Le site archéologique d’Éphèse en Anatolie

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
Dans l’Antiquité, Éphèse était une cité située au milieu de la côte égéenne de l’Anatolie, dans l’antique Ionie ; Éphèse disposait d’un port situé au fond d’une rade où se jetait le fleuve Caystre ; la cité prospéra grâce à un important commerce maritime entre la mer Égée et les grandes villes de l’intérieur de l’Anatolie ; Éphèse bénéficia aussi de la présence d’un temple dédié à la déesse Artémis qui attirait de nombreux pèlerins ; l’Artémision d’Éphèse était le plus grand temple du monde à son époque et fut considéré comme l’une des « Sept Merveilles du monde antique ».

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.Le temple d’Artémis jouait également le rôle d’une banque et la cité d’Éphèse était réputée pour sa richesse, qui suscita de nombreuses convoitises tout au long de son histoire, depuis l’époque grecque archaïque jusqu’aux premiers siècles de l’Empire byzantin. À partir de la fin du IIe siècle avant JC, Éphèse devint la capitale de la province romaine d’Asie et la seconde cité de l’Empire par son importance, ne cédant la première place qu’à Rome elle-même ; à partir du IIe siècle après JC, la cité joua un très grand rôle dans la propagation du christianisme.

La cité d’Éphèse eut trois emplacements successifs sur les bords de l’estuaire du Caystre, aux alentours du mont Pion, notamment à mesure que le golfe s’envasait par suite des alluvions charriés par le fleuve. Les ruines que l’on peut voir de nos jours sont celles du troisième emplacement, celui situé le plus à l’ouest, là où la ville s’éleva à partir de l’époque hellénistique, mais surtout à l’époque romaine.

Fondée vers le Xe siècle avant JC, la cité fut définitivement abandonnée vers le VIe siècle après JC ; la cité connut le déclin à cause de l’envasement définitif de son port par le fleuve Caystre.

ÉtymologieÉtymologie et toponymie
Dans l’Antiquité grecque Éphèse était nommée Έφεσος (Éphesos), ce nom dérivant du nom de la colonie hittite Apasa, dernière capitale du royaume d’Arsawa. Quand l’Asie mineure fut annexée par Rome, la ville fut nommée Ephesus par les Romains. La cité antique d’Éphèse est nommée Efes dans la langue de l’occupant actuel.

SituationSituation

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Plan du site archéologique. Cliquer pour agrandir l'image.Éphèse se trouvait au fond de l’estuaire du fleuve Caystre ; en face de l’embouchure de l’estuaire se trouvait l’île de Samos. La première cité d’Éphèse fut bâtie autour du temple d’Artémis, c’est-à-dire au pied de la colline où sera édifiée, au Ve siècle, la basilique Saint-Jean, à l’ouest de l’actuelle ville de Selçuk ; le nom antique de cette colline est inconnu.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Carte des environs d'Éphèse (auteur Marsyas). Cliquer pour agrandir l'image.Au début du IIIe avant JC, la cité fut déplacée plus à l’ouest, entre l’estuaire du fleuve Caystre (Κάυστρος), le mont Pion ou Prion (Πρίων) (130 m) et le mont Préon (Πρέον) (360 m), à environ dix stades (1,8 km) du temple d’Artémis ; à l’ouest du nouveau site se trouvait le bois sacré d’Ortygia, où – selon la mythologie locale – était née la déesse Artémis, bien que les Grecs en général considère qu’Artémis et son frère jumeau Apollon étaient nés à Délos. De nos jours le fleuve se nomme Küçük Menderes (« petit Méandre »), et les montagnes Panayir Dağı et Bülbül Dağı (« mont du rossignol »). Des routes reliaient Éphèse aux cités voisines de Magnésie du Méandre, de Claros, de Priène et de Sardes ; Éphèse était surtout le point de départ de la route principale qui allait de la côte égéenne à la partie orientale de l’Anatolie, ce qui, avec son port, a permis à la ville de prospérer en tant que centre de commerce et de transport.

En raison de l’ensablement de l’estuaire du Caystre, les ruines d’Éphèse se trouvent maintenant à environ 8 km de la côte. Le site archéologique est situé à 3 km au sud-ouest de la ville de Selçuk ; à 18 km au nord-est de la station balnéaire de Kuşadasi, où abordent les paquebots de croisière qui déversent leurs foules de touristes venant visiter le site d’Éphèse. La métropole régionale, İzmir, et son aéroport international d’Adnan Menderes, se trouvent à environ 75 km au nord.

VisitesVisites

Ville antiqueLe site archéologique d’Éphèse
Les ruines que l’on visite de nos jours sont celles de la troisième cité d’Éphèse, la cité refondée par Lysimaque, un général d’Alexandre le Grand, au début du IIIe siècle avant JC, sur les pentes occidentales du mont Pion et dans l’étroite vallée située entre le mont Pion et le mont Préon.

La cité hellénistique fut bâtie selon un plan d’urbanisme « hippodaméen » attribué à Hippodamos de Milet, c’est-à-dire un plan en damier, bien que la topographie fût peu propice ; cependant la grille des rues n’était pas orientée nord-sud, mais dans la direction du nord-ouest au sud-est. Seule l’avenue qui reliait le quartier du commerce au quartier civique, la voie des Courètes, n’est pas alignée sur le quadrillage de la cité, parce qu’elle suit le fond de la vallée. Le port se trouvait au débouché de la vallée, au nord-ouest, sur l’estuaire du fleuve Caystre.

Ce n’est donc pas les ruines d’une cité grecque classique, mais celles d’une cité hellénistique, devenue principalement romaine à partir de 129 avant JC, quand Éphèse fit partie de la province romaine d’Asie, dont elle deviendra la capitale en 27 avant JC. La plupart des magnifiques édifices – dont certains sont partiellement redressés – datent de ce début de l’Empire romain, depuis le règne du premier empereur, Auguste, et des Ier et IIe siècles après JC. Cette époque fut une époque d’opulence pour Éphèse dont la population atteignit 250 000 habitants, auxquels s’ajoutaient les marchands, les marins et les pèlerins du temple d’Artémis.

On peut distinguer trois quartiers principaux : le quartier du port, autour de la voie du Port, le quartier du commerce et de la culture, de part et d’autre de la voie de Marbre, et le quartier civique et administratif, autour de l’agora civique.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Plan du site. Cliquer pour agrandir l'image.Le site archéologique d’Éphèse a deux entrées : la plus utilisée – notamment par les autocars des visites organisées – est l’entrée du haut (Üst Kapı) située près de l’antique Porte de Magnésie, dans le sud-est du site, sur la route allant de Selçuk à la Maison de Marie ; l’entrée du haut présente l’avantage de faire la visite en descendant, et d’avoir une vue plongeante sur les monuments de la ville basse, par exemple la bibliothèque de Celsus Polemaeanus. La seconde entrée, l’entrée du bas (Alt Kapı), se trouve dans le nord du site, près de la voie du Port et près de l’arrêt public des dolmuş ; elle permet d’effectuer la visite du site depuis le port, ainsi qu’un voyageur de l’Antiquité aurait découvert la cité. Les deux entrées se trouvent à environ 3 km l’une de l’autre ; il y a des aires de stationnement près de chacune des entrées.

Le voyageur de l’Antiquité débarquant dans le port d’Éphèse se trouvait face à une large avenue rectiligne, la voie du Port (n° 7), qui sera surnommée voie arcadienne au IVe siècle après JC. Sur la gauche de l’avenue se trouvaient des entrepôts (n° 4), les thermes du port (n° 8), le gymnase du port (n° 9), puis un grand bâtiment, également à usage sportif, les salles de Verulanus (n° 10) ; avant d’atteindre le centre de la cité, on trouve encore un autre gymnase, le gymnase du Théâtre (n° 24). À l’arrière de tout cet ensemble sportif, une église chrétienne fut construite à la fin du Ier siècle après JC, l’église Sainte-Marie (n° 13).

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.La voie du Port débouche dans le centre-ville, sur la place du Théâtre (n° 25), où le Grand Théâtre (n° 26) qui se dresse sur les pentes du mont Pion. Sur la gauche de la place du Théâtre part la rue du Théâtre (n° 23) qui conduit vers le palais byzantin (n° 12), le stade romain (n° 21), le gymnase de Vedius (n° 19) et la porte du Nord (n° 20), puis rejoint la Voie sacrée montante (anodos) qui mène au temple d’Artémis (n° 74). Sur la place du Théâtre, la voie du Port croise la voie de Marbre (n° 29) qui part sur la droite vers le centre commercial d’Éphèse, l’agora commerciale (n° 30) qui était le principal marché de la cité, la porte de Mazeus et de Mithridate (n° 34), la bibliothèque de Celsus Polemaeanus (n° 35) et la porte d’Hadrien (n° 38).

Près de la porte d’Hadrien, la voie de Marbre rejoint la voie des Courètes (n° 27), qui monte vers le quartier civique d’Éphèse. Sur la droite de la voie des Courètes on rencontre d’abord deux mausolées, celui du fondateur mythique d’Éphèse, l’hérôon d’Androclos (n° 43) et celui d’une sœur de Cléopâtre, l’hérôon d’Arsinoé, surnommé l’Octogone (n° 44) en raison de sa forme. À l’arrière de ces mausolées des maisons patriciennes étaient bâties en terrasses sur les pentes du mont Préon (n° 44 et n° 45) ; ces demeures luxueuses, aux riches mosaïques et peintures murales, sont abritées dans des hangars. Sur le côté gauche de l’avenue des Courètes se trouvait un ensemble de bains, les thermes de Varius (n° 40), de toilettes publiques ou latrines (n° 39), et de ce qui a été pendant longtemps considéré comme un lupanar (n° 42).

Un peu plus haut dans la voie des Courètes, on trouve, sur la droite, le portique d’Alytarchès (n° 47) dont il reste de belles mosaïques, et, sur la gauche, le temple d’Hadrien (n° 41) ; toujours sur la gauche on rencontre ensuite le magnifique nymphée de Trajan (n° 49). Près de l’extrémité supérieure de la voie des Courètes se trouvait la porte d’Hercule (n° 51) qui interdisait l’accès des charriots à la partie supérieure de la cité.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Plan des principaux monuments. Cliquer pour agrandir l'image.La voie des Courètes débouche sur la place de Domitien où se trouve, sur la gauche, le monument à Memmius (n° 52) ; à l’ouest de la place se trouve le temple de Domitien (n° 53) ; au sud de la place, l’agora civique ou agora d’État (n° 56) ; à l’est de la place, bordant l’agora sur son côté nord-est, le prytanée (n° 61), l’odéon ou bouleutérion (n° 63) et le portique basilique (n° 64).

Au centre de l’agora du haut se trouve un bâtiment identifié comme le temple de Divus Julius ou comme le temple d’Isis (n° 58) ; au nord de l’agora se trouve le nymphée de Pollio (n° 59) et l’hydrekdochéion (n° 60). Au sud-est de l’agora d’État se trouvent les thermes de l’agora civique (n° 65) où pouvaient se décrasser les voyageurs arrivant à Éphèse par la porte de Magnésie (n° 70).

Au bout de la rue conduisant à la porte de Magnésie se trouvait un autre gymnase, nommé gymnase de l’est (n° 69).

À l’extérieur de la muraille hellénistique (n° 17), entre la muraille et la Voie sacrée qui descendait du temple d’Artémis (kathodos), se trouvaient un sanctuaire rustique à la Déesse Mère Cybèle (n° 72) et la Grotte des Sept Dormants (n° 71) qui était l’objet d’une légende paléochrétienne.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La voie du port. Cliquer pour agrandir l'image.L’ensemble de ces ruines donne une idée de la splendeur originelle de la cité d’Éphèse, autrefois la plus importante cité gréco-romaine de la Méditerranée orientale, grouillante d’une foule bigarrée. Les ruines d’Éphèse, sont l’un des sites antiques les mieux conservés et restaurés au monde, grâce à plus d’un siècle et demi de fouilles archéologiques ; on y retrouve tous les édifices qu’animaient la vie quotidienne de la cité : ses rues à colonnades pavées de marbre, ses agoras entourées de portiques, son grand théâtre, son sénat, son hôtel de ville, ses habitations, ses boutiques, ses jolies fontaines, ses statues, ses temples, sa grande bibliothèque, ses bains publiques, ses latrines publiques et peut-être même son bordel.

La visite du musée d’Éphèse à Selçuk est le complément indispensable à la visite du site ; les éléments de décoration les plus précieux (statues, frises et cetera) y sont présentés et sont remplacés sur le site par des copies.

PlanPlan du site archéologique
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Plan du site. Cliquer pour agrandir l'image.1 à 3 : Portes du Port. 4 : Entrepôts. 5 : Voie du Port (Voie arcadiane). 6 : Muraille byzantine. 7 : Monument aux Quatre Évangélistes. 8 : Thermes du Port. 9 : Gymnase du Port. 10 : Xystes du Port. 11 :. 12 : Palais byzantin. 13 : Église Sainte-Marie. 14 : Portique du Sud. 15 : Temple d’Hadrien Olympios. 16 : Temple rupestre. 17 : Muraille hellénistique. 18 : Macellum. 19 : Gymnase de Vedius. 20 : Porte du Nord. 21 : Stade. 22 : Fontaine de l’antiquité tardive. 23 : Rue du Théâtre. 24 : Gymnase du Théâtre. 25 : Place du Théâtre. 26 : Grand théâtre. 27 : Voie des Courètes. 28 : Portique néronien. 29 : Voie de Marbre. 30 : Agora commerciale. 31 : Porte de l’ouest de l’agora commerciale. 32 : Rue de l’Ouest. 33 : Sérapéion. 34 : Porte de Mazée et de Mithridate. 35 : Bibliothèque de Celsus. 36 : Autel d’Artémis au Triodos. 37 : Fouilles du port. 38 : Porte d’Hadrien. 39 : Latrines. 40 : Thermes de Varius. 41 : « Temple d’Hadrien ». 42 : Lupanar. 43 : Hérôon d’Androclos. 44 : Hérôon d’Arsinoé (Octogone). 45 : Îlot en terrasse n° 2. 46 : Îlot en terrasse n° 1. 47 : Portique d’Alytarchès. 48 :. 49 : Fontaine de Trajan. 50 :. 51 : Porte d’Héraclès. 52 : Monument à Caius Memmius. 53 : « Temple de Domitien ». 54 : Liste des Curètes. 55 :. 56 : Agora civique. 57 :. 58 : Temple de Divus Julius ou temple d’Isis. 59 : Nymphée de Sextilius Pollio. 60 : Hydrekdocheion de Gaius Bassus Laecanius. 61 : Prytanée. 62 : Péristyle avec deux monuments. 63 : Odéon. 64 : Portique basilique. 65 : Gymnase du haut et thermes de l’agora civique. 66 :. 67 :. 68 : « Tombe de saint Luc ». 69 : Gymnase de l’Est. 70 : Porte de Magnésie. 71 : Grotte des Sept Dormants. 72 : Sanctuaire de Cybèle. 73 :. 74 : Temple d’Artémis.

CultureHistoire, géographie, arts, traditions, flore …

HistoireHistoire
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Carte des environs d'Éphèse par Georg Weber en 1880. Cliquer pour agrandir l'image.Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Carte d'Éphèse par le comte de Choiseul-Gouffier en 1782. Cliquer pour agrandir l'image.Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Peinture du concile d'Éphèse de 431 à Notre-Dame de Fourvières (auteur Philippe Alès). Cliquer pour agrandir l'image.
FouilleLes fouilles archéologiques

Informations pratiquesInformations pratiques

Heures de visiteHeures de visite
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La voie du port. Cliquer pour agrandir l'image.Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La voie du port. Cliquer pour agrandir l'image.
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