gorges à Agia Rouméli ; cet autocar de la KTEL quitte Sougia vers 18 h 15 min, après l’arrivée du transbordeur de 17 h 30 min, et passe par Xyloskalo avant de continuer vers La Canée. Les très courageux peuvent aussi envisager de remonter les gorges après une nuit de repos à Agia Rouméli. Si l’on réside dans les environs de La Canée, on peut emprunter l’autocar de la ligne KTEL de La Canée à Sougia, qui part de La Canée très tôt le matin et qui fait un arrêt à Xyloskalo, après environ 1 h de route ; en haute saison il y a plusieurs autocars qui circulent ensemble et qui déversent en même temps leur flot de randonneurs, ce qui crée un afflux à l’entrée des gorges. À la sortie des gorges, à Agia Rouméli, on pourra prendre un transbordeur jusqu’à Chora Sfakion, Sougia ou Palaiochora où l’on prendra un autocar public pour revenir vers La Canée. Si l’on peut passer la nuit à Sougia, on peut y laisser son véhicule et prendre l’autocar du matin de la ligne de Sougia à La Canée, pour se rendre à l’entrée des gorges à Xyloskalo ; cet autocar part de Sougia vers 7 h et atteint Xyloskalo après environ 1 h de route. Depuis l’année 2025 il faut, en principe, réserver une place à l’avance dans tous les autocars de la KTEL. Cependant la plupart des randonneurs effectuent la descente des gorges dans le cadre d’une excursion d’une journée, organisée au départ de nombreuses stations balnéaires ou des grandes villes de la côte nord ; les autocars des agences de tourisme récupèrent les randonneurs à leur descente des transbordeurs, le plus souvent à Chora Sfakion, et les reconduisent à leurs hôtels. Dans la plupart des cas le prix d’entrée dans le Parc national et le prix du transbordeur de retour sont compris dans le prix de l’excursion. Si l’on a un peu de temps avant de débuter la descente des gorges, on peut visiter, à Xyloskalo, le Centre d’Information de la Réserve forestière nationale des Montagnes Blanches (Κέντρο Πληροφόρησης Εθνικού Δρυμού Λευκών Ορέων) qui présente une introduction à la flore, à la faune, à la géologie, à la culture et à l’histoire des gorges de Samaria ; ce Centre d’Information paraît être fermé pour le moment, car les visiteurs potentiels n’ont rien de plus pressé que d’entreprendre la descente des gorges, sans perdre de temps. Il y a aussi sur place une bonne taverne, le restaurant Xyloskalo (Εστιατόριο Ξυλόσκαλο), mais qui n’ouvre qu’en fin de matinée ; sa terrasse en bois offre des vues spectaculaires sur l’entrée des gorges et sur les sommets environnants ; autrefois une auberge, cet établissement ne propose plus de chambres à coucher. Depuis Xyloskalo un autre itinéraire permet de se rendre au refuge Kalergis (Καταφύγιο Καλλέργη), un refuge de montagne géré par l’Association grecque d’alpinisme de La Canée (Ελληνικός Ορειβατικός Σύλλογος Χανίων). Ce refuge peut héberger une cinquantaine de personnes ; il se trouve à une distance de 3,6 km de Xyloskalo, à 1 650 m d’altitude, avec 420 m de dénivelé positif ; il faut compter environ 3 h pour faire l’aller-retour. Le site offre de magnifiques vues sur les gorges ; une des attractions touristiques de ce refuge serait des latrines extérieures donnant sur l’abîme.
Chaque année, au mois de mai, l’Ε.Ο.Σ. organise une course à pied d’environ un ½ marathon de distance, dénommée « SamariaRun », au départ de Xyloskalo, empruntant le sentier des gorges de Samaria jusqu’à Agios Nikolaos, puis remontant par l’est, par Kalyvaki (Καλυβάκη), jusqu’au refuge Kalergis, avant de revenir à Xyloskalo. | _small.jpg) | La descente des gorges de Samaria est un parcours d’environ 15 km de longueur, entre le rebord du plateau d’Omalos et le port d’Agia Rouméli ; la longueur du trajet entre l’entrée dans le Parc national et sa sortie est d’environ 13 km ; il faut ensuite parcourir 2 km jusqu’au port. Le dénivelé total du parcours est d’environ 1 230 m, soit une pente moyenne de près de 6 % ; cependant la pente est plus marquée entre le point de départ et l’entrée des gorges à proprement parler, près de la chapelle d’Agios Nikolaos, à environ 660 m d’altitude et à 3 800 m du départ ; sur ce tronçon qui dévale le versant des gorges, la pente est d’environ 15 %.
Une fois atteint le fond des gorges, le sentier est moins abrupt mais il devient rocailleux et accidenté, et nécessite de bonnes chaussures de marche. Le sentier est plutôt ombragé au début des gorges, mais un chapeau est indispensable à la sortie des gorges, très exposée au soleil. If faut éviter de se charger inutilement : des vêtements légers ; un peu de nourriture sèche et énergétique, car il n’y a aucun lieu de restauration dans les gorges ; une bouteille d’eau que l’on pourra remplir aux diverses sources que l’on rencontre sur le trajet. Le sentier est bien balisé et il n’y a aucun risque de s’égarer ; des bornes kilométriques jalonnent le parcours dans la partie intérieure au Parc. Le trajet prend entre 5 h et 7 h selon la condition physique du randonneur et la durée de ses haltes dans les divers points d’intérêt des gorges. Les gorges de Samaria sont jalonnées par plusieurs chapelles byzantines solitaires, notamment Saint-Nicolas (Agios Nikolaos), Saint-Georges (Agios Georgios), Transfiguration du Sauveur (Metamorfosi Sotiros), Sainte-Marie (Osia Maria) et Seigneur Jésus (Afentis Christos), parfois situées à l’emplacement de temples antiques. | _small.jpg) |
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| | | La descente des gorges de Samaria débute au lieu-dit Xyloskalo, plus rarement nommé Xyloskala (Ξυλόσκαλα) (n° 1 sur la carte A, n° 2 sur la carte B) ; ce toponyme signifie « escalier de bois », du mot grec « ξύλο », « bois » et du mot grec byzantin « σκάλα, au pluriel σκάλες », « échelle ou escalier » ; en effet cette section du sentier est faite de marches en dalles de pierre retenues par des nez de marche constitués par des rondins de bois de pin ; du côté du ravin un garde-corps en rondins protège les randonneurs. Cet escalier de pierres descend le versant oriental des gorges, en une dizaine de lacets ; sur la droite on aperçoit les sommets dénudés des monts Gingilos (Γκίγκιλος) et Volakias (Bολακιάς), où seuls s’aventurent les kri-kris et quelques grimpeurs ; à gauche s’élèvent les monts Psari (Ψαρή) et Mélindaou (Mελινταού). Cette section est plutôt abrupte et éprouvante pour les genoux et les chevilles, mais elle est plutôt ombragée par la forêt de résineux et de platanes ; au printemps, les fleurs sauvages s’épanouissent sous le couvert végétal. | _small.jpg) |
| | | Après environ 40 min, 1 700 m de marche et plus de 270 m de dénivelé, on atteint un belvédère (n° 3 sur la carte B) situé au lieu-dit Néroutsiko (n° 2 sur la carte A, n° 4 sur la carte B). Ce toponyme signifie quelque chose comme « la petite source », des mots « néro » (νερό, au génitif νερού), l’eau, et « tsiko » (τσίκο), petit ou jeune. Le lieu présente en effet une petite source et a été aménagé en aire de repos, avec des bancs, des tables et des toilettes ; de ce belvédère, situé à 958 m d’altitude, on a une vue spectaculaire sur les gorges et les sommets environnants. Les visiteurs ne désirant pas effectuer toute la descente des gorges pourront se borner à descendre jusqu’à ce belvédère. |
| | | La descente se poursuit en pente plus douce, environ 12 %, sur environ 1 200 m et 25 min de marche, jusqu’au lieu-dit Riza Sykias, c’est-à-dire « la racine de figuier », situé à environ 812 m d’altitude. Au printemps, cette section à travers bois permet de découvrir de nombreuses orchidées. C’est vers Riza Sykia (n° 3 sur la carte A, n° 6 sur la carte B) que l’on atteint le fond de la gorge, à environ 3 km du départ ; on y trouve aussi une source. Le ruisseau se trouve d’abord sur la droite, mais en suivant le lit du ruisseau, on doit traverser à gué plusieurs reprises ; en été le ruisseau se réduit à un filet d’eau, mais lors de fortes précipitations cette section peut être dangereuse. Le sentier peut être encombré de pierres, de troncs et de branches mortes charriés par le cours d’eau. Environ 25 min après Riza Sykias, on aperçoit les ruines des fondations d’une structure où se trouvait autrefois une scierie hydraulique. |
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| | | Après 900 m à longer le lit du ruisseau, on parvient au lieu-dit Agios Nikolaos (n° 4 sur la carte A, n° 7 sur la carte B), situé à 648 m d’altitude, soit à peu près à la moitié du dénivelé total des gorges depuis le départ. À cet endroit on trouve une petite chapelle dédiée à saint Nicolas, avec un petit bassin et des bancs, ombragés par un bosquet de pins et de grands cyprès de Crète, vieux de 2 000 ans, dont certains ont 7 m de circonférence. À Agios Nikolaos, on trouve aussi une aire de repos, avec un poste de garde de l’Autorité forestière, des toilettes, et plusieurs sources d’eau potable. Au printemps les environs sont parsemés de fleurs sauvages.
Aux alentours de l’église d’Agios Nikolaos se dressait l’antique cité de Kaino (Καινώ) ; selon la tradition, la déesse Britomartis (Bριτόμαρτης) ou Diktynna (Δίκτυννα), l’Artémis des Minoens, y serait née. Déesse des forêts et de la chasse, fille de Zeus et de la nymphe Carmé (Kάρμη), Minos aurait été éperdument amoureux de Britomartis ; Minos la poursuivit pendant neuf mois et, dans sa fuite, elle préféra se jeter du haut d’une falaise abrupte et atterrir dans les filets des pêcheurs ; c’est ainsi qu’elle reçut le nom de Diktynna (Δίκτυννα), du mot « díktuon » signifiant « filet ». |
| | Après Agios Nikolaos, la pente diminue progressivement et la végétation se densifie ; à la fin du printemps, le site est magnifique, mais on y trouve des fleurs sauvages et des plantes rares à n’importe quelle période de l’année, notamment une pivoine blanche, la pivoine de Clusius (Paeonia clusii), une espèce menacée. Il faut rappeler que la cueillette des fleurs est strictement interdite.Le cours d’eau, quant à lui, est plus aléatoire : on y trouve par endroits une eau fraîche et glacée ainsi que des bassins où l’on peut se rafraîchir les pieds toute l’année, mais ce qui, au printemps, est un torrent impétueux, voire dangereux, se réduit, en été, à un mince filet d’eau entre des rochers arides et brûlants, disparaissant sous la surface sur de longs tronçons. Après 20 min et 900 m de marche, on atteint le lieu-dit Vryssi (n° 5 sur la carte A, n° 8 sur la carte B), c’est-à-dire « la fontaine, le robinet », situé à 534 m d’altitude. On y trouve, en effet, une fontaine en pierre. |
| | | Après 1 300 m et 25 min de marche, on atteint le lieu-dit Prinari (point n° 5 bis sur la carte A, n° 9 sur la carte B), situé à environ 364 m d’altitude. Le toponyme « prinari » (πρινάρι) est le nom familier du « pournari » (πουρνάρι, au pluriel πουρνάρια), le nom grec du chêne kermès ou chêne des garrigues (Quercus coccifera). À Prinari se trouve une source d’eau potable. Le sentier longe ensuite la rive droite du ruisseau, dans des gorges élargies qui ne sont pas particulièrement pittoresques ; sur la gauche, au nord-est, on aperçoit le débouché d’autres gorges, les gorges de Kalokampos (φαράγγι του Kαλόκαμπου), qui descendent des monts Mélindaou (Mελινταού) et Psari (Ψαρή) ; au-dessus des gorges de Kalokampos se dresse le koulès de Samaria (n° 12 sur la carte B), une vieille tour turque, à 552 m d’altitude. Les ruisseaux des deux gorges confluent peu avant d’arriver à l’ancien village de Samaria ; dans ce confluent, nommé Kolardachtis (Κολαρδάχτις), des terres fertiles permettaient, autrefois, la culture de céréales, principalement de l’orge pour nourrir le bétail. À droite, sur la colline qui surplombe le chemin, se dressent la chapelle d’Agios Georgios (n° 11 sur la carte B) et un immense cyprès ; entre la chapelle et le chemin s’étend une oliveraie. Aller à la chapelle Saint-Georges avec Google Maps (35.292379, 23.956470). Après un virage serré à droite, on aperçoit le village abandonné de Samaria. |
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| | | Environ 1 100 m après Prinari, en 25 min de marche, on arrive au village abandonné de Samaria qui se trouve à environ 7 100 m du début du sentier, soit à peu près à mi-parcours de la descente des gorges de Samaria (n° 6 sur la carte A, n° 13 sur la carte B) ; cependant le village est aux 2/3 du dénivelé du trajet, à 348 m d’altitude ; jusqu’au village la pente moyenne est d’environ 12,5 % ; après le village, la pente moyenne n’est plus que de 4,5 %. Les ruines du village se trouvent sur la rive gauche du ruisseau ; depuis le sentier il faut franchir un pont de pierre pour accéder au village. Le village aurait été fondé dans la première moitié du XIVe siècle, à la même époque que l’église d’Ossia Maria qui a donné son nom au village, par la famille Skordilys, l’un des douze clans aristocratiques byzantins entre lesquels la Crète fut partagée. Cette localité abrita pendant des siècles une communauté de bûcherons qui exploitaient les célèbres cyprès de Crète qui poussent dans les gorges. La légende locale veut que ces habitants appartenaient à la famille Viglis (Βίγλης), qui se réclamait d’une descendance directe des Skordilis. Le village était isolé par les crues pendant une partie de l’année. Les habitants cultivaient des légumes et des agrumes sur des terrasses aménagées sur les versants des gorges à l’est du village. En 1965, après la création du Parc national des gorges de Samaria en 1962, les habitants furent expropriés et le village fut abandonné mais pas détruit.
De nos jours certains bâtiments de l’ancien village ont été transformés en poste de gardes forestiers ou en toilettes publiques ; les autres bâtiments tombent peu à peu en ruines et sont clôturés. L’ancien village est une halte très appréciée des randonneurs, avec des aires de pique-nique équipées de points d’eau potable, de bancs et de tables ombragés ; il y a aussi un poste de premiers secours.
En revenant sur le sentier de randonnée et en se dirigeant vers la sortie des gorges, on rencontre un rétrécissement du passage, et après ce rétrécissement on découvre, sur la droite du sentier, une petite chapelle construite dans un renfoncement au pied de la falaise, la chapelle de la Transfiguration du Christ (Μεταμόρφωση του Χριστού) (n° 14 sur la carte B).
Peu après la chapelle se trouve l’héliport rudimentaire qui permet d’évacuer, en cas d’urgence, les randonneurs blessés. Aller à l’héliport de Samaria avec Google Maps (35.289547, 23.958636). Après avoir passé l’héliport, un petit sentier permet de descendre vers le lit du ruisseau ; sur la rive orientale on découvre les ruines des maisons de Kato Chorio de Samaria (Kάτω Xωριού της Σαμαριάς), qui abrite la petite église Sainte-Marie. |
| | | L’église Sainte-Marie l’Égyptienne se trouve dans le village d’en bas de Samaria, sur la rive gauche du ruisseau, au milieu des arbres ; un court sentier y conduit (n° 15 sur la carte B). Aller à l’église Sainte-Marie de Samaria avec Google Maps (35.289397, 23.959709). L’église Sainte-Marie est dédiée à sainte Marie l’Égyptienne, une religieuse ermite, née à Alexandrie au IVe siècle, vers l’an 344 ; Marie l’Égyptienne est aujourd’hui vénérée par les Églises catholique et orthodoxe. Ossios (ὅσιος, au féminin ὅσία) est un mot grec ancien signifiant « pieux, dévot ». Cette église a vraisemblablement été édifiée au début du XIVe siècle, époque à laquelle la sainte était populaire. L’église a donné son nom au village de Samaria, mot qui serait un mot-valise, une contraction des mots « Ossia Maria ». C’est une église à nef unique, couverte d’une voûte, crépie extérieurement d’un crépi blanc ; l’église d’Ossia Maria est, dans l’ensemble, en bon état. L’intérieur de l’église est orné de peintures à fresque de la première moitié du XIVe siècle : la « Trahison » (Προδοσία), la « Transfiguration » (Μεταμόρφωση), l’« Ascension » (Ανάληψη), la « Tombe de Pierre » (Λίθος), la « Descente aux Enfers » (Εις Άδου Κάθοδος), la « Crucifixion » (Σταύρωση), la « Nativité » (Γέννηση), la « Fuite en Égypte » (Φυγή στην Αίγυπτο), la « Cène » (Μυστικός Δείπνος), la « Résurrection de Lazare » (Έγερση του Λαζάρου), le « Repentir » (Υπαπαντή), des saints à cheval et d’autres saints sur les parties basses des murs, et la « Communion d’Ossia Maria par saint Zosime de Palestine dans le désert ». |
| | | Après la visite de la chapelle Sainte-Marie, on retourne sur le sentier, sur la rive droite ; le sentier devient moins pentu ; un peu plus loin le sentier franchit le lit du ruisseau par un petit pont et l’on retourne sur la rive gauche. À environ 1 100 m après le village de Samaria, après 25 min de marche, on atteint le lieu-dit Nero tis Perdikas (Νερό της Πέρδικας), ou Perdikas to Nero (Πέρδικας το Νερό), ou simplement Perdika (n° 7 sur la carte A, n° 16 sur la carte B), situé à environ 8 200 m du départ, à la confluence avec des gorges débouchant sur la droite. Ce toponyme signifie quelque chose comme « l’eau ou la source de la perdrix ». On y trouve une source d’eau potable. | |
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| | Depuis Kéfalovryssia, on continue le sentier sur la rive orientale des gorges et on passe près des ruines d’un ancien moulin à eau ; après environ 1 200 m, on atteint la chapelle du Seigneur Christ qui se trouve dans une zone plate et boisée sur la gauche, à environ 10 500 m du départ et à une altitude de 178 m (n° 9 sur la carte A, n° 18 sur la carte B). |
| | | Au-delà d’Afentis Christos, on atteint bientôt la borne marquant le 11e kilomètre du parcours ; on débute le tronçon le plus resserré où le sentier, encore plus plat, n’est autre que le lit asséché de la rivière. On atteint le défilé des « Portes de Fer », ou Sidéroportès, l’endroit réputé comme le plus beau des gorges de Samaria (n° 10 sur la carte A, n° 19 sur la carte B) ; l’endroit est plus couramment noté « Les Portes » (Πόρτες) ; le toponyme Portès (πόρτα, au pluriel πόρτες) est un synonyme, d’origine latine, du mot plus commun « πύλη », signifiant « porte ». Les « Portes de Fer » se trouvent à 130 m d’altitude, à 11 500 m du départ. Les « Portes de Fer » forment une énorme tranchée dans la strate de calcaire en plaques du massif des Montagnes Blanches ; ses parois rocheuses verticales, hautes de plus de 300 m, se touchent presque, distantes, à certains endroits, de pas plus de 2 m ou 3 m. À hauteur d’homme, la largeur est d’environ 4 m ; souvent, le cours d’eau qui traverse les gorges recouvre toute la largeur du passage : une passerelle en bois permet de longer la paroi à pieds secs sur une vingtaine de mètres. Il est recommandé de franchir rapidement ce passage, car des pierres peuvent se détacher, surtout tôt le matin ou en fin de journée, en raison des glissements de terrain dus aux brusques variations de température, ou lorsque des bouquetins de Crète errent sur les parois abruptes à la recherche de nourriture. | | | _small.jpg) | | | |
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| | | Après les « Portes de Fer » les gorges de Samaria s’élargissent plutôt rapidement, leurs flancs s’abaissent, le lit du ruisseau commence à s’élargir, encombré de roches charriées par le ruisseau ; le paysage s’adoucit, parsemé de lauriers-roses ; le sentier passe près des ruines d’un moulin hydraulique (n° 20 sur la carte B) et d’une scierie hydraulique (n° 21 sur la carte B). 1 300 m après les « Portes », à 12 800 m du point de départ, on atteint le guichet de sortie du Parc national, le poste de garde de l’Autorité forestière (Δασοφυλακείο Αγίας Ρουμέλης) (n° 23 sur la carte B). Au nord du vieux village d’Agia Rouméli mais toujours dans les limites du Parc national, à l’ouest des gorges, se trouve la chapelle Sainte-Parascève (Αγία Παρασκευή), une petite chapelle à moitié rupestre. Aller à l’église Sainte-Parascève avec Google Maps (35.240677, 23.965068). 700 m après le guichet du Parc national, à 13 300 m du départ, on atteint la limite sud du Parc national, juste avant les ruines des maisons du vieux village d’Agia Rouméli (n° 11 sur la carte A, n° 24 sur la carte B). L’ancien village d’Agia Rouméli était construit, à 52 m d’altitude, à environ 1,5 km du rivage, hors de la vue des pirates ; il est presque abandonné après avoir été dévasté par une crue en 1952 ; les habitants ont reconstruit leurs maisons plus en aval dans le village présent d’Agia Rouméli. Une première buvette attise la tentation des randonneurs assoiffés avec des boissons fraîches ; ses prix exorbitants les refroidissent encore plus … On atteint d’abord un quartier nommé Spilia (Σπηλιά) (« les Grottes »), puis Mésogitonia (Mεσογειτονιά) et, après avoir longé un peu la rive ouest du ruisseau, on arrive à Kato Gitonia (Kάτω Γειτονιά), c’est-à-dire « le quartier du bas », situé sur la rive est du ruisseau. | _small.jpg) | | Il faut encore parcourir environ 2 700 m, sur une route à revêtement, pour atteindre le terme de la descente des gorges de Samaria, après 16 km de marche, la côte de la mer de Libye et le petit port du village côtier d’Agia Rouméli (n° 12 sur la carte A, n° 30 sur la carte B). Pour les gens épuisés, un minibus fait la navette entre la sortie des gorges et le village. Après la sortie du Parc national, on passe sur un petit pont, précisément à l’endroit où se trouve l’église de la Sainte-Trinité (Aγία Tριάδα) (n° 25 sur la carte B) ; on longe ensuite la cour cette église, où se trouvait autrefois le cimetière du village, et l’on continue vers l’embouchure des gorges ; après avoir traversé le ruisseau une nouvelle fois, on atteint sa rive ouest et on aperçoit le village côtier d’Agia Rouméli. Au sommet de la colline sur la droite, on aperçoit une fortification à moitié en ruines, le koulès turc d’Agia Rouméli (Κάστρο Αγίας Ρουμέλης) (n° 28 sur la carte B) ; sur la rive droite du ruisseau, on distingue les vestiges d’un ancien moulin à eau et, dans le lit du ruisseau, les ruines d’un vieux pont de pierre. On continue sur la droite ; on découvre une église dédiée à la Dormition de la Vierge, construite sur l’emplacement d’un ancien temple d’Apollon. |
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| | Agia Rouméli est un petit village côtier, d’une trentaine d’habitants, situé sur la côte sud-ouest de la Crète, au débouché des gorges de Samaria, sur la rive droite du cours d’eau. Agia Rouméli constitue, avec le hameau quasi abandonné d’Agia Rouméli le Vieux (Παλαιά Αγία Ρουμέλη), une communauté locale (Δημοτική Κοινότητα Αγίας Ρουμέλης) d’une grande superficie, près de 100 km², mais presque désertique, située dans l’ouest du dème des Sfakia.L’étymologie du toponyme « Αγία Ρουμέλη » n’est pas très évidente ; il n’existe pas de sainte de ce nom-là. La description la plus ancienne de la localité est celle du moine florentin Cristoforo Buondelmonti qui visita le lieu en 1415 et qui mentionna le port comme « le port maintenant nommé Saint Romelus » (portum nunc Sanctus Romelus dicium) ; le port se serait donc nommé Saint-Romylos « Άγιος Ρωμύλος », un saint bulgare du XIVe siècle ; ce nom aurait été, au fil du temps, altéré en Agia Rouméli. Le mot « Ρούμελη », homonyme à l’accent tonique près, désignait sous l’occupation ottomane (Rumeli), la Roumélie, l’ensemble des terres de l’Europe balkanique occupées par les Turcs ; le mot signifiant en turc « pays des Romains » (Rum-İli). Le village d’Agia Rouméli est situé à environ 16 km, à vol de corbeau, à l’ouest du chef-lieu du dème, Chora Sfakion ; la localité n’est pas accessible par la route, mais seulement par la mer (n° 30 sur la carte B). Les transbordeurs de la compagnie de navigation Anendik font du cabotage le long de la côte sud-ouest, entre le port de Chora Sfakion, à l’est, via Loutro, et le port de Palaiochora, situé presqu’à l’extrême ouest de la côte sud, via Sougia. En haute saison, au moins trois transbordeurs font halte chaque jour à Agia Rouméli, venant de Chora Sfakion ou y retournant en provenance de Palaiochora ; le dernier transbordeur vers Chora Sfakion part à environ 17 h 30 min ; le dernier transbordeur vers Sougia et Palaiochora part à environ 17 h 30 min. À l’arrivée à Chora Sfakion, Sougia ou Palaiochora, des autocars publics sont synchronisés pour ramener les randonneurs vers la côte nord, notamment La Canée. Horaires et tarifs à jour des transbordeurs sur la Toile : anendyk.gr ; téléphone : 00 30 28210 95511.
Agia Rouméli se trouve sur la section 11 du sentier européen de grande randonnée E4. Il semble qu’il y ait toujours eu, depuis l’Antiquité, une localité portuaire située à l’emplacement du présent village d’Agia Rouméli, par nécessité de pouvoir exporter le bois de cyprès de Crète produit dans les gorges de Samaria. La mieux documentée de ces cités est la cité dorienne de Tarra qui exportait ce bois vers des régions telles que l’Égypte, Mycènes, Knossos et Troie ; cette cité de Tarra subsista jusqu’au début de l’époque byzantine. Il semble que la localité devint ensuite un repaire de pirates. Sous la domination vénitienne puis sous l’occupation ottomane, les gorges de Samaria furent le refuge de nombreux rebelles. Pendant le soulèvement de 1866 à 1869, l’Assemblée révolutionnaire de Crète (Επαναστατική Συνέλευση Κρήτης) fut établie à Agia Roumeli en septembre 1866, dans le but d’y installer le quartier général du soulèvement ; cependant, après l’occupation du village par les Turcs et l’élection du gouvernement révolutionnaire crétois de 27 membres, ce projet fut abandonné. Le 23 avril 1941, pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement grec d’Emmanuel Tsoudéros (Εμμανουήλ Τσουδερός), accompagna le roi Georges II (Γεώργιος Βʹ) en Crète, après l’occupation de la Grèce continentale par les Allemands ; lorsque la Crète fut à son tour occupée, fin mai 1941, le gouvernement et le roi s’échappèrent par les gorges de Samaria vers la côte sud, puis, le 22 mai, s’embarquèrent vers Alexandrie en Égypte, à bord du destroyer britannique « HMS Decoy », depuis le port d’Agia Rouméli.
Le village d’Agia Rouméli est un village plutôt peu attrayant, surtout fréquenté brièvement par les randonneurs qui visitent les gorges de Samaria ; il y a quelques tavernes et quelques cafés où les centaines de randonneurs épuisés se reposent et se restaurent en attendant le transbordeur qui les ramènera vers leur lieu d’hébergement ; les prix y sont plutôt plus élevés qu’ailleurs en Crète, justifiés par l’isolement de la localité ; Agia Rouméli n’est approvisionné que deux fois par semaines par des transbordeurs. Il est cependant possible d’y séjourner dans des chambres d’hôte (δωμάτια), des appartements de vacances ou de petits hôtels-restaurants. Dans l’est de la localité, sur la rive du ruisseau, se trouve un héliport pour les urgences.
La plage d’Agia Rouméli est une plage de sable gris et de galets, longue d’environ 500 m, située à l’ouest du débarcadère, où les randonneurs se jettent à l’eau avec délice après de longues heures de marche ; dans la partie équipée de la plage, devant les tavernes, se trouvent des douches, à l’usage de la clientèle. | Si l’on a fait le choix de séjourner quelque temps à Agia Rouméli, il y a tout de même quelques attractions naturelles ou culturelles dans les environs. Sur les hauteurs, au nord du village, à un peu plus de 200 m d’altitude, se trouvent les ruines d’un château turc (Κούλες Αγίας Ρουμέλης) (n° 28 sur la carte B), construit après la répression du soulèvement de 1866 – 1869 pour surveiller le village et la sortie des gorges de Samaria ; ce château était de grandes dimensions, de forme rectangulaire, avec un rempart à l’ouest et deux tours circulaires. On peut y accéder depuis le village par un sentier qui part des environs de l’église de la Panagia ; la vue magnifique récompense de la montée qui prend moins d’une heure.
Aller au château turc d’Agia Roumeli avec Google Maps (35.233939, 23.960509). Au nord du village, en contrebas du château turc, on peut voir l’église Notre-Dame (Παναγία), une église à une seule nef couverte d’une voûte, datant du XVe siècle ; cette petite église a été construite à l’emplacement du chœur d’une ancienne basilique à trois nefs ; cette ancienne basilique avait elle-même été construite sur les fondations d’un temple d’Apollon Tarrhaios datant de l’époque hellénistique ; la construction de la basilique avait remployé des matériaux du temple. Devant l’église on peut voir des vestiges du sol en mosaïque datant du Ier siècle, présentant des motifs géométriques. L’intérieur de l’église de la Panagia comporte des fresques du XVe siècle en plutôt mauvais état ; les mosaïques situées devant l’église sont accessibles au public, mais l’église elle-même est généralement fermée.
Aller à l’église de la Panagia d’Agia Roumeli avec Google Maps (35.231175, 23.962211). Au milieu du lit du ruisseau, parmi les roches charriées par les flots, on peut voir l’arche d’un vieux pont, datant de l’époque vénitienne, qui permettait autrefois de franchir le ruisseau mais qui n’est plus raccordé à rien. Aller au vieux pont vénitien d’Agia Roumeli avec Google Maps (35.23142, 23.964421). Du côté oriental des gorges, au nord-est du village, se trouvent deux autres châteaux en ruines, les châteaux d’Angélokampos (Αγγελόκαμπος), situés à 607 m et 664 m (n° 27 sur la carte B). Sur la rive gauche du ruisseau, près de la sortie des gorges, se trouve une petite chapelle rupestre construite dans une grotte de la falaise, la chapelle Saint-Antoine (Άγιος Αντώνιος).
À l’est du village, au-delà du lit du ruisseau, s’étend une longue plage, d’environ 2 km de longueur, la plage de Zéromouri (Παραλία Ζερομούρι) ; à l’extrémité orientale de cette plage débouchent les gorges d’Élygia (φαράγγι της Ελυγιάς) qui descendent des environs d’Agios Ioannis. Encore plus à l’est, à environ 4 km en suivant le sentier de grande randonnée européen E4, on arrive à la célèbre église byzantine d’Agios Pavlos.
En suivant le sentier E4 vers l’ouest, à environ 1 km, on rencontre une première belle plage, la plage de Kalogéros (Καλόγερος), qui est composée de galets fins et clairs, avec des eaux d’un bleu azur éclatant ; un peu loin se trouve la plage de Fournoti (Φουρνωτή), qui est très similaire ; à environ 4,5 km à l’ouest, au débouché des gorges de Klados (φαράγγι Κλάδου), on trouve une très belle plage, la plage de Domata (Δώματα), adossée à d’impressionnantes falaises, mais d’accès difficile. |
| | Tarra était une petite cité antique située à l’emplacement du village présent d’Agia Rouméli (n° 29 sur la carte B) ; vraisemblablement déjà habitée à l’époque minoenne, la cité de Tarra connut son apogée à l’époque hellénistique où elle devint un important centre religieux du culte d’Apollon.Dans la littérature ancienne, cette cité antique est nommée Tarra (Tάρρα) ou Tarrha (Τάῤῥα), Tarros (Τάρρος ou Τάῤῥος), ou encore Tarba (Τάρβα) chez Ptolémée ; ses citoyens étaient nommés Tarrhaios (Ταῤῥαῖος). Selon le « Stadiasmus Maris Magni », portulan du IIIe siècle, Tarrha (Τάρρα) était situé à 60 stades, soit environ 11,5 km, à l’ouest du port de Phénix (Φοίνιξ), le présent port de Loutro, et à peu près à la même distance à l’est de Poikilassos (Ποικιλασσός) ou Poikilasion (Ποικιλάσιον), qui serait de nos jours situé près de Trypiti. Tarrha aurait été un port de la cité dorienne d’Élyros (Έλυρος), pourtant située à une distance d’environ 16 km à vol de corbeau. La cité s’étendait de part et d’autre du ruisseau qui se jetait dans la mer, juste à l’est du village actuel, la rivière de Tarrha (ποταμός Ταρραίος). La cité de Tarrha fut fondée par les Doriens, peut-être à la fin de l’époque archaïque ou à l’époque classique. À l’époque hellénistique Tarrha semble avoir exercé une domination sur l’ensemble des villages dispersés autour des gorges et de la forêt de Samaria. Dès la fin du IVe siècle avant JC, vers l’an 330, Tarrha frappait sa propre monnaie ; les pièces de monnaie de Tarrha, des statères en argent, présentaient à l’avers une tête de chèvre sauvage de Crète, avec une pointe de flèche au-dessous, et, au revers, une abeille ; des pièces en bronze avaient simplement une tête de chèvre à l’avers et une abeille au revers. Au début du IIIe siècle avant JC, et jusqu’au début du IIe siècle avant JC, Tarrha fit partie de la « Commune des Montagnes » (Κοινό των Ορείων), une confédération de cités montagnardes des Sfakia dont les membres jouissaient de leur l’indépendance mais menaient une politique intérieure et extérieure commune ; cette confédération comprenait les cités de Lissos (Λισσός ou Λισός), de Syia (Συία), la localité présente de Sougia, de Poikilassos (Ποικιλασσός), près de Trypiti, de Tarrha, d’Hyrtakina (Υρτακίνα), qui aurait été située près des localités présentes de Téménia (Τεμένια) et de Papadiana (Παππαδιανά), et d’Élyros (Έλυρος) ; cette confédération aurait frappé une monnaie commune ; au début du IIIe siècle la confédération signa un traité avec le roi Magas de Cyrène (Μάγας ο Κυρηναίος), traité qui dura de 280 à 250 avant JC. Au début du IIe siècle avant JC, Tarrha fit partie de la « Ligue crétoise » qui comprenait Tarrha, Anopoli (Ανώπολη) et Aradin (Αραδήν), ainsi que vingt-sept autres cités crétoises ; en 183 avant JC, la « Ligue crétoise » signa un traité d’alliance avec Eumène II de Pergame (Ευμένης Β΄ της Περγάμου). C’est vraisemblablement à l’époque hellénistique que fut édifié à Tarrha un grand sanctuaire oraculaire dédié à Apollon, l’Apollon Tarrhaios (Απόλλων Ταρραίος). Le sanctuaire d’Apollon devait se trouver à la sortie des gorges de Samaria, à l’ouest du ruisseau, là où se trouve de nos jours la petite église de la Panagia. Tarrha devint un grand centre du culte d’Apollon en Crète. Dans sa « Description de la Grèce » (Ἑλλάδος περιήγησις), le voyageur et géographe grec du IIe siècle Pausanias le Périégète (Παυσανίας) rapporte une légende selon laquelle le dieu Apollon, après avoir tué le serpent Python (Πύθων) près de Delphes en Phocide, se rendit à Tarrha, en Crète, pour y être purifié, par le grand prêtre et guérisseur crétois Carmanor (Καρμάνωρ) ou Karmanoras (Καρμάνορας), de la souillure de la mise à mort de Python. Dans la maison de Carmanor, Apollon vécut une idylle avec la princesse crétoise Acacallis ou Akakalis (Ακακαλλίς), fille de Minos et de Pasiphaé ; selon la légende, de leur union naquirent Phylacidès (Φυλακίδης) et son frère jumeau Philandros (Φίλανδρος), qui auraient été abandonnés par leur mère et allaités par une chèvre, et qui auraient fondé plus tard la cité d’Élyros.
La cité de Tarra connut une grande prospérité à l’époque romaine ; selon Étienne de Byzance, c’est à Tarra que naquit le grammairien, historien et philosophe Loukillos (Λουκίλλος Ταρραίος, Lucillus Tarraeus) ; Lucillus de Tarra vécut pendant la seconde moitié du IIe siècle et écrivit notamment une grammaire (Γραμματικά), une histoire de Thessalonique, ville où, semble-t-il, il dirigeait une école de rhétorique, ainsi que des commentaires sur le poème « Les Argonautes » (Αργοναυτικά) d’Apollonios de Rhodes (Απολλώνιος ο Ρόδιος) ; ses écrits sont, de nos jours, perdus mais sont connus par des auteurs postérieurs l’ayant utilisé comme source. Au début de l’époque byzantine une église basilique à trois nefs fut édifiée à l’emplacement de la présente église de la Panagia ; cette basilique paléochrétienne fut vraisemblablement construite sur les fondations d’un temple oraculaire dédié à Apollon. À partir du IVe siècle, un tremblement de terre catastrophique et des attaques de pirates ont causé l’abandon progressif de la cité de Tarra ; le tremblement de terre a vraisemblablement rehaussé la côte de plusieurs mètres de hauteur, environ 3,6 m. Ce n’est qu’au XVe siècle que les ruines de la cité antique située au débouché des gorges de Samaria furent documentées pour la première fois, sans que le lien fût fait avec la cité antique de Tarrha mentionnée par des auteurs anciens. Le moine et voyageur florentin Christoforo Buondelmonti visita cette contrée en 1415 ; dans ses carnets de voyage, reproduits au XVIIIe siècle par Flaminio Cornaro (1693 – 1778) dans son ouvrage « Creta Sacra » (Venise, 1755) sous le nom d’auteur de Flaminius Cornelius, Buondelmonti décrit les ruines d’un temple, encore visibles à l’époque, avec des colonnes et des statues décapitées et renversées. C’est au XIXe siècle que le voyageur anglais Robert Pashley visita le site, en 1837, et établit le lien entre ces ruines et la cité antique de Tarha, dont on pensait jusqu’alors qu’elle se trouvait à l’intérieur des terres. En avril et mai 1959, des fouilles archéologiques furent effectuées par une équipe d’archéologues étatsuniens ; ils mirent au jour diverses tombes contenant des bijoux d’argent, datant du Ve siècle et du IVe siècle avant JC, ainsi que des vestiges de bâtiments, notamment des murs attribués au temple d’Apollon, ainsi qu’une partie d’une enceinte fortifiée, située sur la rive orientale, datant de l’Antiquité gréco-romaine. Ils découvrirent des vaisselles en verre et émirent l’hypothèse que des ateliers de verrerie existaient à Tarra, ce qui a dû faire plaisir à leur mécène, l’entreprise Corning Glass ; cependant il n’y a pas, dans cette contrée entièrement calcaire, la matière première indispensable à la fabrication du verre : du sable siliceux issu de la dégradation du quartz, même s’il y avait tout le bois nécessaire au chauffage de fours. Certaines parties des murailles sont encore visibles sur le site ; certains des artefacts mis au jour sont exposés au Musée archéologique de La Canée.
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| | | La randonnée dans les gorges de Samaria depuis Agia Rouméli jusqu’au plateau d’Omalos est naturellement beaucoup plus difficile que la descente : le dénivelé de 1 230 m se fait dans le sens de la montée et il faut ajouter une à deux heures de plus pour effectuer la randonnée de 16 km de longueur, soit entre 8 h et 10 h de marche. Cela est d’autant plus difficile que les transbordeurs n’arrivent à Agia Rouméli, depuis Chora Sfakion ou Sougia, qu’en fin de matinée, ce qui rend presqu’impossible l’obligation de sortir du Parc national à Xyloskalo avant 18 h, sauf à passer la nuit à Agia Rouméli. En revanche, pour les personnes qui ne sont pas en capacité de parcourir les gorges sur toute leur longueur, c’est une possibilité de visiter la partie la plus spectaculaire des gorges, les « Portes de Fer » qui se trouvent à une distance d’environ 3,5 km du débarcadère d’Agia Rouméli, et à un dénivelé positif de seulement 130 m. Il est permis d’entrée dans le Parc national jusqu’à 16 h si on ne va pas aller au-delà de la chapelle d’Afentis Christos, située 500 m plus loin que « Les Portes », à 178 m d’altitude. Cependant, cela ne remplace pas la véritable expérience des gorges de Samaria qui est de descendre des montagnes à la mer, à travers forêts et vallées. Cette promenade peut se faire en 3 h à 4 h aller-retour et permet de revenir à l’embarcadère avant le départ du dernier transbordeur. | _small.jpg) |
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| | | | La visite des gorges de Samaria est ouverte au public du début du mois de mai à la fin du mois d’octobre ; selon les conditions météorologiques, l’ouverture peut être retardée de quelques jours. En début et en fin de saison, les gorges peuvent être fermées exceptionnellement certains jours, en cas de fortes intempéries causant des crues de la rivière ; cette information est affichée la veille sur la page d’accueil du site. En effet, comme cela s’est produit en 1993, les randonneurs pourraient être emportés par les flots et noyés en cas de crue soudaine ; les fortes intempéries peuvent aussi causer des chutes de pierres ou des glissements de terrain mortels. Le sentier de randonnée est remis en état et en sûreté par les autorités du Parc national avant l’ouverture au public. La meilleure période pour visiter les gorges est le printemps, à partir de la date d’ouverture jusqu’à mi-juin : c’est la période d’épanouissement des fleurs sauvages, notamment des orchidées. Le printemps et l’automne sont aussi les périodes où l’affluence des visiteurs est moindre ; en revanche le terrain peut être plus glissant et dangereux. Horaires d’ouverture : les deux entrées du Parc national, l’entrée de Xyloskalo au nord et l’entrée d’Agia Rouméli au sud, ouvrent leurs portes à 7 h du matin. - On peut entrer jusqu’à 13 h si l’on veut parcourir les gorges sur toute leur longueur.
- Depuis l’entrée nord, on peut entrer jusqu’à 15 h si l’on ne veut pas aller plus loin que le belvédère de Néroutsiko et revenir à Xyloskalo.
- Depuis l’entrée sud, on peut entrer jusqu’à 16 h si l’on ne veut pas aller plus loin que la chapelle d’Afentis Christos, après les « Portes de Fer », et revenir à Agia Rouméli.
- Dans tous les cas il faut être sorti du Parc national avant 18 h.
- Il est formellement interdit de rester dans les gorges la nuit.
Prix d’entrée : le tarif individuel normal pour un adulte est de 10 €. Il existe un tarif de groupe à 8 € par personne, et un tarif familial à 6 €. L’entrée est gratuite pour les mineurs de moins de 18 ans, les majeurs de plus de 65 ans, les étudiants des pays de l’U. E., et cetera. Les billets peuvent être achetés sur place aux guichets du Parc national, ou en ligne sur le site gouvernemental.
Il faut conserver son ticket d’entrée qui sera demandé à la sortie du Parc national ; c’est un moyen de vérifier que tous les visiteurs ont quitté le Parc en fin de journée. Au verso du ticket se trouve une petite carte indiquant les points d’intérêt.
Précautions : la descente ou la montée des gorges de Samaria ne présentent pas de difficultés techniques particulières, mais, en raison de la longueur des gorges, elles nécessitent une bonne condition physique ; si l’on a des problèmes cardiaques, respiratoires, articulaires ou musculaires, il vaut mieux s’abstenir ou ne faire que la partie la plus aisée du trajet. Dans tous les cas, il est préférable de faire plusieurs haltes pour se reposer et pour s’intéresser aux paysages, à la géologie, à la flore et à la faune. Le sentier est patrouillé par des gardes forestiers, qui s’assurent que le règlement est respecté et qui peuvent venir en aide aux randonneurs ; si un randonneur a un problème physique sur le parcours, les gardes peuvent le ramener au point de départ à dos d’âne ; il y a un poste de secours dans l’ancien village de Samaria ; pour les cas graves, il y a un héliport d’urgence à l’est du village d’Agia Rouméli. Il n’y a pas non plus besoin d’équipements particuliers d’escalade, mais seulement d’un bon équipement de base du randonneur : de bonnes chaussures de marche confortables, avec des semelles rigides et antidérapantes, en raison du sentier accidenté et rocailleux, et pour traverser le ruisseau sur des pierres humides ou sur des passerelles rudimentaires ; un large chapeau de protection contre le soleil et des lunettes de soleil, surtout à la sortie des gorges, ainsi que des vêtements légers, plus un vêtement chaud si on débute tôt le matin depuis le haut des gorges. On peut emporter un ou deux litres d’eau, selon la saison ; il est possible de remplir sa gourde ou sa bouteille isotherme à l’une de la dizaine de sources d’eau potable qui jalonnent le parcours ; l’eau du ruisseau est potable et, en principe, non polluée. Cependant, au plus fort de l’été, il se peut que certaines sources soient taries, notamment dans la partie basse des gorges, entre les « Portes de Fer » et le vieux village d’Agia Rouméli ; les sources situées à Vryssi et à Kéfalovryssia coulent toute l’année. Sur le plan de l’alimentation on peut emporter de la nourriture légère et énergétique, telle que des fruits secs. Il y a plusieurs aires de pique-nique le long du parcours mais aucune nourriture ni aucune boisson n’y est vendue. Site officiel du Parc national des gorges de Samaria : samaria.gr Téléphone : 00 30 28210 45570 Consulter le site des gorges de Samaria pour savoir si les gorges sont ouvertes : samaria-gorge.gr En cas d’urgence, appeler le numéro 112 ; cependant, il faut savoir qu’il n’y pas de signal du réseau téléphonique cellulaire au fond des gorges. |
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