| Les rats (Rattus) | |
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| Généralités | Le rat est un vertébré et en tant que tel il a une colonne vertébrale et un squelette. Il s’inscrit dans la classe des mammifères, ce qui signifie que la ratte allaite ses petits. Il appartient à l’ordre des rongeurs, avec 4 incisives bien tranchantes. Si on va plus loin, le rat est du sous-ordre des myomorphes. Les animaux de ce groupe se distinguent par l’anatomie de leur crâne. Sa famille est celle des muridés, c’est-à-dire des petits rongeurs à longue queue. Il existe une multitude de rongeurs ayant la dénomination « rat » : rat d’eau, rat des moissons, rat musqué, rat épineux, rat kangourou, etc. Certains ne sont même pas des muridés et n’ont, pour les zoologues, qu’une parenté lointaine avec les rats du genre Rattus. En Europe on ne connaît que deux espèces du genre Rattus, toutes deux indissociables des humains. Ce sont le rat noir (Rattus rattus) et le rat d’égout (Rattus norvegicus). Le rat d’égout est plus massif et plus lourd que le rat noir. |
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| Règne : animaux (Animalia) | Sous-règne : métazoaires (Metazoa) | Division : triploblastiques (Bilateralia) | Sous-division : deutérostomes (Deuterostomia) | Super-embranchement : chordés (Chordata) | Embranchement : vertébrés (Vertebrata) | Sous-embranchement : vertébrés à mâchoires (Gnathostomata) | | Classe : mammifères (Mammalia) | Sous-classe : euthériens (Eutheria) | Ordre : rongeurs (Rodentia) | Sous-ordre : (Sciurognathi [Tullberg, 1899]) | Super-famille : muroïdés (Muroidea [Illiger, 1815]) | Famille : muridés (Muridae) | Sous-famille : murinés (Murinae [Illiger, 1815]) | | Genre : rats (Rattus [Fischer, 1803]) | |
| | | | Ratten | | rats | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | ratas | | | | | | | | rats | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | | Rattus |
| Étymologie latine | Le rat n’apparaît sous son nom scientifique « Rattus » qu’au tout début du XXe siècle. Jusque-là, en effet, le nom générique de « Mus » désignait indifféremment les rats et les souris. |
| Étymologie française | Femelle : ratte Jeunes : ratons |
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| Généralités |
| | Coloris |
| Capacités physiologiques |
| Remarques | Le rat a des cousins de même sous-famille moins connus, et surtout rarement domestiques de façon courante : tous les mulots notamment en font partie. On notera ensuite la présence des hamsters dans la même famille mais dans une autre sous-famille : les Cricétinés, et des rats musqués et les lemmings dans la sous-famille de Microtinés. |
| Clés de détermination | | Nom | Rat brun | Rat noir |
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Alimentation | omnivore | omnivore, mais plus végétarien |
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Corpulence | - plutôt gros
- museau court
- petites oreilles
| - petit et svelte
- museau pointu
- grandes oreilles
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Queue | grosse et plus courte que le corps | plus longue que le corps |
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Habitat | sol, sous-sols, caves, égouts, etc. | greniers, endroits élevés, etc. |
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Aptitudes | - bon nageur
- creuse des galeries
| - N’aime pas l’eau
- habile grimpeur
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Divers | Il vit dans les régions tempérées, plus abondant dans l’hémisphère nord (Asie, Europe, Amérique du nord). | Il y a trois sous-espèces :- Rat noir : dos gris noir, ventre gris noir.
- Rat alexandrine : dos brun, ventre gris noir.
- Rat frugivorus : dos brun, ventre blanc.
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| Description | Patte avant plus petite que patte arrière : pouce très réduit à l’avant, 5 doigts à l’arrière. |
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| | | | Accouplement | Leur capacité de reproduction est phénoménale. Théoriquement, un seul couple de rat pourrait donner naissance en deux ans à plus d’un million d’animaux. |
| | | | | | | | | Maladies | Véritable réservoir de germes, le rat a été dans le passé vecteur de dramatiques épidémies. La transmission des maladies infectieuses graves à l’homme par le rat est aujourd’hui, dans nos régions, un risque dont il ne faut pourtant pas exagérer l’importance, d’autant que pour beaucoup d’entre elles, d’autres rongeurs peuvent être incriminées. Porteurs de germes pathogènes (bactéries, virus, parasites) et d’ectoparasites (puce), le rat transmet des maladies à l’homme et aux animaux. Ces maladies se distinguent par leur mode de transmission : 1°) les puces : Le rat est parasité par des puces dont la Xenopsylla cheopsis responsable de la peste . La peste humaine peut se présenter sous trois formes : - La peste bubonique, la plus fréquente et la moins grave : après 3 à 6 jours d’incubation, fièvre brutale à 40°c ; quelques heures plus tard, gonflement d’un ganglion lymphatique situé à l’aine, aux aisselles et au cou : c’est le bubon qui, non traité, se fistulera vers le 10 ème jour, d’où une lente amélioration de l’état général.
- La peste pulmonaire : se manifeste immédiatement par une fièvre intense, brutale accompagnée de troubles respiratoires. Non traitée, elle est mortelle en 2 à 4 jours.
- La peste septicémique : associe des signes d’infections graves, des troubles neurologiques et un syndrome hémorragique. Elle est toujours mortelle en 2 à 3 jours.
2°) les déjections : Elles sont responsables de certaines maladies dont : - Le typhus murin qui est une maladie à rickettsies , relativement bénigne sous nos latitudes.
- La leptospirose ictéro-hémorragique appelée aussi maladie des égoutiers.
- Les toxi-infections à salmonelles surtout transmissibles par la viande de cheval souillée.
3°) la morsure : Très redoutable, elle peut entraîner une septicémie ou la rage qui peut être véhiculée par les rongeurs. Enfin, un rat adulte mange en moyenne 40 grammes de nourriture par jour, ce qui correspond à 40 tonnes par jour, soit 14 600 tonnes par an pour une population d’un million de rats. Hélas, le rat ne se contente pas de se nourrir, car, condamné à user ses incisives, il s’attaque à toutes sortes de matériaux : papier, cuir, poutres et planches de bois, tuyauteries de plomb, isolants de câbles électriques. |
| Longévité | Un couple de rats peut théoriquement avoir en trois ans 350 millions de descendants. On estime à 3,5 millions le nombre de rats qui naissent quotidiennement. |
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| Milieux | | Nocturnes, ils vivent dans les habitations humaines, les forets, les déserts et dans les milieux aquatiques. |
| | | | Espèce associée |
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| Histoire | En ce qui concerne l’entrée du rat en Europe deux théories s’affrontent :- selon Sambon (1924), le rat noir aurait peuplé l’Europe très tôt, car on trouverait des représentations de ce rongeur dans des peintures étrusques, grecques et romaines.
- La 2e théorie (la plus répandue) affirme que le Rattus rattus, natif de l’Asie du sud-est, n’est entré en Europe qu’au temps des croisades (XIe-XIIIe siècle) ; en France il est supplanté par le Rattus norvegicus (surmulot) à partir du XVIIIe siècle lorsque celui-ci arrive vers 1730 par des navires anglais en escale.
La peur du rat vient en grande partie de son rôle dans les épidémies de peste qui ont ravagées les populations humaines au cours des siècles, et qui s’est bien ancré dans la mémoire collective ; le rat noir, très sensible à l’infection, a effectivement été la source principale des épidémies humaines (l’hôte intermédiaire étant la puce). Le jour des Rats Dans la Rome du Bas-Empire, le premier de l’an était célébré par les Romains comme le jour des rats et des mites. Ils laissaient du pain en évidence sur une table, sans le protéger par une assiette, et plaçaient des étoffes hors des coffres. Si les rats ne touchaient pas au pain et si les mites ne perforaient pas les tissus, c’était un signe d’abondance. Cette coutume, jugée comme un acte païen, est décriée par l’évêque Martin de Braga (vers 550 après JC) et interdite. Les rats d’Autun En 1522, les villageois du diocèse d’Autun intentèrent un procès contre les rats qui avaient dévoré la récolte. La cour nomma un avocat pour représenter les animaux … et il gagna ! Déjà présent à l’ère tertiaire dans les lointaines contrées d’Asie et d’Afrique, le rat est devenu l’un des hôtes privilégiés de nos contrées aux alentours de l’an mil et n’a cessé d’y proliférer. Au point de conquérir de nouveaux territoires au rythme de grande migrations et autres mouvements d’invasion, avec le succès que l’on sait. Ainsi donc, bien avant que « Mus decamanus » ne devienne « Rattus norvegicus » et que « Mus rattus » ne s’appelle « Rattus rattus », le rat faisait partie du quotidien de l’homme. Près de deux mille ans avant JC, on le trouve ainsi présent sur une grande partie du globe. Objet de culte en Asie Mineure par exemple, animale d’agrément, simple aliment (en Chine notamment), les rats entrent dans l’histoire presqu’en même temps que l’homme. |
| Littérature | Expressions à propos du rat :- Les petits rats de l’opéra.
- Être fait comme un rat.
- Un rat de bibliothèque.
- À bon chat, bon rat.
- Une face de rat.
- « To smell a rat » : sentir une embrouille.
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| Légendes | Un certain joueur de flûte …
Cette légende populaire, transmise de bouche à oreille, trouve ses origines en Allemagne au Moyen Âge. En l’an 1284, les gens de Hameln (ou Hamelin) sont tourmentés par une multitude innombrable de rats qui viennent en troupes si compactes que la terre en est toute noire. Tout est dévoré dans les greniers. Un étranger arrive à Hameln. Il dit qu’il est chasseur de rats. Il promet au bourgmestre de délivrer la ville du fléau, moyennant cent ducats. L’accord est conclu. Il se met à jouer de la flûte ; toutes les souris et tous les rats sortent des maisons pour le suivre. Il les mène vers la rivière, dans laquelle il s’engage. Les rongeurs le suivent et se noient. Quand l’étranger se présente à l’hôtel de ville pour toucher la récompense promise, le bourgmestre et les bourgeois, puisqu’ils n’ont plus rien à craindre des rats, refusent de le payer. Fâché, le chasseur de rats s’en va. Il revient quelque jours plus tard et se met à flûter, mais cette fois tous les enfants à partir de quatre ans le suivent. Il les guide vers la grotte d’une montagne (montagne de Koppenberg), où ils disparaissent tous : le joueur de flûte et tous les enfants avec lui. On entend quelques temps le son de la flûte. Il diminue peu à peu, puis plus rien. Depuis lors plus personne n’a jamais plus eu de nouvelles des enfants. |
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| | Menaces | Chasseur de rats
Ce métier ne change guère à travers les siècles. Il est même très courant. Vers 1600 le chasseur de rats est important dans la lutte contre la peste, ce fléau de l’Europe du Moyen Âge. La peste se propage par les puces des rats. Il s’agit essentiellement du rat noir. Ce rongeur vit parmi la population, pénètre dans les maisons et se cache dans la paille où dorment les pauvres. La présence des rats étant un phénomène très commun, personne ne se doute tout d’abord que la peste est liée à ces bêtes. Certains médecins sont en faveur des puces, pensant que leurs piqûres est un remède contre un excès de sang chez l’homme. Malgré cela, on utilise des chasseurs pour éliminer les rats. Ce n’est que beaucoup plus tard que la chasse aux rats se généralise, après la constatation que ces rongeurs seraient susceptibles de causer des maladies. |
| Dégâts et nuisances | Les trois maladies que l’on retrouve le plus souvent au Moyen Âge sont la peste, la lèpre et le choléra. Les causes sont le manque d’hygiène, il y a beaucoup de rats et on ne ramasse pas les ordures … dont ces rongeurs se nourrissent.
La peste, terrifiante maladie infectieuse fut, depuis l’antiquité, la hantise de l’humanité. Punition divine, fléau majeur, ce mal répand la terreur en poussées épidémiques et parcourt la planète. Trois pandémies succèdent à celles de l’Antiquité, chacune d’elles durant plusieurs décennies, voire des siècles. On sait depuis la plus haute Antiquité qu’à la peste humaine est associée, au moins au début de l’épidémie, une mortalité anormale des rats. Au Moyen Âge, plus aucun rapprochement n’est fait entre les puces et la peste. Les gens sont couverts de vermines (puces, de poux), les riches comme les pauvres. Après six siècles d’oubli, la peste revient en Occident en 1347. En cinq années, elle fauche quelque trente millions d’ hommes et ne s’éteint qu’au XVIIIe siècle. La fatalité, l’air, sont tenus responsables. C’est un certain Paul Louis Simon qui affirme la dangerosité de la puce du rat, (il étudie la peste à Bombay en 1898). Il approfondit les remarques formulées par un médecin lyonnais au XVIIIe siècle qui avait fait un parallèle entre la mort des rats et la mort des hommes. La passation de la maladie se fait douze heures après la mort du rongeur ; lorsque le rat meurt, les puces cherchent un nouvel hôte, de préférence un rat du port ou du village où elles sont arrivées. En trois à sept semaines, tous les rats locaux meurent, mais lorsqu’elles n’ont plus de rats, les puces, vont chercher de nouveaux hôtes : les hommes. Colonisant depuis des millénaires les habitations, le rat a été responsable de tant de dégâts économiques qu’il est devenu un animal maudit à très mauvaise réputation. Grâce aux moyens que nous ont fournis les progrès de la médecine, l’image de : « commis voyageur en germes de mort pour l’humanité » (dixit A. Calmette) s’est aujourd’hui estompée.
Néanmoins, le rat constitue un danger permanent pour l’hygiène de vie de notre société. |
| Protection |
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