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Le village d’Élounda (Eloúnta) et la forteresse de Spinalonga (Spinalónka) en Crète

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PrésentationPrésentation

Présentation généralePrésentation générale
Élounda est une petite ville côtière située dans le nord-est de l’île de Crète, au bord du golfe de Mirabello (Κόλπος Μιραμπέλου / Kólpos Mirampélou), un peu au nord d’Agios Nikolaos. La localité a longtemps vécu de l’exploitation de marais salants ; de nos jours c’est une petite station balnéaire, mais une des plus huppées de Crète. Son attraction touristique principale est l’île fortifiée de Spinalonga dont la forteresse resta en possession de la République de Venise près de cinquante ans après que le reste de la Crète était tombée aux mains des Ottomans.

Élounda fait partie de la commune et du canton d’Agios Nikolaos, dans le département du Lassithi. La localité compte un peu plus de 2 000 habitants.

ÉtymologieÉtymologie et toponymie
Le toponyme d’Élounda (Ελούντα / Eloúnta) dérive du nom de la cité antique minoenne d’Olonte (Ολούντας / Oloúntas), également nommée Olous (Ολούς / Oloús), qui se trouvait au même emplacement, au fond de la rade de Spinalonga.

SituationSituation

La ville d’Élounda se trouve au fond d’une rade formée par la presqu’île de Spinalonga, sur la côte ouest du golfe de Mirabello ; cette rade, d’environ 4,5 km de profondeur est gardée à son entrée par la forteresse de l’île de Spinalonga. Bien protégée des vents par le cap Saint-Jean au nord et par la presqu’île à l’est, cette rade, aux eaux immobiles, se donne des airs de lagon.

Le village dÉlounda en Crète. Plan. Cliquer pour agrandir l'image.Au fond de la rade se trouvent également des vestiges de marais salants qui furent prospères sous la domination vénitienne.

La station balnéaire est distante de 70 km de la capitale de la Crète, Héraklion, à l’ouest, et d’environ 10 km de la préfecture du Lassithi, Agios Nikolaos, au sud ; depuis Saint-Nicolas une belle route en corniche rejoint Élounda en offrant de splendides vues sur le golfe de Mirabello ; la route en corniche redescend au niveau de la mer à l’approche du village.

La région d’Élounda jouit d’une relative tranquillité car la route nationale 90 – la route qui longe toute la côte nord de la Crète – coupe en biseau la pointe de terre qui se termine au cap Saint-Jean, entre Malia et Agios Nikolaos, laissant une zone de forme triangulaire à l’écart du trafic et peu fréquentée. La région est sillonnée de petites routes étroites qui traversent des hameaux agricoles ; les vieux moulins à vent en pierres sont en ruines et ont été remplacés par un champ d’éoliennes au-dessus de Vrouchas (Βρουχάς). Cette région isolée et aride est riche de nombreux monastères tels que le monastère d’Arétio (Μονή Αρετίου), situé près du village de Karydi (Καρύδι) dans l’arrière-pays de Plaka, un monastère solitaire et fortifié, entouré de cyprès et de cèdres ; fondé au XVIe siècle et récemment restauré, le monastère possède de belles icônes. Depuis Karydi on peut continuer jusqu’à Kastelli (Καστέλλι) et retourner vers Eloúnda via Fourni (Φουρνή) ; entre Fourni et Élounda, à Kato Pinai (Κάτω Πιναι), sur une route sinueuse bordée d’eucalyptus, se trouve un petit musée installé dans une ancienne grange pleine de machines agricoles, de matériel de moulins à vent, nombreux dans la région, et autres ustensiles ; on peut voir un grand réservoir d’eau de pluie en pierre situé à l’arrière du bâtiment. Après le musée, la route descend vers Elounda offrant une vue magnifique sur le golfe de Mirabello.

VisitesVisites

Village grecLe village d’Élounda (Ελούντα / Eloúnta)
Le village dÉlounda en Crète. La baie de Korfos. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village d’Élounda s’étire le long de de la route côtière au nord de l’isthme de Poros (Πόρος) qui relie la presqu’île de Kolokytha (Κολοκύθα / Kolokýtha) à la Crète ; à l’intérieur de la localité la route côtière se transforme en rue principale, bordée des commerces habituels des stations balnéaires : hôtels, tavernes, cafés, agence de location de véhicules, boutiques et petits supermarchés ; à l’arrière de la route les hébergements touristiques se construisent sur les pentes des collines en gagnant peu à peu sur les oliveraies.

Le village dÉlounda en Crète. Le port. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La localité ne possède pas vraiment de centre-ville mais ce rôle est joué par une grande place pavée située derrière le port, la Place d’Olonte : c’est là qu’on trouve les agences de tourisme vendant des tickets d’excursion vers l’île de Spinalonga ; les bateaux d’excursion sont amarrés juste devant la place (site sur la Toile : eloundaboat.gr) ; l’arrêt des autocars se trouve également sur la place (site sur la Toile : www.ktelherlas.gr). Tout autour du petit port de pêche se trouve un parc de stationnement où l’on peut garer sa voiture pendant le temps d’une excursion. Ce quartier du port est nommé Scission d’Élounda (Σχίσμα Ελούντας), sans doute en relation avec le creusement du canal dans l’isthme de Poros, qui a créé une scission, une séparation, un schisme (Σχίσμα) entre la presqu’île de Spinalonga et le reste de l’île.

Au nord du port se trouve la plage principale d’Élounda, la plage de la Scission (Παραλία Σχίσμα), une plage de sable et de gravier, propre et bien équipée, avec une grande aire de jeux pour enfants ; cependant cette plage est assez souvent bondée et l’on peut préférer la plage de Kolokytha située sur la presqu’île de Spinalonga. À l’arrière de la plage se trouve le quartier d’Élounda-Bas (Κάτω Ελούντα) ; cependant la partie la plus pittoresque d’Élounda est le vieux village d’Élounda-Haut (Επάνω Ελούντα / Epáno Eloúnda), situé à environ 1 km au nord-ouest du port, où l’on peut encore voir de vieilles maisons crétoises traditionnelles.

Le village dÉlounda en Crète. Restaurant sur le port. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La station balnéaire d’Élounda possède un certain charme mais n’a rien de particulièrement flamboyant ; mis à part des bijouteries de luxe, des boutiques de mode, des magasins de fourrure, des galeries d’art et quelques restaurants très chers, rien n’indique qu’il s’agit de l’une des stations les plus chics de Crète. Le vrai luxe se trouve dans les hôtels et les complexes de villas situés au sud de la station ; ces propriétés ont souvent des parcs paysagers et des plages dites « privées », car, en Grèce, le littoral est réputé public, sauf si l’établissement possède un port privé, ce qui est évidemment le cas. Ces résidences ont accueilli des personnalités aussi prestigieuses que le joueur de « podosphère » Ronaldo et la chanteuse Lady Gaga.

SalineLes salines d’Élounda (Αλυκές Ελούντας / Alykés Eloúntas)
Le village dÉlounda en Crète. La rade d'Élounda. Cliquer pour agrandir l'image.Au XVe siècle les Vénitiens construisirent des salines dans la « culasse » du port de Spinalonga (Culata del porto), c’est-à-dire le fond de la rade. Ces salines devaient approvisionner en sel la ville de Candie ; après la prise de Chypre et de ses salines par les Ottomans, en 1571, les salines de Spinalonga devinrent encore plus importantes pour approvisionner également la ville de Venise elle-même. La défense de ces salines nécessita la construction de la forteresse sur l’île de Spinalonga à l’embouchure du port (Bocca del porto). Ces salines fonctionnèrent pendant cinq siècles, jusqu’en 1972.

Les salines se trouvent à droite de la route qui accède à la presqu’île de Spinalonga, juste avant le pont qui franchit le canal. On distingue encore les murs bas qui séparaient les différents bassins d’évaporation, mais la zone est devenue de nos jours une zone humide où font halte de nombreux oiseaux lors des migrations de printemps et d’automne.

Ruine antiqueLes ruines d’Olonte (Ολούντας / Oloúntas) ou Olous (Ολούς / Óloús)
Le village dÉlounda en Crète. La baie d'Olous. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La cité antique d’Olous (Όλοϋς / Óloús) était bâtie sur l’isthme de Poros (Πόρος) qui relie la presqu’île de Kolokytha à l’île de Crète ; en raison du basculement constant de la Crète du sud-ouest vers le nord-est, la cité antique a été presqu’entièrement engloutie par les eaux ; l’isthme est devenu assez étroit pour être aisément percé par un canal. Ce basculement est causé par l’action de soulèvement par la plaque tectonique africaine, sans doute aidée par les tremblements de terre conséquents.

Olous existait déjà aux époques minoenne et post-minoenne, entre le XXe et le IXe avant JC. Dans l’Iliade, Homère (VIIIe siècle avant JC) mentionne Olous comme une région importante en raison de l’existence de mines de pierre à aiguiser (ακονόπετρα), un matériau avec lequel les anciens Grecs affûtaient les lames, couteaux et autres outils tranchants ; ces carrières, situées sur les hauteurs, sont toujours exploitées ; la cité était également connue pour la production et le commerce de la pourpre, un colorant très recherché dans l’Antiquité.

À l’époque des colonies doriennes, vers le VIIe siècle avant JC, Olous était en conflit permanent avec une autre cité dorienne située au sud-ouest, Lato.

Le village dÉlounda en Crète. Statère d'Olonte (320 à 270 avant JC). Cliquer pour agrandir l'image.À l’époque hellénistique Olonte était une cité suffisamment prospère pour frapper sa propre monnaie ; il s’agit de statères de bronze dont on a recensé onze types différents : la plupart de ces monnaies montrent à l’avers une effigie d’Artémis Britomartis (Βριτόμαρτις), une divinité minoenne assimilée à Artémis (Άρτεμις), la déesse grecque de la chasse ; le revers des monnaies montre Zeus, un aigle, un dauphin et cetera. Selon Pausanias (IIe siècle), la ville était connue pour la statue en bois d’Artémis Britomartis sculptée par Dédale. À l’apogée de sa puissance Olonte aurait compté 30 000 habitants.

Le village dÉlounda en Crète. Statère d'Olonte (320 à 270 avant JC). Cliquer pour agrandir l'image.La cité d’Olonte continua de prospérer pendant l’époque romaine puis pendant la première époque byzantine, ce qui est illustré par les vestiges d’une basilique et de sa magnifique mosaïque. Olonte aurait été détruite par les invasions sarrasines au IXe siècle.

Les maigres vestiges de la cité antique d’Olous gisent sous les eaux de part et d’autre de l’isthme de Poros et dans les marais salants. Les plongeurs sous-marins peuvent apercevoir sur le fond marin quelques ruines de murs et les vestiges de la jetée d’un port. Le site n’a jamais été fouillé systématiquement par des archéologues.

Les seuls vestiges que l’on peut voir sans plonger sous l’eau sont ceux de la cité byzantine d’Olonte et de sa basilique paléochrétienne à trois nefs ; ils se trouvent à une centaine de mètres à l’est du canal. Le sol en mosaïque de la nef centrale de la basilique fut mis au jour en 1897-1898 par des marins français chargés de creuser le canal traversant l’isthme de Spinalonga. En 1937-1938 des archéologues de l’École Française d’Archéologie, qui cherchaient à déterminer la frontière entre les cités de Lato et d’Olous, procédèrent à la fouille préliminaire de la basilique paléochrétienne de Poros (Παλαιοχριστιανική Βασιλική Πόρου Ελούντας). Derrière une clôture on peut apercevoir des fondations de murs et un morceau de la mosaïque en noir et blanc, datant du VIe ou du VIIe siècle, à décor de motifs géométriques, de dauphins, de poissons, d’oiseaux et de fleurs. Cependant, il est possible que la mosaïque ait fait partie d’un temple ancien construit à cet emplacement car la mosaïque ne se trouve pas exactement dans l’axe de la basilique.

Presqu’îleLa presqu’île de Spinalonga (Χερσόνησος της Σπιναλόγκας / Chersónisos tis Spinalónkas)
Le village dÉlounda en Crète. Gravure de Spinalonga par Marco Boschini en 1651. Cliquer pour agrandir l'image.La presqu’île de Spinalonga s’étire sur environ 5 km de longueur le long de la côte occidentale du golfe de Mirabello, entre le village d’Élounda et le village de Plaka.

Le village dÉlounda en Crète. La baie de Spinalonga par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.Spinalonga est le nom que les Vénitiens donnèrent à cette presqu’île ; ce toponyme serait une déformation de l’expression grecque « στην Ελούντα / stin Eloúnda » qui signifie « à Olounta » ; cette expression fut d’abord déformée en « Stinalonte » ou « Spinalonte » (Σπιναλόντε) au début du XIIIe siècle, puis en « Spinalonga » (Σπιναλόγκα) ; le nom devait aussi évoquer pour les Vénitiens la forme de la presqu’île, en forme de longue épine ou de longue arête (spina lunga) ; Spinalonga était d’ailleurs le nom de l’une des îles de Venise présentant aussi cette forme allongée, également nommée Giudecca (Juiverie). De nos jours la presqu’île est parfois nommée « Grande Spinalonga » pour éviter la confusion avec la petite île fortifiée de Spinalonga.

Les chroniques vénitiennes rapportent une bataille navale entre les Vénitiens et les Génois dans le port de Stinalonde en 1206, juste avant la prise de possession de la Crète par la République de Venise en 1211.

Le nom grec de la presqu’île est Kolokytha (Χερσόνησος Κολοκύθα / Chersónisos Kolokýtha) ou Kolokythia, Colochita en vénitien, la presqu’île de la Coloquinte ou de la Citrouille, mais même les Grecs utilisent le nom italien. Le nom antique de la presqu’île était Poros (Πόρος / Póros), ce qui signifie quelque chose comme « ressource ».

Le village dÉlounda en Crète. Le canal de l'isthme de Poros ou Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.L’accès à la presqu’île de Kolokytha se trouve au sud du village d’Élounda ; en automobile, depuis la route côtière venant de Saint-Nicolas, il faut prendre à droite dans un tournant en épingle à cheveux situé devant le restaurant « Ergospasio » (Εργοσπάσιο, Χαρουποεργοσπασιο, usine à caroube), un restaurant historique installé dans une ancienne usine de traitement des caroubes, reconnaissable à ses bâtiments massifs en pierre ; descendre ensuite, par un chemin asphalté qui longe la rade, jusqu’à un pont construit au-dessus du canal qui traverse l’isthme de Spinalonga (Ισθμό της Σπιναλόγκας) ; sur la droite on passe devant les anciens marais salants vénitiens. Depuis le port d’Élounda la distance n’est que de 1,3 km, soit une vingtaine de minutes à pied en longeant la côte.

Un parc de stationnement se trouve juste après le pont, entre les deux anciens moulins à vent. La presqu’île est une zone protégée ; cependant il est permis de continuer en automobile par une piste, sur environ 1,3 km, jusqu’à un parc de stationnement qui se trouve près de l’église Saint-Luc ; on peut alors continuer à pied jusqu’à la plage de Kolokytha, à environ 300 m.

Le village dÉlounda en Crète. La presqu'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. La presqu'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.
Le canal qui traverse l’isthme de la presqu’île fut creusé en 1798 par quelque 175 soldats français du 4e régiment d’infanterie de marine stationné à Sitia. En 1797, six nations européennes – dont la France – avaient envoyé des contingents militaires en Crète pour s’interposer entre la Grèce et l’Empire ottoman et garantir l’autonomie de la Crète.
Le village dÉlounda en Crète. Le canal de l'isthme de Poros ou Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le canal de l'isthme de Poros ou Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Spinalonga est une presqu’île presque désertique qu’il est préférable de découvrir à pied : un circuit de randonnée, d’environ 7 km de longueur, fait le tour de la presqu’île par d’anciens sentiers et permet de voir quelques petites chapelles et de trouver quelques jolies criques où se baigner.
Le village dÉlounda en Crète. La presqu'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. La presqu'île de Spinalonga vue depuis Élounda. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. La pointe nord de la presqu'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Derrière le parc de stationnement se trouve les vestiges de la basilique paléochrétienne d’Olonte ; un peu plus au sud, au bord du golfe, l’église récente de l’Ascension (Εκκλησία Ανάληψης) ; à l’est, un peu à l’écart de la piste qui conduit à la plage de Kolokytha, se trouve l’église Saint-Luc (Άγιος Λουκάς) ; à l’est de l’île, l’église Saint-Phocas (Άγιος Φωκάς) ; au nord, l’église Saint-Jean Chrysostome (Άγιος Ιωάννης Χρυσόστομος).
Le village dÉlounda en Crète. L'église de l'Ascension sur la presqu'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. L'église Saint-Luc sur la presqu'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. L'église Saint-Luc sur la presqu'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. L'église Saint-Luc sur la presqu'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
PlageLa plage de Kolokytha (Κολοκύθα / Kolokýtha)
La plage de Kolokytha se trouve sur la côte orientale de la presqu’île du même nom, en face de l’îlot du même nom, l’îlot de Kolokytha ou Kolokythia (Νησίδα Κολοκυθία / Nisída Kolokythía), l’îlot de la Coloquinte, également nommé Vryonissi (Βρυονήσι / Vryonísi), l’îlot de la Mousse. Depuis le pont situé à l’entrée de la presqu’île, on accède à la plage par une piste carrossable puis par un sentier étroit ; le trajet fait environ 1,5 km de longueur.

Cette plage est la plage préférée des vacanciers de la région d’Élounda, moins fréquentée que la plage urbaine du village, mais c’est aussi la plage préférée des organisateurs d’excursions vers la forteresse de Spinalonga, qui y débarquent leurs passagers à l’heure du déjeuner. C’est une plage sauvage, faite de sable et parsemée de rochers, sans aucun équipement.

Dans une crique située au nord de la plage de Kolokytha se trouvent les ruines d’une autre basilique byzantine.

Village grecLe village de Plaka (Πλάκα / Pláka)
Le village dÉlounda en Crète. L'hôtel Blue Palace à Plaka vu depuis Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Plaka est un petit port de pêche, d’environ 50 habitants permanents, qui se trouve à 5 km au nord d’Élounda sur la route côtière. Plaka se trouve juste en face de l’île-forteresse de Spinalonga qui n’est qu’à 750 m de la côte.

Plaka était historiquement le port d’approvisionnement de l’île quand elle était une forteresse, puis une colonie turque et enfin une léproserie. Depuis que la forteresse de Spinalonga est devenue une attraction touristique, Plaka a trouvé une nouvelle prospérité. Le village possède quelques bonnes tavernes de poissons et un grand hôtel de luxe s’est installé au sud du village ; le village dispose aussi de quelques hébergements plus modestes aménagés dans de vieilles maisons du village. L’ambiance est particulièrement romantique le soir, quand le flot des excursionnistes est tari et que le soleil se couche sur la forteresse ou quand celle-ci est illuminée. C’est le moment propice pour une promenade sur le front de mer ou pour un dîner à la terrasse d’une taverne.

Plaka possède aussi une plage, située au nord du village, à côté d’un vaste parc de stationnement ; il s’agit d’une petite plage de galets, d’une centaine de mètres de longueur, mais elle est ombragée par des tamaris et en partie équipée ; la plage offre une vue splendide sur la forteresse et les tavernes ne sont pas loin.

Plaka est le port le plus pratique pour partir en excursion sur l’île de Spinalonga : la coopérative de pêcheurs dispose de nombreux bateaux et propose des départs fréquents vers l’île, depuis deux jetées différentes, toutes les demi-heures en été. Renseignement : Coopérative Plaka Boat ; téléphone : 00 30 6977 446 229 ; site sur la Toile : plakaboat.gr ; prix de la traversée aller-retour : environ 10 € ; durée de la traversée : 10 min.

ÎleL’île de Spinalonga (Νήσος Σπιναλόγκα / Nísos Spinalónga)
Le village dÉlounda en Crète. L'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.L’îlot de Spinalonga se trouve à environ 160 m au nord de la pointe nord de la presqu’île de Spinalonga et à 750 m de la côte occidentale du golfe de Mirabello. Le moine franciscain et cartographe vénitien Vincenzo Coronelli (1650-1718) affirme que cette colline rocheuse faisait anciennement partie de la presqu’île et que ce sont les ingénieurs militaires vénitiens qui l’ont séparée du reste de la presqu’île en 1526, afin de renforcer la défense de la forteresse qu’ils voulaient construire sur cette colline. Il est plus vraisemblable que cette colline, déjà fortifiée dans l’Antiquité, ait pu devenir un îlot suite au basculement de l’île de Crète du sud-ouest vers le nord-est, basculement qui abaisserait le nord-est de la Crète d’environ 80 cm par siècle. L’îlot mesure environ 440 m de longueur nord-sud par 250 m de largeur ouest-est, dans le sud de l’îlot, avec une superficie de 8,5 ha ; le point culminant de la colline est à 53 m d’altitude. Il contrôle l’entrée de la rade d’Élounda (Κόλπου της Ελούντας).

Le village dÉlounda en Crète. L'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Historiquement le nom Spinalonga se réfère à l’îlot plutôt qu’à la presqu’île de Kolokytha car c’est l’îlot qui avait une importance stratégique. De nos jours le nom officiel de l’îlot est Calydon (Νήσος Καλυδών / Nísos Kalydón) ; ce nom lui a été donné en 1954 ; il s’agit du nom d’une ancienne cité grecque d’Étolie. En pratique tout le monde nomme l’îlot de son nom vénitien Spinalonga (Σπιναλόγκα), de même que la presqu’île qui est devenue une île elle aussi … En français l’île-forteresse était nommée « Spine Longue ».

Le village dÉlounda en Crète. L'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.L’île de Calydon avait été fortifiée dès l’Antiquité pour protéger le port de l’antique cité d’Olous. Ces fortifications furent détruites en même temps que la vieille ville byzantine d’Olonte lors des invasions sarrasines du IXe siècle. Dans le dernier quart du XVIe siècle les Vénitiens entreprirent la construction d’une forteresse sur l’île afin de protéger les salines et le port de Spinalonga des attaques de corsaires turcs ; la forteresse vénitienne résista à la conquête de la Crète par les Ottomans qui débuta en 1644 et s’acheva en 1669 par la prise de Candie ; Spinalonga ne fut cédée aux Ottomans qu’en 1715, près de 50 ans après Candie. L’île devint alors une colonie turque jusqu’en 1897 puis fut transformée en léproserie jusqu’en 1957. Après deux décennies d’abandon et de pillage, l’île fut placée sous la protection de l’Office grec du tourisme et reçut le statut de site archéologique ; beaucoup de bâtiments du XXe siècle furent détruits pour mettre en valeur la forteresse vénitienne. Depuis 1997 Spinalonga a été restaurée et est devenue une attraction touristique majeure pour la région.

Le village dÉlounda en Crète. L'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Visite de l’île de Spinalonga :

Pendant la saison touristique, des bateaux d’excursion pour Spinalonga partent régulièrement de Plaka (5 min de trajet), d’Élounda (20 min) et d’Agios Nikolaos (35 min) ; le prix de la traversée aller-retour varie selon le port de départ et les prestations annexes ; le moins cher est bien sûr depuis Plaka : environ 10 €.

Le village dÉlounda en Crète. Le débarcadère de l'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Prix de la visite de la forteresse : 8 €. La visite dure en général une heure, mais on peut revenir avec le bateau suivant si on veut visiter pendant plus longtemps.

Le débarcadère et les installations touristiques (billetterie, toilettes, buvette et cetera) se trouvent à la pointe sud de l’îlot. Les visiteurs entrent dans la forteresse par la porte du sud, la Porte des Lépreux …

Le village dÉlounda en Crète. Le bateau pour l'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. Excursion à l'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. Excursion à l'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. L'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. L'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. L'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
ForteresseLa forteresse vénitienne de Spinalonga (Ενετικό φρούριο της Σπιναλόγκας / Enetikó froúrio tis Spinalónkas)
Le village dÉlounda en Crète. Gravure de la forteresse de Spinalonga par Olfert Dapper en 1688. Cliquer pour agrandir l'image.En août 1571 l’Empire ottoman s’empara de l’île de Chypre, alors possession de la République de Venise, et de ses marais salants ; la Crète devint la dernière possession vénitienne en Méditerranée orientale et les Vénitiens savaient qu’elle serait la prochaine cible des Ottomans. Dès cette année 1571 le Sénat de Venise prit la décision de renforcer les défenses de l’île de Candie, notamment de fortifier l’île de Spinalonga afin de protéger le port du même nom, ainsi que les salines situées au fond de la rade.

Le village dÉlounda en Crète. La forteresse de Spinalonga par Francesco Basilicata en 1618. Cliquer pour agrandir l'image.De 1574 à 1578 Giacomo Foscarini (1523-1603) fut Provéditeur Général de Candie chargé de mener à bien ces fortifications et aussi de pacifier la population crétoise en résolvant la crise alimentaire. Sept années s’écoulèrent en discussions approfondies sur la conception de la forteresse selon le système de la fortification bastionnée ; en 1578 le projet de l’ingénieur et architecte militaire Genesio Bresciani ou Genese Bressani (1525-1610) fut retenu et la construction de la forteresse lui fut confiée ; le projet de Bresciani comprenait une enceinte faisant le tour du rivage de l’île et une grande plate-forme d’artillerie au sommet de l’île ; la seconde partie du projet fut initialement écartée pour des raisons financières.

Les travaux de construction de la forteresse de Spinalonga commencèrent en 1579 ; les ingénieurs vénitiens découvrirent des vestiges des anciennes fortifications qui avaient été bâties par les Olounites pour défendre l’entrée du port de l’antique cité d’Olous à l’époque minoenne et d’Olonte à l’époque hellénistique.

Le village dÉlounda en Crète. Panneau d'information de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. Panneau d'information de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. Panneau d'information de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.
Le village dÉlounda en Crète. Le bastion de Tiepolo de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’enceinte maritime de Bressani fut construite, entre 1579 et 1583, par des ouvriers locaux aux frais de l’État vénitien. Les fortifications de la façade sud comprenaient deux bastions (baluardi), le bastion Tiepolo, du nom du duc Almorò Tiepolo, (n° 2 sur le plan) et le bastion Donà, du nom du Provéditeur général Nicolò Donà, (n° 3 sur le plan), ainsi que le demi-bastion (mezzo baluardo) Scaramella , ou orillon (orecchione) Scaramella, (n° 5 sur le plan), du nom du secrétaire Giancarlo Scaramelli ; les bastions Tiepolo et Donà protégeaient l’entrée sud de la forteresse (n° 1 sur le plan).

Le village dÉlounda en Crète. La porte du sud ou porte de Dante de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Cette Porte du Sud ouvrait sur un long tunnel ; à l’époque de la léproserie, la Porte du Sud fut surnommée « Porte de Dante » par les lépreux déportés sur Spinalonga, qui la considérait comme la porte de l’Enfer, l’Enfer de Dante Alighieri.

La porte principale (Porta maestra) se trouvait au milieu de la côte ouest de l’îlot, face à la côte de la Crète, (n° 14 sur le plan) ; cette Porte de l’Ouest était une porte monumentale. Le casernement de la garnison se trouvait à côté de cette Porte de l’Ouest (n° 32 sur le plan) ; la salle des gardes était située au nord de la porte ; à l’arrière de la porte, sur le flanc de la colline, se trouvaient les bâtiments de l’administration de la forteresse (gouverneur, provéditeur et cetera).

L’ouest de l’îlot était protégé par le flanc de Perino (n° 12 sur le plan), également nommé ouvrage Bona, et le flanc de Genese (n° 13 sur le plan), le coin Bembo (n° 15 sur le plan), du nom du capitaine de la garde Giovanni Bembo, et le coin Carbonana (n° 16 sur le plan), du nom du gouverneur de la forteresse Raffaele Carbonano.

Il y avait aussi une petite poterne sur le flanc du bastion de Tiepolo.

Le village dÉlounda en Crète. Le flanc de Pierino de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le flanc de Genese de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le demi-bastion Scaramella de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le demi-bastion de Scaramelli de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Le village dÉlounda en Crète. La demi-lune de Moceniga de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Luca Michiel, Provéditeur général de Crète (Provveditore Generale di Creta), succéda à Bressani ; il commença les travaux de construction du château principal.

Le village dÉlounda en Crète. La demi-lune de Mocenigo de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La façade sud fut renforcée par trois rangées de canons : au-dessus des remparts du sud fut construite l’imposante demi-lune (mezzaluna) Moceniga (n° 19 sur le plan) ; la demi-lune Moceniga, du nom du capitaine général Giovanni Mocenigo, ou demi-lune Barbariga, du nom du premier provéditeur de la forteresse Agostino Barbarigo, était protégée par un robuste revêtement en pierre et une épaisse couche de terrassement percée de cinq casemates voûtées. Elle est ornée du Lion de Saint-Marc et d’une inscription altérée par les intempéries où se devine la date de 1581.

Le village dÉlounda en Crète. La plate-forme d'artillerie de Miani de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Au-dessus de la demi-lune Moceniga se trouve le cavalier, ou plate-forme d’artillerie, Moceniga (n° 20 sur le plan) ; également au-dessus de la demi-lune, sur le côté est, se trouve le cavalier Miani, du nom du capitaine général Antonio Miani (n° 21 sur le plan).

Le village dÉlounda en Crète. La muraille du sud de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. Le demi-bastion de Scaramella vu depuis la demi-lune de Moceniga de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. La rade vue depuis la demi-lune de Moceniga de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. La rade d'Élounda vue depuis la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Le village dÉlounda en Crète. L'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.
Au cours de cette première phase de construction fut aussi édifiée, du côté nord, la puissante demi-lune de Michiel (n° 10 sur le plan), qui défendait l’entrée du port de Spinalonga ; la mezzaluna Michiela, du nom du Provéditeur Général Luca Michiel, porte la date de 1579 ; elle comporte sept casemates voûtées. La demi-lune Michiela fut renforcée par le cavalier, ou plate-forme d’artillerie, Mosta, du nom de Francesco da Mosto, (n° 18 sur le plan) et le cavalier Moretta, du nom du gouverneur Moretto Calabrese, (n° 17 sur le plan).

Des courtines jalonnées de saillants furent ajoutées au périmètre de l’enceinte, mais l’enceinte resta incomplète au cours de cette première phase.

Le village dÉlounda en Crète. La demi-lune de Michiel de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. La demi-lune de Michiel de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. La demi-lune de Michiel de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Le village dÉlounda en Crète. La courtine de Grimani de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).En 1584, lors d’une visite d’inspection, l’ingénieur et commandant militaire de Candie, Latino Orsini, se rendit compte que l’île pouvait facilement être attaquée par l’artillerie depuis la pointe nord de la presqu’île de Spinalonga ; en 1585-1586 Orsini fit construire à faible coût un mur sur la crête rocheuse de l’îlot, comprenant la courtine Veniera (n° 25 sur le plan), du nom du provéditeur de la forteresse Dolfino Venier, et la courtine Grimana, du nom du provéditeur général Alvise Grimani, (n° 26 sur le plan) ; ces courtines étaient défendues par le saillant Veniera (n° 22 sur le plan) et par le cavalier Orsini (n° 23 sur le plan). Orsini acheva l’enceinte existante en construisant deux murs transversaux : un mur au sud-ouest, rejoignant le bastion de Tiepolo, comprenant la courtine Mema (n° 27 sur le plan), du nom du duc Lodovico Memo, et la courtine Faliera (n° 28 sur le plan), du nom du conseiller Lodovico Falier ; un mur au nord-est, face au golfe de Mirabello, la courtine transverse Molina (n° 31 sur le plan), du nom du provéditeur de la forteresse Francesco da Molin, défendue par le coin Contarini, du nom du provéditeur de la forteresse Gerolamo Contarini, (n° 24 sur le plan).

Une porte, ouverte dans la courtine de Falier, permettait d’accéder à la partie supérieure de la forteresse, la Porte de la Colline (Portello del Monte) (n° 30 sur le plan). Une autre porte s’ouvrait dans la courtine de Memo, la Porte de Carbonano (Portello Carbonano) (n° 29 sur le plan). D’autres renforcements furent réalisés jusqu’en 1590.

Le village dÉlounda en Crète. La porte Carbonana de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Plan de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.
Au début du XVIIe siècle Candie ne connut pas de menaces ottomanes importantes ; les menaces se précisèrent vers 1640 et la guerre de Candie éclata ouvertement en 1645. De 1640 à 1659 d’importants travaux de défense furent effectués sur la forteresse de Spinalonga, notamment des travaux de terrassement, l’achèvement du périmètre de l’enceinte et l’ajout d’embrasures aux fortifications ; les remparts du nord-est furent achevés, renforcés par le saillant de Rangone, du nom du gouverneur Baldissera Rangone, (n° 7 sur le plan). Une fois achevée, la forteresse était dotée de 35 canons.
Le village dÉlounda en Crète. Le saillant de Rangone de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le saillant de Rangone de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le rempart de l'est de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
Le village dÉlounda en Crète. L'église Saint-Pantaléon de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).L’enceinte littorale était de forme triangulaire ; les côtés du triangle étaient entrecoupés d’angles saillants plus petits, reliés par de simples courtines. L’enceinte avait un périmètre mesurant environ 1200 mètres. À l’intérieur de l’enceinte, il y avait un camp militaire organisé, avec des résidences pour le provéditeur et pour le commandant de la garnison, des casernes, des magasins de poudre à canon, des entrepôts de nourriture et d’armes, des églises et des citernes à eau.

À l’époque vénitienne il y avait trois églises dans l’enceinte de la forteresse ; l’église la plus ancienne est Saint-Nicolas qui date de la fin de l’époque byzantine et qui comporte des peintures murales ; les églises Saint-Pantaléon et Saint-Georges furent bâties plus tard.

En 1647 les Turcs contrôlaient la totalité de l’île de Candie à l’exception de la ville de Candie et de quelques forteresses, dont Spinalonga. La forteresse de Spinalonga cessa d’être une place purement militaire et devint un refuge pour des centaines de résistants (Χαΐνηδες / Chaïnides) de la Crète orientale sous domination ottomane ; ces réfugiés établirent un village sur le côté sud-sud-ouest de l’îlot ; depuis l’île-forteresse ils harcelaient les Turcs. « Chanaïde » était le mot péjoratif par lequel les Turcs désignaient ces rebelles ; le mot, d’origine arabe, signifie « traître, perfide ». Les rebelles se nommaient eux-mêmes « Kalispéridés » (Καλησπέριδες) (« ceux qui disent bonsoir »), car ils faisaient souvent leurs attaques le soir et saluaient l’ennemi par « bonne nuit » avant de le tuer.

Après la prise de Candie par les Ottomans en 1669, Spinalonga fut l’une des trois places-fortes que les Vénitiens purent conserver, avec celle de Souda, près de La Canée, et celle de Gramvoussa, dans le nord-ouest de la Crète, près de Kissamos, ainsi que l’île cycladique de Tinos.

En 1714 l’Empire ottoman déclencha la VIIe guerre vénéto-ottomane dans le but de reconquérir la Morée, c’est-à-dire le Péloponnèse, rendue à Venise lors du traité de Karlowitz qui avait mis fin à la VIe guerre vénéto-ottomane en 1699. La République de Venise dut concentrer ses forces navales sur la défense de la Morée et n’eut plus les moyens de ravitailler les lointaines places fortes de l’île de Candie. Les Ottomans mirent le siège devant la forteresse de Spinalonga en juin 1715 ; l’île-forteresse fut canonnée par une flotte turque d’une dizaine de navires, ainsi que par des batteries de canons installées sur la côte, dans la région de Plaka, et sur la pointe nord de la presqu’île de Spinalonga. Sous le commandement de Francesco Giustiniani, la petite garnison vénitienne, renforcée par des chanaïdes crétois, se défendit héroïquement pendant trois mois ; un assaut turc échoua, mais, le 4 octobre 1715, par manque de ravitaillement, Spinalonga dut faire sa reddition au Kapudan Pacha (Kaptan Paşa, Καπουδάν Πασά), le Grand Amiral ottoman.

Le village dÉlounda en Crète. Le bastion de Tiepolo de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Comme les autres forteresses de Candie, Spinalonga s’était révélée imprenable par les armes ; la forteresse avait résisté 68 ans après l’occupation de l’île de Candie par les Ottomans et 46 après la prise de la ville de Candie. Aux termes du traité de Passarowitz en 1718, les forteresses de Souda et de Spinalonga, ainsi que l’île de Tinos, furent finalement cédées aux Ottomans.

Le traité de Passarowitz stipulait que tous les habitants de l’île de Spinalonga, Vénitiens et Crétois, pourraient partir librement avec leurs biens, ou rester sur l’île et devenir sujets du sultan, mais en conservant une église orthodoxe. Si le traité fut respecté en ce qui concernait les Vénitiens, il ne le fut pas pour les Crétois : plus de 600 habitants furent mis en esclavage, les hommes les plus robustes, aptes à ramer, étant envoyés aux galères, les autres vendus comme esclaves, quelques-uns ou quelques-unes donnés au pacha de La Canée. Quelques chaïnides purent s’échapper et se cacher dans les montagnes de Crète.

Le village dÉlounda en Crète. Le débarcadère de l'île de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).La forteresse de Spinalonga est dans un état de conservation convenable, même si des parties du nord-est de l’enceinte maritime ont été démolies vers 1939 pour créer une route circulaire autour de l’île. Le bastion en demi-lune Moceniga est particulièrement bien conservé ; de l’époque vénitienne il subsiste également un cellier voûté, des citernes voûtées, la caserne de la garnison, la poudrière et un bâtiment tripartite, mais la plupart de ces bâtiments ont été modifiés pendant l’occupation ottomane et l’époque de la léproserie.
Le village dÉlounda en Crète. Plan de la forteresse de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Légende du plan de la forteresse de Spinalonga :

Constructions en rouge : époque vénitienne. Constructions en rose : époque ottomane. Constructions en jaune : époque de la léproserie.

1 : Entrée - Porte du sud (Είσοδος προς νότια πυλίδα). 2 : Bastion de Tiepolo (Πρόμαχώνας Tiepolo). 3 : Bastion de Donato (Προμαχώνας Donato) - Cimetière de la léproserie (Νεκροταφείο Λεπροκομείου). 4 : Partie du mur du sud. 5 : Orillon de Scaramelli (Προμαχώνας Scaramella). 6 : Porte secondaire de l’est. 7 : Saillant de Rangone (Αιχμή Rangone). 8 : Porte de Molin (Πυλίδα Molina). 9 : Place du Pont de bois. 10 : Demi-lune de Michiel (Ημισέληνος Michiel). 11 : Fronts du mur du nord - Partie de l’ancienne fortification. 12 : Flanc de Perino (Πλευρό Perino). 13 : Flanc de Genese (Πλευρό Genese). 14 : Porte principale (Κεντρική Πύλη, Porta Maestra). 15 : Saillant de Bembo (Αιχμή Bembo). 16 : Coin de Carbonano (Γωνία Carbonana). 17 : Place de Moretto (Πλατεία Moretta). 18 : Place de Mosto (Πλατεία Mosta). 19 : Demi-lune de Mocenigo (Ημισέλινος Moceniga) ou de Barbarigo (Ημισέλινος Barbariga). 20 : Place de Mocenigo (Πλατεία Moceniga). 21 : Place d’artillerie de Miani (Πλατεία πυροβολικού Miani). 22 : Saillant de Venier (Αιχμή Veniera). 23 : Place d’artillerie d’Orsini (Πλατεία πυροβολικού Orsini). 24 : Coin de Contarini (Γωνία Contarini). 25 : Courtine de Venier (Τείχος Veniera). 26 : Courtine de Grimani (Τείχος Grimana). 27 : Courtine de Memo (Τείχος Mema). 29 : Courtine de Falier (Τείχος Faliera). 29 : Porte de Carbonano (Πύλη Carbonana). 30 : Porte de la Montagne (Πύλη του Βουνού, Portello del Monte). 31 : Aile nord-est transverse de Molin (Βορειοανατολική Πτέρυγα Traversa Molina). 32 : Bâtiment de la garnison - Bâtiment de la léproserie. 33 : Bâtiment vénitien tripartite (Ενετικό Τρίδυμό Κτίριο). 34 : Citernes de l’époque vénitienne (Θολωτές δεξαμενές Ενετικής Περιόδου). 35 : Poudrière vénitienne (Ενετική Πυριτιδαποθήκη). 38 : Bâtiments auxiliaires. 37 : Église Saint-Nicolas (Ναός Αγίου Νικολάου). 39 : Église Saint-Georges (Ναός Αγίου Γεωργίου). 39 : Église Saint-Pantaléon (Ναός Αγίου Παντελεήμονα). 40 : Habitations de l’époque ottomane. 41 : Marché de l’époque ottomane. 42 : Cimetière de l’époque ottomane. 43 : Mosquée du village ottoman - Hôpital de la léproserie (Νοσοκομείο Λεπροκομείου). 44 : Citernes de l’époque ottomane. 45 : Dortoirs de la léproserie (Κοιτώνες Λεπροκομείου). 46 : Bar - Toilettes. 47 : Information - Billets.

Village grecLe village turc d’İspirlonga
Le village dÉlounda en Crète. Le village turc de Spinalonga en 1897. Cliquer pour agrandir l'image.Après la reddition de la forteresse vénitienne de Spinalonga, la mer Égée étant presque devenue une « mer turque », la forteresse de Spinalonga n’avait plus une grande importance stratégique ; les Ottomans y maintinrent une petite garnison d’environ 200 soldats. Après la déportation en esclavage des habitants crétois de l’île, les Ottomans créèrent une colonie turque sur l’île ; des Turcs et des Crétois convertis à l’Islam s’installèrent dans le village créé autrefois par les réfugiés crétois dans le sud-ouest de l’île.

Avec l’accroissement des conflits entre les Crétois et les colons turcs, de plus en plus de familles turques recherchèrent la sécurité des remparts de Spinalonga : en 1821 l’île comptait une population d’environ 20 familles ; en 1834 il y avait 80 familles ; pendant le soulèvement crétois de 1878, Spinalonga fut l’un des rares endroits qui resta encore sous contrôle ottoman ; en 1881 l’île comptait 227 familles et plus de 1 000 habitants ; elle était le principal centre de commerce du golfe de Mirabello ; l’île-forteresse servit de plus en plus de refuge pour les colons turcs comme elle avait servi de refuge pour les résistants crétois après l’occupation de la Crète par les Ottomans. En 1897 des insurgés crétois attaquèrent l’île en la bombardant. Après la création d’un État crétois autonome, mais faisant toujours formellement partie de l’Empire ottoman, des troupes de marine françaises furent stationnées dans la forteresse.

Le village dÉlounda en Crète. Situation du marché ottoman de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image.Avec le départ de Crète des troupes turques de plus en plus de colons turcs retournèrent en Asie mineure ; en 1903, la création d’une léproserie sur l’île de Spinalonga décida les derniers Turcs à partir.

De cette époque il reste des maisons à étage, entourées de hauts murs, (n° 40 sur le plan) et les boutiques d’un marché (n° 41 sur le plan), qui s’étendent sur la pente sud-ouest de la colline ; le cimetière musulman se trouve sur le côté oriental de l’île (n° 42 sur le plan).

Le village dÉlounda en Crète. Une ruelle du village turc de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le village turc de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le village turc de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le village turc de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le marché turc de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).Le village dÉlounda en Crète. Le village turc de Spinalonga. Cliquer pour agrandir l'image dans Adobe Stock (nouvel onglet).
HospiceLa léproserie de Spinalonga (Λεπροκομείο στη Σπιναλόγκα / Leprokomeío sti Spinalónka)
Pendant l’occupation ottomane de la Crète, les malades de la lèpre étaient isolés dans un quartier situé à l’ouest d’Héraklion, Meskinia (Μεσκινιά) ; cette situation faisait craindre une infection du reste de la population. En 1903 le nouvel État autonome crétois décida d’isoler les lépreux dans l’île-forteresse de Spinalonga qui venait d’être abandonnée par les Ottomans. En 1904 environ 250 malades furent installés à Spinalonga. Après l’union de la Crète au Royaume de Grèce en 1913 (Énosis), ce furent tous les lépreux de la Grèce qui furent déportés dans l’île ; chaque lépreux percevait une petite pension de l'État.

Les malades furent logés dans les maisons abandonnées par les colons turcs qui avaient dû quitter l’île de Spinalonga. Les premières années furent épouvantables mais peu à peu les lépreux s’organisèrent et créèrent une communauté villageoise comprenant les corps de métiers habituels : cultivateurs, pêcheurs, maçons, boulangers, épiciers, cafetiers, barbiers et même un pope. Dans les années 1930 un nouvel hôpital fut créé dans le bâtiment de l’ancienne mosquée du village turc. Vers 1948 les premiers traitements contre la lèpre, à base d’antibiotiques, firent leur apparition ; la léproserie commença à se vider, mais ce n’est qu’en 1957 que la léproserie ferma ses portes. Pendant un demi-siècle environ 1 000 malades de la lèpre avaient été relégués à Spinalonga, qui avait compté jusqu’à 400 habitants ; malgré l’interdiction des mariages, des couples s’étaient formés et avaient donné naissance à quelques dizaines d’enfants ; ces enfants en bonne santé étaient retirés à leur parents et emmenés dans des orphelinats pour les préserver de la contamination. Les défunts étaient enterrés dans des sarcophages dans un cimetière situé sur le bastion de Donà (n° 3 sur le plan).

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