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L’est de la ville d’Héraklion (Irákleio) en Crète

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Présentation généralePrésentation générale
ÉtymologieÉtymologie et toponymie

SituationSituation

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Quartier grecL’est d’Héraklion
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Le circuit du nord-est. Cliquer pour agrandir l'image.Légende :

1 : Fontaine de Morosini. 2 : Place de la Liberté. 3 : Palais de justice régional. 4 : Porte Saint-Georges. 5 : Fontaine de Yenicar Aga. 6 : Musée archéologique. 7 : Porte Sabionara. 8 : Port vénitien - Arsenal. 9 : Forteresse vénitienne de Koules. 10 : Rue du 25 août. 11 : Église Saint-Tite. 12 : Loggia vénitienne (mairie d’Héraklion). 13 : Basilique Saint-Marc (galerie municipale). 14 : Résidence Chronakis. 15 : Fontaine Priuli. 16 : Porte Dermatas. 17 : Musée historique. 18 : Église Saint-Pierre le Martyr. 19 : Muséum d’histoire naturelle. 20 : Éphorat des antiquités byzantines (usine de déchiquetage du tabac). 21 : Église Sainte-Parascève. 22 : Rue de 1866 - Le marché. 23 : Fontaine Bembo - Fontaine Sebil. 24 : Porte de Jésus. 25 : Tombe de Nikos Kazantzakis. 26 : Stoa Makasi. 27 : Église Saint-Matthieu. 28 : Cathédrale Saint-Minas. 29 : Église Sainte-Catherine. 30 : Porte de Panigra.

RueLa rue du 25-août (Οδός 25ης Αυγούστου / Odós 25is Augoústou)
La Rue du 25-Août (n° 10 sur le plan) est la « grand-rue » historique d’Héraklion, qui conduit depuis le port vénitien, où débarquaient les voyageurs, jusqu’au centre de la cité où se trouvaient les bâtiments de prestige. La Rue du 25-Août débute de la Place des 18-Anglais (Πλατεία 18 Άγγλων), en face du môle qui conduit à la forteresse de Koulès ; la rue laisse sur sa droite le Parc El Greco ou Parc Théotokopoulos (Πάρκο Θεοτοκόπουλου), entouré de cafés et de bars ; sur la droite de la rue s’étend le vaste parvis où se dresse l’église Saint-Tite, qui est l’église du Métropolite de Crète ; un peu plus loin sur la gauche, on découvre le portique de l’ancienne loggia vénitienne, bâtiment très modifié qui est de nos jours l’Hôtel de Ville d’Héraklion ; c’est ensuite la façade de l’ancienne église Saint-Marc, devenue la galerie d’art municipale, située sur la Place Kallergis (Πλατεία Καλλεργών) ; la Rue du 25-Août traverse cette place et se termine sur la place qui se nomme officiellement la Place Venizélos mais que tout le monde nomme la Place des Lions, à cause de la fontaine aux quatre lions qui s’y dresse. Au-delà de la place, la Rue du 25-Août est continuée par la Rue de 1821.

La Rue du 25-Août est une rue commerçante, piétonne et pavée, d’environ 450 m de longueur, bordée de bâtiments néoclassiques dont les rez-de-chaussée hébergent des agences de voyage, des bureaux de compagnies maritimes, des loueurs de voitures, des banques, des magasins, des restaurants, des boutiques de souvenirs …

À l’époque de la domination vénitienne la Rue du 25-Août était nommée Ruga Maistra (ou Ruga Magistra) (« Rue Maîtresse ») ; elle était déjà la rue principale de la ville de Candie, reliant le vieux port vénitien à la Place Saint-Marc (Piazza di San Marco) où se trouvait le palais ducal, de nos jours la Place Venizélos. Pendant l’occupation ottomane, la rue prit le nom de Vezir Çarşı (« Marché du Vizir ») par sa proximité avec la mosquée du Vizir  (« Vezir Camii »), l’église Saint-Tite convertie en mosquée.

L'est de la ville d’Héraklion en Crète. La rue du 25 août après le massacre du 25 août 1898. Cliquer pour agrandir l'image.La Rue du 25-Août doit son nom à un événement tragique qui se produisit le 25 août 1898 (dans l’ancien calendrier julien, le 6 septembre dans le calendrier grégorien utilisé de nos jours), date de la fête de Saint-Tite. En 1878 l’Empire ottoman et les puissances européennes avaient signé un pacte qui devait conduire à l’autonomie de la Crète, mais les Ottomans ne cessèrent de violer ce pacte et une énième insurrection des Crétois se produisit en 1896-1897 ; les puissances européennes envoyèrent des troupes sur l’île pour forcer les Ottomans à respecter les accords. La situation était très tendue en raison des conflits constants entre Chrétiens et Musulmans qui n’avaient pas bien compris tous les bienfaits du « vivre-ensemble ». L’étincelle qui déclencha la tragédie fut le choix de la Grande-Bretagne de nommer un fonctionnaire chrétien plutôt qu’un musulman à la tête des bureaux portuaires. Le 25 août 1898 une foule de soldats turcs irréguliers en colère mit le feu aux bâtiments et massacra plusieurs centaines de Crétois chrétiens, dix-sept soldats britanniques et le vice-consul britannique Lysimaque Kalokairinos (Λυσίμαχος Καλοκαιρινός) ; la flotte britannique bombarda la ville. L’assassinat du vice-consul poussa la Grande-Bretagne et les autres grandes puissances européennes à exiger le retrait des troupes ottomanes de Crète avant un mois. La Crète fut autonome jusqu’en 1913, date à laquelle elle fut réunie au Royaume de Grèce.

La Place des 18-Anglais est dédiée à la mémoire des dix-sept soldats britanniques, qui étaient en réalité des Écossais de la Highland Light Infantry, et du vice-consul tués lors de ces événements.

La rue et une grande partie de la ville étaient en ruines après cet épisode. Des bâtiments néoclassiques furent construits le long de la Rue du 25-Août, mais le reste de la ville resta à l’état de ruines pendant longtemps. C’est pour cette raison que la Rue du 25-Août est souvent surnommée ironiquement la « Rue de l’Illusion » (Οδός της Πλάνης / Odós tis Plánis) parce qu’elle donnait aux voyageurs venant du port l’illusion qu’Héraklion était une ville prospère alors que, derrière ces beaux bâtiments, la ville était pleine de quartiers pauvres et sales.

Cathédrale orthodoxeL’église Saint-Tite (Ναός Αγίου Τίτου / Naós Agíou Títou)
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Façade de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’église orthodoxe Saint-Tite se trouve sur la gauche de la Rue du 25-Août en venant du port, au fond d’une grande place plantée de palmiers, la Place Saint-Tite (Πλατεία Αγίου Τίτου) (n° 11 sur le plan) ; sur la droite de la place se trouve une agréable taverne ombragée. L’église est dédiée au saint patron de la Crète, saint Tite (Άγιος Τίτος), un Grec d’Antioche, disciple et compagnon de voyage de Paul de Tarse et peut-être premier évêque de Crète vers 55 après JC ; la Saint-Tite est fêtée le 25 août par l’Église orthodoxe grecque.

Une église Saint-Tite existait déjà en Crète sous l’Empire romain ; elle se trouvait à Gortyne, capitale de la Crète romaine. La basilique Saint-Tite de Gortyne fut détruite par un tremblement de terre. Sous l’occupation sarrasine, entre 828 et 961, Gortyne fut détruite et la capitale de la Crète fut transférée à « Rabd-el-Khandak », de nos jours Héraklion. La cité fut reconquise par le général byzantin Nicéphore Phocas (Νικηφόρος Φωκάς) en 961, ce qui marqua le début de la seconde époque byzantine de la Crète ; la cité prit de nom de « Chándax » (Χάνδαξ), déformation de son nom arabe. En 962, peu avant de devenir empereur de l’Empire byzantin, Nicéphore Phocas fit édifier l’église Saint-Tite qui devint l’église cathédrale du nouveau diocèse de Crète. Depuis Gortyne, le crâne de saint Tite (Τιμία Κάρα του Τίτου) fut transféré dans la nouvelle église, ainsi qu’une icône miraculeuse de la Vierge Marie de Mésopotamie (Παναγιάς της Μεσοπαντίτισσας) et d’autres reliques.

Lorsque la République de Venise prit possession de la Crète, en 1211, l’église Saint-Tite devint la cathédrale catholique du Royaume de Candie (Regno di Candia) tout en conservant le même nom, Chiesa di San Tito. L’édifice subit quelques modifications, comme l’ouverture d’un oculus sur la façade et la construction d’un clocher. L’église Saint-Tite fut détruite peu avant le milieu du XVe siècle et fut reconstruite dans le style d’une basilique à trois nefs, de plus de 170 mètres de longueur ; la basilique Saint-Tite fut inaugurée le 3 janvier 1446 par l’archevêque de Crète Fantino Dandolo (Φαντίνο Ντάντολο) (1380-1459). Le nouvel édifice fut légèrement endommagé par le tremblement de terre de 1508, puis fut complètement détruite par un incendie le 3 avril 1544 ; seule la relique de saint Tite put être sauvée. L’église fut reconstruite dans le même style architectural en 1557.

Après la prise de Candie par les Ottomans, en 1669, l’église Saint-Tite fut convertie en mosquée, nommée Vezir Camii (Βεζίρ Τζαμί) (« Mosquée du Vizir »), en l’honneur du Grand Vizir Ahmet Fazil Köprülü (Köprülü Fazıl Ahmet / Κιοπρουλού Φαζίλ Αχμέτ), le conquérant de Candie. Le clocher de l’église fut transformé en minaret. Lors du séisme de 1856, la mosquée fut entièrement détruite ; en 1869 le Grand Vizir Aali Mehmet (Mehmed Emin Âli) confia la reconstruction de la mosquée à l’architecte Athanase Moussis (Αθανάσιος Μούσης), qui avait déjà réalisé l’église métropolitaine Saint-Minas dans le sud de la ville. La nouvelle mosquée (Yeni Cami / Γενί Τζαμί), conçue dans un style mêlant diverses influences mais principalement ottoman, fut achevée en 1872.

Après l’échange de populations entre la Grèce et la Turquie, en 1923, la mosquée fut convertie en église et son minaret fut démoli ; on peut voir la base de ce minaret au coin sud-est du bâtiment. L’église d’Agios Titos fut rendue au culte orthodoxe le 3 mai 1925 par le métropolite Titos Zografidis (Τίτος Ζωγραφίδης). En 2013 l’église Saint-Tite fut proclamée cathédrale de l’archidiocèse de Crète (Κρήτης Ειρηναίο καθεδρικός ναός).

L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Façade de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image.L’église d’Agios Titos a conservé les caractéristiques de sa dernière reconstruction, en 1872 : elle se présente comme une mosquée orientée vers La Mecque avec un plan carré et un dôme central. Le bâtiment est construit en pierre de grès claire, la façade et les côtés sont presque identiques dans leur structure murale. En plus de l’entrée principale, l’église dispose de deux autres larges entrées latérales avec des portes en bois à deux battants. Lorsque la mosquée a été convertie en église après 1923, trois absides ont été ajoutées sur la façade arrière.

L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Façade latérale de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Façade latérale de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Façade latérale de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
L’intérieur de l’église présente un mélange hétéroclite de styles gothique, classique, byzantin et ottoman. La coupole est soutenue par des arcs appuyés sur quatre piliers constitués de faisceaux d’étroites colonnes. Au milieu de la nef, sous le dôme, est suspendu un lustre de bois, rond et massif, à trois étages ; les fines sculptures qui le décorent représentent des animaux de différentes espèces et d’autres ornements.
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Lustre de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Iconostase de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Lustre de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image.
La nef unique est séparée du chœur par une iconostase à trois portes à deux battants ; à droite de la porte centrale, ou porte royale, l’icône montre Jésus intronisé avec l’Évangile ouvert, à côté de lui l’icône de saint Jean-Baptiste, à gauche de la porte centrale la Sainte Mère (Panagia Hodegetria), à son côté les apôtres Pierre et Paul et l’archange saint Michel ; au-dessus de la porte centrale un cartouche présente le sacrement du Jeudi saint. Deux autres portes à deux battants sont situées aux deux extrémités de l’iconostase ; avec les archanges, ils rappellent l’expulsion du paradis. Dans la nef, les sièges en bois clair et foncé s’harmonisent aux icônes de l’iconostase grâce à leurs dossiers semi-circulaires.

De grandes tableaux rectangulaires ornent les murs et montrent la vie de saint Tite et l’histoire du salut. Certaines icônes richement décorées d’argent et d’or, principalement dédiées à la Panagia, se dressent sur des socles ou sont représentées dans de petits autels. L’icône de la Vierge du Buisson ardent est particulièrement frappante à droite de l’entrée. Au-dessus des tableaux, des vitraux, cinq de chaque côté du bâtiment, montrent différents saints et rendent l’intérieur lumineux et chaleureux.

L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Nef de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image.L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Nef de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image.
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Reliquaire de l'église Saint-Tite. Cliquer pour agrandir l'image.À gauche du narthex se trouve une petite chapelle, dans laquelle la relique du crâne de saint Tite est conservée dans sa mitre épiscopale, en or et en argent serti de diamants et décoré d’icônes, placée dans une niche sous une cloche de verre. Le corps du saint serait enterré à Gortyne. Ce reliquaire avait été emporté à Venise, après la reddition de Candie, par l’héroïque défenseur de la cité, Francesco Morosini, pour le mettre à l’abri de l’occupant turc ; il a été restitué par Venise le 15 mai 1966. En revanche l’icône de la Vierge de Mésopotamie se trouve toujours à Venise dans la basilique Santa Maria della Salute.
LogeLa loggia vénitienne (Ενετική Λότζια / Enetikí Lótzia)
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image.L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L'est de la ville d’Héraklion en Crète. Loggia vénitienne. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
BasiliqueLa basilique vénitienne Saint-Marc (Ενετική Βασιλική Αγίου Μάρκου / Enetikí Vasilikí Agíou Márkou)
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. La basilique Saint-Marc (auteur Trolveg). Cliquer pour agrandir l'image.
PlaceLa place Venizélos (Πλατεία Ελευθερίου Βενιζέλου / Plateía Eleftheríou Venizélou)
FontaineLa fontaine de Morosini (Κρήνη Μοροζίνι / Kríni Morozíni)
L'est de la ville d’Héraklion en Crète. La fontaine de Morosini. Cliquer pour agrandir l'image.L'est de la ville d’Héraklion en Crète. La fontaine de Morosini. Cliquer pour agrandir l'image.L'est de la ville d’Héraklion en Crète. La fontaine de Morosini. Cliquer pour agrandir l'image.
ParcLe parc El Greco (Πάρκο Θεοτοκόπουλου / Párko Theotokópoulou)
Quartier grecLe quartier est
RueLa rue de la Justice (Οδός Δικαιοσύνης / Odós Dikaiosýnis)
PlaceLa place de la Liberté (Πλατεία Ελευθερίας / Plateía Eleftherías)
Musée archéologiqueLe musée archéologique (Αρχαιολογικό Μουσείο / Archaiologikó Mouseío)
FontaineLa fontaine de Yenicar Aga, Agha des Janissaires (Yeniçeri Ağatr, Γενιτσάρ Αγά / Genitsár Agá)

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