Le quartier du théâtre d’Éphèse en Anatolie

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
Le quartier du théâtre est un quartier de la ville basse d’Éphèse qui s’organise autour de l’avenue de Marbre. Ce quartier comprend des établissements à caractère commercial ou culturel : à l’est de l’avenue, le grand théâtre, adossé à la colline de Pion ; à l’ouest de l’avenue, l’agora commerciale, ou agora inférieure, et la bibliothèque de Celsus.

VisitesVisites

Voie antiqueLa rue du théâtre
La rue du Théâtre (n° 23) part de la place du Théâtre en direction du nord, dans le prolongement de la Voie de Marbre, mais elle est un peu plus étroite que celle-ci. C’est une rue dallée et bordée de colonnades, qui longe le côté oriental des vestiges du gymnase du théâtre, puis continue vers le nord, en passant devant un bâtiment en abside (peut-être une église mais plus probablement un bâtiment séculier) et un palais byzantin (n° 12). Ce palais était probablement la résidence du gouverneur de la région.
GymnaseLe gymnase du théâtre
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Plan du gymnase du théâtre. Cliquer pour agrandir l'image.Le gymnase du Théâtre (n° 24) est un ensemble de gymnase et de thermes construit au IIe siècle, vers 125 après JC. Les ruines du gymnase du Théâtre (Tiyatro Gymnasiumu) sont situées à l’angle de la rue du Théâtre et de la voie du Port, au nord-ouest du grand théâtre ; on ne voit que le soubassement des bâtiments.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Le gymnase du théâtre avant les fouilles en 1928. Cliquer pour agrandir l'image.Ce vaste ensemble sportif – d’une superficie de plus de 12 000 m² – se composait d’une palestre et des différentes salles typiques de thermes romains. La grande palestre, avec des colonnades sur trois côtés, est située sur le côté sud du complexe ; le côté nord de la palestre a quatre rangées de sièges, d’où les spectateurs pourraient observer les activités qui se déroulaient dans la cour de la palestre. Ces sièges servaient également d’escaliers menant à la partie thermale du bâtiment.

PlaceLa place du théâtre
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La place du théâtre. Cliquer pour agrandir l'image.Venant du port, la Voie arcadiane débouche sur la place du Théâtre (n° 25) où arrivent également la voie de Marbre et la rue du Théâtre, deux boulevards qui longent le bas du mont Pion.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Plan de la fontaine hellénistique. Cliquer pour agrandir l'image.Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Reconstitution de la fontaine hellénistique. Cliquer pour agrandir l'image.Sur la place du Théâtre, à l’angle nord-ouest du théâtre, dans le mur de soutènement de la terrasse, à l’arrière du bâtiment de scène, se trouve une fontaine de l’époque hellénistique, du IIIe au Ier siècle avant JC ; au cours de la période romaine, la profondeur de cette fontaine a été étendue d’environ 2 m, et la nouvelle antichambre ainsi créée a été séparée de la rue par deux colonnes non cannelées. Le bassin d’eau n’a pas été conservé. Comme l’indique une inscription sur l’une des colonnes, l’eau recueillie ici était canalisée depuis la rivière Marnas.

Voie antiqueLa voie de marbre
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La voie de Marbre (auteur Dennis Jarvis). Cliquer pour agrandir l'image.La Voie de Marbre (n° 29) relie la place du Théâtre à la porte d’Hadrien et au début de la voie des Courètes ; c’était la troisième voie la plus longue de la cité, avec une longueur de 250 m La voie de Marbre a été construite au Ier siècle après JC, et rénovée et dallée de marbre au Ve siècle. Son superbe dallage, fait de larges dalles de marbre blanc, est encore en bon état, même si – par endroits – les roues des chars ont creusé des rainures dans le marbre ; sous ce dallage se trouve un énorme système de canalisations et d’égouts. Le boulevard était bordé des deux côtés par un portique non couvert.

La rue de marbre (Mermer Cadde) longe, sur la gauche, le grand théâtre, puis, sur la droite, l’agora commerciale et la bibliothèque de Celsus ; à son extrémité se trouve la porte d’Hadrien. Sur la gauche se trouvait le lupanar, signalé par une inscription gravée dans une dalle de marbre de la rue.

Théâtre antiqueLe grand théâtre
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Le théâtre (auteur Bernard Gagnon). Cliquer pour agrandir l'image.Comme tous les théâtres grecs le grand théâtre d’Éphèse (n° 26) était construit dans un amphithéâtre naturel, sur le flanc ouest du mont Pion, faisant face au port. Le théâtre se trouvait à l’extrémité de la Voie du Port et au début de la Voie de Marbre ; depuis la rue du Port, des escaliers permettaient d’accéder au théâtre. Au VIIe siècle, le théâtre fut englobé à l’intérieur des murs de la ville byzantine (n° 6), dont on peur voir les ruines au sommet de la colline.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Le grand théâtre. Cliquer pour agrandir l'image.Le grand théâtre fut construit à l’époque de la refondation de la cité par Lysimaque, général d’Alexandre le Grand, au début du IIIe siècle avant JC, ou un peu plus tard, vers 270 avant JC. Ce théâtre hellénistique fut agrandi à plusieurs reprises, notamment au Ier siècle après JC, pendant les règnes des empereurs Claude (règne de 41 à 54) et Domitien (règne de 81 à 96), puis au IIe siècle sous le règne de l’empereur Trajan (règne de 98 à 117). Ces transformations firent du théâtre d’Éphèse l’un des plus grands théâtres du monde antique, peut-être le plus grand.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Plan du grand théâtre. Cliquer pour agrandir l'image.Les Romains conservèrent une particularité du theatron hellénistique : les gradins ne sont pas horizontaux mais inclinés latéralement de façon à assurer une meilleure vue pour les spectateurs. Dans sa configuration finale la cavea avait 154 m de diamètre et 38 m de hauteur ; ses 66 rangées de sièges étaient découpées en trois diazomas par deux couloirs de circulation. Cet auditorium pouvait accueillir environ 24 000 spectateurs, soit un dixième de la population d’Éphèse.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Réplique en miniature du théâtre d'Éphèse au Miniatürk d'Istamboul (auteur Vikiçizer). Cliquer pour agrandir l'image.Le bâtiment de scène avait des dimensions importantes : la scène (skene) comportait deux, puis trois étages, et avait 18 m de hauteur et 40 m de largeur ; sa façade était ornée de statues et de colonnes.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Le grand théâtre. Cliquer pour agrandir l'image.Le grand théâtre d’Éphèse fut, à l’origine, utilisé pour des représentations théâtrales, mais, pendant la période impériale romaine, des combats de gladiateurs y furent aussi organisés ; un cimetière de gladiateurs découvert en 2007 en témoigne.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Le grand théâtre. Cliquer pour agrandir l'image.Des assemblées religieuses, politiques et philosophiques s’y déroulaient également ; l’apôtre Paul y prêcha le christianisme mais fut conspué par une foule soulevée par Démétrius – un bijoutier fabricant des reproductions en argent du temple d’Artémis – criant « Grande est l’Artémis d’Éphèse ».

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Le grand théâtre en 1900. Cliquer pour agrandir l'image.Dans le but d’accueillir le festival d’Éphèse, le grand théâtre (Büyük Tiyatro) d’Éphèse a été en grande partie restauré, mais cette restauration plutôt grossière a été critiquée par les archéologues, notamment en ce qui concerne le dallage de l’orchestre. Du grand bâtiment de scène il ne reste que les ruines du premier niveau. Cependant l’acoustique remarquable du théâtre rénové est suffisamment bonne pour que des spectacles (concerts de musique, ballets…) y aient été présentés.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Le théâtre (auteur Railwayman2016). Cliquer pour agrandir l'image.Depuis les plus hauts gradins du théâtre le visiteur a une très belle vue sur les ruines de la cité et sur le port antique, aujourd’hui perdu dans les marécages.

Temple antiqueLe temple de Sérapis
Les ruines du Sérapéion (Σεραπείο, Serapeum) (n° 33) se trouvent au sud-ouest de l’agora inférieure, à l’ouest de la bibliothèque de Celsus ; le sanctuaire ouvrait sur la rue de l’Ouest (n° 32) et, par ailleurs, des escaliers permettaient d’accéder à l’agora commerciale depuis le sanctuaire.

Ce temple dédié à la déesse Sérapis fut édifié au IIe siècle après JC, sans doute par des colons ou des marchands originaires d’Égypte d’où ce culte était originaire, mais s’était aussi répandu en Grèce et à Rome. Ce culte de Sérapis fut en concurrence sérieuse – au début – avec la religion chrétienne nouvellement apparue.

Comme beaucoup de sérapéions, le Sérapéion d’Éphèse avait une taille imposante. La porte de fer du temple aurait été si lourde qu’elle ne pouvait être déplacée que sur des roues. La cella, c’est-à-dire la salle intérieure du temple, était entourée sur trois côtés par des colonnades ; ces huit colonnes étaient monolithiques, avaient 14 m de hauteur et pesaient 57 tonnes chacune. Les murs du temple étaient assez épais pour supporter le poids d’une voûte en berceau d’une largeur de 29 mètres. À son apogée, le bâtiment avait une taille comparable au sérapéion de Pergame, surnommé la « basilique rouge ».

À l’époque chrétienne, le temple de Sérapis fut probablement converti en église, car on peut voir les vestiges de fonts baptismaux dans l’angle oriental du bâtiment.

Les fouilles du sérapéion (Serapis Tapınağı) ne sont pas très avancées, et les ruines ne sont pas accessibles aux visiteurs.

AgoraL’agora inférieure
L’agora inférieure d’Éphèse (n° 30) était l’agora commerciale, par opposition à l’agora supérieure, ou agora d’État, qui était l’agora civique, située une quarantaine de mètres plus haut, dans le quartier administratif. L’agora inférieure était aussi nommée agora tetragonos (τετράγωνος άγορά), c’est-à-dire « le marché carré ».

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. L'agora commerciale (auteur Sailko). Cliquer pour agrandir l'image.L’agora commerciale se trouvait à environ 500 m du port ; la porte occidentale de l’agora ouvrait sur la rue de l’Ouest qui conduisait au port ; la porte sud de l’agora était constituée par la porte de Mazée et de Mithridate, un arc de triomphe monumental à trois passages, qui conduisait à la place située devant la bibliothèque de Celsus. Il y avait une troisième porte, sur le côté nord de l’agora, qui donnait sur une rue conduisant au théâtre. Sur la côté oriental, l’agora inférieure longeait la voie de Marbre ; depuis la voie de Marbre on pouvait accéder au second niveau des bâtiments de l’agora.

L’agora commerciale fut construite dès l’époque hellénistique, au IIIe siècle avant JC, mais fut reconstruite et rénovée plusieurs fois à l’époque romaine, notamment au IIIe siècle ou après des destructions causées par des séismes au Ier siècle et à la fin du IVe siècle après JC pendant le règne de l’empereur Théodose Ier ; après le tremblement de terre dévastateur de la fin du IVe siècle après JC, il y eut une rénovation totale de tous les principaux éléments structuraux de l’agora commerciale, en utilisant des éléments architecturaux provenant de toutes les parties d’Éphèse. L’agora fut utilisée jusqu’au VIIe siècle.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. L'agora commerciale. Cliquer pour agrandir l'image.L’agora tétragone était un vaste bâtiment de plan carré, mesurant 154 m de côté ; la cour intérieure elle-même mesurait environ 110 m par 112 m de côté ; cette cour était entourée, sur ses quatre côtés, par un portique à deux nefs ; sur les côtés sud et est, ce portique avait deux niveaux, dont le niveau supérieur était accessible depuis la voie de Marbre. Derrière les galeries des portiques se trouvaient une centaine de salles : des échoppes, des magasins, des ateliers et cetera.

Sur le côté est de l’agora, derrière la colonnade est et face à la rue de Marbre, se trouvait une basilique à deux nefs nommée la Salle de Néron, construite pendant le règne de l’empereur Néron (règne de 54 à 68 après JC) ; une inscription indique que la salle était dédiée à Artémis d’Ephèse, à Néron, à sa mère Agrippine et aux citoyens d’Éphèse ; la Salle de Néron servait probablement de tribunal.

L’agora était décorée de magnifiques statues d’orateurs, d’athlètes, de philosophes, de dignitaires et cetera, dont il ne reste que les bases ; au centre de la cour se trouvait une bâtiment de 10 m par 6 m, nommé l’« Horologium », qui comprenait une horloge à eau (clepsydre) et un cadran solaire.

Porte antiqueLa porte de Mazée et de Mithridate
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La porte de Mazeus et de Mithridate. Cliquer pour agrandir l'image.La porte de Mazée et de Mithridate (n° 34) était la porte du sud de l’agora commerciale ; elle donnait accès à une petite place située devant la bibliothèque de Celsus Polemaeanus.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La porte de Mazeus et de Mithridate. Cliquer pour agrandir l'image dans Fotolia (nouvel onglet).Cette porte doit son nom à celui de deux esclaves perses, Mazée (Μαζαϊος, Mazaeus) et Mithridate (Μιθριδάτης, Mithridates), ou Mithradate (Μιθραδάτης, Mithradates), affranchis par la famille impériale : l’empereur Auguste pour Mazée et son gendre Agrippa pour Mithridate. Vers l’an 4 ou l’an 3 avant JC, Mazée et Mithridate, devenus riches, firent construire cette porte monumentale et la dédièrent à César Auguste, à sa femme Livia, à son gendre Marcus Vipsanius Agrippa et à sa fille Julia. C’est ce qu’indique une inscription un peu altérée, gravée sur le monument, et rédigée en latin et en grec :

« Imp(eratori) Caesari divi f(ilio) Augusto pontifici / maximo co(n)s(uli) XII tribunic(ia) potest(ate) XX et / Liviae Caesaris Augusti // M(arco) Agrippae L(uci) f(ilio) co(n)s(uli) tert(ium) imb(eratori) tribunic(ia) / potest(ate) VI et / Iuliae Caesaris Augusti fil(iae) // Mazaeus et Mithridates patronis »

Les latinistes ont noté que les deux affranchis ne possédaient pas une très bonne orthographe : « imb(eratori) » au lieu de « imp(eratori) » …

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La porte de Mazeus et de Mithridate. Cliquer pour agrandir l'image.La porte de Mazée et de Mithridate se présente comme un arc de triomphe à trois passages voûtés, incorporé dans l’aile sud de l’agora commerciale ; le passage central était en retrait d’1,5 m par rapport aux passages latéraux ; du côté de l’agora il y avait trois marches d’escalier, ce qui empêchait le passage des chars. À l’intérieur des arches se trouvent des niches.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La porte de Mazeus et de Mithridate. Cliquer pour agrandir l'image.La façade sud de la porte présente une décoration architecturale raffinée : les piliers soutenant les arches portent un entablement avec une architrave et une frise à la décoration florale ; au-dessus se trouvent la corniche et l’attique portant l’inscription de dédicace, en grec et en latin. Dans un mode plus prosaïque, un graffito griffonné sur la porte avertissait que « quiconque se soulagera ici subira la colère d’Hécate », la déesse des carrefours.

La porte de Mazée et de Mithridate (Mazeus Mitridatis Kapısı) est la mieux préservée et la mieux restaurée des trois portes de l’agora commerciale ; c’est la seule construction de l’époque de l’empereur Auguste ayant survécu aux tremblements de terre. Les éléments architecturaux de la porte du sud de l’agora (Agora Güney Kapısı) ont été identifiés sur la place de la bibliothèque de Celsus dès les premières excavations de 1903. Ces éléments ont été remis en place au cours de la restauration effectuée entre 1980 et 1989. De nos jours, la façade de la porte de Mazée et de Mithridate a été entièrement restaurée, avec l’utilisation quasi exclusive de l’ancien matériau de construction.

Mausolée antiqueLa bibliothèque de Celsus Polemaeanus
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.L’imposante façade de la bibliothèque de Celsus (n° 35) se dresse à l’extrémité ouest de l’avenue des Courètes, à l’intersection avec l’avenue de Marbre qui conduit vers le théâtre et vers le nord de la cité. Devant la bibliothèque se trouve une petite place en forme de trapèze qui communique avec l’agora commerciale à travers la porte de Mazée et de Mithridate ; on descend sur cette esplanade par quelques marches.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.Ce bâtiment fut édifié, au début du IIe siècle après JC, pour servir de mausolée au proconsul de la province romaine d’Asie, Tiberius Iulius Celsus Polemaeanus (Τιβέριος Ιούλιος Κέλσος Πολεμαιανός), un Grec, né à Éphèse ou à Sardes, vers 45 après JC. En 69, Celsus Polemaeanus était le commandant de la Quatrième Légion Scythique (Legio Quarta Scythica) lors de la guerre civile pour la prise du pouvoir à Rome ; Celse sut gagner les faveurs de Vespasien en prenant son parti et en le faisant acclamer empereur par sa légion. Une fois au pouvoir l’empereur Vespasien ne se montra pas ingrat et nomma Celsus sénateur romain ; Celsus devint proconsul vers 105. Quand Celsus Polemaeanus mourut, vers l’an 107, son fils Tiberius Iulius Aquila Polemaeanus (Τιβέριος Ιούλιος Ακύλας Πολεμαιανός) fit entreprendre la construction d’un mausolée en l’honneur de son père, avec des fonds privés de la famille. Cette construction débuta vers l’an 110, mais Aquila Polemaeanus lui-même mourut avant l’achèvement du mausolée ; le mausolée fut achevé en 135 par un citoyen fortuné d’Éphèse, Tiberius Claudius Aristion, exécuteur testamentaire d’Aquila.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Plan de la bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.Ce spectaculaire monument est moins grand qu’il ne paraît : la bibliothèque de Celsus n’a que 23 mètres de largeur, 16 mètres de hauteur et 17 mètres de profondeur ; ces dimensions réduites sont sans doute dues au fait que le foncier était devenu rare dans l’Éphèse surpeuplée du IIe siècle. Le bâtiment paraît plus grand qu’il ne l’est en réalité grâce à des effets d’optique sur les éléments architecturaux de la façade : par exemple les colonnes et les chapiteaux latéraux ont un diamètre inférieur à celui des colonnes du milieu, donnant l’illusion que les colonnes latérales sont plus éloignées du milieu et le bâtiment plus large ; de même, les colonnes du 1er étage sont plus fines que celles du rez-de-chaussée, faisant paraître le bâtiment plus haut.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.La belle façade extérieure présente deux niveaux, mais la salle de lecture, à l’intérieur, a trois niveaux ; cette façade avant est percée de trois portes au rez-de-chaussée et de trois fenêtres au 1er étage ; la façade – en marbre blanc – est orientée vers l’est de façon à avoir un maximum de lumière, le matin, dans la salle de lecture. Au-dessus du 1er étage de la façade se trouve un entablement avec une architrave, une frise et une corniche, surmonté de petits frontons, triangulaire au centre et semi-circulaires sur les côtés, placés en saillie par rapport à la façade.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La statue de la Sagesse de la bibliothèque de Celsus (auteur Sailko). Cliquer pour agrandir l'image.On accède au rez-de-chaussée par un escalier de neuf marches flanqué de statues, suivi d’un vestibule, formé par quatre paires de colonnes d’ordre corinthien, où se trouvent quatre niches abritant des statues allégoriques symbolisant les vertus intellectuelles grecques attribuées à Celsus Polemaeanus : la Sagesse (Σοφία, Sophia), l’Excellence (Αρετής, Arété), la Pensée (Έννοια, Ennoia) et la Connaissance, la Science (Επιστήμη, Épistémè). Les statues visibles sur le site sont des copies ; les originaux en marbre sont conservés au musée d’Éphèse de Vienne, en Autriche.

Au-dessus de la statue de la Sagesse se trouve gravée la dédicace du monument, où il est précisé que la construction de la bibliothèque a coûté 25 000 deniers ; le texte présente la particularité d’être écrit en caractères de taille décroissante du haut vers le bas, de sorte que, avec la perspective, toutes les lignes paraissent de même hauteur.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Reconstitution de la bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.L’intérieur de la bibliothèque était une vaste salle qui mesurait environ 11 m par 17 m et comportait trois étages : aux 1er et 2e étages se trouvaient deux couloirs en balcon, supportés par des galeries, sur trois côtés de la salle ; ces couloirs donnaient accès à des niches murales en placard contenant des étagères où étaient conservés les rouleaux de manuscrits. Les murs de la bibliothèque étaient en briques et revêtus de marbre ; les sols étaient également couverts de marbre ; la salle de lecture était couverte par un toit pyramidal en marbre.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Intérieur de la bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.Les placards des niches étaient recouverts de bois, ce qui explique la facilité avec laquelle la bibliothèque brûla au IIIe siècle. Les documents étaient protégés de l’humidité par un astucieux système d’aération : un vide d’un mètre, creusé dans les murs, permettait la circulation de l’air et évitait les variations de température et d’humidité. La bibliothèque de Celsus contenait 12 000 rouleaux, ce qui en faisait la troisième plus grande bibliothèque du monde antique après celle d’Alexandrie et celle de Pergame.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.La bibliothèque de Celsus était avant tout le mausolée monumental de Celsus Polemaeanus : son sarcophage se trouvait – et se trouve encore – dans un caveau funéraire situé sous la niche centrale de la salle de lecture, creusée en abside dans le mur de derrière du bâtiment. Le sarcophage est orné de bas-reliefs représentant Éros, Niké, des guirlandes et des rosettes ; il contient le cercueil en plomb contenant les restes de Celsus.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Excavation de la bibliothèque de Celsus. Cliquer pour agrandir l'image.La bibliothèque de Celsus fut détruite au cours du IIIe siècle après JC : la bibliothèque et son contenu furent incendiés par des envahisseurs goths en 262, mais ses murs restèrent debout ; en 270 un tremblement de terre détruisit les murs de brique du bâtiment, mais la façade resta debout. À la fin de la période antique, les restes de la splendide façade servaient de mur arrière pour une fontaine publique. La façade fut détruite vers le Xe siècle, probablement par un tremblement de terre.

La bibliothèque de Celsus (Celsus Kütüphanesi) fut fouillée dès 1904, et fut reconstruite entre 1970 et 1978 par l’Institut archéologique autrichien. L’architecte Friedmund Hueber et l’archéologue Volker Michael Strocka travaillèrent presque exclusivement à cette reconstruction, pendant 8 ans, à partir de 850 débris.

Porte antiqueLa porte d’Hadrien
Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. La porte d'Hadrien (auteur Carole Raddato). Cliquer pour agrandir l'image.La porte d’Hadrien (n° 38) se trouvait en bas, à gauche, de l’avenue des Courètes, à l’intersection de cette avenue avec l’avenue de Marbre ; la porte faisait face, au nord, à l’avenue de Marbre. Derrière cette porte, une route menait en direction de l’ouest jusqu’au bois sacré d’Ortygia, endroit que les Éphésiens proclamaient être le lieu de naissance d’Artémis et où ils célébraient sa naissance chaque année ; une autre rue montait sur la pente nord du mont Préon, vers les maisons en terrasse.

Cette porte monumentale, dédiée à Hadrien, avait été édifiée, au IIe siècle après JC, sans doute en l’honneur de la visite à Éphèse de l’empereur Hadrien (règne de 117 à 138), vers l’an 129 ; d’autres archéologues croient que la porte dite d’Hadrien fut construite pendant le règne de l’empereur Trajan (règne de 98 à 117), le prédécesseur d’Hadrien.

Le site archéologique d'Éphèse en Anatolie. Reconstitution de la porte d'Hadrien. Cliquer pour agrandir l'image.La porte d’Hadrien était un arc de triomphe, d’ordre corinthien, à trois niveaux ; trois passages traversaient la porte, celui du milieu étant plus large et surmonté d’un arc. L’étage supérieur était une réminiscence de la porte d’Hadrien à Athènes. C’est l’un des plus beaux exemples de la riche ornementation en marbre blanc de la période d’Hadrien.

La porte d’Hadrien fut très endommagée par un tremblement de terre au IIIe siècle, en 270 ; après le Ve siècle après JC, la porte fut reconstruite avec des bassins dans les passages latéraux.

La reconstruction de la porte d’Hadrien a débuté en 1988, sous l’égide de l’Institut archéologique autrichien, et n’est pas encore achevée ; seuls les passages latéraux ont été redressés et sont surmontés de leur architrave.

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